Mortalité : causes de décès, 2007

par Anne Milan

Cette section portant sur les causes de décès détaille les principales causes chez les hommes et les femmes au Canada, présente les changements au cours des dernières décennies ainsi que les tendances récentes par groupe d'âge. Comme pour les années précédentes, les principales causes de décès entre 2005 et 2007 étaient les néoplasmes (ou cancers) ainsi que les maladies du cœur (ou cardiaques), tant chez les hommes que chez les femmes. Dans l'ensemble, la mortalité attribuable à ces deux grandes causes était responsable de plus de la moitié (51,1%) de tous les décès observés en 2007. La mortalité associée à ces deux causes est cependant en diminution, et cette diminution est plus rapide pour les maladies du cœur.

Causes principales de décès

Observée pour la première fois en 1994, la situation selon laquelle le cancer engendre davantage de décès chez les hommes que les maladies du cœur était toujours observée entre 2005 et 2007 (tableau 1). Les décès attribuables aux maladies du cœur diminuant plus rapidement que ceux attribuables au cancer, l'écart entre ces deux causes a continué d'augmenter ces dernières années. En 2005, les cancers étaient responsables de 204,8 décès pour 100 000 hommes, alors qu'il y avait 151,2 décès pour 100 000 hommes attribuables aux maladies du cœur (figure 1). En 2007, on enregistrait 197,6 décès liés au cancer pour 100 000 hommes, un taux qui s'inscrit dans une tendance à la baisse depuis la fin des années 1980. La mortalité associée aux maladies du cœur était également en baisse, atteignant 138,6 décès pour 100 000 hommes en 2007. Il s'agit de changements importants par rapport à 1981 alors que la mortalité associée aux maladies cardiaques et aux cancers était respectivement de 370,5 et 239,7 décès pour 100 000 hommes.

Tableau 1 Taux de mortalité pour les grandes causes de décès selon le sexe, Canada, 1981 à 2007

Figure 1 Taux standardisé de mortalité relié aux tumeurs malignes (cancers) et aux maladies du coeur, selon le sexe, Canada, 1981 à 2007

L'évolution des causes de décès chez les femmes a suivi la même tendance que celle des hommes et, pour la première fois en 1998, la mortalité attribuable aux cancers chez les femmes a dépassé celle attribuable aux maladies du cœur. À la fois en 2006 et 2007, on a observé 181,9 décès liés au cancer pour 100 000 femmes (en baisse par rapport à 184,8 décès pour 100 000 femmes en 2005). En 2007, il y avait 126,1 décès pour 100 000 femmes liés aux maladies du cœur (en baisse par rapport à 128,9 en 2006 et 139,7 en 2005). Il y a environ trois décennies, en 1981, on observait 295,1 et 188,0 décès pour 100 000 femmes associés respectivement aux maladies du cœur et au cancer.

La troisième cause de décès en importance chez les femmes en 2007, et la quatrième cause de décès en importance chez les hommes, était les maladies cérébrovasculaires (ou accidents cérébrovasculaires). Comme pour les deux principales causes, la mortalité associée aux maladies cérébrovasculaires a diminué de façon importante depuis 1981. Chez les hommes, le taux de mortalité associé à ces maladies était de 75,7 décès pour 100 000 hommes en 1981, diminuant à 29,7 décès pour 100 000 en 2007. Les femmes présentaient un taux de mortalité par accidents cérébrovasculaires plus élevé que les hommes même si la même tendance à la baisse était observée, le taux passant de 100,1 à 43,2 décès pour 100 000 femmes entre 1981 et 2007.

Le taux de mortalité associé aux blessures involontaires (ou aux accidents) est demeuré assez stable depuis le début des années 2000 chez les hommes et depuis la fin des années 1990 chez les femmes, même si ce taux est demeuré plus élevé chez les hommes d'après les données recueillies depuis 1981. Cette cause était la troisième en importance chez les hommes en 2007, avec 34,5 décès pour 100 000 hommes contre 21,5 chez les femmes pour lesquelles il s'agissait de la cinquième cause en importance. Le taux de mortalité dû aux accidents a diminué au cours des dernières décennies, surtout chez les hommes. En 1981, il était de 64,1 et de 29,9 décès pour 100 000 hommes et femmes, respectivement.

La quatrième cause de décès en importance chez les femmes, et la cinquième cause de décès en importance chez les hommes, étaient les maladies chroniques des voies respiratoires inférieures. En 2007, le taux de mortalité associé à ces maladies était de 29,0 et 27,5 décès pour 100 000 hommes et femmes, respectivement. Si le taux des hommes et des femmes en 2007 était proche, la mortalité associée à ces maladies a évolué différemment selon le sexe au cours des dernières décennies. En 1981, le taux de mortalité associé à ces maladies était de 43,3 décès pour 100 000 hommes et a augmenté par la suite, atteignant un maximum de 48,5 en 1986. Depuis, une baisse générale a été observée, même si une légère augmentation de 27,7 à 29,0 décès pour 100 000 hommes est survenue entre 2006 et 2007. Chez les femmes, le taux était de 14,0 décès pour 100 000 en 1981 et a augmenté progressivement durant les années 1980 et 1990 pour atteindre un maximum de 29,4 en 1999. S'il a connu quelques variations durant les années 2000, le taux a légèrement diminué à 25,9 décès pour 100 000 femmes en 2006 avant d'augmenter légèrement à 27,5 en 2007.

Autres causes de décès

En 2007, l'écart de mortalité attribuable aux maladies du cœur entre les sexes, qui existe depuis fort longtemps, s'était sensiblement réduit. Même si les taux de mortalité liés a plusieurs autres causes importantes demeurent plus élevés chez les hommes que chez les femmes, certaines tendances se sont dégagées ces dernières années. Plus précisément, les taux de mortalité attribuables aux tumeurs malignes de la trachée, des bronches et du poumon (ou cancers de l'appareil respiratoire) chez les femmes ont connu une tendance à la hausse contrairement aux hommes dont les taux de mortalité liés cette cause ont été à la baisse. Cette évolution s'explique par le fait que les cohortes plus jeunes de femmes ont connu une prévalence du tabagisme, plus tôt dans leur vie, plus élevée que les cohortes précédentes. En fait, même si les taux de mortalité attribuables aux cancers de l'appareil respiratoire chez les femmes étaient toujours inférieurs à ceux des hommes en 2007 (45,1 décès pour 100 000 femmes et 56,8 décès pour 100 000 hommes), on observe que le taux de mortalité chez les femmes attribuable à cette cause a plus que doublé le taux de 1981 (21,6 décès pour 100 000 femmes) (figure 2). Or, après plus de 10 ans de hausse des taux de mortalité dus à cette cause chez les femmes, il y a eu une légère diminution en 2007 par rapport à l'année précédente (45,7 décès pour 100 000 femmes en 2006). À l'opposé, après avoir atteint un sommet à la fin des années 1980 à 82,2 décès pour 100 000 hommes, le taux de mortalité des hommes dû à ces cancers est généralement à la baisse depuis près de 20 ans. La convergence croissante entre les taux de mortalité des hommes et des femmes attribuables aux cancers de l'appareil respiratoire explique en partie la réduction de l'écart entre l'espérance de vie des hommes et des femmes depuis trois décennies.

Figure 2 Taux standardisé de mortalité causé par des tumeurs malignes de la trachée, des bronches et du poumon, selon le sexe, Canada, 1981 à 2007

Le vieillissement de la population peut expliquer, du moins en partie, certains changements dans l'évolution d'autres causes de décès. Les décès causés par des maladies chroniques comme le diabète ont entraîné un nombre croissant de décès du début des années 1980 au début des années 2000, tant chez les hommes que chez les femmes. Toutefois, on observe une tendance à la baisse pour les deux sexes au cours des dernières années mais il est trop tôt pour déterminer s'il s'agit d'une nouvelle tendance, peut-être attribuable à une meilleure sensibilisation et à des campagnes de publicité, ou simplement de fluctuations annuelles. En 2007, 7 400 décès étaient liés au diabète, ce qui représente 3,1 % de tous les décès cette année-là (figure 3). Ce nombre est inférieur à celui de 2003, année où il y a eu près de 8 000 décès.

Figure 3 Nombre de décès causés par le diabète sucré (diabète) selon le sexe, Canada, 1981 à 2007

La maladie d'Alzheimer est un autre exemple de maladie chronique qui pourrait toucher un nombre croissant de personnes âgées et qui risque d'être la cause d'un plus grand nombre de décès en raison du vieillissement démographique. Même s'il ne s'agit pas d'une nouvelle maladie, elle est désormais différenciée de la démence sénile générale. Elle n'est classée séparément que depuis 1979 et d'autres changements conceptuels apportés au fil du temps ont rendu plus difficile les comparaisons historiques avant 2000. En 2007, 5 900 décès étaient attribuables à la maladie d'Alzheimer, ce qui représente 2,5 % de tous les décès survenus cette année-là (3,6 % de tous les décès chez les femmes et 1,5 % de tous les décès chez les hommes). La majorité des personnes décédées en raison de la maladie d'Alzheimer (82,4 %) étaient des personnes âgées de 80 ans et plus.

Principales causes de décès selon les groupes d'âge

La principale cause de décès en 2007 variait selon le groupe d'âge observé. Pour les nouveaux-nés dans leur première année de vie, la principale cause de décès était les malformations congénitales, les déformations et les anomalies chromosomiques. Au total, les décès liés à cette cause représentaient 21,7% de tous les décès de nouveaux-nés pendant leur première année de vie (tableau 2). La deuxième cause en importance était les désordres liés aux gestations de courte durée ainsi que le faible poids à la naissance, qui était responsable de 13,2 % des décès infantiles en 2007.

Tableau 2 Principales causes de décès selon le groupe d'âge, Canada, 2007

Chez les personnes âgées d'un à 44 ans, les principales causes de décès étaient les accidents, tout spécialement chez les personnes à la fin de l'adolescence et au début de la vingtaine. Près des deux cinquièmes des personnes âgées de 15 à 24 ans (42,3 %) sont décédées de telles causes, tout comme près de trois enfants âgés d'un à 14 ans sur dix (29,0 %) ainsi que 22,7 % des personnes âgées de 25 à 44 ans. Alors que la deuxième cause de mortalité des enfants d'un à 14 ans et des adultes de 25 à 44 ans était les cancers (17,4 % et 20,8 %, respectivement), les suicides ou les blessures volontaires occupaient cette place chez les 15 à 24 ans avec un décès sur cinq (21,1 %) en 2007. Le suicide était la troisième cause de décès en importance chez les 25 à 44 ans, représentant, en 2007, 15,1 % de tous les décès dans ce groupe d'âge.

Parmi les personnes âgées de 45 à 64 ans, le cancer était la principale cause de décès en 2007 (44,5 % de tous les décès) suivi des maladies du cœur (17,3 %) et des accidents (5,2 %). Chez les personnes âgées de 65 à 79 ans, le cancer était à l'origine de 40,4 % de tous les décès, suivi des maladies du cœur (20,0 %) et des maladies chroniques de l'appareil respiratoire inférieur (5,4 %). Plus des trois-cinquièmes de tous les décès dans les groupes d'âge des 45 à 64 ans (61,7 %) et des 65 à 79 ans (60,3 %) étaient liés aux cancers et aux maladies du cœur en 2007.

Chez les personnes âgées de 80 ans et plus, la principale cause de décès était les maladies du cœur, représentant 25,6 % de tous les décès dans ce groupe d'âge en 2007. La seconde cause en importance chez les personnes très âgées était les cancers (19,2 %) suivi des accidents cérébrovasculaires (8,1%).