Migrations : internationales, 2009

par Anne Milan

Cette section dresse le portrait récent de l'immigration internationale au Canada et le situe dans un contexte historique et international, lorsque possible. De plus, on y trouve une analyse de l'immigration selon les catégories d'admission des immigrants au Canada en 2008, en 2009 et en 2010 (selon des données préliminaires), selon le lieu de naissance et la province ou le territoire de destination. Enfin, on y trouve également une discussion couvrant les adoptions internationales. Sauf indication contraire, les données de la présente section sur les courants migratoires internationaux à destination du Canada proviennent de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) et ne visent que les immigrants permanents1.

CIC publie un plan annuel d'immigration qui présente une fourchette cible quant au nombre d'immigrants à admettre de façon permanente au Canada. Pour les années 2008 à 2010, la fourchette définie variait de 240 000 à 265 000 immigrants (tableau 1), comme en 2007. Le nombre réel d'immigrants admis au Canada se situait à l'intérieur de cette fourchette en 2008 et 2009 : 247 200 et 252 200, respectivement. Les données préliminaires pour 2010 indiquaient que 280 600 immigrants avaient été admis au Canada cette année-là, dépassant légèrement la fourchette cible2. La fourchette cible du nombre d'immigrants susceptibles d'être admis de façon permanente au Canada en 2011 demeure la même que pour la période allant de 2007 à 2010.

Tableau 1 Immigrants admis et niveau d'immigration prévu au plan selon la catégorie, Canada, 2008 à 2011

Malgré des fluctuations annuelles dans le nombre d'immigrants admis au Canada au cours du dernier siècle, certaines variations peuvent être associées à des événements historiques particuliers. Le nombre le plus élevé d'immigrants a été enregistré en 1913, année où plus de 400 000 immigrants sont entrés au pays, à une époque où l'on encourageait l'établissement dans les provinces de l'Ouest (figure 1). Moins d'immigrants ont été admis au Canada entre 1915 et 1918, années de la Première Guerre mondiale, et particulièrement au cours des années 1930 et 1940, période de la Grande Dépression suivie de la Seconde Guerre mondiale. Le nombre d'immigrants admis au Canada était de nouveau élevé en 1957 alors que 282 200 immigrants ont été admis cette année-là, plusieurs comme réfugiés hongrois, de nombreux autres étant britanniques et recherchant davantage de stabilité politique3.

Figure 1 Immigrants et taux d'immigration, Canada, 1900 à 2009

Le taux d'immigration est le ratio du nombre d'immigrants admis dans un pays d'accueil pendant une année donnée par rapport à la taille de la population de ce pays, exprimé pour 1 000 habitants. Cet indicateur peut servir à comparer le niveau d'immigration au fil du temps et à des fins de comparaison internationale entre les pays. Le taux d'immigration au Canada, qui était de 7,5 immigrants pour 1 000 habitants en 2009, était relativement inchangé par rapport au taux de 7,4 immigrants pour 1 000 habitants en 2008. Il est demeuré plutôt stable pendant la dernière décennie, où il a varié entre 7,0 immigrants pour 1 000 habitants en 2003 et 8,1 immigrants pour 1 000 habitants en 2001 et en 2005. Les tendances historiques de l'immigration au Canada présentent cependant certaines variations importantes : il y a notamment eu le sommet à ce jour inégalé enregistré en 1913, lorsque le taux d'immigration a atteint 52,5 immigrants pour 1 000 habitants, et les faibles niveaux du début des années 1940, alors que le taux était inférieur à un immigrant pour 1 000 habitants. Le taux d'immigration observé au cours des 40 dernières années n'a jamais dépassé celui observé en 1967 alors qu'il était de 10,9 immigrants pour 1000 habitants. L'année 1967 correspond à l'entrée en vigueur du système de « points » pour l'admission au Canada, système qui accorde une plus grande importance à des critères économiques, comme la scolarité, la connaissance d'une langue officielle et la capacité d'intégrer le marché du travail. Avant les années 1960, l'admission des immigrants était largement limitée à ceux en provenance de l'Europe et des États-Unis.

À l'échelon international, le taux de migration nette4 au Canada, à savoir le solde entre les immigrants et les émigrants exprimé pour 1000 habitants, est relativement important au Canada lorsque comparé à celle de d'autres pays industrialisés. Par exemple, à 7,2 pour mille, le taux de migration nette au Canada en 2010 était plus élevé que celui observé dans plusieurs pays industrialisés comme l'Italie (6,4), les États-Unis (2,9), la Fédération de Russie (1,8) et la France (1,2). Quelques pays, dont l'Australie (10,3), présentaient récemment un taux de migration nette plus élevé que celui observé au Canada. Un petit nombre de pays comme le Japon (-0,4), présentent un taux de migration nette négatif, ce qui signifie que davantage de personnes quittent ces pays qu'ils n'en arrivent5.

Dans l'ensemble, le nombre d'immigrants admis chaque année représente un faible pourcentage de la population totale du Canada. Le nombre d'immigrants admis au Canada représentait 0,7 % de la population en 2009 et il est égal ou inférieur à 1,1 % depuis plus de 50 ans. Toutefois, l'effet sur la population totale est cumulatif et même si certains immigrants quittent la population parce qu'ils meurent ou émigrent, un grand nombre demeurent au Canada. Selon le Recensement de 2006, environ un Canadien sur cinq (19,8 %) était né à l'étranger. De récentes études présentant des comparaisons internationales du nombre et de la proportion d'immigrants et reposant sur des données projetées jusqu'en 2010 ont montré que, parmi l'ensemble des pays étudiés, ce sont les États-Unis qui présentaient le plus grand nombre absolu d'immigrants (42,8 millions) au sein de leur population. En comparaison, la population du Canada comportait environ 7,2 millions d'immigrants. Toutefois, la part que représentent les immigrants au sein de la population était plus importante au Canada et en Australie (21,3 % environ pour chaque pays) qu'elle ne l'était aux États-Unis (13,5 %)6. Selon de récentes projections, au moins le quart (entre 25 % et 28 %) de la population canadienne pourrait être née à l'étranger d'ici 20317.

Catégorie d'admission des immigrants au Canada

Non seulement CIC est responsable des niveaux cibles d'immigration au Canada chaque année, mais il établit aussi des fourchettes pour les catégories particulières d'immigrants (tableau 1). La Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR), entrée en vigueur en juin 2002, définit les quatre principales catégories en fonction desquelles les immigrants permanents sont admis au pays8 :

  1. la catégorie de l'immigration économique – comprend les travailleurs qualifiés, les gens d'affaires immigrants, les aides familiaux résidents, les candidats d'une province ou d'un territoire et leurs personnes à charge;
  2. la catégorie du regroupement familial – comprend les conjoints, partenaires, enfants et autres parents de résidents canadiens, notamment les parents ou les grands-parents;
  3. la catégorie des réfugiés – comprend les réfugiés parrainés par le gouvernement ou de manière privée, ainsi que les réfugiés reçus au Canada et leurs personnes à charge à l'étranger; et
  4. la catégorie des autres immigrants – comprend les immigrants admis pour des raisons humanitaires ou de politique publique, les détenteurs d'un permis de séjour temporaire, les immigrants visés par une mesure de renvoi à exécution différée et les personnes qui revendiquent le statut de réfugié a posteriori.

On a modifié la LIPR en 2008 pour inclure la catégorie de « l'expérience canadienne », un sous-ensemble de la catégorie de l'immigration économique. Les immigrants qui présentent une demande en vertu de la catégorie de l'expérience canadienne doivent connaître le français ou l'anglais et avoir acquis au Canada une expérience de travail, laquelle peut être bonifiée par l'obtention d'un diplôme d'un établissement postsecondaire canadien.

Bien que les fourchettes portant sur le nombre total d'immigrants soient demeurées inchangées de 2007 à 2010, les fourchettes pour les catégories particulières d'immigrants ont varié. En 2009, le nombre observé d'immigrants de la composante économique (153 500) se situait à l'intérieur de la fourchette cible de 140 300 à 156 600 (tableau 1). L'année précédente, soit en 2008, les 149 100 immigrants de la composante économique correspondaient également à la fourchette de 139 000 à 154 000 visée cette année-là. Pour 2010, le plan proposait une révision à la hausse du nombre d'immigrants de la composante économique (entre 156 300 et 166 800) et les données préliminaires montrent que 186 900 immigrants ont été admis au pays en vertu de cette catégorie, représentant environ les deux-tiers (66,6 %) de tous les immigrants admis cette année-là. En 2011, le plan propose une fourchette de 150 600 à 161 300 pour cette catégorie. Chaque année depuis 1995, plus de la moitié des immigrants admis au Canada relevaient de la catégorie de l'immigration économique (tableau 2). En proportion de l'ensemble des immigrants, plus de six immigrants sur dix faisaient partie de la catégorie de l'immigration économique tant en 2008 (60,3 %) qu'en 2009 (60,9 %). C'était la première fois depuis 2002 où le seuil de 60 % était dépassé et la proportion des immigrants admis au Canada dans cette catégorie s'est accrue depuis 2007. Cela tranche avec la période de récession économique du début des années 1980, lorsque l'entrée des immigrants de la composante économique était restreinte à ceux qui disposaient déjà d'un emploi au Canada. Au cours de cette période, on a observé plusieurs années où la proportion des immigrants de la catégorie du regroupement familial était plus élevée que celle des immigrants de la composante économique.

Tableau 2 Immigrants au Canada par catégorie, 1981 à 2010

La catégorie du regroupement familial est actuellement la deuxième catégorie d'immigrants en importance et l'objectif de leur admission au Canada est la réunification des familles. La fourchette cible d'immigrants pour la catégorie du regroupement familial se situait entre 68 000 et 71 000 aussi bien en 2008 qu'en 2009. Ont en fait été admis au Canada ces années-là respectivement 65 600 et 65 200 résidents permanents appartenant à la catégorie du regroupement familial. Ils représentaient plus d'un immigrant sur quatre admis en 2008 et en 2009 (26,5 % et 25,9 %), légèrement en baisse par rapport à la proportion de 28,0 % observée tant en 2006 qu'en 2007. Ces pourcentages sont moins élevés qu'ils ne l'étaient au cours des années 1980 et 1990. La fourchette cible d'immigrants pour la catégorie du regroupement familial a été ramenée entre 57 000 à 63 000 en 2010 et selon les données préliminaires, 60 200 immigrants avaient été admis en vertu de cette catégorie, représentant 21,5 % de tous les immigrants. En 2011, la fourchette cible annoncée est de 58 500 à 65 500 immigrants.

La troisième catégorie pour laquelle CIC établit des fourchettes cibles est celle des réfugiés, bien que le nombre de réfugiés acceptés au Canada puisse augmenter en période de crise internationale telle qu'une guerre ou un conflit politique, une catastrophe naturelle ou d'autres circonstances humanitaires. En 2008 et en 2009, le Canada a admis respectivement 21 900 et 22 800 réfugiés, qui représentaient 8,8 % et 9,1 % de l'ensemble des immigrants admis ces années-là. La proportion de réfugiés admis en 2008 et en 2009 demeurait moins élevée que celles qui ont été observées tout au long des années 1980 ainsi qu'au début des années 1990 et elle représentait moins du tiers du niveau observé en 1980 (28,2 %). En 2008 et 2009, le nombre de réfugiés admis était inférieur à la fourchette cible (qui était de 26 000 à 31 800 en 2008 et de 23 600 à 27 200 en 2009). Pour 2010, la fourchette cible du nombre de réfugiés a été réduite pour une quatrième année d'affilée (entre 19 600 et 26 000) et les données préliminaires indiquent que 24 700 immigrants ont été admis en vertu de cette catégorie, représentant 8,8 % de tous les immigrants admis en 2010. La fourchette a été majorée en 2011 (entre 23 200 et 29 000).

La LIPR donne enfin la possibilité à CIC d'accepter des ressortissants étrangers qui ne répondraient pas autrement aux exigences de la Loi9. En 2009, sont entrés au Canada 10 600 immigrants dans la catégorie des autres immigrants, représentant 4,2 % de tous les immigrants admis cette année-là. Ce nombre était légèrement supérieur à la fourchette cible de 8 100 à 10 200 personnes. La plupart de ces personnes ont été admises au Canada pour des motifs humanitaires. En 2008, un nombre similaire d'immigrants (10 700) avaient été admis en vertu de cette catégorie et ils représentaient alors 4,3 % de tous les immigrants admis cette année-là. Ce nombre dépassait la fourchette cible, qui avait été établie entre 7 000 et 8 200 immigrants. En 2010, le plan proposait l'admission de 7 100 à 9 200 immigrants en vertu de la catégorie des autres immigrants et les données préliminaires montrent que 8 800 personnes avaient effectivement été admises à ce titre, représentant 3,2 % de tous les immigrants admis en 2010. En 2011, la fourchette cible a été légèrement augmentée pour s'établir entre 7 700 à 9 200 personnes.

Lieu de naissance des immigrants au Canada

L'Asie, incluant le Moyen-Orient, était la principale région d'origine des immigrants au Canada en 2008 et 2009, une situation à l'image de celle des années précédentes. En 2008 et en 2009, sept des dix principaux pays d'origine des immigrants se situaient en Asie : la Chine10, l'Inde, les Philippines, le Pakistan, l'Iran, la Corée du Sud, ainsi que le Sri Lanka en 2008 et l'Iraq en 2009 (tableau 3). Dans l'ensemble, les pays asiatiques étaient à l'origine de 57,1 % de l'ensemble des immigrants au Canada en 2008 et de 56,4 % d'entre eux en 2009.

Tableau 3 Immigrants des 10 principaux pays de naissance selon la catégorie, Canada, 1981 à 2009

Comme c'est le cas depuis 1983, la Chine était le lieu de naissance le plus fréquent des immigrants arrivés au Canada tant en 2008 (31 500 personnes) qu'en 2009 (30 800 personnes). Ces immigrants représentaient respectivement 12,8 % et 12,2 % de l'ensemble des immigrants admis ces années-là. Toutefois, non seulement cette proportion d'immigrants chinois en 2009 était la moins élevée depuis 1986, année où elle était de 8,7 %, mais elle représentait moins de la moitié de la proportion enregistrée en 1994, année où un immigrant sur quatre (25,9 %) admis au Canada était né en Chine. Tant en 2008 (68,7 %) qu'en 2009 (66,9 %), les deux tiers des immigrants chinois admis au Canada appartenaient à la catégorie de l'immigration économique, alors qu'un peu plus du quart faisaient partie de la catégorie du regroupement familial (25,8 % en 2008 et 27,7 % en 2009).

L'Inde était le deuxième pays de naissance le plus fréquent des immigrants admis au Canada en 2008 et en 2009, comme c'est d'ailleurs le cas depuis 1995. L'Inde figure également parmi les cinq principaux pays d'origine depuis au moins 1980. Plus d'un immigrant sur dix provenait de l'Inde tant en 2008 (11,3 %) qu'en 2009 (11,6 %), soit respectivement 28 000 et 29 200 personnes. Bien qu'il ait diminué depuis 2007 (12,0 %), la proportion d'immigrants en provenance de l'Inde n'a pas été inférieure à 10 % depuis 1999. Plus d'un immigrant sur deux admis ces années-là (54,2 % en 2008 et 55,4 % en 2009) l'avaient été en vertu de la catégorie économique de l'immigration et un peu plus de quatre immigrants indiens sur dix (42,8 % en 2008 et 41,7 % en 2009) appartenaient à la catégorie du regroupement familial.

Au troisième rang venaient les Philippines, avec 24 700 immigrants en 2008 et 28 400 en 2009, ce qui représentait respectivement 10,0 % et 11,3 % de l'ensemble des immigrants au Canada ces années-là. La majorité d'entre eux appartenaient à la catégorie économique de l'immigration (82,0 % en 2008 et 84,2 % en 2009), tandis que 16,1 % et 14,4 % étaient des immigrants admis en vertu de la catégorie du regroupement familial.

La Chine, l'Inde et les Philippines, qui occupent les trois premières places depuis 2004, étaient collectivement à l'origine de plus du tiers des immigrants admis au Canada tant en 2008 (34,1 %) qu'en 2009 (35,0 %).

Plusieurs autres pays asiatiques comptant parmi les 10 principaux pays d'origine des immigrants au Canada ont changé de rang ces dernières années. Le Pakistan, qui oscillait entre la troisième et la cinquième place de 1997 à 2008, est passé au sixième rang en 2009 (il a été à l'origine de 3,4 % de tous les immigrants en 2008 et de 2,7 % en 2009). L'Iran est pour sa part passé du huitième rang en 2008 au septième rang en 2009 avec moins de 3 % de tous les immigrants au Canada pour chacune de ces années. La Corée du Sud est passé du septième rang en 2008 (2,9 % de tous les immigrants) au huitième rang en 2009 (2,3 %). L'Iraq, qui ne faisait pas partie du top dix en 2008, a été le dixième principal pays source d'immigrants en 2009, avec 5 400 immigrants reçus au Canada (2,1 %). Plus des trois quarts (76,0 %) de ces immigrants d'Iraq étaient des réfugiés. Le Sri Lanka était le dixième pays en importance en 2008, mais ne figurait plus dans le top dix des pays source d'immigrants en 2009. Des 4 700 immigrants Sri Lankais admis en 2008, près de trois sur dix (28,4 %) étaient des réfugiés.

En 2009, 5,2 % des immigrants au Canada provenaient des pays de l'Amérique du Nord et Centrale, un nombre légèrement en baisse par rapport à 5,8 % en 2008. Les États-Unis arrivaient au quatrième rang des principaux pays d'origine tant en 2008 et qu'en 2009. Quelque 8 200 Américains ont été admis au Canada en 2009 (3,2 % de l'ensemble des immigrants), et 9 400 en 2008 (3,8 %). La proportion des immigrants américains est demeurée en deçà de 3 % durant la décennie des années 1990 et au début des années 2000. Pendant plusieurs années au cours de cette période, les États-Unis ne figuraient pas parmi les dix principaux pays d'origine des immigrants au Canada. En 2009, les immigrants américains étaient répartis de façon assez égale entre la catégorie de l'immigration économique (43,7 %) et la catégorie du regroupement familial (43,2 %) alors que, en 2008, la proportion des immigrants de la catégorie de l'immigration économique (47,3 %) était supérieure à celle des immigrants de la composante familiale (40,5 %). Par ailleurs, quelque 2 800 immigrants sont arrivés au Canada en provenance du Mexique en 2008, chiffre qui est passé à 3 100 en 2009. Chaque fois, ces immigrants représentaient légèrement plus de 1 % de l'ensemble des immigrants admis au Canada (tableau A1).

En 2009, 15,4 % des immigrants au Canada sont venus d'Europe, une proportion semblable à celle observée en 2008 (15,5 %). Le Royaume-Uni, le seul pays européen parmi les dix principaux pays d'origine en 2008 et 2009, se classait au sixième rang en 2008 et au cinquième rang en 2009, bien que les effectifs et leurs proportions correspondantes étaient similaires (3,3 % ou 8 200 immigrants en 2008 et 3,2 % ou 8 100 immigrants en 2009). À chacune de ces années, plus des trois quarts des immigrants du Royaume-Uni ont été admis au Canada en vertu de la catégorie de l'immigration économique (77,0 % en 2008 et 76,1 % en 2009).

Les immigrants provenant du continent africain représentaient 11,7 % de l'ensemble des immigrants au Canada en 2008, proportion qui est passée à 13,2 % en 2009. Durant ces deux années, 29 000 et 33 400 immigrants africains ont été admis au pays. Le Maroc s'est classé parmi les dix principaux pays d'origine pour la première fois en 2009. Les quelque 5 500 immigrants du Maroc, dont plus des trois quarts appartenaient à la catégorie de l'immigration économique (78,4 %), formaient 2,2 % de l'ensemble des immigrants admis au Canada en 2009. Bien que leurs effectifs soient relativement faibles, les pays africains tels que l'Algérie, le Nigéria, l'Égypte, le Cameroun et la République Démocratique du Congo ont été à l'origine d'un nombre croissant d'immigrants au Canada ces dernières années.

La proportion des immigrants venant de l'Amérique du Sud, des Antilles et des Bermudes est demeurée stable à 8,9 % en 2008 (22 100 immigrants) et en 2009 (22 400 immigrants). Les immigrants admis au Canada en provenance de l'Amérique du Sud provenaient surtout de la Colombie (2,2 % en 2008 et 1,9 % en 2009). La Colombie était en neuvième position des pays source d'immigrants en 2008 mais ne figurait plus dans le top dix en 2009. Plus de la moitié (53,5 %) des immigrants de Colombie admis au Canada en 2008 étaient des réfugiés. Du côté des pays des Antilles, la plupart des immigrants arrivés en 2008 et en 2009 étaient originaires de la Jamaïque et d'Haïti (1,0 % ou moins pour chaque pays au cours des deux dernières années). Bien que le nombre d'immigrants originaires de Cuba soit faible, il tend à la hausse depuis la dernière décennie et représentait 0,5 % des immigrants en 2008 et 0,6 % en 2009.

Destination des immigrants

La plupart des immigrants admis au Canada s'établissent dans les trois provinces les plus populeuses, soit l'Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique. Parmi les 252 200 immigrants qui sont arrivés au Canada en 2009, 78,4 % (ou 197 800 immigrants) se sont établis dans ces trois provinces (tableau 4). Les récentes tendances font toutefois ressortir une répartition moins concentrée des immigrants dans l'ensemble des provinces et des territoires du Canada.

Tableau 4 Distribution en pourcentage des immigrants reçus par province de destination, Canada, 1981 à 2009

Le pourcentage des immigrants qui se sont établis en Ontario en 2008 et en 2009 demeurait le plus élevé parmi l'ensemble des provinces et des territoires (respectivement 44,8 % et 42,4 %), bien qu'il ait diminué par rapport à la proportion enregistrée en 2001 (59,3 %). La diminution de la part revenant à l'Ontario ces dernières années pourrait découler d'initiatives telles que le Programme des candidats des provinces qui encourage les immigrants à s'établir dans d'autres provinces. Ce programme confère aux provinces et aux territoires le pouvoir de recruter des immigrants pour satisfaire à leurs besoins économiques particuliers11. En Ontario, plus de la moitié des immigrants admis en 2009 (51,3 %) appartenaient à la catégorie de l'immigration économique, la plus faible proportion parmi les provinces. En 2009, toujours en Ontario, plus de trois immigrants sur dix (31,0 %) ont été admis dans la catégorie du regroupement familial, tandis que plus d'un sur dix (11,8 %) appartenait à la catégorie des réfugiés, des proportions supérieures à la moyenne nationale.

Près d'un immigrant sur cinq (19,6 %) admis au Canada en 2009 s'est établi au Québec, en hausse par rapport à 18,3 % en 2008. Il s'agissait de la plus forte proportion d'immigrants admis dans cette province depuis 1991 (22,3 %) et elle dépassait de loin le niveau enregistré en 1994 (12,5 %) qui représente le niveau le plus faible observé depuis 1956. Au Québec, environ sept immigrants sur dix (69,7 %) admis en 2009 appartenaient à la catégorie de l'immigration économique, ce qui dépasse la moyenne nationale, tandis que 17,9 % étaient des immigrants de la catégorie du regroupement familial, une proportion inférieure à celle du Canada dans son ensemble.

En 2009, 16,4 % de l'ensemble des immigrants au Canada se sont établis en Colombie-Britannique, en baisse par rapport à 17,8 % en 2008. Ces proportions sont également inférieures à celles du milieu et de la fin des années 1990, période au cours de laquelle plus d'un immigrant sur cinq s'est établi dans cette province. Les immigrants de la composante économique représentaient plus des trois cinquièmes des immigrants (62,5 %) qui ont été admis en Colombie-Britannique en 2009, tandis que 30,4 % appartenaient à la catégorie du regroupement familial. Le pourcentage des réfugiés (3,9 %) était moins de la moitié de celui observé pour le Canada dans son ensemble.

La part de l'ensemble des immigrants au Canada qui se sont établis au Manitoba était de 5,4 % en 2009, à la hausse par rapport à 4,5 % en 2008. De la même façon, le pourcentage des immigrants qui se sont établis en Saskatchewan en 2009 était de 2,7 %, également à la hausse par rapport à 2008 (2,0 %); en fait, cette tendance à la hausse se poursuit depuis le milieu des années 2000. De plus, le Manitoba et la Saskatchewan affichaient des proportions d'immigrants de la composante économique (respectivement 80,7 % et 80,4 %) beaucoup plus élevées que la moyenne nationale (60,9 %), une possible indication que ces provinces tirent parti du Programme des candidats des provinces. Depuis une bonne partie de la dernière décennie, l'immigration a aussi augmenté en Alberta. En 2009, 10,7 % de l'ensemble des immigrants au Canada se sont établis dans cette province, comparativement à 9,8 % en 2008, poursuivant une tendance à la hausse amorcée en 2005. Les pourcentages des immigrants admis en Alberta en 2009 en vertu des diverses catégories de la LIPR étaient relativement similaires à ceux observés pour le Canada dans son ensemble.

Bien qu'il demeure faible, le pourcentage des immigrants qui se sont établis dans les provinces de l'Atlantique que sont l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick a augmenté. L'immigration vers l'Île-du-Prince-Édouard a été modeste pendant une bonne partie des années 1980 jusqu'au milieu des années 2000 (variant de 0,0 % à 0,3 %), mais elle a augmenté au cours des quatre dernières années. En 2008, 0,6 % de tous les immigrants au Canada se sont établis dans cette province, proportion qui est passée à 0,7 % en 2009. De plus, l'Île-du-Prince-Édouard a présenté la proportion la plus élevée au Canada d'immigrants admis en vertu de la catégorie économique (91,0 %), ce qui pourrait indiquer que la province tire profit du Programme descandidats des provinces pour cibler les immigrants de cette composante. Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse ont tous deux attiré des proportions plus élevées d'immigrants ces dernières années comparativement au début des années 2000. On a observé une légère augmentation de la part revenant au Nouveau-Brunswick, qui est passée de 0,7 % tant en 2006 qu'en 2007 à 0,8 % en 2008 et en 2009 alors que pour la Nouvelle-Écosse, cette proportion a diminué de 1,1 % en 2007 et en 2008 à 0,9 % en 2009. Le Nouveau-Brunswick (78,3 %) comme la Nouvelle-Écosse (69,3 %) ont reçu une proportion d'immigrants de la composante économique supérieure à la moyenne nationale. Parmi les données enregistrées depuis 1981, la proportion de l'ensemble des immigrants au Canada qui se sont établis à Terre-Neuve-et-Labrador est demeurée assez stable autour de 0,2 % à 0,4 %. Terre-Neuve-et-Labrador présentait une plus grande part d'immigrants admis en 2009 en vertu de la catégorie des réfugiés (23,9 %), soit plus du double du pourcentage national (9,1 %), possiblement en raison de son emplacement géographique côtier.

Adoption internationale 12

De 1999 à 2009, on a dénombré entre 1 500 et 2 200 adoptions internationales par an au Canada. En 2009, les 2 100 adoptions internationales poursuivaient une tendance à la hausse pour une troisième année d'affilée. L'adoption internationale suppose souvent de longs délais d'attente entre les formalités administratives à remplir et la disponibilité d'un enfant à adopter, mais elle offre néanmoins aux particuliers ou aux couples la possibilité de fonder une famille ou d'ajouter un ou des enfants à leur famille existante. Les règlements peuvent varier selon la province ou le territoire et ils peuvent évoluer au fil des ans non seulement au Canada, mais dans tout pays d'origine donné. Dans l'ensemble, les adoptions internationales représentent un faible pourcentage du nombre d'immigrants arrivant au Canada chaque année. De plus, un nouveau processus a été mis en place en 2008, selon lequel les enfants adoptés à l'étranger peuvent entrer au Canada soit par la voie de l'immigration traditionnelle, soit dans le cadre d'un nouveau processus prévoyant que les enfants possèdent déjà la citoyenneté canadienne dès leur arrivée au pays.

Au cours de la dernière décennie, de 1999 à 2009, près de 21 000 enfants étrangers ont été adoptés par des Canadiens. Quelque 8 000 de ces enfants provenaient de la Chine et entre 1 200 et 1 400 provenaient de chacun des pays suivants : d'Haïti, de la Russie et des États-Unis.

La Chine demeure le principal pays d'origine des enfants adoptés, bien que les effectifs aient récemment diminué par rapport au sommet de 1 100 adoptions en 2003. Près de 700 enfants chinois ont été adoptés en 2007 et entre 400 et 500 tant en 2008 qu'en 2009. En outre, en pourcentage de l'ensemble des adoptions internationales, celles en provenance de la Chine ont diminué de plus de la moitié depuis le milieu des années 2000 (52,5 % en 2005) à 21,8 % en 2009 (figure 2). Par conséquent, un plus grand nombre d'éventuels parents adoptifs sont susceptibles de choisir des pays autres que la Chine, dont l'Éthiopie. En fait, plus des quatre cinquièmes (80,5 %) des enfants éthiopiens adoptés depuis 1999 l'ont été au cours de la période de 2006 à 2009. Parmi les autres importants pays d'origine pour l'adoption internationale en 2009, derrière la Chine, venaient les États-Unis (11,9 %), l'Éthiopie (8,1 %), le Vietnam (7,7 %) et Haïti (6,6 %). En comparaison, il y a une décennie, soit en 1999, les principaux pays d'origine des enfants adoptés à l'étranger étaient la Chine (34,5 % de toutes les adoptions internationales), la Russie (10,4 %), Haïti (6,8 %) et l'Inde (6,7 %).

Figure 2 Nombre d'adoptions internationales au Canada et pourcentage en provenance de la Chine, 1999 à 2009

Tableaux

Tableau A1 Immigrants reçus au Canada selon le pays de naissance, 1981 à 2009

Tableau A2 Distribution en pourcentage des immigrants reçus au Canada selon le pays de naissance, 1981 à 2009

Tableau A3 Immigrants et répartition en pourcentage selon la province de destination et la catégorie, Canada, 2008 et 2009


Notes

  1. Lorsque les données proviennent de CIC, les totalisations effectuées pour les besoins de ce document peuvent diverger de celles effectuées par CIC.
  2. Les données de l'année 2010 sont préliminaires et sujettes à changement.
  3. Citoyenneté et Immigration Canada. Les artisans de notre patrimoine : La citoyenneté et l'immigration au Canada de 1900 à 1977, site consulté le 22 février 2011.
  4. Voir le glossaire pour obtenir plus de renseignements.
  5. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 2010. Taux net de migration dans Panorama des statistiques de l'OCDE 2010, Données de 2006 à 2008.
  6. Pison, G. 2010. « Le nombre et la part des immigrés dans la population : comparaisons internationales », Population et Sociétés, no 472.
  7. Caron-Malenfant, E., A. Lebel et L. Martel. 2010. Projections de la diversité de la population canadienne, 2006 à 2031, Statistique Canada, no 91-551-XPF au catalogue.
  8. Citoyenneté et Immigration Canada. 2010. Faits et Chiffres 2009 : Aperçu de l'immigration – Résidents permanents et temporaires.
  9. Les personnes qui souhaitent vivre au Canada comme résidents permanents doivent normalement demander et obtenir un visa de résident permanent avant de venir au pays. Cependant, si un ressortissant étranger se trouve déjà au Canada et est confronté à des circonstances exceptionnelles, il peut être admissible à une exemption, pour des motifs humanitaires, de l'exigence d'obtenir un visa de résident permanent d'un bureau des visas à l'étranger.
  10. Dans cette section, la Chine inclut la République populaire de Chine, Hong Kong, Hong Kong SAR, Macao et Macao SAR et Tibet. Des ajustements ont été effectués pour établir des tendances historiques.
  11. En date de 2011, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et l'ensemble des provinces avaient signé une entente avec le gouvernement fédéral. Toutes les ententes sont de durée indéterminée, à l'exception de celle de la Colombie-Britannique, qui expire en avril 2015, et de celle de l'Ontario, qui a expiré en mars 2011. Le Québec se voit conférer le pouvoir en vertu de l'Accord Canada-Québec d'établir des cibles annuelles d'immigration et de sélectionner les immigrants admis dans cette province. Source : Citoyenneté et Immigration Canada. Rapport annuel au Parlement sur l'immigration, 2010.
  12. Les adoptions englobent celles complétées via la résidence permanente (FC6 : enfant devant être adopté au Canada et FC9 : enfant adopté à l'étranger) de même que celles complétées via la citoyenneté canadienne.
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