Projections de la diversité de la population canadienne, 2006 à 2031

par l'Équipe de Demosim

Rapport rédigé par Éric Caron Malenfant, André Lebel et Laurent Martel

Introduction

En raison d'une faible fécondité persistante et d'une forte immigration, le Canada a vu sa population se transformer rapidement au cours des dernières décennies. C'est ainsi que de recensement en recensement, on a vu s'accroître la proportion de personnes nées à l'étranger, de personnes qui n'ont ni l'anglais ni le français comme langue maternelle et de personnes appartenant aux groupes de minorités visibles tels que définis par la Loi sur l'équité en matière d'emploi, pour ne citer que ces exemples1. Ces changements, cependant, ne s'effectuent pas au même rythme partout sur le territoire : très rapides dans les plus grandes régions métropolitaines, particulièrement Montréal, Toronto et Vancouver, où s'établissent la plupart des nouveaux arrivants, ils demeurent à ce jour fort modestes ailleurs au pays.

C'est en raison des diverses implications en matière de politiques publiques qu'entraînent ces changements rapides dans la composition de la population canadienne que la direction du Multiculturalisme et des droits de la personne du ministère de Patrimoine canadien (cette direction fait maintenant partie de Citoyenneté et Immigration Canada) a mandaté Statistique Canada, en 2004, de réaliser des projections régionales de la population des groupes de minorités visibles, du statut d'immigrant, de la confession religieuse et de la population qui n'a ni l'anglais ni le français comme langue maternelle. Ces projections ont été produites jusqu'en 2017, année du cent-cinquantième anniversaire de la Confédération canadienne. Le grand nombre de variables à projeter a mené la Division de la démographie de Statistique Canada à développer, en collaboration avec la Division de la modélisation, un modèle de microsimulation (nommé Popsim à l'origine, aujourd'hui Demosim2) pour réaliser ces projections, les modèles fonctionnant sur la base de données agrégées s'avérant inappropriés pour ce type d'exercice. Programmé au moyen du langage de microsimulation Modgen, le modèle a mené en 2005 à la publication d'un rapport analytique3 qui a connu une importante couverture médiatique et a été largement utilisé depuis, notamment par divers ministères fédéraux.

La parution des résultats du Recensement de 2006, combinée à l'actualité des questions reliées à l'immigration et aux changements qui surviennent dans la population du Canada, appelaient à la préparation d'une nouvelle série de projections démographiques. Si elles tirent profit du travail publié en 2005, ces projections vont cependant plus loin en projetant de nouvelles caractéristiques de la population - lieu de naissance, statut des générations et plus haut niveau de scolarité par exemple -, en ajoutant des catégories aux variables qui avaient été alors projetées - la confession religieuse et le lieu de résidence -, en simulant de nouveaux événements -changement de religion, graduation, départ des enfants du foyer parental notamment -, puis en étendant l'horizon jusqu'à 20314. Le présent rapport présente les résultats de ces nouvelles projections, qui ont été réalisées par Statistique Canada pour le compte du ministère du Patrimoine canadien, de Ressources humaines et Développement des compétences Canada et de Citoyenneté et Immigration Canada. Ces ministères sont responsables des hypothèses de projections qui sont reliées à des politiques.

Ce rapport comprend trois sections principales. La première décrit les méthodes et sources de données utilisées. La seconde porte sur les hypothèses et scénarios qui ont été retenus dans le cadre du présent exercice. La troisième partie présente quant à elle les principaux résultats des projections démographiques. Le lecteur intéressé à davantage de résultats pourra se référer aux tableaux détaillés qui figurent en annexe du rapport. Un glossaire, à la fin du document, définit les termes plus spécialisés que l'on trouve au fil du texte.


Notes

  1. Voir à ce propos Tina Chui, Kelly Tran et Hélène Maheux (2007) ou encore Statistique Canada (2008).
  2. Afin d'éviter toute confusion, nous n'utiliserons que Demosim pour désigner le modèle d'ici la fin du texte.
  3. Alain Bélanger et Éric Caron Malenfant (2005). Le projet a également donné lieu, en 2008, à une publication plus technique dans les documents de recherche d'Eurostat (voir Bélanger, A., É. Caron Malenfant, L. Martel et R. Gélinas (2008)).
  4. Ajoutons que le modèle de projection par microsimulation a été l'objet d'une révision en profondeur de ses méthodes et qu'il a également été adapté afin d'étudier la faisabilité de projections autochtones par microsimulation. Bien qu'il soit fait allusion à plusieurs reprises, dans la section méthodologique de ce document, à la composante autochtone du modèle, aucun résultat relatif à ces populations n'est présenté ici.
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