Une approche participative

Alessandro Alasia, chef du Laboratoire d’exploration et d’intégration des données. Photo : A. Paulos

Alessandro Alasia, chef du Laboratoire d’exploration et d’intégration des données. Photo : A. Paulos

Alessandro Alasia a toujours voulu contribuer à un monde meilleur. En 1995, il a quitté sa belle Italie, sa valise en main, l’esprit à l’aventure et armé d’une maîtrise en économie agricole, puis il a mis le cap sur une des capitales les plus froides au monde, prêt à braver les hivers et le froid pour avoir l’occasion de poursuivre ses aspirations d’obtenir un doctorat et de faire de la recherche au Canada.

Alessandro s’est joint à Statistique Canada en 2001 à titre de chercheur, et s’est à ce moment que sa quête de faire un monde meilleur a commencé à prendre forme. Grâce à ses collaborations avec l’Union européenne, l’Organisation de coopération et de développement économiques et la Banque mondiale, il est devenu un citoyen du monde, faisant de la recherche sur l’aménagement rural et sur des projets économiques agricoles en Thaïlande, au Mozambique, en Argentine, au Pérou, en Colombie, au Canada et en Italie.

Lorsqu’il était gestionnaire au Centre des projets spéciaux sur les entreprises à Statistique Canada, Alessandro a eu amplement le temps de trouver des façons de sortir des sentiers battus, et n’a pas tardé à concevoir une idée révolutionnaire.

En 2015, il a présenté son idée d’utiliser des techniques novatrices d’approche participative à des fins de collecte de données à la Conférence des grandes idées 2 de Statistique Canada. Son idée servirait à moderniser nos méthodes de collecte et ainsi tirer profit de données déjà disponibles. En 2016, Alessandro, maintenant chef du Laboratoire d’exploration et d’intégration des données au Centre des projets spéciaux sur les entreprises, a reçu du financement pour faire avancer son initiative de projets d’analyse et ainsi mettre à l’essai la collecte de données au moyen de l’approche participative.

« Le monde de la statistique change sans cesse, affirme Alessandro, et nous devons nous adapter au nouvel écosystème de données. Dans celui-ci, les organismes nationaux de statistique sont de plus en plus susceptibles de devenir à la fois des producteurs de données et des consommateurs de données produites par d’autres organisations, par d’autres entités, et même par des individus. En fait, le grand pari, pour cette grande idée, est que les foules peuvent devenir une source de renseignements utiles. Autrement dit, des Canadiens pourraient souhaiter se porter volontaires pour fournir des renseignements précis afin de construire collectivement une ressource de données ouverte à toute la population. »

Son équipe de collaborateurs, dont les membres sont issus de cinq divisions, a reçu du financement pour deux ans. « Tout le monde est emballé par le projet, son potentiel et ses défis », a-t-il dit. Par contre, il est d’accord pour affirmer que l’acceptation de l’idée était la tâche la plus facile. Maintenant, il s’agit de faire fonctionner cette idée de collecte de données par approche participative, ce qui est plus difficile.

« Nous devons définir tous les détails, explique Alessandro. Nous savons que l’approche participative fonctionne, qu’elle existe, qu’elle est là, mais nous devons la faire fonctionner au profit des statistiques officielles. La quantité d’ajustements nécessaires est assez importante, c’est le moins qu’on puisse dire. »

Un nouveau projet pilote cherchant à utiliser l’approche participative pour cartographier les immeubles non résidentiels au Canada été lancé. À l’heure actuelle, il n’y a pas de statistiques exactes sur les immeubles et leurs attributs à l’échelle nationale qui permettraient de faire des comparaisons avec des endroits particuliers. Non seulement cette information nous fournira des nouvelles possibilités analytiques, mais elle nous montrera aussi les possibilités et les limites d’une approche participative.

Pourquoi s’en arrêter là? Après avoir obtenu des résultats très positifs pour son projet pilote, Alessandro est maintenant prêt à cartographier tout le Canada grâce à son nouveau projet collectif Bâtir le Canada 2020. Premier arrêt, le Canada. Prochain arrêt, le monde!

Infographie : La cartographie de votre collectivité au moyen d'une approche participative

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