Coup d'œil sur la santé
La mise à jour de la population type et son effet sur les taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer

Par Lawrence Ellison

Date de diffusion : le 20 octobre 2016

Début de l'encadré 1

Faits saillants

  • En mars 2016, la population type qui servait à dériver les taux normalisés selon l’âge au Canada a été mise à jour en fonction de la population canadienne de 2011. Elle reposait auparavant sur la population canadienne de 1991.
  • Les variations des taux normalisés selon l’âge qui découlent de la mise à jour de la population type sont artificielles et ne témoignent pas de changements soudains du risque de développer un cancer ou d’en mourir.
  • Les taux canadiens d’incidence du cancer et de mortalité par cancer normalisés selon l’âge, tous cancers confondus, qui sont fondés sur la population type de 2011 étaient systématiquement plus élevés que ceux reposant sur la population type de 1991.
  • L’ampleur de la variation des taux d’incidence normalisés selon l’âge qui est attribuable à la mise à jour de la population type variait selon le type de cancer.
  • La mise à jour de la population type a eu peu d’effet sur les tendances relatives aux taux globaux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer normalisés selon l’âge qui ont été enregistrés de 1992 à 2012.

Fin de l'encadré 1

Introduction

Les taux de cas de cancer nouvellement diagnostiqués (incidence) et de décès attribués au cancer (mortalité) peuvent être présentés sous forme de taux non normalisés (bruts) ou taux normalisés selon l’âge. Les taux bruts d’incidence du cancer permettent de mesurer le risque de recevoir un diagnostic de cancer. Par exemple, en 2012, le taux brut d’incidence du cancer au Canada était de 520,5 pour 100 000 personnes, tous âges confondus. Les taux bruts de mortalité par cancer fournissent de l’information sur le risque de mourir d’un cancer. Le taux brut de mortalité par cancer en 2012 était de 214,0 pour 100 000 personnes, tous âges confondus.

Il est souvent intéressant de comparer les taux de cancer dans la population au fil du temps, entre les populations de différentes régions géographiques, ou entre des populations définies temporellement et géographiquement. Dans de tels cas, il n’est pas recommandé d’utiliser le taux brut, tous âges confondus, parce que le risque de recevoir un diagnostic de cancer ou de mourir d’un cancer varie selon l’âge et que des populations différentes peuvent afficher des structures par âge différentesNote 1. Par exemple, la structure par âge de la population canadienne a varié au fil des ans à mesure que la proportion de personnes âgées a augmentéNote 2.

Ce qu’il faut obtenir est une mesure permettant une comparaison « juste » du risque de recevoir un diagnostic de cancer ou de mourir d’un cancer au sein de populations différentes. Le taux normalisé selon l’âge constitue une telle mesure, puisqu’il indique le taux qui serait observé dans chaque population d’intérêt si chacune avait la même structure par âge (une population type commune). Il est ainsi possible de comparer des pommes avec des pommes.

En mars 2016, la population type servant à dériver les taux normalisés selon l’âge au Canada a été mise à jour en fonction de la population canadienne de 2011Note 3Note 4. Elle reposait auparavant sur la population canadienne de 1991Note 4. Par suite de ce changement, les taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer normalisés selon l’âge pour chaque année ont également changé — souvent de façon marquée. Les variations des taux normalisés selon l’âge qui découlent du remplacement de la population type sont toutefois artificielles et ne laissent pas entendre que le risque de recevoir un diagnostic de cancer ou de mourir d’un cancer a changé. Néanmoins, les variations valent la peine d’être explorées puisqu’elles peuvent différer d’une province à l’autre ou selon le type de cancer.

Le présent article porte sur les écarts liés aux taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer normalisés selon l’âge qui découlent du changement de la population type utilisée pour les dériver. Les écarts au fil du temps, selon la province et par type de cancer pour 2012, seront examinés.

Les données sont tirées du Registre canadien du cancer (de 1992 à 2012), de la Statistique de l’état civil du Canada — Base de données sur les décès (de 1992 à 2012) et des estimations de la population du Canada selon le groupe d’âge et le sexe (de 1992 à 2012), qui sont tous des outils de Statistique Canada.

Les taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer augmentent avec l’âge

Les taux d’incidence et de mortalité ont augmenté avec l’âge, tous cancers confondusNote 5 (graphique 1). En 2012, les taux d’incidence du cancer ont surtout augmenté avec l’âge pour les groupes d’âge de 15 à 19 ans et de 60 à 64 ans. Même si le taux d’accroissement a fléchi chez les groupes plus âgés, le taux d’incidence comme tel a continué d’augmenter jusqu’à ce qu’il atteigne un sommet dans le groupe d’âge de 85 à 89 ans. Au cours de la même année, les taux de mortalité par cancer ont connu les plus fortes hausses par âge dans les groupes d’âge de 25 à 29 ans et de 55 à 59 ans. Même si le taux d’accroissement a diminué par la suite, le taux de mortalité a poursuivi sa hausse pour tous les groupes d’âge, y compris celui du groupe d’âge de 90 ans et plus.

Graphique 1 Taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer par âge, tous cancers confondus, Canada, 2012

Tableau de données du graphique 1
Taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer par âge, tous cancers confondus, Canada, 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer par âge. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (titres de rangée) et Incidence et Mortalité(figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge Incidence Mortalité
0 à 4 24,7 2,0
5 à 9 14,1 1,7
10 à 14 14,6 2,0
15 à 19 22,1 2,8
20 à 24 33,0 3,3
25 à 29 57,4 5,9
30 à 34 84,6 10,4
35 à 39 126,2 18,3
40 à 44 203,5 33,6
45 à 49 317,6 64,5
50 à 54 497,9 129,2
55 à 59 764,0 221,1
60 à 64 1 131,6 363,1
65 à 69 1 562,1 553,5
70 à 74 1 932,6 816,3
75 à 79 2 196,3 1 125,1
80 à 84 2 433,6 1 541,8
85 à 89 2 488,7 1 931,0
90 et plus 2 426,2 2 349,5

La population canadienne était plus âgée en 2011 qu’en 1991

La structure par âge de la population canadienne était plus âgée en 2011 qu’elle ne l’était en 1991 (graphique 2). À partir du groupe d’âge de 45 à 49 ans, le pourcentage de la population dans chaque groupe d’âge était plus élevé en 2011 qu’en 1991. C’est le groupe d’âge de 50 à 54 ans qui présentait l’écart absolu le plus prononcé. Pour tous les groupes d’âge jusqu’à celui de 40 à 44 ans inclusivement, le pourcentage de la population dans chaque groupe d’âge était moindre en 2011. L’écart le plus important à cet égard a été enregistré dans le groupe d’âge de 30 à 34 ans.

Graphique 2 Pourcentage de la population totale selon le groupe d’âge, Canada, 2011 et 1991

Tableau de données du graphique 2
Pourcentage de la population totale selon le groupe d’âge, Canada, 2011 et 1991
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage de la population totale selon le groupe d’âge. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (titres de rangée) et 2011 et 1991(figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge 2011 1991
0 à 4 5,5 6,9
5 à 9 5,3 6,9
10 à 14 5,6 6,8
15 à 19 6,5 6,8
20 à
24
6,9 7,5
25 à 29 6,9 9,0
30 à 34 6,8 9,2
35 à 39 6,6 8,3
40 à 44 6,9 7,6
45 à 49 7,9 6,0
50 à 54 7,8 4,8
55 à 59 6,9 4,4
60 à 64 6,0 4,2
65 à 69 4,5 3,9
70 à 74 3,4 3,0
75 à 79 2,7 2,2
80 à 84 2,0 1,4
85 et plus 1,9 1,0

Hausse des taux globaux d’incidence du cancer normalisés selon l’âge par suite de l’adoption de la nouvelle population type (de 2011)

Les taux d’incidence normalisés selon l’âge reposant sur la population type de 2011 sont plus élevés que ceux fondés sur la population type de 1991 (graphique 3), ce qui ne signifie pas que le risque de développer un cancer a soudainement augmenté. La hausse est plutôt artificielle et s’explique par la combinaison de deux facteurs. Tout d’abord, les taux d’incidence du cancer augmentent avec l’âge (graphique 1). Ensuite, les taux pour les groupes d’âge composés de personnes plus âgées sont plus fortement pondérés (c’est-à-dire qu’on leur accorde plus d’importance) quand on utilise la population type de 2011 plutôt que celle de 1991 parce que, d’après la structure par âge, la population de 2011 est plus âgée que celle de 1991 (graphique 2)Note 4. Bien que les taux soient plus élevés, la tendance relative aux taux d’incidence du cancer normalisés selon l’âge est à peu près la même, que la normalisation selon l’âge repose sur la population type de 2011 ou sur celle de 1991.

Graphique 3 Taux d’incidence du cancer normalisés selon l’âge en fonction de la population type (2011 ou 1991) et taux (bruts) non normalisés, tous cancers confondus, Canada, 1992 à 2012

Tableau de données du graphique 3
Taux d’incidence du cancer normalisés selon l’âge en fonction de la population type (2011 ou 1991) et taux (bruts) non normalisés, tous cancers confondus, Canada, 1992 à 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux d’incidence du cancer normalisés selon l’âge en fonction de la population type (2011 ou 1991) et taux (bruts) non normalisés. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et TINA — population type de 2011, Taux bruts et TINA — population type de 1991(figurant comme en-tête de colonne).
Année TINA — population type de 2011 Taux bruts TINA — population type de 1991
1992 525,9 410,0 404,4
1993 533,3 419,6 409,7
1994 527,0 419,0 405,2
1995 511,7 410,9 393,5
1996 506,1 410,6 389,1
1997 511,7 419,8 393,2
1998 517,4 429,5 397,1
1999 525,2 441,4 403,3
2000 528,1 448,7 404,8
2001 530,8 456,6 406,8
2002 524,7 458,3 403,0
2003 518,2 459,6 397,7
2004 523,4 471,3 402,2
2005 526,9 481,4 405,4
2006 527,9 490,0 406,2
2007 533,0 502,3 409,8
2008 525,5 502,8 404,4
2009 525,6 510,1 404,7
2010 520,3 512,5 401,1
2011 524,5 524,7 404,4
2012 512,2 520,5 395,3

La ligne continue du graphique 3 représente le taux brut d’incidence du cancer et reflète une hausse de 26,9 % entre 1992 et 2012Note 6. Toutefois, une fois que le vieillissement de la population pendant cette période est rajusté par la normalisation selon l’âge, on observe une diminution de 2,6 % du taux d’incidence du cancerNote 7.

Les taux bruts pour les années de données les plus récentes s’alignent davantage sur les taux normalisés selon l’âge correspondants pour ces années lorsqu’on utilise la nouvelle population type au lieu de l’ancienne. C’est le contraire pour les années les moins récentes. Voilà qui illustre la principale raison d’adopter une population type reposant sur des données démographiques plus récentes : il s’agit de rendre les taux normalisés selon l’âge plus conformes aux taux bruts pour les années de données les plus récentes.

Hausse des taux globaux de mortalité par cancer normalisés selon l’âge par suite de l’adoption de la nouvelle population type (de 2011)

Les taux de mortalité normalisés selon l’âge reposant sur la population type de 2011 sont plus élevés que ceux fondés sur la population type de 1991 (graphique 4). C’est le même constat que pour les taux d’incidence du cancer, et l’explication est la même — les taux de mortalité par cancer augmentent avec l’âge (graphique 1), et les groupes plus âgés sont plus fortement pondérés (c’est-à-dire qu’une plus grande importance leur est accordée) lorsqu’on utilise la population type de 2011 (graphique 2)Note 4. La tendance observée sur le plan des taux de mortalité par cancer normalisés selon l’âge est presque la même, que la normalisation selon l’âge soit effectuée à partir de la population type de 2011 ou de celle de 1991. Une constatation similaire a été faite à propos de la tendance correspondante en matière d’incidence du cancer.

Graphique 4 Taux de mortalité par cancer normalisés selon l’âge en fonction de la population type (2011 ou 1991) et taux (bruts) non normalisés, tous cancers confondus, Canada, 1992 à 2012

Tableau de données du graphique 4
Taux de mortalité par cancer normalisés selon l’âge en fonction de la population type (2011 ou 1991) et taux (bruts) non normalisés, tous cancers confondus, Canada, 1992 à 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Taux de mortalité par cancer normalisés selon l’âge en fonction de la population type (2011 ou 1991) et taux (bruts) non normalisés. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et TMNA — population type de 2011, Taux bruts et TMNA — population type de 1991(figurant comme en-tête de colonne).
Année TMNA — population type de 2011 Taux bruts TMNA — population type de 1991
1992 256,2 193,3 190,4
1993 256,2 195,9 190,7
1994 256,3 197,7 190,4
1995 252,6 197,3 187,5
1996 253,0 200,0 188,0
1997 245,3 196,3 182,0
1998 247,4 200,9 183,7
1999 246,5 202,8 182,7
2000 244,9 204,2 181,2
2001 243,2 205,6 179,8
2002 242,0 207,6 178,7
2003 238,8 208,6 176,2
2004 236,0 209,6 174,3
2005 231,4 208,9 170,8
2006 226,5 208,2 166,9
2007 226,3 211,6 166,7
2008 223,2 212,2 164,4
2009 218,9 211,5 161,2
2010 215,2 211,4 158,2
2011 211,8 211,8 155,7
2012 210,0 214,0 154,2

La ligne continue du graphique 4 représente le taux brut de mortalité par cancer et reflète une hausse de 10,7 % entre 1992 et 2012Note 8. Toutefois, une fois que le vieillissement de la population pendant cette période est rajusté par la normalisation selon l’âge, les données indiquent en fait une diminution de 19,0 % du taux de mortalité par cancerNote 7.

Encore une fois, les taux bruts pour les années de données les plus récentes s’alignent davantage sur les taux normalisés selon l’âge correspondants pour ces calculs annuels qui reposent sur la nouvelle population type. En fait, les taux de mortalité par cancer bruts et normalisés selon l’âge sont identiques pour 2011.

Début de l'encadré 2

Application de la normalisation selon l’âge

Idéalement, les comparaisons d’événements liés à l’âge entre les populations, y compris les taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer, seraient effectuées par âge, c’est-à-dire que les taux bruts seraient établis pour un ensemble donné de groupes d’âge pour chaque population d’intérêt et que les résultats seraient comparés par groupe d’âge. Or, le taux normalisé selon l’âge est très souvent utilisé dans de tels cas parce que le nombre de groupes d’âge peut frôler la vingtaine et qu’il semble souvent trop lourd d’effectuer autant de comparaisons par âge.

Bien que le taux normalisé selon l’âge puisse constituer une mesure sommaire utile pour comparer les données plus facilement, il existe des cas où son utilisation n’est pas recommandée. C’est le cas lorsque la nature de l’effet (par exemple, le ratio des taux par âge) entre les populations n’est pas semblable entre les groupes d’âge. Par exemple, supposons que les taux d’incidence ont augmenté avec le temps pour les groupes d’âge plus jeunes et diminué pendant la même période pour les groupes plus âgés à l’égard d’un type de cancer particulier. Une analyse des taux normalisés selon l’âge d’une population type plus fortement pondérée en fonction des groupes plus âgésNote 9 indiquerait probablement une tendance à la baisse. En revanche, une analyse fondée sur une population type plus fortement pondérée en fonction des groupes plus jeunes révélerait vraisemblablement une tendance à la hausse. Dans de tels cas, le choix de la population type peut influer grandement sur une mesure sommaire. De plus, son utilisation peut empêcher de constater d’importants résultats selon l’âge.

Lorsqu’il est approprié d’avoir recours à la normalisation selon l’âge, un changement en bonne et due forme de la population type utilisée peut quand même donner lieu à des écarts minimes dans les résultats. Il faut s’y attendre et les accepter dans la mesure où la décision de changer de population type est prise avant l’analyse. Ces écarts existent parce que, même si la nature de l’effet entre les populations d’intérêt est à peu près la même d’un groupe d’âge à l’autre, elle n’est pratiquement jamais identique.

On ne recommande pas en général de comparer des taux normalisés selon l’âge qui sont dérivés de l’utilisation de la population type de 2011 avec des estimations publiées précédemment qui reposent sur la population type de 1991Note 10.

Fin de l'encadré 2

Les variations des taux normalisés selon l’âge sont plus importantes pour les taux de mortalité que pour les taux d’incidence

La mise à jour de la population type en fonction des données de 2011 en remplacement de celles de 1991 a entraîné le relèvement du taux d’incidence normalisé selon l’âge de 2012 au Canada, tous cancers confondus, lequel est passé de 395,3 à 512,2 pour 100 000 personnes, ce qui représente une hausse de 29,6 % (graphique 5). Les augmentations par province ont varié de 28,5 % pour l’Île-du-Prince-Édouard à 31,1 % pour le QuébecNote 11 . Étant donné que les variations ne sont pas les mêmes d’une province à l’autre, les comparaisons des taux provinciaux normalisés selon l’âge, tous cancers confondus, peuvent en théorie être affectées par le changement quant à la population type utilisée. En réalité toutefois, les écarts sont minimes et négligeables (voir l’encadré « Application de la normalisation selon l’âge »).

La mise à jour de la population type a aussi entraîné une variation de 36,2 % du taux de mortalité normalisé selon l’âge, qui est passé de 154,2 à 210,0 pour 100 000 personnes en 2012. Les plus fortes hausses ont été enregistrées en Colombie-Britannique (36,4 %), en Ontario (36,4 %) et au Québec (36,3 %), alors que l’Île-du-Prince-Édouard a connu la plus faible augmentation (33,0 %).

Graphique 5 Augmentations en pourcentage des taux de cancer normalisés selon l’âge qui découlent du remplacement de l’année de la population type de 1991 par celle de 2011, tous cancers confondus, Canada et provinces, 2012

Tableau de données du graphique 5
Augmentations en pourcentage des taux de cancer normalisés selon l’âge qui découlent du remplacement de l’année de la population type de 1991 par celle de 2011, tous cancers confondus, Canada et provincesGraphique 5 Note 1, 2012

Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Augmentations en pourcentage des taux de cancer normalisés selon l’âge qui découlent du remplacement de l’année de la population type de 1991 par celle de 2011, tous cancers confondus, Canada et provinces, 2012. Les données sont présentées selon Province (titres de rangée) et Mortalité et Incidence(figurant comme en-tête de colonne).
Province Mortalité Incidence
Colombie-Britannique 36,4 29,9
Alberta 35,8 29,3
Saskatchewan 34,7 29,0
Manitoba 36,1 29,0
Ontario 36,4 28,6
QuébecGraphique 5 Table Note 1 36,3 31,1
Nouveau-Brunswick 35,8 29,7
Nouvelle-Écosse 36,1 30,0
Île-du-Prince-Édouard 33,0 28,5
Terre-Neuve-et-Labrador 35,5 28,7
Canada 36,2 29,6

Les augmentations des taux de cancer normalisés selon l’âge pour 2012 qui sont attribuables à la mise à jour de la population type utilisée ont été plus importantes sur le plan de la mortalité qu’au chapitre de l’incidence pour chaque province. L’Ontario a connu l’écart le plus grand (7,7 points de pourcentage) et le Québec, le plus faible (5,3 points de pourcentage). Les hausses systématiquement plus élevées au chapitre de la mortalité peuvent s’expliquer par la plus grande proportion de décès par cancer, comparativement à la proportion de cas nouvellement diagnostiqués, dans les groupes plus âgés (graphique 1).

L’effet de la mise à jour de la population type varie selon le type de cancer

L’effet du remplacement de la population type de 1991 par celle de 2011 sur les taux d’incidence normalisés selon l’âge a varié considérablement d’un type de cancer à l’autre (tableau 1). Pour plus des deux tiers des types de cancer examinés, les taux d’incidence normalisés selon l’âge étaient au moins 28 % plus élevés en utilisant la population type de 2011. Les cancers associés aux plus fortes hausses ont été ceux de l’œsophage (34,3 %), du pancréas (33,8 %), de la vessie (33,6 %) et du myélome multiple (33,6 %)Note 12. Par contre, le taux normalisé selon l’âge mis à jour pour le cancer du testicule était 11,5 % moins élevé, alors que celui du lymphome hodgkinien est demeuré pratiquement le même. Les cancers du col utérin (7,4 %), de la thyroïde (12,0 %), du cerveau et d’autres localisations du système nerveux (16,9 %) ont aussi connu des augmentations relativement faibles.

Tableau 1
Écarts des taux d’incidence normalisés selon l’âge en fonction du choix de l’année de la population type, certains cancers, Canada, 2012
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Écart des taux d’incidence normalisés selon l’âge en fonction du choix de l’année de la population type. Les données sont présentées selon Type de cancer (titres de rangée) et Année de la population type, Variation en %, Âge médian, 1991 et 2011, calculées selon TINA (pour 100 000 personnes) unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de cancer Année de la population type Variation en % Âge médian
1991 2011
TINA (pour 100 000 personnes)
Œsophage 4,1 5,5 34.3% 68
Pancréas 9,7 13,0 33.8% 71
Vessie 16,3 21,8 33.6% 72
Myélome multiple 5,1 6,9 33.6% 72
Colorectal 47,5 63,0 32.8% 70
Corps utérin et non défini autrement 12,3 16,3 32.8% 63
Estomac 6,8 9,0 32.8% 71
Prostate 45,2 60,0 32.7% 67
Poumon et bronches 54,0 71,5 32.5% 70
Foie 4,4 5,8 32.4% 67
Larynx 2,3 3,0 31.9% 67
Cavité buccale et pharynx 8,9 11,7 31.3% 64
Rein et bassinet du rein 12,3 16,0 30.2% 65
Ovaire 5,6 7,3 29.5% 63
Sein 51,8 67,0 29.4% 62
Lymphome non hodgkinien 15,9 20,4 28.3% 67
Mélanome cutané 13,6 17,1 25.4% 63
Leucémies 11,6 14,5 24.8% 68
Cerveau et autres localisations du système nerveux 6,7 7,8 16.9% 61
Thyroïde 16,0 18,0 12.0% 51
Col de l’utérus 3,6 3,9 7.4% 48
Lymphome hodgkinien 2,6 2,6 -0.2% 38
Testicule 3,1 2,8 -11.5% 33

L’ampleur de la variation des taux d’incidence du cancer normalisés selon l’âge qui découle de l’utilisation de la nouvelle population type dépend de l’âge médian au moment du diagnostic. Plus particulièrement, les hausses les plus fortes ont tendance à être associées aux cancers pour lesquels l’âge médian est relativement élevé au moment du diagnostic, alors que de plus faibles augmentations ou des diminutions sont associées aux cancers pour lesquels l’âge médian est plus bas. Ces résultats ne surprennent pas compte tenu de la plus forte pondération des groupes plus âgés dans la population type mise à jourNote 9.

Conclusion

La normalisation selon l’âge permet de comparer les taux d’incidence et de mortalité au fil du temps en tenant compte des changements dans la répartition de la population selon l’âge. La population type qui sert à la normalisation selon l’âge des taux d’incidence du cancer et de mortalité par cancer a récemment été mise à jour en fonction de la structure par âge de la population canadienne de 2011 (en remplacement de celle de 1991). Cette mise à jour a eu pour effet direct de hausser les taux de cancer normalisés selon l’âge enregistrés pour chaque année de données déclarées pour tous les cancers confondus et pour la plupart des cancers individuels, mais pas tous. Par définition, il n’y a pas d’effet sur les taux bruts.

Bien qu’il soit intéressant d’examiner les écarts relatifs à l’ampleur de la variation par province ou par type de cancer, il faut souligner que les variations sont artificielles et ne signifient pas qu’il y a plus ou moins de risque de développer un cancer ou de mourir d’un cancer comme tel.

Le principal avantage de mettre à jour la population type est d’obtenir des taux normalisés selon l’âge pour les dernières années qui reflètent plus exactement les taux (bruts) véritables. Bien que les taux normalisés selon l’âge constituent des scénarios hypothétiques, ils sont souvent interprétés à tort comme reflétant le risque réel. L’utilisation de la population type mise à jour atténue la portée de ce genre de fausse interprétation pour les dernières années.

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Sources des données, méthodes et définitions

Sources des données

Le Registre canadien du cancer consiste en une base de données dynamique, axée sur la personne et représentative de la population que tient à jour Statistique Canada. Il contient des renseignements sur les cas de cancer diagnostiqués depuis 1992 par la compilation des rapports de chaque registre du cancer provincial et territorial du Canada. Les données sur l’incidence du cancer fournies dans le présent rapport sont tirées du fichier maître de totalisation d’août 2015 qui a été diffusé en mars 2016. Le fichier d’analyse a été créé en fonction des règles de codage des tumeurs primaires multiples du Centre international de Recherche sur le CancerNote 13. Les cas ont été définis conformément à la Classification internationale des maladies pour l’oncologie, troisième éditionNote 14.

La Statistique de l’état civil du Canada — Base de données sur les décès comprend des données démographiques et de l’information sur les causes de décès de toutes sortes provenant des registres de l’état civil provinciaux et territoriaux du Canada. Avant 2010, certaines données étaient recueillies pour les résidents canadiens décédés dans certains États américains; ces décès ont été exclus de la présente analyse. À partir de l’année de référence 2010, les données sur les résidents canadiens décédés dans un État américain ne sont plus recueillies. Les données sur la mortalité contenues dans le présent rapport proviennent de l’édition du 10 décembre 2015.

Les taux d’incidence et de mortalité ont été dérivés à partir des estimations de la population canadienne selon le groupe d’âge et le sexeNote 2.

Méthodes

Classification des cas et des décès

Les cas diagnostiqués de cancer ont été regroupés par type selon les regroupements utilisés dans la publication annuelle intitulée Statistiques canadiennes sur le cancerNote 15. Sauf pour le cancer in situ de la vessie, seuls les cas de tumeur maligne ont été pris en compte.

Les décès ont été classés selon la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, dixième révision (CIM-10)Note 16 de l’Organisation mondiale de la Santé pour les décès depuis 2000, alors que ceux des années antérieures ont été classés conformément à la neuvième révision (CIM-9)Note 17.

Données incomplètes

Les données sur l’incidence du cancer n’étaient pas disponibles au-delà de 2010 pour le Québec. Les taux d’incidence par âge pour le Québec, tous groupes d’âge et tous cancers confondus, ont été imputés pour 2011 et 2012 à partir des résultats ajustés en matière de tendance découlant des données québécoises de 2001 à 2010. Les taux correspondants pour le Canada ont été établis en tant que moyenne pondérée des taux par population pour le Québec et pour le Canada à l’exclusion du Québec. Les taux d’incidence normalisés selon l’âge par cancer pour le Canada en 2012 ont aussi été imputés en tant que moyenne pondérée (par population) des résultats pour le Canada, à l’exclusion du Québec, et des résultats imputés du Québec. Dans le présent cas, les taux d’incidence normalisés selon l’âge par cancer pour 2012 au Québec ont été imputés à partir des résultats ajustés en matière de tendance et normalisés selon l’âge qui ont été tirés des données québécoises de 2001 à 2010. Toutes les analyses des tendances ont été effectuées à l’aide du Joinpoint Regression Program distribué par le programme SEER (Surveillance, Epidemiology, and End Results)Note 18Note 19.

Les cas diagnostiqués à partir du certificat de décès uniquementNote 20 n’ont pas été déclarés depuis 2007 en Ontario et 2009 au Québec. Les cas diagnostiqués à partir du certificat de décès uniquement entre 2008 et 2012 en Ontario et en 2010 au Québec ont été imputés aléatoirement à partir de la répartition de ces cas par province, type de cancer, groupe d’âge et sexe pour les cinq dernières années pour lesquelles des données sont disponibles dans chaque province.

Définitions

Le taux d’incidence ou de mortalité normalisé selon l’âge représente le nombre de nouveaux cas de cancer ou de décès par cancer pour 100 000 personnes qui auraient été enregistrés dans la population à l’étude si la répartition selon l’âge avait été la même que pour la population type donnée. La normalisation selon l’âge permet de comparer au fil du temps des taux d’incidence ou de mortalité qui ne sont pas touchés par des variations dans la répartition de la population selon l’âge.

La médiane désigne le point central d’une distribution de nombres classés selon l’ordre de grandeur. Bien que la médiane constitue une mesure sommaire de distribution, elle ne décrit pas la distribution totale.

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Lawrence Ellison est analyste à la Division de la statistique de la santé.

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Documentation liée à cet article

Renseignements supplémentaires

Pour consulter des données et des analyses supplémentaires au sujet de la santé des Canadiens et du système de soins de santé, consultez le module La santé au Canada . Ce module peut être consulté à partir du site Web de Statistique Canada, sous la rubrique En vedette.

Tableaux connexes

STATISTIQUE CANADA. Tableau 103-0550 — Nouveaux cas de cancer primitif (d’après le fichier des totalisations du RCC de août 2015), selon le type de cancer, le groupe d’âge et le sexe, Canada, provinces et territoires

STATISTIQUE CANADA. Tableau 103-0554 — Nouveaux cas et taux normalisé selon l’âge de cancer primitif de 2011 (d’après le fichier des totalisations du RCC de août 2015), selon le type de cancer et le sexe, Canada, provinces et territoires

STATISTIQUE CANADA. Tableau 102-0522 — Décès, selon la cause, Chapitre II : Tumeurs (C00 à D48), le groupe d’âge et le sexe, Canada

Source des données

Registre canadien du cancer

Statistique de l’état civil du Canada — Base de données sur les décès

Comment citer cet article

ELLISON, LAWRENCE. 2016. « Updating the standard population and its effect on cancer incidence and mortality rates », Coup d’oeil sur la santé, produit no 82-624-X au catalogue de Statistique Canada.

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