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Tendances du taux de décrochage et des résultats sur le marché du travail des jeunes décrocheurs

Jason Gilmore
Division de la statistique du travail
Statistique Canada

Le taux de décrochage continue à diminuer, mais plus lentement ces dernières années
L'abandon des études secondaires diminue dans toutes les provinces depuis le début des années 1990
Les territoires affichent le taux de décrochage le plus élevé au Canada
Le taux de décrochage demeure élevé à l'extérieur des grandes villes
Le taux de décrochage demeure plus élevé chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes
Le taux de décrochage était beaucoup plus élevé chez les jeunes Autochtones que chez les jeunes non-Autochtones
Le taux de décrochage des jeunes immigrants était inférieur à celui des jeunes Canadiens de naissance
Comparaison de la situation sur le marché du travail des décrocheurs à celle des diplômés de l'enseignement secondaire
Un décrocheur sur quatre était en chômage durant le récent ralentissement
Les décrocheurs occupés à temps plein gagnaient en moyenne 70 $ de moins par semaine en 2009-2010 que leurs pairs diplômés
La plupart des décrocheurs travaillaient dans le secteur privé, comme dans les métiers, les ventes et les services
Conclusion

Les Canadiens accordent généralement beaucoup d'importance à l'éducation. Mais pour toutes sortes de raisons, certains jeunes Canadiens en début de vingtaine n'ont pas fini leur secondaire. D'après certaines études, les jeunes hommes, les jeunes du Québec et de certaines provinces de l'Ouest et les personnes vivant à l'extérieur des grandes villes sont les plus susceptibles de ne pas avoir terminé leur secondaire1, 2, 3, 4. Ces mêmes études montrent toutefois que le taux de décrochage a diminué constamment du début des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000.

Le présent article s'appuie sur ces études précédentes afin d'examiner en profondeur les tendances et l'évolution du taux de décrochage jusqu'en 2009-2010. De plus, l'Enquête sur la population active recueille maintenant des données nationales sur les Autochtones et les immigrants, ce qui permet aux chercheurs de déterminer en quoi le taux de décrochage de ces groupes diffère de celui du reste de la population.

Il est également important de comprendre la situation économique des décrocheurs puisque cela indique en quoi la situation sur le marché du travail des jeunes qui ont terminé leurs études secondaires diffère de celle des jeunes qui ont décroché. Il s'agit là d'une donnée d'importance particulière en période de ralentissement économique, comme cela s'est produit récemment, car il arrive souvent que de tels replis frappent plus durement les jeunes sur le marché du travail.

Encadré 1 :
Utiliser l'Enquête sur la population active pour estimer le taux de décrochage

Bien que le but premier de l'Enquête sur la population active (EPA) soit de produire des estimations de l'emploi et du chômage (l'EPA étant la source officielle de données sur le chômage à Statistique Canada), cette enquête comporte aussi des volets importants sur la démographie et l'éducation.

Les principales estimations sur l'éducation qui sont produites à l'aide de l'EPA traitent du niveau de scolarité de la population et de la fréquentation scolaire. En combinant les estimations pour ces deux éléments et en utilisant l'âge des répondants, on peut calculer un « taux de décrochage ».

Bien que les diplômés de l'enseignement secondaire aient généralement 18 ans au terme de leurs études secondaires, ce n'est pas toujours le cas, pour toutes sortes de raisons. Certains retournent à l'école, profitant d'une « seconde chance » qui leur est offerte partout au pays de finir leurs études secondaires. Mais lorsqu'ils ont atteint l'âge de 20 à 24 ans, la plupart ont décidé de finir ou non leurs études secondaires. D'où l'habitude de calculer le taux de décrochage avec ce groupe d'âge, car l'estimer à partir d'un groupe plus jeune équivaudrait peut-être à compter comme « décrocheur » une personne qui n'aurait pris qu'un congé temporaire de ses études.

Le taux de décrochage correspond donc à la proportion des 20 à 24 ans qui ne fréquentent pas l'école et qui n'ont pas obtenu de diplôme d'études secondaires.

Comme l'EPA est une enquête par sondage sujette à une certaine erreur inhérente, particulièrement chez les plus petites régions géographiques, la moyenne des taux de décrochage provinciaux est calculée sur une période de trois ans afin d'accroître le niveau de confiance. Aucune moyenne n'a été utilisée au niveau national.

Le taux de décrochage continue à diminuer, mais plus lentement ces dernières années

Quand l'Enquête sur la population active a commencé à recueillir des données permettant de calculer les taux de décrochage scolaire, c'est à dire en 1990-1991, près de 340 000 jeunes de 20 à 24 ans, soit un sur six (16,6 %), étaient sans diplôme d'études secondaires et n'étaient pas inscrits à l'école. Depuis, le taux de décrochage diminue (graphique 1). Les reculs les plus marqués ont été enregistrés durant les années 1990; en 2000-2001, 225 000 jeunes, soit un sur neuf (11,1 %), avaient décroché de l'école secondaire. Le taux de décrochage a baissé plus lentement au cours des années 2000. En 2009-2010, un jeune de 20 à 24 ans sur 12 (8,5 % ) n'avait pas obtenu son diplôme d'études secondaires.

Graphique 1
Taux de décrochage, non-étudiants de 20 à 24 ans, Canada, 1990-1991 à 2009-2010

Description pour le graphique 1

Graphique 1. Taux de décrochage, non-étudiants de 20 à 24 ans, Canada, 1990-1991 à 2009-2010

Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

L'abandon des études secondaires diminue dans toutes les provinces depuis le début des années 1990

Chez les jeunes de 20 à 24 ans, le taux d'abandon des études secondaires a diminué dans toutes les provinces du début des années 1990 jusqu'à la fin des années 2000 (tableau 1). C'est dans la plupart des provinces de l'Atlantique que le taux a le plus changé de 1990 à 2000, passant de 15 % à 20 % au début des années 1990 à un niveau de 9 % à 11 % une décennie plus tard. Depuis, le taux de décrochage a fléchi encore davantage dans ces provinces.

La plus forte variation du taux de décrochage des 20 dernières années s'est produite à Terre-Neuve-et-Labrador. Entre 1990-1993 et 2007-2010, Terre-Neuve-et-Labrador a vu son taux de décrochage passer du niveau le plus élevé au Canada (19,9 %) à l'un des plus bas (7,4 %). En 2007-2010, le taux le plus bas, de 6,2 % en l'occurrence, a été observé en Colombie-Britannique, et le Québec affichait, à 11,7 %, le taux le plus élevé, suivi de près par les trois provinces des Prairies. Cela dit, ces taux de décrochage sont nettement inférieurs à ceux qui prévalaient en 1990-1993.

Tableau 1
Nombre de décrocheurs1 et taux de décrochage, provinces, 1990-1993 et 2007-2010
  1990-1993 2007-2010
milliers pourcentage milliers pourcentage
Terre-Neuve-et-Labrador 10,0 19,9 2,2 7,4
Île-du-Prince-Édouard 1,8 18,9 0,9 8,9
Nouvelle-Écosse 11,9 17,8 5,2 8,6
Nouveau-Brunswick 8,6 15,4 3,8 8,1
Québec 84,2 17,4 55,5 11,7
Ontario 114,3 14,8 68,6 7,8
Manitoba 12,4 16,0 9,1 11,4
Saskatchewan 10,4 16,2 6,7 9,4
Alberta 30,7 15,7 28,3 10,4
Colombie-Britannique 31,5 13,3 19,1 6,2
1 Personnes de 20 à 24 ans sans diplôme d'études secondaires et ne fréquentant pas l'école
Nota : En raison de la petite taille de l'échantillon dans un grand nombre de provinces, toutes les données provinciales sont basées sur une moyenne de trois ans (1990-1993 et 2007-2010).
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

Les territoires affichent le taux de décrochage le plus élevé au Canada

Le taux de décrochage des jeunes de 20 à 24 ans est demeuré plus élevé dans les trois territoires que dans les provinces. Au Yukon, il était 20,0 % en 1992-1995 et 15,5 % en 2007-2010. Dans les Territoires du Nord-Ouest, il a peu changé au fil du temps, étant passé de 28,4 % à 30,1 % entre 2001-2004 et 2007-2010. Le Nunavut affichait un taux de décrochage de 50,0 % en 2007-2010, le plus élevé de l'ensemble des provinces et territoires.

Le taux de décrochage demeure élevé à l'extérieur des grandes villes

Sur la base d'une moyenne de trois ans couvrant les mois de fréquentation scolaire de septembre 2007 à avril 2010, le taux de décrochage de l'école secondaire des jeunes de 20 à 24 ans vivant à l'extérieur des plus grandes villes du Canada était presque le double de celui de leurs pairs des grandes villes (15,5 % comparativement à 7,9 %), un écart de 7,6 points de pourcentage. En 2007-2010, l'écart global entre le taux de décrochage observé dans les grandes villes et celui enregistré ailleurs a très peu changé par rapport à la période de 2001-2004 (9,4 % comparativement à 16,2 %, un écart de 6,8 points de pourcentage). Les jeunes des villes de plus petite taille ont contribué davantage au taux de décrochage que ne l'ont fait les jeunes des lieux peu densément peuplés (14,5 % comparativement à 16,1 %).

Le taux de décrochage demeure plus élevé chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes

En 2009-2010, ce sont 10,3 % des jeunes hommes et 6,6 % des jeunes femmes qui avaient abandonné l'école secondaire (graphique 2 et tableau 2). Le taux a nettement diminué aussi bien chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes par rapport à 1990-1991, période où 19,2 % des jeunes hommes et 14,0 % des jeunes femmes avaient décroché. L'écart entre le taux de décrochage des jeunes hommes et celui des jeunes femmes s'est légèrement amenuisé avec le temps, étant passé de 5,2 points de pourcentage en 1990-1991 à 3,7 points de pourcentage en 2009-2010, à la faveur d'une baisse plus rapide du taux chez les jeunes hommes durant cette période.

Des études antérieures donnent des indications sur les différences entre les jeunes hommes et les jeunes femmes en ce qui a trait aux raisons qui motivent leur décision de décrocher5. Les jeunes hommes déclaraient le plus souvent avoir décroché parce qu'ils ne participaient pas à l'école ou qu'ils voulaient travailler et gagner de l'argent. Les jeunes femmes, en revanche, avaient plus tendance à décrocher pour des raisons personnelles ou familiales telles que la grossesse ou le fait d'avoir un enfant à la maison6, 7.

Graphique 2
Taux de décrochage, population de 20 à 24 ans, selon le sexe, 1990-1991 à 2009-2010

Description pour le graphique 2

Graphique 2. Taux de décrochage, population de 20 à 24 ans, selon le sexe, 1990-1991 à 2009-2010

Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

Tableau 2
Nombre de décrocheurs1 et taux de décrochage, Canada, total, hommes et femmes, 1990-1991 à 2009-2010
Canada Décrocheurs Taux de décrochage
Total Hommes Femmes Total Hommes Femmes
milliers pourcentage
1990-1991 337,5 196,7 140,8 16,6 19,2 14,0
1991-1992 320,2 185,1 135,2 15,9 18,2 13,6
1992-1993 289,2 165,3 123,9 14,5 16,3 12,6
1993-1994 278,8 162,7 116,1 14,1 16,2 11,9
1994-1995 264,8 157,0 107,8 13,5 15,8 11,1
1995-1996 245,5 143,7 101,7 12,5 14,5 10,5
1996-1997 237,0 142,2 94,8 12,1 14,3 9,8
1997-1998 241,3 146,2 95,1 12,3 14,6 9,8
1998-1999 222,7 136,4 86,4 11,2 13,5 8,9
1999-2000 230,1 142,1 88,0 11,5 13,9 8,9
2000-2001 225,7 137,0 88,8 11,1 13,2 8,9
2001-2002 224,0 134,9 89,1 10,8 12,7 8,7
2002-2003 228,4 144,7 83,7 10,8 13,4 8,1
2003-2004 208,1 127,8 80,2 9,7 11,7 7,6
2004-2005 211,9 134,9 77,0 9,7 12,2 7,2
2005-2006 200,6 125,0 75,6 9,1 11,2 7,0
2006-2007 205,2 125,6 79,6 9,3 11,1 7,3
2007-2008 206,7 124,5 82,1 9,3 11,0 7,5
2008-2009 201,1 121,1 79,9 9,0 10,7 7,3
2009-2010 190,8 117,6 73,2 8,5 10,3 6,6
1 Personnes de 20 à 24 ans sans diplôme d'études secondaires et ne fréquentant pas l'école
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

Le taux de décrochage était beaucoup plus élevé chez les jeunes Autochtones que chez les jeunes non-Autochtones

Selon de précédentes études sur le taux de décrochage des Autochtones, les jeunes Autochtones sont plus susceptibles de décrocher que ne le sont les jeunes non-Autochtones8, 9. Selon les plus récentes données de l'Enquête sur la population active pour la période de 2007-2010, le taux de décrochage était de 22,6 % chez les membres des Premières nations vivant à l'extérieur des réserves, les Métis et les Inuits âgés de 20 à 24 ans, et de 8,5 % chez les non-Autochtones. Le taux de décrochage était de 25,8 % chez les jeunes des Premières nations vivant à l'extérieur des réserves (Indiens de l'Amérique du Nord) et de 18,9 % chez les jeunes Métis.

Le taux de décrochage des jeunes immigrants était inférieur à celui des jeunes Canadiens de naissance

Grâce à l'ajout de questions sur les immigrants à l'Enquête sur la population active en 2006, il est maintenant possible d'analyser des données relatives aux immigrants sur le marché du travail. En 2006-2007, le taux de décrochage des jeunes immigrants de 20 à 24 ans était de 7,0 %, ce qui était inférieur à celui de 9,8 % des jeunes Canadiens de naissance. Tant les immigrants que les Canadiens de naissance ont vu leur taux reculer légèrement depuis et s'établir respectivement à 6,2 % et à 9,1 % en 2009-2010. Le faible taux de décrochage des immigrants tient sans doute, du moins en partie, à la grande valeur que les immigrants, autant les jeunes que leurs parents, accordent à l'éducation10. Il semble également y avoir un certain lien entre la forte concentration d'immigrants dans les grandes villes et le fait que les jeunes (nés ou immigrés au Canada) des grandes villes sont moins susceptibles que ceux de l'extérieur de ces villes d'avoir décroché de l'école secondaire.

En examinant les données selon la période d'établissement d'un immigrant, on constate que les jeunes immigrants âgés de 20 à 24 ans dont l'arrivée au pays remontait à plus de 10 ans avant la période de 2007-2010 étaient les moins susceptibles d'avoir décroché (5,6 %). Ceux qui étaient arrivés au pays au cours des 10 années précédentes étaient un peu plus susceptibles de décrocher avant de finir leur secondaire (7,2 %), bien que dans une proportion moindre que celle des jeunes Canadiens de naissance. Certaines études corroborent l'existence de l'écart entre les taux de décrochage selon la période d'établissement d'un immigrant, constatant plus précisément que ceux qui se sont établis au Canada à un âge plus jeune ont en général un niveau de scolarité supérieur à ceux qui s'y sont établis à l'adolescence11.

Comparaison de la situation sur le marché du travail des décrocheurs à celle des diplômés de l'enseignement secondaire

Selon une étude antérieure sur les résultats que les décrocheurs obtiennent sur le marché du travail, ceux-ci ont de la difficulté en général à trouver un emploi en dépit de leur taux d'activité élevé12. Étant donné que les périodes de ralentissement économique ont un effet disproportionné sur la situation des jeunes vis-à-vis de l'emploi et qu'un tel ralentissement s'est produit au Canada à la fin de 2008 et durant la majeure partie de 2009, il vaut la peine d'examiner un large éventail de résultats qu'obtiennent les jeunes, tant décrocheurs que diplômés, sur le marché du travail.

Un décrocheur sur quatre était en chômage durant le récent ralentissement

En 2007-2008, avant le récent ralentissement, les décrocheurs de 20 à 24 ans affichaient un taux de chômage de 18,0 %, soit plus du double de celui des diplômés de l'enseignement secondaire du même âge qui n'étaient inscrits à aucun établissement d'enseignement (8,4 %) (graphique 3).

Au pire du ralentissement, en 2008-2009, le taux de chômage des décrocheurs est monté à 21,3 %. Vers la fin de ce repli et au début de la reprise, en 2009-2010, leur taux de chômage est demeuré élevé, à 23,2 %. Pendant ce temps, le taux de chômage des finissants du secondaire qui ne fréquentaient pas d'établissement d'enseignement est passé de 10,0 % en 2008-2009 à 11,9 % en 2009-2010. Ainsi, au pire du ralentissement, non seulement le quart des décrocheurs de 20 à 24 ans n'arrivaient-ils pas à trouver du travail, mais l'écart entre leur taux de chômage et celui des jeunes de leur âge qui avaient fini leurs études secondaires s'est creusé.

Graphique 3
Taux de chômage, titulaires d'un diplôme d'études secondaires et décrocheurs âgés de 20 à 24 ans, 1990-1991 à 2009-2010

Description pour le graphique 3

Graphique 3. Taux de chômage, titulaires d'un diplôme d'études secondaires et décrocheurs âgés de 20 à 24 ans, 1990-1991 à 2009-2010

Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

Les décrocheurs occupés à temps plein gagnaient en moyenne 70 $ de moins par semaine en 2009-2010 que leurs pairs diplômés

Ne pas finir son secondaire a d'autres répercussions une fois arrivé sur le marché du travail que la seule difficulté à se trouver du travail. Même ceux qui étaient occupés avaient tendance à avoir un emploi de moindre qualité assorti de moins d'avantages financiers que les finissants.

S'il est vrai qu'en 2009-2010, les décrocheurs qui avaient un emploi à temps plein travaillaient près d'une heure de plus par semaine que les diplômés du secondaire qui ne fréquentaient pas l'école (39,9 heures comparativement à 39,2 heures), ils gagnaient tout de même 70 $ de moins par semaine en moyenne (551 $ comparativement à 621 $) (tableau 3). D'autres recherches ont relevé des écarts de salaire semblables entre les titulaires et les non-titulaires d'un diplôme d'études secondaires13.

On constate à l'examen de la rémunération hebdomadaire médiane – point où la moitié gagne moins et l'autre moitié gagne plus que le chiffre indiqué – qu'il y a un fossé encore plus grand entre les décrocheurs et les diplômés de 20 à 24 ans. En 2009-2010, la rémunération hebdomadaire médiane des décrocheurs occupés à temps plein était de 480 $, tandis que leurs homologues ayant un diplôme d'études secondaires touchaient des gains hebdomadaires médians de 577 $, ce qui représente un écart de 97 $.

Tableau 3
Certaines caractéristiques de l'emploi, décrocheurs et diplômés du secondaire ne fréquentant pas l'école, 2009-2010
  Décrocheurs Diplômés du
secondaire ne
fréquentant
pas l'école
Temps plein / temps partiel pourcentage
Employés à temps plein 82,5 83,1
Travailleurs à temps partiel travaillant involontairement à temps partiel 60,9 65,3
  heures
Heures hebdomadaires habituelles, employés à temps plein 39,9 39,2
Catégorie de travailleur pourcentage
Employés du secteur public 3,3 10,7
Employés du secteur privé 91,9 85,1
Travailleurs indépendant 4,7 4,2
Salaire hebdomadaire, employés à temps plein dollars
Salaire hebdomadaire moyen 551 621
Salaire hebdomadaire moyen, employés du secteur public 685 728
Salaire hebdomadaire moyen, employés du secteur privé 546 608
Salaire hebdomadaire médian 480 577
Certaines professions pourcentage
Affaires, finances et administration 6,4 15,2
Ventes et services 42,0 33,8
Métiers, transports et conducteurs de matériel 30,4 20,1
Propres au secteur primaire 7,0 3,3
Propres à la fabrication et à la transformation 7,5 4,6
Autres professions 6,7 23,0
Autres characteristiques de l'emploi pourcentage
Couverts par un syndicat 14,4 20,4
Emploi temporaire ou occasionnel 15,0 18,2
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.

La plupart des décrocheurs travaillaient dans le secteur privé, notamment dans les métiers, les ventes et les services

Il y avait également des différences entre les emplois des décrocheurs et ceux des diplômés du secondaire non étudiants, selon la catégorie de travailleur et le type de profession.

En 2009-2010, les décrocheurs étaient beaucoup moins susceptibles que les diplômés du secondaire d'occuper un emploi dans le secteur public (3,3 % comparativement à 10,7 %) et plus susceptibles d'occuper un emploi dans le secteur privé (91,9 % comparativement à 85,1 %). Bien que certains emplois du secteur public soient mieux rémunérés que certains emplois du secteur privé, l'écart entre le salaire hebdomadaire des décrocheurs et celui des diplômés persistait, indépendamment de leur catégorie de travailleurs.

En 2009-2010, les décrocheurs de 20 à 24 ans étaient proportionnellement moins nombreux que les diplômés du secondaire ne fréquentant pas l'école à exercer des professions dans les affaires et l'administration et plus nombreux à en exercer dans les domaines suivants : ventes et services; métiers, transports et conducteurs de matériel; et professions propres au secteur primaire ou à la fabrication.

Les décrocheurs étaient également moins susceptibles d'être syndiqués. En 2009-2010, 14,4 % des décrocheurs étaient adhérents à une convention collective au travail, comparativement à 20,4 % des diplômés de l'enseignement secondaire. Cela tient sans doute à la catégorie de travailleurs (c.-à-d. du secteur privé ou public) à laquelle appartiennent de nombreux décrocheurs et aux types de professions qu'ils exercent comparativement aux diplômés.

En 2009-2010, il n'y avait pas une grande différence entre la proportion des décrocheurs et celle des diplômés travaillant à temps plein (82,5 % comparativement à 83,1 %).

Parmi ceux qui travaillaient à temps partiel, les décrocheurs étaient un peu moins susceptibles de le faire involontairement (60,9 % comparativement à 65,3 %). En outre, les décrocheurs du secondaire étaient un peu moins susceptibles d'occuper un emploi temporaire que ne l'étaient les diplômés du secondaire qui ne fréquentaient pas l'école (15,0 % comparativement à 18,2 %).

Conclusion

Le taux de décrochage chez les Canadiens de 20 à 24 ans a diminué de façon appréciable tout au long des années 1990 et 2000. On l'a surtout vu dans les provinces de l'Atlantique et en Colombie-Britannique, bien que des baisses marquées aient aussi été observées dans les autres provinces. Mais dans les territoires, le taux demeure continuellement élevé.

Au début des années 1990, le taux de décrochage était beaucoup plus élevé chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes. Il a diminué au fil du temps chez les hommes et les femmes, bien qu'il l'ait fait plus rapidement chez les premiers, ce qui a rétréci l'écart. Le taux de décrochage demeure toutefois plus bas chez les femmes. Parmi les autres différences observées, on constate un taux de décrochage des jeunes immigrants plus faible que celui des Canadiens de naissance ainsi qu'un taux de décrochage des jeunes Autochtones plus élevé que celui des jeunes non-Autochtones.

Bien que le taux de décrochage soit beaucoup plus bas qu'il y a 20 ans, tant à l'échelle provinciale que chez les hommes et les femmes, les répercussions du décrochage scolaire sur le marché du travail n'en continuent pas moins d'inquiéter. Environ le quart des décrocheurs de 20 à 24 ans qui étaient sur le marché du travail en 2009-2010 ont été incapables de trouver un emploi, une situation qui s'est aggravée compte tenu du ralentissement récent de l'économie. Même ceux qui ont réussi à trouver du travail gagnaient moins que les diplômés du secondaire, que ce soit dans le secteur public ou le secteur privé.

Notes :

  1. Bowlby, Geoff. 2005. « Taux de décrochage provinciaux - Tendances et conséquences ». Questions d'éducation, vol. 2, no 4, no 81-004-X au catalogue de Statistique Canada.

  2. Bowlby, Jeffrey et McMullen, K. 2002. « À la croisée des chemins:  premiers résultats pour la cohorte des 18 à 20 ans de l'Enquête auprès des jeunes en transition ». Développement des ressources humaines Canada et Statistique Canada, no 81-591-XIF au catalogue de Statistique Canada.

  3. Raymond, Melanie. 2008. « Décrocheurs du secondaire retournant à l'école ». Culture, tourisme et Centre de la statistique de l'éducation : documents de recherche, no 055, produit no 81-595-M au catalogue de Statistique Canada.

  4. Ressources Humaines et Développement des compétences Canada. « Apprentissage – Décrochage scolaire ».
    http://www4.hrsdc.gc.ca/.3nd.3c.1t.4r@-fra.jsp?iid=32, consulté le 24 août 2010.

  5. Bowlby et McMullen, ibid.

  6. Bowlby et McMullen, ibid, p. 42

  7. Raymond, Melanie, ibid.

  8. Gingras, Yves. 2000. « Le coût du décrochage ».
    http://cesc-csce.ca/ pceradocs/ 2000/ 00Gingras_f.pdf, consulté le 24 août 2010

  9. Bushnik, Tracey. 2003. « Étudier, travailler et décrocher : Relation entre le travail pendant les études secondaires et le décrochage scolaire ». Éducation, compétences et apprentissage Documents de recherche, no 81-591-MIF no. 4 au catalogue de Statistique Canada.

  10. Abada, Teresa, Hou, F. et Ram, B. 2008, « Différences entre les groupes dans les niveaux de scolarité des enfants d'immigrants ». Direction des études analytiques : documents de recherche, no 308, produit no 11F0019M 2008 au catalogue de Statistique Canada

  11. Schaafsma, Joseph, et Arthur Sweetman (2001) « Immigrant earnings: Age at immigration matters ». Canadian Journal of Economics, novembre 2001, vol. 34, no 4, p. 1066-99.

  12. Bowlby, Geoff. 2005. ibid.

  13. Ferrer, A.M et W.C. Riddell. 2002.« The Role of credentials in the Canadian labour market. » Canadian Journal of Economics, vol. 35 no. 4 897-905.