Hé-coutez bien! Épisode 31 - La crise du bonheur au Canada (et pourquoi ce n'est pas tout noir)

Date de diffusion : le 9 avril 2026

Nº de catalogue : 45-20-0003
ISSN : 2026003

La crise du bonheur au Canada (et pourquoi ce n'est pas tout noir)

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Tout le monde veut être heureux, mais dans quelle mesure les Canadiens sont-ils heureux? Dans l’épisode du balado Hé-coutez bien! joignez-vous aux experts en qualité de vie de Statistique Canada et d’Engage Nova Scotia afin d’explorer l’importance des programmes portant sur la qualité de vie et ce qu’ils nous révèlent sur notre bien-être.

Animatrice

Annik Lepage

Invités

Travis Facette, Danny Graham (Narration par Yves Gilbert)

Écoutez

Hé-coutez bien! Épisode 31 - La crise du bonheur au Canada (et pourquoi ce n'est pas tout noir) - Transcription

Transcription

Bienvenue à Hé-coutez bien! un balado de Statistique Canada, où nous rencontrons les personnes derrière les données et découvrons les histoires qu'elles révèlent. Je suis votre animatrice, Annik Lepage.

Vous est-il déjà arrivé de demander au hasard à quelqu'un s'il est heureux dans la vie ? Eh bien, en préparant cet épisode, j'ai commencé à faire exactement ça. Et laissez-moi vous dire que c'est une drôle de question à poser à l'improviste. Les gens vous regardent un peu bizarrement — et c'est tout à fait compréhensible. En apparence, c'est une question simple et inoffensive, mais elle touche profondément à nos sentiments personnels.

Les gens voulaient savoir pourquoi je posais la question, et je n'avais pas vraiment de bonne raison à leur donner. Mais je ne suis pas la seule à m'intéresser à la satisfaction à l'égard de la vie des Canadiens. Le domaine de la qualité de vie prend de l'ampleur auprès des chercheurs. Et ici, à Statistique Canada, mes collègues du Programme de la statistique de la qualité de vie racontent une histoire fascinante sur les niveaux actuels de bien‑être et de satisfaction à l'égard de la vie déclarés par les Canadiens.

Aujourd'hui, je me suis entretenue avec Travis Facette, un analyste au Programme de la statistique de la qualité de vie ici à Statistique Canada, ainsi qu'avec Danny Graham, chef de l'engagement à Engage Nova Scotia, un organisme sans but lucratif établi à Halifax et voué à l'amélioration de la qualité de vie, du bien‑être et de la résilience de tous les résidents de la Nouvelle‑Écosse.

Je leur ai demandé ce que les plus récentes données révèlent sur notre niveau de bonheur. Je leur ai aussi demandé d'expliquer comment on mesure la satisfaction à l'égard de la vie alors que chacun peut en avoir une définition différente. Enfin, j'ai voulu savoir comment les données de leurs équipes sont utilisées concrètement pour améliorer notre qualité de vie.

Sans plus tarder, voici notre conversation.

Annik: Bonjour Travis. Merci d'être avec nous aujourd'hui. Pourriez-vous nous dresser le tableau? Qu'est-ce que les chercheurs comme vous et votre équipe observent en ce moment du côté de la qualité de vie, du bien-être et de la satisfaction à l'égard de la vie?

Travis: Certainement, avec plaisir. Je suis heureux d'être ici.

Je vais commencer par dire que nous suivons le pourcentage de Canadiens qui déclarent un niveau élevé de satisfaction à l'égard de la vie, et les données nous montre que ce pourcentage diminue au Canada. Il est toujours le cas qu'environ la moitié des Canadiens déclarent encore une grande satisfaction à l'égard de la vie. Mais on observe que de l'été 2021 au printemps 2025, la satisfaction à l'égard de la vie a reculé d'une moyenne de 2,2 points de pourcentage par année. C'est assez notable.

Mais nous avons également constaté un lien étroit entre cette diminution de la satisfaction à l'égard de la vie et l'abordabilité. Au printemps 2025, seulement 28 % des Canadiens qui ont déclaré avoir des difficultés financières ont indiqué un niveau élevé de satisfaction à l'égard de la vie – environ une moitié du pourcentage des personnes qui n'avaient pas ces difficultés.

Annik: Oui, en effet. Ces résultats sont significatifs. Mais, je doute qu'ils surprennent beaucoup de Canadiens. En vous écoutant, je me disais que c'était le vécu de bon nombre d'entre nous.

J'ai le sentiment qu'en entendant certains chiffres que vous nous donnerez aujourd'hui, les gens vont se dire : « Oui, cela correspond assez bien à ma vie dernièrement ». Danny, j'aimerais vous faire intervenir maintenant. Pourriez-vous nous dire ce que ces sujets vous évoquent? On parle de qualité de vie, de bien-être, de satisfaction à l'égard de la vie et de bonheur.

Tout cela est un peu subjectif, et je me demande ce que ces termes veulent dire pour vous, dans le cadre de votre travail et aussi sur le plan personnel.

Danny: Il y a beaucoup à dire sur le sujet, mais je vais vous donner une idée générale. Selon moi, cela ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. L'expérience de chacun est unique; elle varie selon que vous êtes sans domicile, ou que vous pouvez mettre de la nourriture sur la table, ou encore que vous avez tous les biens matériels, mais que vous vous sentez seul et n'avez pas l'occasion de nouer de bonnes relations avec les gens qui vous entourent. Merci pour la question. Pour moi, il s'agit d'avoir une bonne relation avec soi-même, d'entretenir des liens solides avec les gens qui nous entourent et de faire humblement partie du monde naturel, qui regorge de richesses. Et si ce monde pouvait nous parler, il nous dirait probablement que nous ne remplissons pas notre part du marché pour ce qui est de vivre une vie forte, heureuse et harmonieuse dans l'écosystème dans lequel nous nous trouvons.

Annik: Je vois. Nous avons appris dans cet épisode que StatCan produit de nouvelles données dans le domaine de la qualité de vie. Ça, c'est à l'échelle nationale. Qu'en est-il à l'échelle régionale? Pour vous, à Engage Nova Scotia, que montrent les dernières données que vous avez produites?

Danny: Tout a commencé par une enquête menée auprès des habitants de la Nouvelle-Écosse. Une invitation envoyée par la poste pour participer à une enquête de 230 questions sur huit domaines liés au bien-être. Ces domaines peuvent être ventilés en fonction de ce à quoi ils renvoient. Et nous nous sommes vite réjouis du nombre de réponses et des récits partagés.

Ce sont en fait les récits qui ressortent des réponses provenant de notre ensemble de données de 2019. Nous avons donc reçu près de 13 000 réponses à ces 230 questions.

Danny: Et les enjeux qui attirent le plus notre attention, mais dont on ne parle pas, concernent les liens sociaux. La confiance, la solitude, les amitiés sont absolument essentielles au bien-être des gens. Ce qui est également ressorti de l'ensemble de données que nous avons créé, c'est que les liens avec le monde naturel sont fondamentaux pour notre bien-être. Et le sentiment de séparation par rapport au monde naturel est l'un des principaux facteurs à l'origine de la diminution de la satisfaction à l'égard de la vie, de la détérioration de la santé mentale et des problèmes connexes.

Annik: Travis, nous savons bien évidemment à quel point il est important de faire des recherches sur ces sujets-là. Je suis curieux de savoir comment on les mesure exactement. Des concepts comme la qualité de vie, le bien-être et la satisfaction à l'égard de la vie me semblent difficiles à suivre ou, du moins, à mesurer précisément en raison de leur subjectivité. Je sais que vous en avez parlé un peu au début. Vous avez mentionné qu'il existe aussi des mesures objectives. Mais, pour revenir aux mesures subjectives, je suis curieux de savoir comment on arrive à les mesurer.

Travis: Certainement, les mesures subjectives sont vraiment fascinantes pour les chercheurs et les analystes, et nous essayons de trouver la meilleure façon de les mesurer. Et le bonheur est l'un de ces principaux concepts subjectifs, et c'est l'une des idées centrales dans le Cadre de la qualité de vie. Il ne reflète pas seulement ce que les gens possèdent, mais aussi comment ils se sentent.

Alors, comment mesurer ce genre de chose? De notre côté, nous utilisons la question de la satisfaction à l'égard de la vie. C'est une question assez simple, mais en même temps, il est vraiment puissant. On demande aux gens d'évaluer comment ils se sentent à l'égard de leur vie de manière générale. On utilise une échelle de 0 à 10, où 0 correspond à « très insatisfait » et 10, à « très satisfait ».

Quand on pose la question à suffisamment de personnes, on obtient une mesure très précise du bonheur en général. Cela nous permet de mesurer à l'échelle d'une communauté, d'une province ou du pays, et nous pouvons également comparer les changements au fil du temps.

Annik: C'est intéressant. Et quelles sont certaines des limites rencontrées au moment de réaliser cette nouvelle étude de Regards sur la société canadienne? Parce qu'évidemment, la subjectivité est une variable, mais quelles sont les autres difficultés que vous avez eues?

Travis: Absolument. Nous savons que la mesure du bonheur n'est pas une mesure parfaite. Il y a des défis associés à ce genre de mesure subjective. Les gens interprètent ce genre de question différemment, selon leur culture, leur personnalité ou même le type de journée qu'ils sont en train de passer.

C'est pourquoi nous ne comptons pas uniquement sur cette mesure. Nous la combinons avec d'autres indicateurs. Donc, comme je l'ai dit, il n'y a pas un seul indicateur dans le cadre. Il y a beaucoup d'éléments interconnectés qui entrent en jeu, et c'est cette approche globale qui nous permet de dresser un tableau.

Annik: C'est vraiment bon à savoir. Parce que quand j'ai lu l'étude, je me suis dit : « On mesure le bonheur d'une personne, mais cette personne n'avait peut-être pas encore bu son café au moment de répondre à la question ». J'ai l'impression qu'on pourrait interroger une même personne chaque jour, voire chaque heure de la journée, et obtenir une réponse complètement différente.

Donc, c'est intéressant de savoir cela. Danny, de mon point de vue de non-spécialiste, dans les nouvelles, quand on parle de qualité de vie et de choses de ce genre, c'est toujours centré sur la crise du logement et la crise de l'abordabilité. Et, bien sûr, tous ces sujets économiques et concrets sont très importants.

Je ne veux pas du tout les minimiser. Mais, comme vous l'avez dit, des sujets comme le lien avec la nature et les liens avec les autres ne sont pas nécessairement les plus sensationnels à traiter et ils sont souvent négligés. Il y a une autre question que je voulais vous poser : En dehors du fait que nous devions faire face à un coût de la vie très élevé ces temps-ci, nous le ressentons tous.

Doit-on simplement traverser cette crise économique? La vie va-t-elle ensuite reprendre son cours? Le bien-être va-t-il augmenter à nouveau? La satisfaction à l'égard de la vie va-t-elle remonter? Ou est-ce plus compliqué que cela? Il me semble que vous venez d'aborder le sujet, mais pourriez-vous nous en dire davantage?

Danny: J'aimerais d'abord m'assurer que j'ai bien compris certains points que vous avez mentionnés concernant les sujets qui font la une. Et vous avez tout à fait raison, une bonne vie ne se résume pas seulement à une question d'argent, même si, pour certains, c'est effectivement une question de finances et de toit au-dessus de la tête.

C'est un point très intéressant et on parle beaucoup de l'abordabilité. Mais, selon nos recherches, nos données et ce qui ressort de nos outils, les personnes les plus touchées par la question de l'abordabilité sont celles qui ne gagnent pas un salaire décent. Donc, toutes les personnes qui gagnent un revenu d'une quarantaine de milliers de dollars ou moins connaissent un niveau de difficulté complètement différent de celui du reste de la population dans tous les domaines observés. Et, les personnes qui se trouvent dans une situation de logement précaire, elles aussi, rencontrent souvent le même problème. Tout commence souvent par un bon logement, en particulier pour les familles monoparentales, par exemple, qui sont souvent des locataires sur plusieurs générations, qui n'ont pas la chance d'avoir des occasions comme celle de faire des études supérieures. Des éléments qui sont en fait des leviers supplémentaires importants pour mener une vie de qualité.

Donc, les choses vont-elles redevenir comme avant une fois que nous aurons traversé cette crise? Honnêtement, cela va dépendre des choix que nous faisons. Et, de notre point de vue, cela va dépendre, si nous nous posons les bonnes questions, si l'on considère que le seul problème, et c'est en effet un défi en ce moment au Canada, c'est la productivité et une économie saine, forte et même autonome.

Ce sont des sujets importants. Mais si l'on ne prête pas attention aux expériences vécues, en particulier celles des personnes qui ont été systématiquement et structurellement privées des occasions qui ont été offertes à des personnes comme moi tout au long de leur vie, alors nous n'arriverons pas à trouver des solutions qui renforcent la résilience, augmentent le bonheur et améliorent le bien-être mental de nos jeunes adultes.

Annik: Oui, c'est tellement bien dit. Je réfléchis à tout ce que vous venez dire, parce que c'est vraiment important de produire des données de haute qualité sur ces sujets pour qu'ils ne restent pas que de simples concepts. On sent que les choses bougent. Mais le fait de savoir que des efforts sont déployés, qu'il y a une dynamique croissante chez les chercheurs et que les gens s'y intéressent, c'est bon à savoir.

C'est rassurant. Et cela m'amène à l'une des questions que je brûle d'envie de vous poser : Quel serait le plan idéal, selon Danny Graham? Quelles sont, selon vous, les questions les plus urgentes, ou peut-être quelques-unes des questions les plus pressantes, auxquelles nous pourrions ou devrions nous attaquer pour améliorer la qualité de vie des Canadiens?

Danny: Eh bien, nous ne pouvons pas résoudre un problème que nous ne comprenons pas. À Engage, nous avons fait un vrai travail novateur pour mesurer les perceptions, les expériences et les comportements de nos concitoyens. Et nous avons créé cet ensemble de données complet et tridimensionnel. Nous l'avons exploré et il y a des thèmes qui en ressortent : la notion de liens sociaux, le nombre d'amitiés et leur qualité, les expériences de solitude, les expériences de discrimination et la confiance mutuelle.

C'est très important. Les populations auxquelles nous devrions prêter une attention particulière sont les jeunes adultes, les familles monoparentales, les personnes de la communauté 2ELGBTQIA+, les communautés autochtones et d'autres groupes racisés qui connaissent cette situation, et ce, depuis plus longtemps et de manière plus profonde que d'autres.

Ce sont les communautés de personnes auxquelles nous devons prêter une attention particulière. Puis, l'autre chose, c'est simplement la question de la suffisance du temps et le fait de ralentir le rythme et d'être en lien avec la nature. Cela peut paraître superficiel pour certaines personnes, mais la recherche montre que plus nous passons de temps dans la nature, en étant respectueux et connectés au monde naturel, plus nous sommes capables d'agir de manière systématique dans notre intérêt et dans celui des autres personnes de notre communauté.

Donc, pas de solution toute faite. Mais, je pourrais complètement me tromper sur les priorités les plus importantes du moment. Toutefois, permettez-moi de souligner le concept clé, qui découle de notre vision à Engage Nova Scotia. Selon moi, nous ne parviendrons pas au niveau de compréhension nécessaire sans deux choses.

Il nous faut une façon plus robuste, tridimensionnelle et ambitieuse de mesurer comment vont réellement les Canadiens, et cela nécessite des enquêtes à grande échelle et de grands échantillons. Et puis, honnêtement, il faut que nous soyons confiants dans la manière d'appliquer, de façon sûre et méthodologiquement rigoureuse, l'intelligence artificielle à notre compréhension des choses.

Nous n'atteindrons pas le niveau de compréhension nécessaire pour bâtir des sociétés plus saines et plus fortes sans ces deux choses : des mesures plus robustes et significatives du bien-être et de bons outils qui nous fournissent rapidement des renseignements qui ne se trouvent pas ailleurs.

Annik: D'un point de vue extérieur, quand je vois toute la réflexion qui accompagne ces décisions et la façon dont vous en parlez en général, c'est vraiment encourageant, je trouve. C'est bien de savoir que des organisations, comme Statistique Canada et Engage Nova Scotia, adoptent vraiment une approche mesurée et réfléchie par rapport à la manière dont elles mesurent les données et dont elles vont utiliser ces données.

Il ne s'agit pas simplement de recueillir des données et de les diffuser juste pour dire de le faire. Le but est vraiment que ce soit utile aux Canadiens d'une manière qui est significative. Donc, c'est génial d'entendre cela. Et où se situe le Canada à cet égard par rapport au reste du monde? Les tendances que nous observons actuellement sont-elles plus prononcées au Canada?

Travis: Ces résultats dont nous avons parlé aujourd'hui concordent avec les observations faites dans le World Happiness Report de 2024. Ce rapport est publié par le Wellbeing Research Center et l'Université d'Oxford, en partenariat avec Gallup, le Réseau des solutions de développement durable de l'ONU, ainsi qu'un comité de rédaction indépendant.

Malheureusement, on a trouvé que les jeunes adultes au Canada, c'est-à-dire les personnes de moins de 30 ans, se classaient moins bien que ceux d'autres pays — en fait, 58e parmi les pays participants en matière de bonheur. Par comparaison, le Canada se classait au huitième rang pour ce qui est des adultes plus âgés, c'est-à-dire ceux de 60 ans et plus.

Annik: On sait qu'il y a des sujets de préoccupation. Mais c'est aussi encourageant de savoir que StatCan produit des données sur le sujet et qu'il s'intéresse aux tendances. Avez-vous des nouvelles positives à nous communiquer à ce propos?

Travis: Oui, j'en ai, certainement. Donc, ce qu'il faut retenir ici, c'est que ce ne sont pas seulement les défis, ce sont aussi les progrès réalisés.

Le Cadre de la qualité de vie pour le Canada a maintenant atteint une étape importante. Ses 91 indicateurs ont été pleinement définis, et pour la plupart d'entre eux, les données sont accessibles. Cela signifie que les chercheurs, les décideurs, et les analystes disposent désormais d'une base de données beaucoup plus riche pour comprendre le bien-être sous toutes ses dimensions : la prospérité, la santé, la société, la saine gouvernance et l'environnement.

Tout cela compte. Les indicateurs clairs et cohérents, ainsi que des données de qualité, créent une base solide pour passer à l'action de manière significative. Ils nous aident à passer de concepts larges — comme le bien-être, et le bonheur — à des renseignements concrets.  Nous pouvons ainsi comprendre les domaines dans lesquels les Canadiens s'épanouissent et ceux dans lesquels un soutien supplémentaire pourrait être nécessaire.

Quand on transforme ces grandes idées générales en quelque chose de concret, ils peuvent nous aider à apporter de réelles améliorations.

Annik: Danny, pourquoi est-il important que des organisations, comme Statistique Canada et Engage Nova Scotia, collaborent pour relever ces défis, comme celui de la qualité de vie?

Danny: Je me souviens exactement de ce que je ressentais dans mon seul cours de statistique, pendant mes études de premier cycle. On pense que les statistiques sont des données ennuyeuses.

Et trop souvent, c'est le cas. Mais si vous les recueillez de manière à pouvoir transformer l'information en récits, à mettre en lumière les perceptions, les expériences et les comportements de chacun, c'est la meilleure façon d'interpeller les gens. Vous révélez alors l'âme de nos communautés. Et aujourd'hui, il existe des moyens de faire ressortir cette âme et de faire quelque chose qui a une réelle incidence. Mais cela n'est pas juste entre les mains d'Engage Nova Scotia, de Statistique Canada et des autres ministères gouvernementaux.

Je mentionne souvent ce point de données troublant. La satisfaction à l'égard de la vie chez les jeunes adultes au Canada a chuté au cours des 15 dernières années, plus que dans les 130 autres pays également mesurés, à l'exception de l'Afghanistan, du Venezuela, de la Jordanie et du Liban. Il y a une réelle crise en ce qui concerne la satisfaction à l'égard de la vie chez les jeunes Canadiens.

Il serait bon de commencer à en comprendre les causes et d'arrêter de spéculer. Les gens s'empressent de répondre que c'est l'abordabilité, la pandémie, les médias sociaux, l'anxiété climatique. Et il y a peut-être du vrai dans tout cela, mais nous n'avons aucun moyen de comprendre pourquoi nous en sommes là. Et si nous ne cherchons pas davantage à explorer des façons de mesurer, de comprendre et de trouver des solutions, alors nous resterons impuissants, incapables de réagir correctement à la situation.

Annik: Pour finir, Danny, y a-t-il des idées fausses dans le domaine de la qualité de vie dont vous aimeriez nous parler?

Danny: Selon moi, l'une des idées fausses est de penser qu'il y a un programme derrière tout cela.

Il n'y a pas de programme particulier, si ce n'est des sociétés globalement plus saines, plus fortes, plus dynamiques et inclusives. Il est question d'une économie plus forte qui nous donne une plus grande souveraineté et autodétermination. Il est question de bonnes relations avec tout le monde. Donc, il n'y a pas de programme particulier sur le plan social, économique ou environnemental.

C'est une question de bon sens. Comme quelqu'un de l'Université Simon Fraser me l'a décrit il n'y a pas si longtemps : il devrait être évident pour nous que le plus important, c'est de nous appuyer sur des enquêtes et de comprendre comment nous nous sentons réellement, tant que les données sont fiables et de qualité. C'est la première étape pour résoudre les problèmes que nous avons de la difficulté à comprendre.

Au dos de ma nouvelle carte de visite, il y a ce message : ici, en Nouvelle-Écosse, si vous partagez avec nous votre histoire, que vous répondez à l'enquête, vous contribuerez à semer un avenir meilleur pour tous dans notre province, et espérons-le, dans tout le Canada.

Annik: Si les gens souhaitent en savoir plus sur la qualité de vie, le bien-être, la satisfaction à l'égard de la vie, tous les sujets dont nous avons parlé, ainsi que sur le travail que vous faites à Engage Nova Scotia, où peuvent-ils aller?

Danny: Engagenovascotia.ca est une bonne ressource. L'Indice canadien du mieux-être en est une autre. Le Réseau canadien de connaissances sur le bien-être en est une troisième. Évidemment, il y a le Carrefour de la qualité de vie de Statistique Canada. Le site Web du Centre WISE de l'OCDE est fantastique dans ce domaine. Les gens peuvent aussi nous envoyer un courriel s'ils le souhaitent et explorer avec nous à Engage Nova Scotia la façon dont tout cela peut être pertinent pour d'autres personnes dans leur communauté.

Donc, notre conseil d'administration indépendant se réjouit de ce que nous faisons en Nouvelle-Écosse et prête une attention particulière à la responsabilité implicite que nous estimons avoir, celle d'aider les personnes qui, comme nous, souhaitent promouvoir le bien-être de manière réfléchie et profonde. Donc, pour les personnes que cela intéresse, n'hésitez pas à nous contacter à Engage Nova Scotia pour engager la conversation.

Annik: Danny, merci beaucoup pour cette discussion passionnante. Pour ma part, j'ai appris beaucoup de choses et j'espère que les auditeurs ont également appris des choses. Alors, merci de votre temps et de votre expertise.

Danny: Merci, Max. Bonne continuation.

Annik: Travis, pour les gens qui aimeraient en savoir plus sur la qualité de vie, le bien-être, la satisfaction à l'égard de la vie, ce genre de sujets, où peuvent-ils aller?

Travis: Les données du Programme de statistiques sur la qualité de vie sont accessibles sur le site Web de Statistique Canada. C'est ce qui est vraiment super, c'est que les renseignements et les données sont accessibles aussi bien aux décideurs qu'à tous les Canadiens.

Le Carrefour de la qualité de vie est un guichet unique où vous pouvez trouver toutes ces données et explorer les répartitions à l'échelle nationale et provinciale, les tendances au fil du temps et les caractéristiques démographiques.

Le carrefour comprend aussi des tableaux de bord interactifs, des données téléchargeables et des produits de visualisation qui facilitent la comparaison des indicateurs.

Annik: Formidable. Eh bien, merci beaucoup de votre temps et de votre expertise.

Travis: C'était un plaisir. Merci.

Vous venez d'écouter Hé-coutez bien! Merci à nos invités Travis Facette et Danny Graham. Si vous souhaitez en savoir plus sur la satisfaction à l'égard de la vie, la qualité de vie ou le bien‑être, consultez le lien dans les notes de l'émission où vous pourrez trouver les travaux de Jenneke et de Danny.

Ce balado est offert partout où vous écoutez vos balados. Vous y trouverez également la version française de notre émission, intitulée Hé‑coutez bien! Si vous aimez cette émission, n'hésitez pas à l'évaluer, à laisser un commentaire et à vous abonner. Et comme toujours, merci de votre écoute.