Date de diffusion : le 6 juillet 2026
Nº de catalogue : 45-20-0003
ISSN : 2816-2269
Les ciels orange ne sont qu’une part du récit : les feux de forêt transforment l’économie canadienne. Comment ces répercussions sont-elles mesurées et que nous révèlent-elles sur l’avenir? Écoutons les experts Mike Flannigan et Bassirou Gueye à ce sujet.
Animateur
Martin Charlebois
Invités
Bassirou Gueye, Mike Flannigan (raconté par André Laplante)
Écoutez
Hé-coutez bien! Épisode 33 - Un ciel orange, une atmosphère enfumée et des millions de dollars menacés de partir en fumée - Transcription
Transcription
Martin: Bienvenue à Écoutez bien, un balado de Statistique Canada où nous rencontrons les personnes derrière les données et découvrons les histoires qu'elles révèlent. Je suis votre animateur Martin Charlebois. Pour être honnête, en tant que citadin, les feux de forêt font pas partie de mon quotidien. À ce jour, 2023 a été la saison des feux de forêt la plus dévastatrice qu'ait connue le Canada.
Plus de six mille feux ont ravagé au moins quinze millions d'hectares cette année-là. Pour ceux qui, comme moi, ont du mal à se représenter quinze millions d'hectares, cela représente une superficie détruite plus grande que l'Angleterre. On voit ces images apocalyptiques en ligne, mais quand on continue de faire défiler nos réseaux sociaux, la vie continue pour nous, les citadins.
C'est le cas depuis toujours, mais ces dernières années, même nos plus grandes villes ont commencé à ressentir les effets concrets de ces feux de forêt. Depuis plusieurs étés consécutifs, un air enfumé et un ciel orangé s'abattent sur le sud-est de l'Ontario, réduisant la visibilité et entraînant des alertes à la qualité de l'air parmi les pires au monde à l'époque.
Jusqu'à présent, la saison des feux de forêt au Canada a heureusement débuté assez lentement, mais les experts que vous allez entendre ne sont pas encore prêts à pousser un soupir de soulagement. Allons maintenant à leur rencontre et découvrons ce que les données nous révèlent pour le reste de l'été et les mois à venir.
Mike (Andre): My name is Mike Flannigan.
Andre: Je m'appelle Mike Flannigan et j'ai de nombreux titres. Je suis titulaire d'une chaire de recherche. Je suis professeur spécialisé en feux de forêt. Je suis également un passionné de tout ce qui touche les incendies. Je travaille à Kamloops, en Colombie-Britannique, sur le territoire traditionnel non cédé des Secwépemc et des Tk'emlúps.
Bass: Bonjour, je m'appelle Bassirou Gueye. Vous pouvez m'appeler Bas. Je suis dans la division de l'analyse économique et sociale et de la modélisation à Statistiques Canada et je travaille comme chef de sous-section, responsable de la production et la diffusion de microdonnées sur les entreprises.
Martin: Mike, je crois que nous allons commencer avec vous.
Je sais que 2023 a été une année record en matière de feux de forêt. Quelle a été la situation depuis ?
Mike (Andre): L'année
Andre: 2023 a en effet fracassé tous les records. Environ 4% de notre forêt a brûlé, c'est-à-dire 15 millions d'hectares. Ça semble élevé et c'est sept fois la taille du lac Ontario. C'est simplement un immense territoire et c'était complètement inattendu.
Vient ensuite 2024, qui a également été une année très active, même si elle n'a pas commencé ainsi. Les feux ont commencé un peu tard, vers la mi-saison ou plus tard dans la saison. Puis 2025 est arrivé et là, ils ont commencé très tôt. C'est une année qui a été l'année 2023 de près. Pour terminer au deuxième rang.
Au cours des trois dernières années, nous avons vu brûler au Canada environ 8% de notre forêt. Pour moi, 2026, c'est un test décisif parce que j'ai toujours dit : il y aura des années froides et humides et des années chaudes et sèches. Mais peut-être que cela change et que nous aurons des feux actifs chaque année.
Donc, ce test décisif est 2026. Ce sera intéressant de voir ce qui se passera cette année.
Martin: Comment cela commence-t-il pour l'instant ?
Mike (Andre): En
Andre: fait, ça commence assez lentement. Cela ressemble davantage à 2024, bien que certains indicateurs laissent penser qu'il pourrait s'agir d'une année active. Des éléments comme des conditions de sécheresse anormales ou des sécheresses dans certaines régions du Canada, malgré une légère amélioration.
Les prévisions pour la saison estivale devraient aussi être prises avec un grain de sel. Cela laisse entrevoir un été chaud et les prévisions de précipitations indiquent des conditions plus sèches, en particulier dans l'Ouest canadien, qui peuvent créer des conditions plus propices aux feux de forêt.
Toutefois, les prévisions de précipitations en particulier ne sont pas entièrement fiables et peuvent changer. Et la mise en garde est que personne ne sait ce que l'avenir nous réserve. Cela dépendrait des conditions météorologiques quotidiennes et du nombre de sources d'allumage observées.
Martin: Bass, j'aimerais vous entendre.
Quand je pense à la mesure des coûts des feux de forêt, j'imagine des chercheurs sur le terrain, bloc-notes à la main, qui font l'inventaire des zones endommagées et détruites et chiffrent simplement ces dommages en dollars. Mais quelque chose me dit que c'est un petit peu plus compliqué que ça.
Bass: En effet, il y a plusieurs façons de les mesurer.
Il y a certains, ce qu'ils font, c'est qu'ils calculent la valeur des assurances qui ont été payées dans ces zones-là. Mais nous, ce qu'on fait, ça nécessite la collecte, l'harmonisation et la combinaison de données de diverses sources. Je peux citer Ressources naturelles Canada ou encore le Service canadien des forêts, de les regrouper ensemble et de faire des analyses géospatiales et des analyses économiques.
Imaginez la carte du Canada qu'on dessine sur une feuille et qu'on divise cette carte-là en plusieurs petits carrés de un kilomètre par un kilomètre. Ce qu'on fait par la suite, c'est qu'on essaie d'estimer l'activité économique, la valeur de l'activité économique qui est produite dans chaque carré.
Donc ça nous fait une première carte avec des petits carrés et dans chaque carré, on a la valeur de l'activité économique.
Martin: On
Bass: prend une deuxième carte. Celle-ci nous permet d'identifier les zones qui sont touchées par les feux ou bien des zones où il y a eu des évacuations. Donc, pensez ici à deux feuilles transparentes.
L'une avec l'activité économique dans les petits carrés, l'autre avec les zones qui sont touchées, qui sont identifiées. Et on superpose les deux feuilles transparentes, ce qui nous donne une seule carte. L'activité économique est disponible. Et pour chaque carré, maintenant, on est en mesure de dire si c'est une zone qui est touchée par les feux ou bien une zone où il y a eu des évacuations.
À partir de là, qu'est-ce qu'on peut faire? On peut additionner les carrés selon le niveau de géographie qui nous intéresse. Est-ce qu'on veut des données sur l'activité économique qui est à risque dans ces zones-là, par ville, par région, selon la province ou encore au niveau national.
Martin: Mike, comment les feux de forêt commencent-ils?
De toute évidence, il y a la cause naturelle, la foudre. Je me demande combien d'incendies sont attribuables.
Andre: Alors, au Canada, un peu plus de la moitié de nos incendies sont attribuables à la foudre, mais ils sont responsables de plus de quatre-vingt-dix pourcents de la superficie brûlée. Il y a une composante saisonnière.
La plupart des incendies du printemps sont d'origine humaine et la plupart des incendies d'été sont causés par la foudre. Et les causes humaines sont principalement accidentelles. Il y a malheureusement des incendies criminels, mais ils ne représentent qu'un très faible pourcentage. Très fréquemment, vous savez, le fait de garer votre véhicule sur du gazon sec lorsque le silencieux est chaud peut déclencher un incendie.
Les feux de camp et le brûlage des champs, cela provoque parfois des incendies accidentels.
Martin: Nous commençons à voir certains des effets résiduels de ces incendies dans des villes qui ne les ressentaient pas auparavant. Moi, je suis ici à Ottawa, puis au cours des dernières années, pendant l'été, nous avons vu des ciels orangés.
Nous avons senti cette odeur de fumée comme l'air d'un feu de camp. Puis je me demande simplement pourquoi ça se produit tout à coup alors que j'ai trente-trois ans, puis j'ai l'impression jusqu'à il y a quelques années, je n'avais jamais vu ça avant. Alors, est-ce que c'est quelque chose qui, selon les experts, va continuer à s'aggraver?
Mike (Andre): La
Andre: réponse courte est donc oui. D'accord. Et c'est le problème avec les incendies. J'ai mentionné Lytton, Jasper et Fort McMurray. Malheureusement, ces villes ou une petite partie de leur collectivité ont été détruites par un incendie. Mais si vous vivez à Ottawa, comme c'est votre cas, ou à Toronto ou à New York, il est peu probable que votre logement brûle en raison d'un feu de forêt.
Pourtant, un incendie peut se faire sentir sur des grandes distances. Donc, un incendie qui se produit à mille kilomètres de vous peut vous compliquer la vie pendant des semaines. Plus nous en savons sur la fumée, plus nous comprenons à quel point elle est mauvaise pour la santé humaine. Des études mondiales montrent qu'un million et demi de personnes meurent prématurément chaque année en raison de fumée des feux de forêt.
C'est un chiffre effroyable. Et au Canada, nous avons observé que la surface brûlée a presque quadruplé depuis les années 1970. Mes collègues et moi attribuons cela en grande partie, mais pas seulement, aux changements climatiques d'origine humaine. Plus il fait chaud, plus il y a d'incendies. Alors que la Terre continue de se réchauffer, nous nous attendons à voir de plus en plus d'incendies au Canada et ailleurs dans le monde.
Donc oui, malheureusement, vous allez voir de plus en plus de fumée. En fin de compte, nous devons apprendre à vivre avec les feux et la fumée. Le feu est un élément naturel de nos forêts au Canada et lorsque c'est possible, nous devrions laisser Dame Nature jouer son rôle naturel.
Martin: Vous avez également mentionné le vent.
Et donc, j'allais vous demander s'il s'agissait d'une composante majeure qui expliquerait pourquoi les grandes villes subissent cela désormais. Le fait d'être confronté à ça dans le sud, est-ce nécessairement révélateur d'une grande saison des feux de forêt ou est-ce qu'on pourrait dire que la saison des feux de forêt ne soit pas si grave, mais que nous ressentons ces effets lorsque le vent souffle d'une certaine façon?
Andre: Eh bien, c'est une combinaison des deux. Plus il y a de feu, plus il y a de fumée. Mais bien sûr, cela dépend de la direction du vent. Donc, si vous avez des vents du sud, la fumée va passer au-dessus de l'Arctique ou du Groenland ou même jusqu'en Europe. Et cela s'est produit à de nombreuses occasions. Donc, ça dépend est la réponse, qui n'est probablement pas si réconfortante, mais c'est la vérité
Martin: Lorsque nous produisons et analysons des données sur un sujet comme les feux de forêt, comment ces données nous aident-elles à contrer les effets bien réels et sentis par la population canadienne
Pouvez-vous nous donner des exemples de programmes ou d'initiatives gouvernementaux ou autres qui utilisent les données de Statistique Canada pour faire changer les choses ?
Bass: Oui, en fait, ce qu'on essaie de faire avec, avec ce type d'analyse-là, c'est d'informer les décideurs. Donc, par le passé, on avait des, des informations au niveau agrégé.
Maintenant, mais ce qu'on a trouvé, c'est que l'impact est plus global. L'impact n'est pas global, mais elle est, elle est localisée. Donc ce qu'on essaie de faire ici, c'est de venir avec des nouvelles approches. Donc je parlais initialement de l'utilisation de nouvelles données géospatiales, de l'utilisation de mesures plus détaillées du produit intérieur brut.
Et maintenant, en faisant les analyses à un niveau plus granulaire, on, on, on, on collecte de l'information pertinente qu'on met à la disposition des communautés, à la disposition des Canadiens et Canadiennes, mais également à la disposition des, des, des différents programmes, des différents paliers de, de, de gouvernement, que ce soit au niveau municipal, provincial et, et fédéral, pour leur permettre de connaître la, d'avoir la pleine mesure, d'avoir l'heure juste en termes de, en termes de ce qui se passe à un niveau, à un niveau communautaire et de prendre des décisions qui sont, qui sont plus ciblées.
Est-ce qu'il y a des programmes qui, qui existent en ce moment ? Je ne saurais le dire, mais nos données sont utilisées par, par plusieurs gouvernements et on reçoit également des requêtes de données, de données personnalisées pour essayer de répondre ou essayer de supporter, en fait, la mise en place de programmes et de politiques.
Martin: Ça fait une bonne, une bonne fondation dans le fond. Parce que tu sais, si on n'a pas les données, on ne sait pas On sait, nous savons que les répercussions économiques des feux de forêt sont beaucoup plus marquées dans certaines régions. Pouvez-vous brosser un portrait des zones les plus touchées, puis nous dire si la, la situation elle évolue
Bass: Les zones les plus touchées évoluent. En fait, c'est ça qui évolue plus. C'est que ça dépend des années. Par exemple, on a eu en 2016, il y avait Fort McMurray. On a eu en 2024, il y avait Jasper en Alberta. Donc ça, ça évolue. La précision que j'aimerais faire ici, c'est qu'on mesure pas encore l'impact de ces feux de forêt-là, l'impact des évacuations.
Ce qu'on essaie de mesurer ici, c'est l'exposition, c'est la production économique qui est exposée lorsque survient un feu de forêt ou lorsque survient des évacuations. Si, par exemple, je dis que 1 % est exposé, ce-cela ne veut pas dire nécessairement qu'il y a une perte de 1 %. Parce qu'à la fin ou bien à la levée de l'ordre d'évacuation, les gens vont retourner dans leur maison.
Les entreprises qui étaient fermées peuvent reprendre leurs activités, donner des temps supplémentaires aux travailleurs. Mais ce qui reste, c'est qu'il y a quand même des répercussions. Il y a quand même des conséquences qui existent. Qu'est-ce qui pourrait arriver ? Les petites entreprises, ça leur prendra peut-être plus de temps pour reprendre leur plein potentiel.
Les coûts d'assurance pourraient augmenter. Les vendeurs de bois pourraient ne plus avoir leur activité, en fait, en tout cas à court terme. Donc c'est quand même assez difficile de mesurer à court terme ce qui se passe lorsque les impacts, lorsque survient ce genre de catastrophe naturelle là, mais on essaie de bâtir la fondation, on essaie d'indiquer qu'est-ce qui est à risque, on essaie d'indiquer ce qui pourrait être fait.
En fait, c'est beaucoup pour arriver en fait à mesurer l'impact. Ça prendrait peut-être quelques années, ça prendrait plus de données et ça prendrait plus d'estimations et de méthodologies.
Martin: Nous parlons beaucoup d'économie, mais je crois qu'il est vraiment important de reconnaître les répercussions des feux de forêt qui se limitent pas à l'aspect économique.
Les gens sont forcés d'évacuer leur domicile. Ils peuvent perdre des biens personnels inestimables, parfois même leur maison. Des communautés entières peuvent même être décimées lors des graves incendies. Je sais que ce n'est pas nécessairement votre domaine d'expertise, mais un point de vue strictement humain.
Je pense qu'il est important de reconnaître que les feux de forêt causent beaucoup de dommages puis que ça se mesure pas juste en dollars.
Andre: Je suis spécialiste des sciences physiques, donc j'étudie cet aspect physique. Mais si vous êtes évacué, si vous avez perdu votre logement, c'est évidemment une situation stressante.
Et cela touche de façon disproportionnée les communautés autochtones, car bon nombre d'entre elles sont des communautés nordiques éloignées. C'est là que les feux semblent dominer. Les répercussions sont réelles et durables et c'est un domaine qui doit être étudié.
Bass: C'est l'aspect humain qui est souvent obstrié.
Originaire d'un pays où j'ai eu à côtoyer des personnes qui ont dû quitter leur maison pendant plusieurs semaines à cause des inondations qui sont causées par des pluies, je suis conscient des conséquences humaines que ce genre d'actes, que ce genre de phénomène là peut causer sur les, sur les individus, sur les, sur les Canadiens et Canadiennes qui font face à ça.
Donc, je prouve que de la compassion pour ces personnes-là. Et comme je l'ai dit tout à l'heure, en fait, l'impact ou l'impact potentiel des feux de forêt et des évacuations varie en fonction des régions. Mais la façon dont les Canadiens et les Canadiennes sont exposés également à ces feux de forêt varie.
Pour certaines personnes, cela se limite à un ciel orange. Pour d'autres, c'est juste des reportages à la télé. Il y en a certains qui, c'est plus, on le ressent parce que la qualité de l'air a changé, elle s'est détériorée. Mais pour les personnes qui vivent vraiment dans les zones qui sont touchées, dans les zones qui ont été évacuées, la réalité est tout autre.
C'est un changement abrupt dans leur quotidien. C'est une évacuation précipitée, des journées de travail qui sont perdues, des semaines loin de la maison et parfois même des répercussions importantes du point de vue humain sur eux. D'abord, c'est leur famille.
Martin: Santé mentale même.
Bass: Santé mentale dans leur communauté, comme vous l'avez si bien dit.
Andre: Les incendies ne sont pas nécessairement mauvais. Ils sont tout simplement naturels. De plus, nos forêts ont appris à survivre et à prospérer dans un régime de feu de forte intensité semi-régulièrement. Elles sont faites pour ça
Martin: Vous dites que certains incendies sont pas nécessairement mauvais et pourraient même compter des avantages.
Andre: Alors, le feu est un agent très efficace pour éliminer des insectes, comme la tordeuse des bourgeons de l'épinette et le dendroctone du pin Ponderosa, qui ont dévasté des millions d'hectares dans le centre de la Colombie-Britannique. Le feu est un excellent agent destructeur pour cela. Il remet le compteur écologique à zéro.
Des espèces pionnières entrent alors en jeu. Et comme je l'ai dit, nos forêts survivent et prospèrent dans un régime d'incendie, en particulier ceux qui remplacent les peuplements dans la forêt boréale. Il s'agit simplement du rôle naturel que jouent les feux dans nos écosystèmes. Le problème est cependant que s'il y a de plus en plus d'incendies et si les incendies sont de plus en plus intenses et sévères, la régénération peut être difficile, surtout aux endroits où la sécheresse qui accompagne les incendies nuit à la régénération.
Nous commençons à voir le développement possible de terres stériles ou de prairies qui étaient autrefois des forêts, ce qui est préoccupant.
Martin: Remarquez-vous une certaine lassitude du public lorsqu'il est question des feux de forêt ? J'en suis aussi coupable que n'importe qui d'autre. Lorsque je regarde les nouvelles puis que je vois un feu de forêt dévastateur balayer une collectivité, je me sens un peu impuissant et donc je passe à autre chose.
J'aimerais savoir ce que nous, en tant que simples citoyens, pouvons faire, à part de devenir des pompiers volontaires.
Andre: Alors oui, nous pouvons faire beaucoup de choses. Premièrement, si vous vivez dans un endroit à risque d'incendie, ayez un sac prêt à emporter, d'accord ? Ainsi, si vous devez évacuer, même si j'espère que ça ne sera jamais le cas, alors, vous serez prêt.
Deuxièmement, les programmes comme IntelliFeu, FireSmart, reposent sur sept principes. Certains d'entre eux aident votre domicile et votre collectivité à être mieux protégés contre les feux de forêt. Une grande partie de cela est une question de bon sens. Les matériaux de construction ne devraient pas être inflammables.
La zone autour de votre logement, en particulier cette zone de zéro à un virgule cinq mètre, devrait être exempte de matières inflammables. Parce que ce que le public ne comprend probablement pas, c'est que la plupart des incendies pénètrent dans la collectivité par une pluie de braises, de petits morceaux de brindilles, d'écorces et parfois même de cônes de pin qui peuvent être transportés par le vent sur des kilomètres.
Le feu de McDougall Creek à West Kelowna a traversé le lac Okanagan. Des tisons enflammés ont probablement été transportés sur plus de trois kilomètres. S'ils tombent sur un objet inflammable, comme du paillis juste à côté de votre logement, cela prend feu. Puis votre logement aussi. Alors, jetez un coup d'œil à IntelliFeu.
Il suffit de l'ajouter dans votre navigateur. De plus, si vous voyez un incendie, signalez-le immédiatement. Vous savez que les numéros de téléphone diffèrent d'un secteur de compétence à l'autre. Certains, comme la Colombie-Britannique et l'Alberta, proposent des applications. En cas de doute, composez le neuf un un, car plus tôt nous serons mis au courant de l'incendie, plus nous pourrons le gérer de façon responsable.
Ce sont quelques-unes des choses que vous pouvez faire. Même si vous n'êtes pas dans un endroit à risque d'incendie, le problème de la fumée se pose dans l'ensemble du Canada à l'occasion. Par conséquent, utilisez des purificateurs d'air à l'intérieur et évitez les exercices intenses à l'extérieur. Si la qualité de l'air est vraiment mauvaise, les masques N95, que nous avons portés pendant la pandémie de COVID-19, ont en fait été conçus pour la fumée de feu de forêt.
Alors, portez donc un masque. D'accord ? Ce sont des choses que nous pouvons faire pour protéger notre santé
Martin: Bass, y a-t-il des idées fausses concernant les feux de forêt puis leurs répercussions économiques que vous aimeriez que les auditeurs connaissent?
Bass: Je ne dirais pas d'idées fausses, mais je dirais une prise de conscience, une évolution dans, dans-- une évolution.
Euh, et la raison pour laquelle je, je dis ça, on ne peut pas obstruer le fait que les feux de forêt existent. On le vit, on le sent. Il y a peu de localités qui le vivent mieux que nous, mais on le sent par, par la fumée qui se, qui se dégage, par l'odeur qui se dégage également. Et je pense que c'est ça qui fait que les gens prennent plus conscience, en fait, que c'est un phénomène qui est là.
C'est un phénomène que les gens se sont maintenant intéressés à comprendre et parce que ça peut les impacter. Ça se passe pas dans leur cour, mais ça peut avoir un impact sur eux, même si ça se passe à des milliers de kilomètres. Je parlais à un collègue qui me disait en fait que lui, il vient des, des Maritimes il y a plusieurs années, ben il pensait pas, mais maintenant, c'est quelque chose qui a lieu dans les Maritimes et ça peut même arriver au mois de mai, par exemple.
Lui, peut-être qu'il, qu'il peut pas l'imaginer, mais les gens qui sont dans les Maritimes en ce moment, c'est une réalité. C'est une réalité pour eux.
Andre: Je pense que nous en avons déjà découvert un grand nombre. Que les feux sont néfastes, c'est une idée fausse. Les feux sont naturels. Ils peuvent entraîner des répercussions importantes, oui, bien sûr.
En général, les feux pénètrent dans les collectivités par des braises ou des petites tisons qui peuvent se déplacer et propager des incendies. L'idée que nous pouvons éteindre tous les feux tout le temps n'est pas réaliste. Si on y pense comme à un examen, 95 %, ce serait une très bonne note. Et c'est à peu près ce que les organismes de gestion des incendies ont comme résultat lorsque les équipes éteignent les, la plupart des incendies alors qu'ils sont encore petits.
Mais dans le monde des incendies, c'est un peu le monde à l'envers. Environ 3 % des incendies sont responsables de la majeure partie de la superficie incendiée et de la plupart des répercussions.
Martin: À votre avis, quelle est la plus importante information en ce qui concerne les feux de forêt? Que voulez-vous que la population canadienne retienne de cette conversation?
Andre: Nous voyons plus d'incendies, plus d'incendies marquants, des incendies plus intenses, des incendies plus sévères en raison des changements climatiques d'origine humaine. Je ne peux pas être plus clair que cela. Les feux ne sont pas responsables de tout, mais des études indiquent que la plupart des augmentations que nous constatons sont attribuables au fait que nous vivons dans un monde plus chaud, principalement en raison des humains et de leurs activités, et en particulier de la combustion des combustibles fossiles.
Nous devons abandonner les combustibles fossiles. Il n'y a pas d'autre moyen d'arrêter ce réchauffement en ce sens-là.
Martin: Et si l'auditoire souhaite en savoir plus sur les feux de forêt, votre travail ou tout autre sujet que vous jugez important, que peut-il faire?
Andre: Alors, vous tapez mon nom dans votre navigateur et vous aurez accès à beaucoup de choses.
Essayez également TRU Wildfire, Thompson Rivers University, feux de forêt, en anglais seulement. Nous y proposons un excellent programme de prévention des incendies. Nous proposons maintenant des diplômes, des certificats et nous essayons d'obtenir un baccalauréat en prévention des incendies qui serait le premier au Canada.
Alors, consultez notre site web, TRU Wildfire. Je fais également des prévisions météorologiques en cas d'incendie, des prévisions de cinq à dix jours pour savoir si ces conditions météorologiques extrêmes sont imminentes et d'où elles proviennent. Nous essayons de créer un premier système d'alerte précoce.
Alors, entrez simplement Wildfire Outlook TRU dans votre navigateur et cela devrait s'afficher. Je fais les prévisions demain, donc de nouvelles prévisions seront disponibles demain.
Martin: C'était incroyable de vous parler. Je vous remercie infiniment pour votre temps.
Andre: J'ai apprécié la conversation. C'est vrai que oui.
Merci.
Martin: Vous venez d'écouter Écoutez bien. Merci à nos invités Basiru Gaye et Mike Flannigan. Vous pouvez vous abonner à ce balado partout où vous écoutez vos émissions. Vous y trouverez la version anglaise de notre émission intitulée Eh Sayers. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas de l'évaluer, laissez un commentaire et à vous abonner.
Merci de nous avoir écoutés