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Aptitude à travailler et surqualification chez les personnes ayant une incapacité - Transcription vidéo

Aptitude à travailler et surqualification chez les personnes ayant une incapacité

En marge de la Semaine nationale de l'accessibilité, Statistique Canada diffuse un nouveau rapport qui, à l'aide des données de l'Enquête canadienne sur l'incapacité (ECI) de 2022, vise à mettre en lumière le potentiel d'emploi inexploité chez les personnes ayant une incapacité. Ce rapport, intitulé « Examen de l'aptitude à travailler et de la surqualification chez les personnes ayant une incapacité », examine les taux de personnes aptes à travailler et surqualifiées parmi les personnes de 25 à 64 ans ayant une incapacité.

On constate des écarts dans les résultats sur le marché du travail entre les personnes ayant une incapacité et celles n'en ayant pas. Notamment, les personnes ayant une incapacité affichent des taux d'emploi plus faibles et des taux de chômage plus élevés que les personnes sans incapacité. L'analyse des caractéristiques et des expériences des personnes aptes à travailler fournit des renseignements contextuels sur la population de personnes dont l'emploi pourrait modifier cette tendance sur le marché du travail. L'aptitude à travailler a été définie en considérant les personnes qui n'étaient pas en emploi, mais qui auraient pu l'être, comme des travailleurs potentiels, dans la mesure où elles n'étaient pas à la retraite de façon permanente. Les personnes dont la situation les empêchait entièrement de travailler, sans possibilité de mesure d'adaptation, étaient considérées comme n'étant pas des travailleurs potentiels. Il convient de noter que le concept de l'aptitude à travailler ne consiste pas à mesurer la capacité d'une personne à travailler.

La surqualification, qui désigne une disparité entre le niveau de scolarité d'une personne et les exigences de son poste, peut indiquer que des employés sont peut-être sous-utilisés dans leur rôle. Les personnes ayant une incapacité qui sont surqualifiées constituent une autre partie de la population qui pourrait être en mesure d'apporter de plus grandes contributions en milieu de travail. Une meilleure sensibilisation aux caractéristiques des personnes surqualifiées peut contribuer à une compréhension plus nuancée des expériences vécues par cette population.

Parmi les personnes ayant une incapacité qui ne travaillent pas, 2 personnes sur 5 sont aptes à travailler

Selon les données de ECI de 2022, 42,0 % des personnes de 25 à 64 ans ayant une incapacité qui étaient sans emploi ou inactives étaient aptes à travailler. Cependant, le taux d'aptitude à travailler variait selon certaines caractéristiques sociodémographiques et d'incapacité.

Les résultats sur le marché du travail varient en fonction de certaines caractéristiques de l'incapacité, et le niveau de sévérité de l'incapacité y joue un rôle important. Les données de l'ECI de 2022 indiquent que parmi les personnes de 25 à 64 ans, 29,9 % de celles ayant une incapacité sévère étaient en emploi, comparativement à 74,9 % de celles ayant une incapacité légère. Un examen de l'aptitude à travailler au sein de la population de personnes sans emploi montre que 61,6 % de celles ayant une incapacité légère étaient aptes à travailler, suivies de 52,2 % de celles ayant une incapacité modérée, de 40,1 % de celles ayant une incapacité sévère, et de 24,1 % de celles ayant une incapacité très sévère. Les taux plus faibles d'aptitude à travailler observés chez les personnes ayant une incapacité sévère et très sévère peuvent être liés en partie à une variété d'expériences indicatrices d'un environnement quotidien peu accueillant, qui rend l'emploi hors de portée de certaines personnes. Par exemple, les personnes ayant une incapacité très sévère sont plus susceptibles de rencontrer des barrières à l'accessibilité que celles ayant une incapacité légère, et elles sont plus susceptibles d'avoir des besoins insatisfaits en matière d'aides ou d'appareils fonctionnels.

Chez les personnes ayant une incapacité qui ne travaillaient pas, celles de 25 à 44 ans (67,1 %) étaient proportionnellement plus nombreuses à être aptes à travailler que celles de 45 à 64 ans (30,5 %). Ce résultat concorde avec un certain nombre d'expériences pertinentes que vivent les plus jeunes, comme les transitions plus fréquentes entre emplois, la réalisation d'études postsecondaires et les congés parentaux. Le taux d'aptitude à travailler plus élevé chez les personnes de 25 à 44 ans peut aussi être associé à la sévérité de l'incapacité, puisque près de la moitié (48,5 %) des personnes de ce groupe d'âge avaient une incapacité légère. Chez les personnes sans emploi ayant une incapacité légère, 61,6 % étaient aptes à travailler.

La situation des particuliers dans le ménage avait aussi une incidence sur le taux d'aptitude à travailler, donnant à penser que les personnes responsables de la prestation de soins peuvent devoir composer avec des difficultés supplémentaires liées à l'emploi. Ces dernières peuvent comprendre les contraintes de disponibilité, l'interruption des liens avec le marché du travail et les restrictions sur les types d'emploi que ces personnes peuvent rechercher, selon l'intensité et la nature des soins exigés, difficultés avec lesquelles les personnes n'ayant pas de telles responsabilités n'ont pas à composer. Parmi les personnes ayant une incapacité qui ne travaillaient pas, celles qui faisaient partie d'un couple avec enfants (53,4 %) ou d'une famille monoparentale (46,1 %) étaient plus susceptibles d'être aptes à travailler que celles faisant partie d'un couple sans enfants (31,1 %).

Le tiers des personnes en emploi ayant une incapacité sont surqualifiées pour leur poste

En 2022, 34,0 % des personnes en emploi ayant une incapacité étaient surqualifiées pour le poste qu'elles occupaient, un taux comparable à celui observé chez les personnes sans incapacité (32,7 %). Les personnes surqualifiées ont un niveau de scolarité plus élevé que ce qui est généralement requis pour leur poste.

Conformément aux résultats d'autres recherches ayant fait état de taux plus élevés de surqualification au sein de la population immigrante, parmi les personnes ayant une incapacité, les immigrants étaient plus susceptibles d'être surqualifiés (42,5 %) que les non-immigrants (31,9 %). De même, les personnes racisées ayant une incapacité étaient plus susceptibles d'être surqualifiées (41,8 %) que les personnes non racisées et non autochtones ayant une incapacité (32,4 %).

Les personnes en emploi ayant une incapacité très sévère sont plus susceptibles d'être surqualifiées que celles ayant une incapacité légère

En ce qui concerne les caractéristiques d'incapacité, les personnes en emploi ayant une incapacité très sévère (39,6 %) étaient plus susceptibles d'être surqualifiées que celles ayant une incapacité légère (32,0 %). Cependant, les taux de surqualification enregistrés pour les personnes ayant une incapacité modérée (34,6 %) ou une incapacité sévère (35,3 %) étaient comparables à celui observé chez les personnes ayant une incapacité légère. En examinant les divers types d'incapacité, on a constaté que les personnes ayant une incapacité liée à la santé mentale (36,8 %), à la mobilité (37,6 %) ou au développement (43,9 %) affichaient des taux de surqualification plus élevés que les personnes n'ayant pas ces types d'incapacité (35,1 %, 32,8 % et 33,5 %, respectivement).

Le taux de surqualification est plus élevé chez les personnes qui estiment que leur situation fait en sorte qu'il est difficile pour elles de changer d'emploi ou d'avancer dans leur emploi actuel

L'analyse de diverses caractéristiques et expériences liées à l'emploi a permis de dégager des différences dans les taux de surqualification. Les personnes ayant une incapacité qui étaient entrées en fonction au cours des cinq années précédentes (37,6 %) étaient plus susceptibles d'être surqualifiées que celles qui étaient entrées en fonction plus de cinq ans auparavant (31,4 %). En examinant le nombre d'heures rémunérées travaillées par semaine, on a constaté que les personnes qui travaillaient moins de 30 heures par semaine (41,9 %) affichaient des taux de surqualification plus élevés que celles qui travaillaient 30 heures et plus (32,9 %).

Le taux de surqualification était plus élevé chez les personnes qui ont indiqué avoir dû changer le type de travail qu'elles faisaient dans le cadre de leur emploi en raison de leur situation (40,6 %) que chez celles qui n'ont pas déclaré avoir vécu cette situation (31,7 %). Les personnes ayant une incapacité qui estimaient qu'en raison de leur situation, il leur était difficile de changer d'emploi ou d'obtenir de l'avancement dans leur emploi (37,1 %) étaient plus susceptibles d'être surqualifiées que celles qui n'ont pas indiqué éprouver cette difficulté (31,6 %).

Note aux lecteurs

L'Enquête canadienne sur l'incapacité (ECI) est la source officielle de données sur les personnes âgées de 15 ans et plus ayant une incapacité au Canada. Dans le cadre de l'ECI, la population observée était constituée de Canadiennes et Canadiens âgés de 15 ans et plus (à la date du Recensement de la population précédent) qui vivaient dans un logement privé. Pour obtenir plus de renseignements sur la méthodologie utilisée, consultez la page de l'Enquête canadienne sur l'incapacité (ECI).

Dans l'ECI, les personnes ayant une incapacité sont identifiées à l'aide de questions d'identification des incapacités (QII). Ces questions servent à déterminer la mesure dans laquelle les répondants éprouvent des difficultés dans 10 domaines de fonctionnement, et il y a aussi une question générale portant sur d'autres états ou problèmes de santé qui ne sont pas déjà pris en compte dans les 10 types d'incapacité précédents, qui est associée à un 11e type d'incapacité dit « inconnu ». Les QII permettent également de recueillir des renseignements sur l'âge au début de la limitation des activités pour chacun des domaines correspondant aux 10 types d'incapacité.

L'aptitude à travailler a été mesurée comme suit. Les personnes officiellement sans emploi ou inactives, qui ont déclaré qu'elles chercheraient un emploi au cours des 12 mois suivants, ont été classées comme des travailleurs potentiels. Chez les autres répondants inactifs, les personnes ayant déclaré être à la retraite de façon permanente, ou celles ayant déclaré que leur situation les empêchait entièrement de travailler et qu'aucune mesure d'adaptation au travail ne leur permettrait de le faire, ont été classées comme des personnes qui n'étaient pas des travailleurs potentiels. En revanche, les personnes ayant déclaré ne pas être à la retraite de façon permanente et que leur situation ne les empêchait pas de travailler, ou qu'il existait des mesures d'adaptation au travail leur permettant de le faire, ont été classées comme des travailleurs potentiels. L'aptitude à travailler n'a pas été déterminée pour les personnes qui ne pouvaient pas être classées explicitement dans l'une ou l'autre des catégories ci-dessus en raison de données incomplètes.

Par personnes surqualifiées, on entend les personnes dont le niveau de scolarité dépasse celui qui est généralement requis pour le degré de formation, d'études, d'expérience et de responsabilités (FEER) requis pour leur emploi, tel qu'il est défini dans la Classification nationale des professions. Cela comprend les titulaires d'un baccalauréat ou d'un grade supérieur qui occupent un emploi des catégories FEER 2 à 5; les titulaires d'un certificat universitaire ou d'un diplôme collégial qui occupent un emploi des catégories FEER 3 à 5; et les titulaires d'un diplôme d'études secondaires ou d'un certificat d'une école de métiers qui occupent un emploi de la catégorie FEER 5.

Ce concept s'applique aux répondants âgés de 25 à 64 ans, vivant au sein d'un ménage privé, qui ont occupé un emploi à un moment ou à un autre depuis le 1er janvier 2020. Dans la plupart des cas, les renseignements sur les emplois concernent les emplois occupés pendant la semaine de référence du 2 au 8 mai 2021. Si le répondant ne travaillait pas cette semaine-là, l'emploi occupé le plus longtemps depuis le 1er janvier 2020 est utilisé. Les répondants qui étaient sans emploi en 2020 ou 2021 sont exclus.

Un score global de sévérité a été créé aux fins de l'ECI. Il a été calculé pour chaque personne en fonction : a) du nombre de différents types d'incapacité; b) du degré de difficulté à accomplir certaines tâches; et c) de la fréquence de la limitation des activités. Afin de simplifier le concept de sévérité, quatre classes ont été établies : légère, modérée, sévère et très sévère. Il convient de noter que le nom attribué à chaque classe a pour seul but d'en faciliter l'utilisation. Il ne constitue pas une forme d'étiquette ou de jugement du niveau d'incapacité de la personne. Pour en savoir davantage, consultez l'Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022 : Guide des concepts et méthodes.

Toutes les différences mentionnées dans le présent communiqué sont statistiquement significatives (p < 0,05).

Produits

Le rapport « Examen de l'aptitude à travailler et de la surqualification chez les personnes ayant une incapacité », qui fait partie des Rapports sur l'incapacité et l'accessibilité au Canada (89-654-X), est maintenant accessible.

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