Le nombre de Canadiennes et de Canadiens qui sont décédés d’une surdose de drogues accidentelle, intentionnelle ou de cause indéterminée a diminué légèrement pour s’établir à 7 775 décès en 2022 et à 7 650 décès en 2023, mais les surdoses de drogues demeurent la troisième cause de décès évitables au Canada.
Les surdoses de drogues et les décès évitables
En 2023, parmi les 326 215 décès survenus au Canada, un peu moins du quart (80 050) étaient des décès potentiellement évitables.
Les décès évitables sont les décès de personnes âgées de moins de 75 ans qui auraient pu être évités grâce à des changements de mode de vie ou de comportements, ou grâce à l’accès à des soins de santé adéquats.
Un peu moins du dixième de tous les décès évitables enregistrés au Canada en 2023 étaient attribuables à une surdose de drogues, ce qui en fait la troisième cause de décès évitables au Canada après le cancer et les maladies de l’appareil circulatoire, comme les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux.
Les décès liés à des surdoses de drogues ont représenté 9,6 % de tous les décès évitables en 2023. Chez les hommes, la proportion était encore plus élevée : cette année-là, les surdoses de drogues ont été à l’origine de 11,1 % de tous les décès évitables chez les hommes, comparativement à 7,1 % chez les femmes.
Au cours de la première année de la pandémie de COVID-19, les décès par empoisonnement aux drogues ont affiché une hausse notable de 59 % : ils sont passés de 4 039 décès en 2019 à 6 412 décès en 2020. Au cours de cette période d’un an, le nombre de décès accidentels par empoisonnement aux drogues a augmenté de plus des deux tiers chez les hommes (+69 % pour atteindre 4 847 en 2020) et il a progressé du tiers chez les femmes (+34 % pour atteindre 1 565).
En cette Journée internationale de la sensibilisation aux surdoses, il convient de souligner une lueur d’espoir : le nombre de décès par surdose de drogues a diminué légèrement après avoir atteint un sommet en 2021. Il ne s’agit toutefois que d’une mince consolation pour les familles des 5 455 hommes et 2 200 femmes qui sont décédés d'une surdose de drogues en 2023.
L’analyse des eaux usées permet de mieux comprendre la consommation de drogues au Canada
Dans le contexte de la crise des opioïdes qui sévit actuellement dans de nombreuses régions du Canada, les données sur les eaux usées peuvent permettre de mieux comprendre la consommation de drogues et les nouvelles tendances.
Le norfentanyl est un exemple notable de substance dont la concentration a été mesurée dans les eaux usées partout au Canada. Le norfentanyl est un sous-produit issu de la décomposition du fentanyl dans l’organisme, qui peut être détecté dans les eaux usées afin d’estimer la consommation de fentanyl, un opioïde particulièrement préoccupant. Selon l’Agence de la santé publique du Canada, en 2025, 56 % de tous les décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes impliquaient du fentanyl et 60 % impliquaient des analogues du fentanyl.
Dans l’ensemble, 82 % de tous les décès apparemment liés à une intoxication aux opioïdes impliquaient des opioïdes d’origine non pharmaceutique en 2025.
L’Enquête canadienne sur les eaux usées, qui est menée par Statistique Canada, permet de mesurer les concentrations de 10 drogues différentes — y compris des stimulants comme la cocaïne et la méthamphétamine, ainsi que des opioïdes comme le fentanyl, la méthadone et l’oxycodone — dans les eaux usées d’Halifax, de Moncton, de Montréal, de Toronto, de Saskatoon, de Prince Albert, d’Edmonton et de la région métropolitaine de Vancouver. La surveillance de diverses substances permet de brosser un portrait complet de la consommation de drogues à haut risque et des nouvelles tendances au fil du temps.
Parmi les villes participantes, c’est dans la région métropolitaine de Vancouver que les concentrations de norfentanyl sont les plus élevées
Les données sur les eaux usées révèlent que la consommation de drogues varie d’une région à l’autre du Canada. Par exemple, les concentrations de norfentanyl étaient de quatre à cinq fois plus élevées dans la région métropolitaine de Vancouver que dans toutes les autres villes participantes en 2022 et en 2023.
De plus, à Toronto et à Edmonton, les concentrations de norfentanyl dans les eaux usées étaient plus élevées que dans la plupart des autres villes participantes.
En revanche, les concentrations de norfentanyl à Halifax, à Montréal et à Saskatoon étaient nettement inférieures à celles observées à Edmonton, à Toronto et dans la région métropolitaine de Vancouver en 2023. À Saskatoon, les concentrations de norfentanyl ont affiché une baisse importante par rapport à 2022, année où elles se rapprochaient de celles observées à Edmonton et à Toronto.
De nouvelles données sur les eaux usées pour la période allant de janvier 2024 au début de 2026 seront diffusées à l’automne 2026.
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