Vous avez peut-être déjà entendu parler du terme « NEET », qui désigne les jeunes qui, à un moment donné, ne sont « ni en emploi, ni aux études, ni en formation ». Une étude récente de Statistique Canada porte sur les jeunes NEETEST au Canada, c’est-à-dire les jeunes qui étaient « ni en emploi, ni aux études, ni en formation, sauf pour des transitions à court terme » depuis au moins une année complète.
Distinction entre la mesure NEET et la mesure NEETEST
La mesure NEET repose sur une date de référence donnée (généralement à partir de l’Enquête sur la population active), ce qui peut rendre compte des transitions de courte durée entre les emplois ou les études. Il s’agit d’une mesure ponctuelle permettant de déterminer les personnes (généralement âgées de 15 à 29 ans) qui ne travaillent pas, ne font pas d’études et ne suivent pas de formation professionnelle.
La mesure NEETEST est un indicateur complémentaire qui porte sur une période plus longue et qui reconnaît également les soins non rémunérés comme une activité productive. Les jeunes sont considérés comme NEETEST s’ils ont été NEET (à l’exclusion de la prestation de soins non rémunérée) pendant une année complète.
Environ de 7 % à 8 % des jeunes dans la vingtaine sont NEETEST
En général, de 2017 à 2022, près de deux fois plus de jeunes de 20 à 29 ans étaient considérés comme NEET comparativement aux jeunes du même groupe d’âge considérés comme NEETEST. Cette différence n’est pas surprenante, puisque la mesure NEET est une mesure instantanée, tandis que la mesure NEETEST rend compte de l’activité sur une année complète et exclut les personnes qui fournissent des soins non rémunérés à d’autres.
Au cours de la période à l’étude, le taux NEET se situait habituellement entre 13 % et 14 %. L’exception s’est produite pendant la pandémie de COVID-19, lorsque plusieurs commerces de détail et restaurants (où de nombreux jeunes travaillaient) ont dû fermer ou limiter leurs activités pour des raisons sanitaires. Le taux NEET a fortement progressé pour passer de 13,0 % en 2019 à 19,2 % en 2020, et il est demeuré relativement élevé en 2021 (14,6 %).
À l’opposé, le taux NEETEST a été plus stable au fil du temps : il a varié entre 7 % et 8 % tout au long de la période. Il a légèrement augmenté pendant la pandémie pour passer de 7,4 % en 2019 à 8,0 % en 2020 et en 2021. La stabilité relative de la mesure NEETEST au fil du temps n’est pas entièrement surprenante, étant donné qu’elle repose sur une approche annuelle plutôt que mensuelle. De plus, les confinements liés à la pandémie ayant commencé vers la mi-mars 2020, les jeunes ont pu travailler normalement pendant les deux premiers mois et demi de 2020, et en 2021, de nombreuses mesures de confinement avaient été assouplies.
Les jeunes NEETEST sont relativement plus concentrés chez les femmes, les jeunes plus âgés ou les personnes n’ayant pas fait d’études postsecondaires
En 2022, une proportion plus élevée de jeunes femmes âgées de 20 à 29 ans (8,5 %) étaient NEETEST comparativement aux hommes du même groupe d’âge (6,7 %). En revanche, les taux NEET étaient presque identiques chez les hommes (12,5 %) et les femmes (12,4 %), même si la définition de NEET comprend les personnes qui fournissent des soins, une activité plus fréquente chez les femmes.
La tendance selon le groupe d’âge était semblable. Les taux NEET étaient à peu près les mêmes chez les 20 à 24 ans (12,6 %) et les 25 à 29 ans (12,4 %). Toutefois, le taux NEETEST était plus élevé pour le groupe plus âgé (8,6 %) que pour le groupe plus jeune (6,5 %).
Les jeunes NEETEST étaient également relativement plus concentrés parmi les personnes ayant un faible niveau de scolarité, particulièrement celles sans titre scolaire du niveau postsecondaire. Par exemple, 15,7 % des diplômés de l’enseignement secondaire sans autre formation achevée étaient NEET, comparativement à 9,1 % des titulaires d’un baccalauréat. En revanche, 7,6 % des diplômés de l’enseignement secondaire sans autre formation achevée étaient NEETEST, comparativement à 2,6 % des titulaires d’un baccalauréat.
Sur le plan géographique, le Québec affichait le taux NEET le plus faible (9,7 %), tandis que les taux les plus élevés étaient observés à Terre-Neuve-et-Labrador (17,3 %) et au Nouveau-Brunswick (16,2 %). Toutes les autres provinces enregistraient des taux NEET allant de 11,8 % à 13,4 %.
Pour ce qui est du taux NEETEST, le Québec (5,6 %) se classait avant-dernier derrière l’Île-du-Prince-Édouard (4,7 %). La plupart des autres provinces affichaient des taux NEETEST nettement inférieurs comparativement à leurs taux NEET respectifs, à l’exception du Manitoba (12,5 %) et de la Saskatchewan (13,2 %), où les taux étaient comparables à leurs taux NEET.
Enfin, les taux NEET et NEETEST variaient considérablement selon la taille de la collectivité. Par exemple, 11,9 % des jeunes vivant dans les plus grands centres urbains du Canada étaient NEET, par rapport à 15,0 % des jeunes vivant dans les villages ou en milieu rural. En revanche, 6,8 % des jeunes vivant dans les grandes régions urbaines étaient NEETEST, par rapport à 12,4 % des jeunes vivant dans les régions rurales et les petites villes du Canada.
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