Chaque année, le 30 septembre marque la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Cette journée a été proclamée en 2021 en réponse directe à l’appel à l’action 80 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, lequel demandait au gouvernement du Canada de créer une journée commémorative pour honorer les survivants des pensionnats autochtones, leurs familles et leurs communautés et s’assurer que l’histoire et les séquelles des pensionnats demeurent au cœur du processus de réconciliation.
Le 30 septembre est également la Journée du chandail orange (lien en anglais seulement), une initiative qui a vu le jour à Williams Lake, en Colombie-Britannique, et qui est devenue un mouvement reconnu à l’échelle nationale. L’histoire de Phyllis Webstad, à qui on a retiré son nouveau chandail orange à sa première journée dans un pensionnat autochtone (lien en anglais seulement), a inspiré de nombreuses personnes à poser des gestes de commémoration, de réflexion et de réconciliation. Le chandail orange représente la perte de culture, de liberté et d’estime de soi que de nombreux enfants autochtones ont subie. Cette journée nous rappelle que « chaque enfant compte ».
Répercussions intergénérationnelles des pensionnats autochtones
Le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada intitulé « Ce que nous avons retenu » met en relief les répercussions intergénérationnelles des pensionnats autochtones. Selon le rapport, il n’y a pas de réconciliation sincère possible tant que l’on n’aura pas compris et résolu les grandes séquelles de l’existence des pensionnats.
Le Centre national pour la vérité et la réconciliation explique que pendant plus de 150 ans, le gouvernement canadien et les églises ont exploité des pensionnats autochtones et enlevé de force plus de 150 000 enfants des Premières Nations, inuits et métis à leur famille et à leur communauté. Bon nombre d’entre eux ne sont jamais retournés chez eux. Ces établissements sous-financés et surpeuplés avaient pour objectif d’assimiler les enfants autochtones, ce qui a donné lieu à de la violence généralisée et mené à la perte de traditions et de cultures. Les traumatismes causés par ces pensionnats se font toujours ressentir dans les communautés autochtones.
Par exemple, le système des pensionnats autochtones a nui à la transmission des langues et des cultures autochtones d’une génération à l’autre en interdisant aux enfants autochtones de parler leur langue. Les effets intergénérationnels durables de ces politiques ont mis en danger les langues autochtones au Canada, et plusieurs d’entre elles sont classées comme menacées.
Les « locuteurs silencieux » et les séquelles des pensionnats autochtones
Dans le cadre du Recensement de la population de 2021, 14 020 personnes ont déclaré avoir appris une langue autochtone dans l’enfance et, même si elles la comprenaient toujours, elles ne la parlaient plus suffisamment bien pour mener une conversation. Dans les travaux de recherche et de revitalisation des langues, on décrit souvent cette situation en parlant du concept de « locuteurs silencieux ».
Selon le First Peoples Cultural Council (lien en anglais seulement), il existe de nombreux types de locuteurs silencieux, y compris les personnes qui parlaient leur langue autochtone avant de fréquenter un pensionnat autochtone et celles qui ont grandi en entendant et en comprenant leur langue, mais ne la parlent pas.
En 2021, les locuteurs silencieux représentaient 7,6 % des 185 510 personnes dont la langue maternelle est une langue autochtone. Ils étaient représentés de manière disproportionnée chez les personnes de 50 ans et plus comparativement aux locuteurs actifs. Cette tendance concorde avec les générations qui ont été directement touchées par le système des pensionnats autochtones.
Grâce à leur compréhension réceptive, les locuteurs silencieux possèdent une « oreille » très fine pour leur langue, ce qui leur permet de vérifier la prononciation et la cadence traditionnelles. Les locuteurs silencieux peuvent constituer un lien essentiel entre les aînés parlant couramment la langue et les nouveaux apprenants.
Un plus grand nombre d’élèves apprennent des langues autochtones à l’école
Tout à l’opposé des expériences de plusieurs générations d’enfants qui ont fréquenté des pensionnats autochtones où les langues autochtones étaient interdites et réprimées, de nombreux enfants ont aujourd’hui accès à l’enseignement de langues autochtones dans les écoles primaires et secondaires.
En 2023-2024, 62 928 élèves fréquentant l’école primaire ou secondaire publique ont participé à des programmes réguliers de langue autochtone, une augmentation par rapport à 46 341 élèves en 2013-2014. En outre, les programmes d’immersion en langue autochtone continuent de croître : en 2023-2024, 9 063 élèves y étaient inscrits, soit environ 2 000 de plus que 10 ans plus tôt.
Pour en savoir davantage
Vous pouvez trouver plus de renseignements sur le Portail de statistiques sur les peuples autochtones de Statistique Canada, un guichet central où les utilisateurs peuvent trouver des liens vers des données et des produits d’information relatifs aux Premières Nations, aux Métis et aux Inuit.
Pour obtenir d’autres ressources et renseignements, visitez la page Web Journée nationale de la vérité et de la réconciliation du gouvernement du Canada.
Vous pouvez également explorer le Centre national pour la vérité et la réconciliation et la Fondation autochtone de l’espoir, où les survivants, leur famille, les éducateurs, les chercheurs et les membres du public peuvent se renseigner plus en détail sur le système des pensionnats autochtones dans le but de favoriser la réconciliation et la guérison.
Services de soutien en santé mentale disponibles
Le sujet du système des pensionnats autochtones peut déclencher des traumatismes suscités par des souvenirs de violence subie dans le passé. Les messages au sujet de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation peuvent représenter un rappel importun pour les personnes ayant subi des préjudices causés par des générations de politiques gouvernementales qui ont causé du tort aux Autochtones.
Une ligne d’aide accessible 24 heures sur 24 (1-866-925-4419) fournit des services de référence aux survivants et à leur famille en cas de crise émotionnelle, et peut diriger les personnes vers d’autres services de soutien offerts par le gouvernement du Canada.
La Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être fournit aux membres des Premières Nations, aux Inuit et aux Métis des services d’intervention en cas de crise. Ces services, immédiats et adaptés à la culture, sont accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, soit par la ligne d’écoute au 1-855-242-3310 ou par le service de clavardage à l’adresse espoirpourlemieuxetre.ca.
Les services sont offerts en français et en anglais, ainsi qu’en cri, en ojibwé et en inuktitut, sur demande.
Coordonnées des personnes-ressources
Pour obtenir plus de renseignements, communiquez avec le Service de renseignements statistiques au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).