Le cancer du sein est le cancer le plus courant chez les femmes au Canada. En 2025, on s’attendait à ce que 1 femme sur 8 reçoive un diagnostic de cancer du sein au cours de sa vie et à ce que 1 femme sur 35 décède de la maladie.
Les taux d’incidence du cancer sont en hausse, en particulier chez les femmes de moins de 50 ans
Les taux d’incidence du cancer du sein chez les femmes augmentent d’environ 0,2 % par année depuis près de 20 ans. Ils se sont accrus parmi tous les groupes d’âge, mais en particulier chez les femmes de moins de 50 ans.
Chez les femmes de 20 à 29 ans, le taux d’incidence du cancer du sein pour 100 000 femmes a progressé pour passer de 3,6 en 2001 à 6,1 en 2019. Chez les femmes de 30 à 39 ans, le taux d’incidence pour 100 000 femmes a augmenté pour passer de 38 à 42, tandis que chez les femmes de 40 à 49 ans, il a progressé pour passer de 131 à 141.
Tous les cancers du sein ne se ressemblent pas
Le cancer du sein comporte plusieurs sous-types, dont certains sont plus agressifs que d’autres.
Le cancer du sein triple négatif est l’un des sous-types les plus agressifs. De 2012 à 2017, il represéntait environ 1 cas sur 10 dans l’ensemble, 1 cas sur 5 chez les femmes ayant reçu un diagnostic avant l’âge de 40 ans et 1 cas sur 5 chez les femmes noires.
Des lieux différents, des risques différents : les résultats du cancer du sein ne sont pas les mêmes partout
Une étude récente révèle des différences géographiques importantes dans les diagnostics du cancer du sein et les décès attribuables à ce cancer chez les femmes au Canada, ce qui met en évidence que le lieu de résidence peut influer sur le risque de cancer et les résultats associés.
À partir de données provenant du Registre canadien du cancer et d’enregistrements nationaux sur les décès, l’étude a permis d’examiner l’incidence du cancer du sein invasif de 2010 à 2020 et la mortalité attribuable au cancer du sein de 2010 à 2022.
Dans l’ensemble, après la normalisation selon l’âge, le taux d’incidence du cancer du sein s’établissait en moyenne à 140 cas pour 100 000 femmes par année, tandis que le taux de mortalité attribuable au cancer du sein était de 28 décès pour 100 000 femmes.
Toutefois, ces chiffres cachent la forte variation qui existe entre les provinces, les territoires et les collectivités. Les taux d’incidence du cancer du sein étaient les plus élevés dans certains centres urbains comptant de grandes populations immigrantes et racisées ainsi que dans certaines régions rurales au Québec, en Ontario et dans les Prairies. À l’inverse, les taux étaient les plus faibles dans les grandes régions métropolitaines, comme Montréal, Toronto et Vancouver.
De 2010 à 2020, la plupart des cas de cancer du sein, soit environ les trois quarts, ont été diagnostiqués à des stades précoces (stades 1 et 2). L’incidence propre à chaque stade variait toutefois selon la région, ce qui laisse peut-être supposer des différences dans le dépistage, l’accès aux soins et les facteurs de risque sous-jacents.
Les tendances en matière de mortalité suivaient quant à elles une répartition géographique différente. Les taux de mortalité attribuables au cancer du sein étaient les plus élevés dans les régions rurales de l’Est et les plus faibles dans les grands centres urbains.Ces différences pourraient s’expliquer par des disparités possibles dans le comportement de dépistage et l’accès aux traitements ou aux soins de suivi.
Au Canada, 4 femmes âgées de 50 à 74 ans sur 5 ont déclaré avoir subi une mammographie au cours des trois années précédentes
Les mammographies peuvent aider à détecter le cancer du sein, mais les pratiques de dépistage varient d’une province et d’un territoire à l’autre.
En 2024, l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes a révélé que 79 % des femmes âgées de 50 à 74 ans résidant dans les provinces ont déclaré avoir passé une mammographie au cours des trois années précédentes, une proportion qui a peu varié par rapport à 2017 (78 %).
La participation au dépistage du cancer du sein chez les femmes de 50 à 74 ans variait d’une province à l’autre. En 2024, la proportion de femmes âgées de 50 à 74 ans ayant passé une mammographie variait d’un peu plus de 4 sur 5 en Alberta et en Ontario à 2 sur 3 dans les Maritimes.
En 2024, 1 femme sur 3 (32 %) a déclaré ne pas avoir passé de mammographie au cours des trois années précédentes parce qu’elles ne croyaient pas que c’était nécessaire.
Le taux de survie et l’importance d’un dépistage précoce
Selon des études de simulation réalisées à l’aide du modèle de microsimulation OncoSim (lien en anglais seulement), une augmentation de la participation au dépistage du cancer du sein ou une modification de la fréquence du dépistage ou de l’âge d’admissibilité au dépistage pourrait se traduire par une détection plus précoce du cancer du sein et une réduction du nombre de décès attribuables à la maladie.
Note aux lecteurs
La survie nette après 5 ans renvoie au pourcentage de personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer et qui survivent 5 ans après la date du diagnostic, en supposant que le cancer en question soit la seule cause possible de décès.
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