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Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2022

Diffusion : 2023-07-27

Les crimes déclarés par la police au Canada, mesurés par l'Indice de gravité de la criminalité (IGC), ont augmenté pour une deuxième année consécutive, en hausse de 4 % en 2022. L'IGC avec violence a affiché une croissance en 2022 pour atteindre son plus haut niveau depuis 2007. L'IGC sans violence s'est aussi accru en 2022, mais il est demeuré inférieur à celui observé avant le début de la pandémie de COVID-19.

Les augmentations consécutives de l'IGC global pourraient témoigner d'un retour à la tendance à la hausse de la criminalité qui avait été observée avant le début de la pandémie. La première année de la pandémie a été caractérisée par une baisse du volume et de la gravité des crimes déclarés par la police, principalement des crimes sans violence, notamment lorsque les mesures de confinement ont d'abord été mises en place. Avant cette diminution, une hausse de l'IGC avait été observée pendant cinq années consécutives, à partir de 2015 (+19 % sur cinq ans).

L'Indice de gravité des crimes violents (IGC avec violence) s'est accru de 5 % en 2022, après avoir augmenté de 6 % l'année précédente. Comparativement à 2021, la hausse de l'IGC avec violence en 2022 s'explique principalement par des taux plus élevés de vols qualifiés (+15 %), d'affaires d'extorsion (+39 %), d'homicides (+8 %) et d'agressions sexuelles de niveau 1 (+3 %).

L'Indice de gravité des crimes sans violence (IGC sans violence) — qui comprend, par exemple, les infractions contre les biens et les infractions relatives aux drogues — a augmenté de 4 % en 2022, mais il était inférieur de 6 % à celui observé en 2019. La hausse enregistrée en 2022 est en grande partie attribuable à l'augmentation des taux de plusieurs crimes contre les biens, notamment les vols de véhicules à moteur (+24 %), les introductions par effraction (+4 %), les vols mineurs (5 000 $ ou moins; +10 %), les vols à l'étalage (5 000 $ ou moins; +31 %) et les fraudes en général (+7 %). En revanche, les taux d'autres infractions sans violence, comme les infractions relatives aux drogues (-17 %), les fraudes d'identité (-11 %) et les vols d'identité (-8 %), la conduite avec facultés affaiblies (-3 %) et les infractions contre l'administration de la justice (-2 %) ont diminué par rapport à 2021.

L'IGC tient compte à la fois du volume et de la gravité des crimes. Le taux de crimes déclarés par la police — une mesure du volume de crimes — a augmenté de 5 % de 2021 à 2022 pour s'élever à 5 668 affaires pour 100 000 habitants. Tout comme l'IGC, le taux de criminalité en 2022 était inférieur (-4 %) à celui de 2019.

Des tableaux de bord interactifs de visualisation des données statistiques sur les crimes déclarés par la police sont maintenant accessibles par l'intermédiaire du « Carrefour de renseignements déclarés par la police ». L'infographie connexe intitulée « Crimes déclarés par la police au Canada en 2022 » vient également d'être publiée.

Des tableaux détaillés montrant les taux de crimes déclarés par la police selon l'infraction et la région géographique (province, territoire et région métropolitaine de recensement) sont présentés à la fin du présent article.

Pour obtenir un résumé technique au sujet de la collecte et de la diffusion de données sur les crimes déclarés par la police, consultez l'article intitulé « Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2021 », paru l'an dernier, et la publication Juristat.

Graphique 1  Graphique 1: Indices de gravité des crimes déclarés par la police, Canada, 1998 à 2022
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, Canada, 1998 à 2022

Graphique 2  Graphique 2: Taux de crimes déclarés par la police, Canada, 1962 à 2022
Taux de crimes déclarés par la police, Canada, 1962 à 2022

L'Indice de gravité de la criminalité augmente dans la plupart des provinces et des territoires au Canada

La plupart des provinces et des territoires ont enregistré des augmentations de l'IGC de 2021 à 2022, à l'exception du Nouveau-Brunswick (-2 %), du Yukon (-5 %) et du Nunavut (-4 %).

À l'échelle des provinces, le Manitoba (+14 %) a enregistré la plus forte hausse de l'IGC en 2022, et les crimes violents et sans violence ont contribué de façon assez égale à cette variation. Venaient ensuite Terre-Neuve-et-Labrador, le Québec et l'Île-du-Prince-Édouard, qui ont tous affiché des hausses de 6 %.

Graphique 3  Graphique 3: Indices de gravité des crimes déclarés par la police, selon la province ou le territoire, 2019 à 2022
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, selon la province ou le territoire, 2019 à 2022

Les taux de vols, d'introductions par effraction et de vols qualifiés augmentent, mais demeurent généralement inférieurs à ce qu'ils étaient avant la pandémie

Les taux de vols (le taux combiné de vols de véhicules à moteur, de vols majeurs et mineurs, de vols à l'étalage de 5 000 $ ou moins), d'introductions par effraction et de vols qualifiés ont augmenté en 2022, après avoir diminué au début de la pandémie en 2020. Les vols de véhicules à moteur ont le plus contribué à la hausse de l'IGC global en 2022, suivis des vols qualifiés, des introductions par effraction, des vols mineurs et des vols à l'étalage.

Plus précisément, les taux de vols à l'étalage (+31 %), de vols mineurs (+10 %) et d'introductions par effraction (+4 %) ont augmenté en 2022, mais ils sont restés inférieurs à ceux observés en 2019. Le taux de vols de véhicules à moteur (+24 %) s'est également accru en 2022, mais il a été supérieur de 17 % par rapport à 2019. L'introduction par effraction, le type le plus grave de crime contre les biens selon l'IGC, est demeurée l'un des crimes les plus courants. En 2022, près de 133 000 affaires d'introduction par effraction ont été déclarées par la police, et leur contribution à l'IGC s'est située à 16 %, la plus forte parmi toutes les infractions.

Le taux de vols qualifiés a également augmenté pour la première fois en deux ans, affichant une hausse de 15 % en 2022. Malgré cette hausse, le taux était inférieur de 10 % à celui observé en 2019. Durant les cinq années ayant précédé la baisse enregistrée en 2020, les taux de vols qualifiés à l'échelle nationale étaient restés relativement stables. Classés comme des infractions avec violence, les vols qualifiés étaient à l'origine de 39 % de la hausse de l'IGC avec violence en 2022.

Graphique 4  Graphique 4: Certains crimes contre les biens et vols qualifiés déclarés par la police, Canada, 1998 à 2022
Certains crimes contre les biens et vols qualifiés déclarés par la police, Canada, 1998 à 2022

Le taux de fraudes est près de deux fois plus élevé qu'il y a 10 ans, et le taux d'affaires d'extorsion est cinq fois plus élevé

En 2022, le taux de fraudes déclarées par la police (lesquelles comprennent les fraudes en général, les vols d'identité et les fraudes d'identité) était de 78 % supérieur au taux enregistré il y a 10 ans. Comparativement à 2021, le taux de fraudes a augmenté de 4 % pour se situer à 459 affaires pour 100 000 habitants en 2022 et, mis à part deux années de stabilité en 2020 et en 2021, ce taux affiche une tendance générale à la hausse depuis 2011.

L'extorsion est un crime violent relativement grave qui consiste à obtenir des biens par la coercition et qui est souvent lié à la fraude. Le taux d'affaires d'extorsion déclarées par la police a augmenté pour une troisième année consécutive en 2022 (+39 % pour s'élever à 25 affaires pour 100 000 habitants), après avoir affiché des hausses similaires en 2020 et en 2021. Dans l'ensemble, le taux d'affaires d'extorsion était cinq fois plus élevé en 2022 qu'il ne l'était en 2012, passant de 5 à 25 affaires pour 100 000 habitants.

Des proportions relativement élevées d'affaires de fraude (23 %) et d'extorsion (48 %) ont été déclarées comme étant des cybercrimes. Ensemble, ces infractions représentaient 62 % des cybercrimes en 2022.

Une augmentation plus faible des crimes motivés par la haine déclarés par la police après deux hausses marquées

Le Canada est connu pour sa diversité ethnoculturelle et religieuse, une caractéristique du pays qui est protégée par la loi et à laquelle la majorité de la population canadienne attache beaucoup d'importance. Malgré cela, les personnes vivant au Canada ne sont pas toujours traitées sur un pied d'égalité et nombre d'entre elles sont victimes de diverses formes de discrimination et de victimisation. Par exemple, selon les données de l'Enquête sociale générale – Identité sociale de 2020, un peu plus du tiers de la population âgée de 15 et plus a déclaré avoir subi de la discrimination à un moment donné avant ou depuis le début de la pandémie.

Les crimes motivés par la haine sont un exemple concret de discrimination, car ils visent les parties intégrantes et visibles de l'identité d'une personne et peuvent affecter non seulement l'individu, mais aussi l'ensemble de la communauté. Le nombre de crimes haineux déclarés par la police a augmenté de 7 %, passant de 3 355 affaires en 2021 pour se situer à 3 576 affaires en 2022. Cette hausse, qui survient après une augmentation de 72 % observée de 2019 à 2021, s'explique en grande partie par le nombre plus élevé de crimes haineux ciblant une race ou une origine ethnique (+12 %; 1 950 affaires) et de crimes haineux ciblant une orientation sexuelle (+12 %; 491 affaires). Le nombre de crimes haineux ciblant une religion a diminué de 15 % en 2022, mais il est demeuré supérieur à ce qu'il était au cours des trois années précédentes. Parmi les provinces et les territoires, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan ont été à l'origine de la majeure partie de l'augmentation observée à l'échelle nationale.

Le taux d'homicides augmente au pays pour une quatrième année consécutive

La police a déclaré 874 homicides en 2022, soit 78 de plus que l'année précédente. Le taux d'homicides a augmenté de 8 %, passant de 2,08 homicides pour 100 000 habitants en 2021 à 2,25 homicides pour 100 000 habitants en 2022. Il s'agit du plus haut taux enregistré depuis 1992. L'augmentation observée à l'échelle nationale est en grande partie attribuable au plus grand nombre d'homicides survenus en Colombie-Britannique (+30 homicides), au Manitoba (+26 homicides) et au Québec (+20 homicides). Suivant la tendance historique, à l'échelle des provinces, les taux d'homicides étaient les plus élevés au Manitoba (6,24 homicides pour 100 000 habitants) et en Saskatchewan (5,94 pour 100 000 habitants).

Les taux d'homicides enregistrés dans les Territoires du Nord-Ouest (6,58 homicides pour 100 000 habitants), au Yukon (4,57 pour 100 000 habitants) et au Nunavut (2,47 pour 100 000 habitants) en 2022 étaient supérieurs à la moyenne nationale. Les chiffres de population relativement faibles dans les territoires donnent habituellement lieu à des taux annuels plus instables.

Les taux d'homicides sont plus élevés chez les Autochtones et les personnes racisées

Les Autochtones sont surreprésentés parmi les victimes de violence au Canada, y compris comme victimes d'homicide. Plusieurs chercheurs ont fait allusion à l'association entre la violence à l'égard de la population autochtone (les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuits) et l'histoire traumatisante et destructrice de la colonisation et de la marginalisation persistante qui a touché et continue de toucher les familles et les communautés autochtones (pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter la Note aux lecteurs).

En 2022, la police a déclaré 225 victimes d'homicide autochtones, soit 32 de plus qu'en 2021. Selon les données policières, plus des deux tiers (69 %) des victimes d'homicide autochtones étaient des Premières Nations, tandis que 3 % étaient des Métis, et 4 %, des Inuits. Pour 24 % des victimes d'homicide autochtones, le groupe autochtone auquel elles appartenaient n'a pas été précisé par la police. Le taux d'homicides chez les Autochtones (10,98 homicides pour 100 000 habitants) était près de sept fois plus élevé que celui observé au sein de la population non autochtone (1,69 homicide pour 100 000 habitants).

Toujours selon les données déclarées par la police, 265 victimes d'homicide étaient des personnes racisées (un regroupement diversifié de personnes faisant partie des minorités visibles définies par la Loi sur l'équité en matière d'emploi), représentant près du tiers (31 %) des victimes d'homicide en 2022. Le taux d'homicides au sein de la population racisée était plus élevé qu'un an plus tôt, en hausse de 2 % pour passer de 2,45 homicides pour 100 000 habitants en 2021 à 2,49 homicides pour 100 000 habitants en 2022. Ce taux est supérieur à celui observé en 2022 au sein de la population non racisée et non autochtone (2,12 homicides pour 100 000 habitants). En fait, 2 victimes racisées sur 5 (43 %) ont été identifiées par la police comme étant des Noirs et 27 %, comme étant des Sud-Asiatiques.

Le taux d'infractions avec violence commises à l'aide d'une arme à feu prévues au Code criminel augmente pour une huitième année consécutive, tandis que le taux d'infractions sans violence commises à l'aide d'une arme à feu est stable

Il est complexe de mesurer l'incidence des infractions commises à l'aide d'une arme à feu, puisqu'elle englobe un éventail d'infractions avec violence et sans violence. Par exemple, ces infractions peuvent comprendre des infractions avec violence particulières prévues au Code criminel qui comportent l'usage d'une arme à feu, dont le fait de décharger une arme à feu avec une intention particulière, le fait de braquer une arme à feu et l'usage d'une arme à feu lors de la perpétration d'un acte criminel. Le taux de ces infractions a augmenté de 4 % en 2022 pour s'établir à 12,2 affaires pour 100 000 habitants, en hausse pour une huitième année consécutive. En revanche, le taux d'infractions sans violence prévues au Code criminel qui comportent l'usage d'une arme à feu, comme la possession illégale et l'entreposage non sécuritaire d'armes à feu, est demeuré stable après sept années de hausse (52,5 affaires pour 100 000 habitants en 2021, par rapport à 52,4 affaires pour 100 000 habitants en 2022). La grande majorité (92 %) de ces infractions sans violence étaient liées à des infractions de possession d'armes et à des infractions de violation pour la possession d'armes contraire à une ordonnance.

De plus, d'autres infractions commises à l'aide d'une arme à feu peuvent comprendre des crimes violents plus graves, comme l'homicide et le vol qualifié pendant lesquels une arme à feu a été utilisée. En 2022, une arme à feu était présente lors de la perpétration de l'infraction pour 9 198 victimes de crimes violents (30,8 victimes pour 100 000 habitants). Ce taux était de 10 % supérieur à ce qu'il était en 2021. Le taux de victimes de crimes commis à l'aide d'une arme à feu suit une tendance générale à la hausse depuis 2013 (+60 %).

Plus précisément, 4 homicides sur 10 (41 %) ont été commis à l'aide d'une arme à feu en 2022, un taux comparable à celui observé en 2021 (40 %). Parmi les 342 homicides commis à l'aide d'une arme à feu, 63 % ont été perpétrés à l'aide d'une arme de poing et 23 %, à l'aide d'une carabine ou d'un fusil de chasse. Pour la proportion restante (14 %) des homicides commis à l'aide d'une arme à feu, le type d'arme à feu était inconnu ou un autre type d'arme à feu a été utilisé.

Le taux d'agressions sexuelles de niveau 1 augmente

Le taux d'agressions sexuelles de niveau 1 déclarées par la police a augmenté de 3 % pour se chiffrer à 90 affaires pour 100 000 habitants en 2022, ce qui représente une hausse de 1 574 affaires. À l'exception d'une baisse observée en 2020, le taux d'agressions sexuelles de niveau 1 affiche une croissance depuis 2014.

Comme par les années passées, les agressions sexuelles de niveau 1 représentaient 98 % des agressions sexuelles en 2022. Les taux d'agressions sexuelles de niveau 2 et de niveau 3, deux infractions plus graves, sont restés stables et ont tous deux diminué de 4 %.

Graphique 5  Graphique 5: Taux d'agressions sexuelles (niveaux 1, 2 et 3), affaires déclarées par la police, Canada, 1986 à 2022
Taux d'agressions sexuelles (niveaux 1, 2 et 3), affaires déclarées par la police, Canada, 1986 à 2022







  Note aux lecteurs

Programme de déclaration uniforme de la criminalité

Les données sur les crimes déclarés par la police, autres que les renseignements détaillés sur les homicides, proviennent du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), qui est un recensement de tous les crimes dont les services de police ont pris connaissance. Les statistiques sur les crimes déclarés par la police sont recueillies conformément à un ensemble de catégories et de définitions communes de crimes approuvé à l'échelle nationale. Elles sont déclarées régulièrement par les services de police et communiquées à Statistique Canada chaque année depuis 1962. Les différences entre les politiques, les procédures et les pratiques d'application de la loi des services de police locaux peuvent avoir une incidence sur la comparabilité des statistiques de la criminalité.

Des révisions apportées au Programme DUC sont acceptées pendant une période d'un an suivant la diffusion initiale des données. À titre d'exemple, lorsque les statistiques de la criminalité de 2022 sont diffusées, les données de 2021 sont mises à jour afin de tenir compte des révisions qui ont été apportées de mai 2022 à mai 2023. Les données sont révisées une seule fois, puis elles sont figées de façon permanente. Au cours des 10 années précédentes (2013 à 2022), les données correspondant aux années antérieures ont été révisées à la hausse 10 fois, la révision annuelle moyenne s'élevant à 0,36 %. Par ailleurs, les révisions de 2021 concernant les chiffres des personnes inculpées et des jeunes non inculpés ont entraîné une hausse de 0,5 % des chiffres de 2021.

Pour obtenir des explications détaillées de la terminologie et des concepts communs utilisés dans l'analyse des renseignements sur les crimes déclarés par la police, consultez la page « Définitions ».

Comprendre l'Indice de gravité de la criminalité

Le taux de criminalité traditionnel et l'Indice de gravité de la criminalité (IGC) sont deux façons complémentaires de mesurer les crimes déclarés par la police. Le taux de criminalité mesure le volume de crimes pour 100 000 habitants, y compris toutes les infractions au Code criminel (sauf les délits de la route), alors que l'IGC mesure à la fois le volume et la gravité des crimes, et ce, pour l'ensemble des infractions au Code criminel et aux autres lois fédérales. L'indice de base de l'IGC est de 100 pour l'année 2006. Tant le taux de criminalité traditionnel que l'IGC permettent de mesurer la criminalité en fonction de l'infraction la plus grave dans l'affaire criminelle.

L'IGC a été mis au point pour remédier au fait que le taux de crimes déclarés par la police est dicté par les infractions relativement moins graves, mais fréquentes. L'IGC tient compte non seulement du volume des crimes, mais aussi de leur gravité relative. Par conséquent, l'IGC suivra les variations du volume de la criminalité et/ou de la gravité moyenne des crimes lorsque ceux-ci seront consignés.

On détermine la gravité en attribuant un poids à chaque crime. Les poids de l'IGC sont fondés sur le taux d'incarcération lié au crime et sur la durée moyenne de la peine d'emprisonnement prononcée par les tribunaux de juridiction criminelle à l'égard de ce crime. On attribue des poids plus élevés aux crimes plus graves, et des poids moins élevés aux crimes moins graves. Par conséquent, relativement à leur volume, les crimes plus graves ont une plus grande incidence sur l'IGC.

Pour obtenir plus de renseignements sur les concepts et l'utilisation des indices de gravité, voir la vidéo « La mesure de la criminalité au Canada : un aperçu détaillé de l'Indice de gravité de la criminalité » et le rapport « La mesure de la criminalité au Canada : présentation de l'Indice de gravité de la criminalité et des améliorations au Programme de déclaration uniforme de la criminalité » (Numéro au catalogue85-004-X).

Enquête sur les homicides

Les renseignements détaillés sur les caractéristiques des victimes et des auteurs présumés d'homicide sont tirés de l'Enquête sur les homicides, laquelle permet de recueillir des renseignements déclarés par la police sur les caractéristiques de l'ensemble des affaires, des victimes et des auteurs présumés d'homicide au Canada. Dans le cadre de l'Enquête sur les homicides, des renseignements sur l'ensemble des meurtres ont commencé à être recueillis en 1961, puis le champ de l'enquête a été élargi afin d'inclure les affaires d'infanticide et d'homicide involontaire coupable en 1974. Le terme « homicide » est employé pour désigner chaque victime d'homicide. Par exemple, une seule affaire peut compter plus d'une victime; pour les besoins du présent article, chaque victime correspond à un homicide. Des statistiques détaillées sur les homicides sont accessibles dans les tableaux de données en ligne.

L'identité autochtone est déclarée par la police dans le cadre de l'Enquête sur les homicides et est déterminée à partir des renseignements trouvés sur la victime ou l'auteur présumé, comme une carte de statut, ou à partir de l'information fournie par la famille de la victime, des membres de la communauté ou d'autres sources (p. ex. les registres de la bande). Les preuves médicolégales, comme les résultats de tests génétiques, peuvent aussi être acceptées pour déterminer l'identité autochtone des victimes.

Pour les besoins de l'Enquête sur les homicides, l'identité autochtone correspond aux personnes identifiées par la police comme étant des Premières Nations (Indiens inscrits ou non inscrits), des Métis ou des Inuits, ou aux personnes ayant une identité autochtone, mais dont le groupe autochtone n'est pas connu de la police. L'identité non autochtone désigne les affaires pour lesquelles la police a confirmé qu'une victime n'a pas été identifiée comme Autochtone. L'identité autochtone déclarée comme étant « inconnue » désigne les affaires où la police a été incapable de déterminer l'identité autochtone de la victime, ou les affaires où l'identité autochtone n'a pas été consignée par le service de police. Pour obtenir plus de renseignements généraux et contextuels concernant la population autochtone, veuillez consulter, par exemple, les rapports suivants : « La victimisation avec violence et les perceptions à l'égard de la sécurité : expériences des femmes des Premières Nations, métisses et inuites au Canada » (2022), « La victimisation des Premières Nations, Métis et Inuits au Canada » (2022), « Understanding the Impact of Historical Trauma Due to Colonization on the Health and Well-Being of Indigenous Young Peoples: A Systematic Scoping Review » (2021) (en anglais), « Réclamer notre pouvoir et notre place : le rapport final de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées » (2019) et « Sommaire du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada » (2015).

Dans le présent article, les données sur les groupes racisés sont mesurées à l'aide de la variable « minorité visible ». Le groupe non racisé est mesuré par la catégorie « Pas une minorité visible » de la variable; il exclut les Autochtones. Les Autochtones ne font pas partie du groupe racisé ni du groupe non racisé. Le terme « minorité visible » désigne une personne qui appartient à l'un des groupes de minorités visibles aux termes de la Loi sur l'équité en matière d'emploi. Selon cette loi, font partie des minorités visibles « les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche ». La population des minorités visibles comprend principalement les personnes des groupes suivants : les Sud-Asiatiques, les Chinois, les Noirs, les Philippins, les Latino-Américains, les Arabes, les Asiatiques du Sud-Est, les Asiatiques occidentaux, les Coréens et les Japonais.

Le nombre d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu exclut 4 % des homicides en 2022 et 7 % des homicides en 2021 pour lesquels l'arme principale utilisée pour commettre le meurtre était inconnue.

Renseignements autodéclarés

Les mesures déclarées par la police ne comprennent que les affaires qui sont portées à son attention, soit par le signalement des affaires par le public, soit par les mesures proactives de la police. À titre de mesure complémentaire, les résultats de l'Enquête sociale générale (ESG) de 2019 sur la sécurité des Canadiens (victimisation) ont révélé qu'un peu moins du tiers (29 %) des incidents avec violence et sans violence ont été signalés à la police. De même, un peu plus du cinquième (22 %) des incidents perçus comme étant motivés par la haine ont été signalés à la police. Le nombre d'agressions sexuelles déclarées par la police consiste vraisemblablement aussi en une sous-estimation marquée de l'étendue réelle des agressions sexuelles au Canada, puisqu'il arrive souvent que ces types d'infractions ne soient pas signalés à la police. Les résultats de l'ESG de 2019 sur la victimisation révèlent que 6 % des incidents d'agression sexuelle subis par les Canadiens de 15 ans et plus au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête ont été portés à l'attention de la police.

Tableaux disponibles :

Statistiques sur les homicides : 35-10-0060-01, 35-10-0068-01, 35-10-0069-01, 35-10-0071-01, 35-10-0073-01 à 35-10-0075-01; 35-10-0119-01, 35-10-0156-01, 35-10-0157-01, 35-10-0170-01 et 35-10-0206-01 à 35-10-0208-01.

Statistiques sur les crimes déclarés par la police et Indice de gravité de la criminalité : 35-10-0001-01, 35-10-0002-01, 35-10-0026-01, 35-10-0061-01 à 35-10-0064-01, 35-10-0066-01, 35-10-0067-01 et 35-10-0177-01 à 35-10-0191-01.

Produits

Des tableaux de bord interactifs de visualisation des données « Carrefour de renseignements déclarés par la police : certains indicateurs de la criminalité », « Carrefour de renseignements déclarés par la police : les infractions criminelles » et « Carrefour de renseignements déclarés par la police : comparaison de la criminalité entre les régions géographiques » sont maintenant accessibles par l'intermédiaire du « Carrefour de renseignements déclarés par la police », depuis la page Statistique Canada — Produits de visualisation des données (Numéro au catalogue71-607-X).

L'infographie intitulée « Crimes déclarés par la police au Canada en 2022 » (Numéro au catalogue11-627-M) a également été diffusée aujourd'hui.

Des données supplémentaires, comme les microdonnées détaillées et les principaux facteurs à l'origine de la variation de l'IGC dans différentes régions géographiques, sont fournies sur demande.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).

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