La définition de la qualité

16 avril 2014

Laurie Reedman a l'une des appellations d'emploi les plus branchées à Statistique Canada : chef du Secrétariat de la qualité. Ce poste prestigieux équivaut à être la goûteuse officielle de StatCan.

Vous vous demandez peut être pourquoi StatCan a besoin d'un Secrétariat de la qualité. L'organisme existe depuis près de 100 ans; n'a-t-il pas eu suffisamment de temps pour régler tous les problèmes de qualité des données?

Il s'avère que la gestion de la qualité est une cible mobile.

De nouvelles réalités

Plusieurs nouvelles réalités ont complexifié la façon dont StatCan gère ses activités, d'après Madame Reedman. Une de ces réalités est que les utilisateurs de données sont mieux renseignés et demandent des données et des analyses plus poussées. Une autre est constituée par l'avènement des mégadonnées qui nécessite de décider de la manière dont on peut les intégrer au programme général de StatCan.

Pendant ce temps, la communication avec les répondants a pris un tournant, parce que la jeune génération a troqué les lignes terrestres contre les téléphones cellulaires et est beaucoup plus difficile à joindre. Les taux de réponse déclinent dans l'ensemble des organismes statistiques nationaux, bien que le rythme soit plus lent au Canada, ce qui pousse StatCan à trouver de nouvelles façons de recueillir les données et de les utiliser à leur plein potentiel. « Il est important de pousser la science, les mathématiques qui sous-tendent la théorie de l'échantillonnage, afin de continuer de fournir les valeurs les plus exactes, compte tenu de la réalité de la non-réponse », déclare Madame Reedman.

Le fait de connaître la qualité de chaque programme statistique est essentiel à la planification stratégique et à la responsabilisation à l'égard des résultats. L'organisme évalue constamment ses façons d'exercer ses activités de manière à optimiser l'efficience, tout en s'efforçant de maintenir la qualité des données.

La mission de Statistique Canada est « Au service du Canada avec des renseignements statistiques de grande qualité qui comptent. » Le Secrétariat de la qualité a pour mandat de promouvoir et de soutenir les pratiques d'assurance de la qualité. Autrement dit, Madame Reedman et son équipe considèrent la qualité comme un facteur qui doit être intégré à chaque phase du processus statistique, de la conception de l'enquête à la publication de l'analyse et des résultats dans le journal local. Tout au long de ce processus, la qualité à Statistique Canada concerne tous les employés.

« On ne peut pas passer au lave-auto Qualité à la fin du processus et s'attendre à tout nettoyer », précise Madame Reedman. « Ce qui permet à Statistique Canada de se démarquer, c'est sa réputation de producteur de données de grande qualité. Statistique Canada est bien connu partout au Canada. Les Canadiens nous connaissent et nous font confiance. Je crois que c'est ça qui nous distingue des autres organismes qui effectuent la collecte de données. »

Le maintien de cette confiance est la raison d'être du Secrétariat de la qualité.

Les dimensions de la qualité

La qualité n'est pas un concept strictement délimité; elle est relative et non pas absolue. Par exemple, lorsque les statisticiens créent une enquête, un équilibre doit être établi entre les contraintes relatives aux ressources, la volonté des gens occupés de prendre le temps de remplir des questionnaires et les demandes concurrentes de données de plus en plus abondantes — et plus détaillées.

La première étape consiste à définir la qualité. Les organismes statistiques ont des définitions généralement reconnues de la qualité des données pour les statistiques officielles et ont adopté un concept appelé « adaptation des données à leur utilisation ». Autrement dit, les utilisateurs doivent obtenir l'information nécessaire pour déterminer si les données conviennent à l'utilisation prévue.

Selon le concept de l'« adaptation des données à leur utilisation », six dimensions de la qualité guident et informent les employés de Statistique Canada :

  • La pertinence demande si le produit de données a un sens pour les Canadiens, si les questions sont utiles et si les décideurs obtiennent les renseignements dont ils ont besoin.
  • L'accessibilité désigne le degré de facilité avec laquelle les utilisateurs peuvent obtenir des données.
  • L'exactitude s'entend de la mesure dans laquelle les données décrivent les phénomènes qu'elles servent à mesurer. Pensez à la note 19 fois sur 20 à la fin d'un bulletin de nouvelles au sujet des statistiques.
  • L'actualité désigne le délai entre la fin de la période de référence à laquelle les données font référence et la date à laquelle l'information peut être utilisée.
  • L'intelligibilité est la disponibilité de l'information supplémentaire et des métadonnées nécessaires pour que les utilisateurs puissent interpréter et utiliser les données.
  • La cohérence s'entend la mesure dans laquelle les données correspondent à d'autres renseignements statistiques. L'utilisation de concepts, de classifications types et de populations cibles favorise la cohérence, tout comme l'utilisation d'une méthodologie commune pour diverses enquêtes.

Cependant, il peut y avoir des compromis. Par exemple, l'actualité nécessite habituellement un compromis par rapport à l'exactitude et à la pertinence. Lorsqu'on laisse les données de côté trop longtemps, elles ne seront plus utiles ou pertinentes. Lorsqu'on les publie à la hâte sans prendre les mesures de protection appropriées, l'exactitude peut être compromise. La tâche de StatCan est de trouver un juste milieu pour que les Canadiens reçoivent en temps opportun des données de qualité qui comptent.

Le mois prochain : La production de la qualité

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