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Aperçus économiques

Pourquoi les perspectives scolaires sont-elles plus prometteuses pour les élèves des écoles secondaires privées?

Pourquoi les perspectives scolaires sont-elles plus prometteuses pour les élèves des écoles secondaires privées?

par Marc Frenette et Ping Ching Winnie Chan
Division de l'analyse sociale et de la modélisation

Début de l'encadré

Cet article de la série des Aperçus économiques examine les résultats scolaires des élèves des écoles secondaires publiques et privées ainsi que les facteurs associés aux différences entre les deux. Une étude plus longue et plus détaillée est également disponibleNote 1. L’article fait partie d’une série qui examine les résultats scolaires des jeunes.

Fin de l'encadré

Introduction

Au Canada, environ 6 % des jeunes de 15 ans fréquentent une école privéeNote 2. Bien que certains gouvernements provinciaux subventionnent une partie des coûts, les parents doivent quand même payer des droits de scolarité.

Les différences entre les résultats scolaires des enfants qui fréquentent des écoles publiques et les résultats de ceux qui fréquentent des écoles privées continuent d’attirer l’attention du public. Une question centrale est la mesure dans laquelle les meilleurs résultats obtenus par les élèves des écoles privées sont attribuables aux caractéristiques socioéconomiques des élèves ou aux différences dans les ressources et les pratiques des écoles.

Cet article examine un échantillon composé de 7 142 jeunes de 15 ans, qui étaient inscrits en 10e année dans des écoles secondaires publiques ou privéesNote 3 et qui ont été suivis jusqu’à l’âge de 23 ans. La période de suivi facilite l’analyse d’un large éventail de résultats scolaires, y compris les scores obtenus aux tests à 15 ans et le niveau de scolarité à 23 ans. L’étude met l’accent sur : 1) les écarts entre les résultats scolaires par type d’école; 2) les différences dans les facteurs associés aux résultats scolaires (caractéristiques socioéconomiques, province de fréquentation scolaire, ressources et pratiques  de l’école, et caractéristiques des pairs) par type d’école; et 3) la proportion des écarts entre les résultats scolaires qui sont associés à ces facteurs.

Les élèves des écoles privées obtiennent des scores plus élevés aux tests et atteignent un niveau de scolarité plus élevé

En moyenne, les élèves qui fréquentaient des écoles secondaires privées obtenaient des scores plus élevés aux tests scolaires à l’âge de 15 ans, et avaient atteint un niveau de scolarité plus élevé à l’âge de 23 ans, que ceux qui fréquentaient des écoles secondaires publiquesNote 4.

En moyenne, les élèves canadiens obtenaient de meilleurs résultats que ceux des autres pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en lecture, en mathématiques et en sciencesNote 5. Il y avait toutefois une différence considérable entre les élèves canadiens qui fréquentaient des écoles secondaires privées et ceux qui fréquentaient des écoles secondaires publiques. En effet, les élèves des écoles privées avaient obtenu en moyenne de 43 à 47 points (de 8 % à 9 %) de plus aux trois tests que les élèves des écoles secondaires publiquesNote 6.

Graphique 1 Scores moyens aux tests par type d'école secondaire fréquentée

Description du graphique 1

Les résultats supérieurs des élèves des écoles secondaires privées s’étendaient au niveau de scolarité (graphique 2). À l’âge de 23 ans, ceux qui avaient fréquenté une école secondaire privée étaient en moyenne plus susceptibles d’avoir terminé leurs études secondaires, d’avoir obtenu un diplôme d’une université ou d’un autre établissement d’enseignement postsecondaire, et d’avoir entamé des études de cycles supérieurs ou professionnelles (programmes universitaires menant à l’obtention d’une maîtrise, d’un doctorat ou d’un grade professionnel). La différence dans les taux d’obtention de diplômes d’études secondaires était faible (environ trois points de pourcentage), mais les différences dans le taux d’inscription à un établissement d’enseignement postsecondaire et le taux d’obtention du diplôme d’études postsecondaires étaient considérables. Par exemple, 35 % des élèves des écoles privées avaient obtenu un grade universitaire avant l’âge de 23 ans, comparativement à 21 % des élèves des écoles publiques. En outre, les diplômés des écoles privées avaient presque trois fois plus de chances d’avoir entamé des études supérieures ou professionnelles : 13 % contre 5 %.

Graphique 2 Niveau de scolarité par type d'école secondaire fréquentée

Description du graphique 2

Ces différences dans la réussite scolaire ne tiennent pas compte de la possibilité que les antécédents socioéconomiques et les pairsNote 7 des élèves qui fréquentent des écoles publiques puissent différer de ceux des élèves des écoles privées. Par ailleurs, les écoles publiques et les écoles privées pourraient avoir des ressources ou des pratiques différentes ou suivre un programme d’études différent si elles sont concentrées dans certaines provinces. Le reste de l’article examine ces facteurs et leur contribution aux différences entre les résultats scolaires des élèves des écoles privées et ceux des élèves des écoles publiques.

Les parents des élèves des écoles secondaires privées ont un niveau de scolarité et un revenu plus élevés

Les écoles secondaires privées demandent généralement des droits de scolarité, qui peuvent être subventionnés en partie par les gouvernements provinciaux. Bien entendu, les élèves qui fréquentent des écoles secondaires privées ont tendance à venir de familles plus riches. En effet, le revenu total « équivalent » de leurs parents était de 25 % plus élevé que celui des parents des élèves des écoles publiques : 44 600 $ comparativement à 35 600 $Note 8,Note 9.

De plus, des études antérieures ont démontré que le niveau de scolarité des parents a un impact encore plus marqué sur le niveau de scolarité de l’enfant que le revenuNote 10. Les élèves des écoles secondaires publiques étaient près de deux fois plus susceptibles d’avoir des parents qui n’avaient pas fait d’études postsecondaires (34 % contre 18 % — graphique 3). Inversement, les élèves des écoles privées avaient deux fois et demie plus de chances d’avoir un père ou une mère détenant un grade d’études supérieures ou professionnelles (25 % contre 10 %). De façon plus générale, les pairs des élèves des écoles privées avaient tendance à avoir des parents plus instruits. En effet, 52 % des pairs des élèves des écoles privées avaient un père ou une mère qui avaient fréquenté l’université, comparativement à 28 % des pairs des élèves des écoles publiques.

Graphique 3 Plus haut niveau de scolarité des parents par type d'école secondaire fréquentée

Description du graphique 3

Il y a peu de différences dans les ressources et les pratiques des écoles

L’information sur les caractéristiques des écoles a été recueillie auprès des directeurs d’école. Les directeurs des écoles secondaires publiques et privées ont signalé peu de différences dans les ressources et les pratiques (tableau 1). Par exemple, le ratio des élèves à l’enseignant était légèrement plus élevé dans les écoles privées que dans les écoles publiques, soit 18 élèves par enseignant dans les premières et 17 dans les deuxièmes, et le nombre d’ordinateurs par élève était semblable (environ 0,2 ordinateur par élève dans les deux types d’écoles). Le nombre moyen d’heures d’enseignement par an était modérément plus élevé dans les écoles publiques (968 contre 945). Les qualifications des enseignants, la disponibilité de tuteurs spéciaux et la rétroaction des enseignants étaient aussi généralement semblables dans les deux secteurs.

Tableau 1
Ressources et pratiques par type d'école secondaire fréquentée
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Ressources et pratiques par type d'école secondaire fréquentée École secondaire publique et École secondaire privée, calculées selon moyenne unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
  École secondaire publique École secondaire privée
moyenne
École confessionnelle 0,318 0,806
Programme semestriel 0,692 0,255
Effectif scolaire 1 079,9 712,8
Ratio des élèves à l'enseignant 17,0 17,8
Nombre total d'heures d'enseignement par année 967,6 945,1
Nombre d'ordinateurs par élève 0,191 0,200
Pourcentage d'enseignants titulaires d'un grade de premier cycle 93,0 87,1
Pourcentage d'enseignants anglophones ou francophones qui détiennent un grade de premier cycle en langue et littérature anglaises ou françaises 81,9 81,3
Pourcentage d'enseignants certifiés 96,7 97,1
Pourcentage d'enseignants qui ont suivi une formation au cours des trois derniers mois 59,3 52,3
Services spéciaux de tutorat par le personnel 0,796 0,798
Faibles attentes des enseignants  
N'entravent pas du tout l'apprentissage 0,528 0,716
Entravent un peu l'apprentissage 0,383 0,279
Entravent modérément ou beaucoup l'apprentissage 0,089 0,005
Rétroaction des enseignants  
Moins de trois fois par année 0,014 0,000
Trois fois par année 0,035 0,057
Quatre fois ou plus par année 0,950 0,943

Les différences les plus notables entre les écoles publiques et les écoles privées résidaient dans l’effectif total, la structure de l’année scolaire (cours semestriels ou annuels) et l’affiliation religieuse (écoles confessionnelles ou non). En effet, l’effectif moyen des écoles publiques était beaucoup plus élevé que celui des écoles privées (1 080 contre 713). Les écoles privées étaient beaucoup plus susceptibles d’être confessionnelles (81 % contre 32 %), mais beaucoup moins susceptibles d’offrir des cours semestriels (25 % contre 69 %).

Selon les réponses des directeurs d’école, un facteur qui favorisait les écoles privées était les attentes des enseignants. Dans le secteur privé, 72 % des directeurs étaient d’avis que les faibles attentes des enseignants à l’égard des élèves n’entravaient pas du tout l’apprentissage, tandis que 53 % de leurs homologues du secteur public ont exprimé cette opinion.

Les programmes d’enseignement suivis par les élèves des écoles publiques et ceux des écoles privées pourraient aussi être différents parce que les programmes varient selon la province et que les écoles privées ont tendance à être concentrées dans certaines provinces. Par exemple, 56 % des élèves des écoles privées allaient à l’école au Québec, comparativement à 16 % de ceux des écoles publiques. À l’inverse, 12 % des élèves des écoles privées allaient à l’école en Ontario, comparativement à 48 % des élèves des écoles publiques.

Caractéristiques socioéconomiques, pairs et province de fréquentation scolaire associés aux différences entre les résultats scolaires

Les différences dans les caractéristiques socioéconomiques, les ressources et pratiques des écoles, les pairs et la province de fréquentation scolaire pourraient influencer les résultats scolaires des élèves des écoles privées et des écoles publiquesNote 11.

En fait, les différences entre les résultats scolaires de ces groupes étaient systématiquement attribuables en grande partie à deux facteurs : les caractéristiques socioéconomiques et les pairs (tableau 2). La province de fréquentation scolaire expliquait dans une proportion importante les différences entre les résultats scolaires au niveau secondaire (scores aux tests et taux d’obtention du diplôme d’études secondaires), mais elle n’avait généralement aucun impact au niveau postsecondaire. Les ressources et pratiques des écoles n’expliquaient dans aucune mesure ou presque les différences entre les résultats scolaires.

Par exemple, environ 85 % de la différence entre les scores moyens en lecture était imputable aux caractéristiques socioéconomiques (27 %), aux pairs (28 %) et à la province de fréquentation scolaire (29 %). De même, environ 91 % de la différence entre le taux de fréquentation de l’université était due aux caractéristiques socioéconomiques (55 %) et aux pairs (36 %).

Tableau 2
Proportion de l'écart total entre les résultats scolaires imputable à des différences dans les caractéristiques
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Proportion de l'écart total entre les résultats scolaires imputable à des différences dans les caractéristiques . Les données sont présentées selon Variable de résultat (titres de rangée) et Province de fréquentation scolaire, Caractéristiques socio-
économiques, Ressources et pratiques de l'école, Pairs, Facteurs non observés et Total, calculées selon proportion unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Variable de résultat Province de fréquentation scolaire Caractéristiques socio-
économiques
Ressources et pratiques de l'école Pairs Facteurs non observés Total
proportion
Score en lecture 0,293 0,271 -0,007 0,283 0,160 1,000
Score en mathématiques 0,523 0,270 -0,084 0,324 -0,032 1,000
Score en sciences 0,255 0,286 0,130 0,170 0,159 1,000
Diplôme d'études secondaires 0,722 0,527 -0,137 0,224 -0,337 1,000
Fréquentation d'un établissement d'enseignement postsecondaire 0,084 0,409 -0,238 0,290 0,456 1,000
Fréquentation d'une université -0,009 0,547 0,123 0,364 -0,025 1,000
Diplôme d'études postsecondaires 0,320 0,203 -0,090 0,133 0,434 1,000
Grade universitaire -0,010 0,421 0,054 0,270 0,265 1,000
Études de cycles supérieurs ou professionnelles 0,165 0,248 0,056 0,177 0,354 1,000

Conclusion

Trois conclusions ressortent de cette étude.

Premièrement, en moyenne, les élèves qui fréquentaient des écoles secondaires privées obtenaient de meilleurs scores aux tests scolaires à l’âge de 15 ans et avaient un niveau de scolarité plus élevé à l’âge de 23 ans que ceux qui fréquentaient des écoles secondaires publiques.

Deuxièmement, les caractéristiques des élèves des écoles secondaires privées différaient de celles des élèves des écoles secondaires publiques. En effet, les élèves des écoles privées venaient généralement de familles au statut socioéconomique plus élevé (mesuré en fonction du revenu et du niveau de scolarité des parents) et étaient plus susceptibles d’être entourés de pairs dont les parents avaient fait des études universitaires. Par ailleurs, les écoles publiques et les écoles privées étaient concentrées dans différentes provinces et pouvaient donc avoir suivi des programmes d’études différents. Cependant, peu de différences dans les ressources et les pratiques ont été observées entre les deux types d’écoles.

Enfin, une partie considérable des différences entre tous les résultats scolaires examinés était imputable à deux facteurs : les caractéristiques socioéconomiques et les pairs. La province de fréquentation scolaire expliquait en grande partie les différences entre les résultats scolaires au niveau secondaire (les scores aux tests et les taux d’obtention d’un diplôme d’études secondaires), mais son impact était moins prononcé au niveau postsecondaire. Les ressources et pratiques des écoles n’expliquaient dans aucune mesure ou presque les différences entre les résultats scolaires observés.

Références

Bussière, P., F. Cartwright, R.K. Crocker, X. Ma, J. Oderkirk et Y. Zhang. 2001. À la hauteur : La performance des jeunes du Canada en lecture, en mathématiques et en sciences — Étude PISA de l’OCDE — Premiers résultats pour les Canadiens de 15 ans. Produit no 81-590-XPF au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Développement des ressources humaines Canada, Conseil des ministres de l’Éducation, Canada et Statistique Canada.

Frenette, M. 2007. Pourquoi les jeunes provenant de familles à plus faible revenu sont-ils moins susceptibles de fréquenter l'université? Analyse fondée sur les aptitudes aux études, l'influence des parents et les contraintes financières. Direction des études analytiques : documents de recherche, no 295. Produit no 11F0019M au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada.

Frenette, M., et P.C.W. Chan. 2014. D’où proviennent les différences entre les résultats scolaires des élèves des écoles secondaires publiques et ceux des élèves des écoles secondaires privées? Direction des études analytiques : documents de recherche, no 367. Produit no 11F0019M au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada.

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 2011. « Enseignement privé : Quels avantages ? Et pour qui ? ». PISA à la loupe 7. Paris : OCDE. Bulletin.

Sources des données, méthodes et définitions

Sources des données

La présente étude se fonde sur des données de l’Enquête auprès des jeunes en transition, cohorte A (EJET-A) et du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Le PISA a été conçu par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et il est administré dans tous les pays membres de l’OCDE. Au Canada, Statistique Canada a élaboré l’EJET-A afin d’ajouter des renseignements contextuels sur les antécédents des élèves et de leurs parents aux données du PISA.

La population cible se composait d’élèves nés en 1984. L’échantillon de l’EJET-A/PISA a été prélevé selon un plan d'échantillonnage aléatoire stratifié à deux degrés mis en œuvre dans les 10 provinces. Dans un premier temps, les écoles où étaient inscrits des élèves nés en 1984 ont fait l’objet d’un échantillonnage aléatoire stratifié par province en avril ou mai 2000. La liste d’écoles a été fournie par le ministère de l'Éducation de chaque province et incluait des écoles privées. Un échantillon aléatoire d’élèves nés en 1984 (qu’ils soient ou non en 10e année) a été prélevé dans chaque école.

L’échantillon analytique se compose d’élèves qui étaient en 10e année en 2000 (l’année scolaire habituelle pour les élèves nés en 1984). Il a été prélevé au printemps 2000 afin que les élèves qui ont redoublé ou sauté une année soient exclus. Comme très peu d’élèves échantillonnés fréquentaient des écoles privées dans les provinces de l’Atlantique, l’échantillon analytique se limite aux élèves des autres provinces. L’échantillon final comprend 560 élèves des écoles secondaires privées et 6 582 élèves des écoles secondaires publiques.

L’étude examinait plusieurs résultats scolaires, y compris les scores obtenus aux tests écrits de lecture, de mathématiques et de sciences administrés aux jeunes de 15 ans par l’OCDE. Les tests duraient deux heures et mettaient l’accent sur la lecture. Tous les élèves ont passé le test de lecture, puis ils ont été répartis au hasard en deux moitiés à peu près égales, dont l’une a passé le test de mathématiques et l’autre, le test de sciences. L’évaluation du PISA était axée sur l’application des connaissances que les élèves sont censés acquérir en classe à des problèmes concrets. Les résultats aux examens ont été normalisés afin d’avoir une moyenne de 500 et un écart type de 100 entre les pays membres de l’OCDE.

L’étude suit les élèves jusqu’à l’âge de 23 ans, ce qui permet de mesurer plusieurs résultats additionnels en éducation, dont l’obtention du diplôme d’études secondaires, la fréquentation d’un établissement d’enseignement postsecondaire et l’obtention du diplôme, la fréquentation d’une université et l’obtention du diplôme, et les études de cycles supérieurs ou professionnelles. Pour tenir compte de l’attrition de l’échantillon entre les enquêtes réalisées lorsque les élèves avaient 15 et 23 ans, toutes les estimations de cet article ont été pondérées selon le nombre d’élèves échantillonnés qui fréquentaient une école publique ou une école privée.

Pour tenir compte des différences entre les résultats scolaires, nous avons examiné quatre grands facteurs :

  • les caractéristiques socioéconomiques (revenu et niveau de scolarité des parents, nombre de parents à la maison, statut d’immigrant des parents, nombre de livres et d’ordinateurs à la maison, sexe de l’élève, statut d’immigrant de l’élève, appartenance à une minorité visible, présence d’une incapacité, et résidence urbaine ou rurale);
  • la province de fréquentation scolaire (parce que le programme d’études peut varier selon la province);
  • les ressources et pratiques  des écoles (école confessionnelle, programme semestriel, effectif total, ratio des élèves à l’enseignant, nombre total d’heures d’enseignement par année, nombre d’ordinateurs par élève, pourcentage d’enseignants détenant un grade de premier cycle, pourcentage d’enseignants anglophones ou francophones détenant un diplôme de premier cycle en langue et littérature anglaises ou françaises, pourcentage d’enseignants certifiés, pourcentage d’enseignants qui ont suivi une formation au cours des trois derniers mois, services spéciaux de tutorat par le personnel, mesure dans laquelle les attentes des enseignants entravent l’apprentissage, et fréquence de la rétroaction des enseignants);
  • les pairs (pourcentage d’élèves du même âge dont les parents détiennent un grade ou un certificat d’études postsecondaires).

Ces renseignements ont été recueillis lorsque les élèves avaient 15 ans.

Méthodes

Cette analyse présente des moyennes et des proportions selon le type d’école (publique ou privée), ainsi que des décompositions de Blinder-Oaxaca. L’objectif des décompositions est d’estimer dans quelle mesure chacun des quatre grands facteurs (caractéristiques socioéconomiques, province de fréquentation scolaire, ressources et pratiques de l’école, et pairs) est à l’origine des différences entre les résultats scolaires. L’écart total pour chaque résultat (écart entre les élèves des écoles secondaires publiques et ceux des écoles secondaires privées) est décomposé de façon à calculer la proportion imputable à chaque facteur (les différences entre les niveaux moyens de ces facteurs, multipliées par le coefficient associé au facteur dans un modèle de régression groupée où la variable dépendante est le résultat en question).

Définitions

École privée : École dont les affaires relèvent d’une entité privée. La source de financement n’est pas prise en considération dans la détermination du type d’école. Pour pouvoir conférer des diplômes d’études secondaires reconnus par la province, l’école privée doit suivre le programme d’études provincial.

École publique : École dont les affaires relèvent d’une entité publique. La source de financement n’est pas prise en considération dans la détermination du type d’école. Pour pouvoir conférer des diplômes d’études secondaires reconnus par la province, l’école publique doit suivre le programme d’études provincial.

Tests du PISA : Les élèves de 15 ans ont passé un test écrit de deux heures en lecture, puis un test de mathématiques ou de sciences. Tous les élèves ont passé le test de lecture, puis ils ont été répartis au hasard en deux groupes, dont l’un a passé le test de mathématiques et l’autre, le test de sciences. L’évaluation du PISA mettait l’accent sur l’application des connaissances que les élèves sont censés acquérir à l’école à des problèmes concrets. Les résultats aux examens ont été normalisés afin d’avoir une moyenne de 500 et un écart type de 100 entre les pays membres de l’OCDE.

Notes

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