Révisions de 2009 à 2012 des Indicateurs nationaux du tourisme

1 Introduction

Au moment de la diffusion des estimations du premier trimestre de 2013, en juin 2013, les Indicateurs nationaux du tourisme (INT) ont été révisés du premier trimestre de 2009 au quatrième trimestre de 2012. Par ailleurs, toutes les séries de données exprimées aux prix de 2002 (corrigés pour tenir compte de l'inflation) ont été calculées selon une nouvelle année de référence, soit 2007. Ces changements ont des répercussions sur les données des Indicateurs nationaux du tourisme corrigées en fonction de l'inflation, de 1986 à aujourd'hui. Le présent article explique l'incidence des données nouvelles et révisées sur les INT.

En 2012, les dépenses touristiques ont été révisées et sont passées de 81,9 milliards de dollars à 81,7 milliards de dollars (aux prix courants). Le taux de croissance de la demande touristique (en valeur nominale) est demeuré à +4,2 % en 2012. Les dépenses touristiques ont aussi été révisées à la baisse en 2009 et 2011, tandis qu'elles sont demeurées à peu près inchangées en 2010.

Les estimations de la croissance trimestrielle de la demande touristique (en valeur réelle) sont demeurées similaires à celles publiées précédemment (voir le tableau 1.2). Parmi les estimations des 16 trimestres sujettes à être révisées, toutes, sauf trois, se situaient à +/-0,4 point de pourcentage de l'estimation précédente. Au total, sept trimestres d'estimations ont été révisés à la baisse, sept ont été révisés à la hausse, et deux sont demeurés inchangés.

Cumulativement, la demande touristique affiche maintenant une hausse de 8,5 % au chapitre des dépenses, du quatrième trimestre de 2008 au quatrième trimestre de 2012, comparativement à la hausse de 8,6 % publiée précédemment (désaisonnalisée et corrigée en fonction des variations de prix).

2 Sources des révisions

Les révisions des INT ont été effectuées à partir de plusieurs sources, y compris les nouveaux tableaux d'entrées-sorties (e.-s.) de 2009, les indicateurs trimestriels révisés du Système de comptabilité nationale du Canada (SCNC) et les indicateurs de l'emploi pour l'ensemble de la période sujette à être révisée, ainsi que des données plus récentes et à jour sur l'industrie touristique et de l'enquête sur les voyages.

Les nouveaux tableaux d'entrées-sorties pour 2009 ont servi à mettre à jour les INT. Les taux de croissance mis à jour fondés sur ces données ont donné lieu à de nouveaux niveaux pour l'offre touristique, la demande touristique, ainsi que le produit intérieur brut (PIB) du tourisme et l'emploi attribuables au tourisme pour 2009.

Des indicateurs trimestriels du SCNC (principalement les composantes des dépenses des consommateurs et du PIB par industrie), révisés pour l'ensemble de la période sujette à être révisée, ont vu le jour, par suite de la révision historique du SCNC effectuée à l'automne 2012. Par conséquent, de nouvelles données repères d'autres sources, et plus particulièrement de l'Enquête sur les dépenses des ménages, ainsi que des enquêtes sur le transport, les services de restauration et débits des boissons et l'hébergement, ont été intégrées dans les INT indirectement. Cela a eu des répercussions sur les fluctuations trimestrielles des INT et sur les niveaux annuels pour toutes les années.

2.1 Révisions de la demande touristique (aux prix courants)

En 2012, les dépenses touristiques ont été révisées et sont passées de 81,9 milliards de dollars à 81,7 milliards de dollars (aux prix courants) (voir le tableau 2). Des révisions similaires à la baisse ont été observées en 2009 (-0,3 milliard de dollars) et en 2011 (-0,2 milliard de dollars), tandis que les données sont demeurées à peu près inchangées en 2010.

La majeure partie de la révision annuelle à la baisse de la demande touristique totale en 2012 a été le résultat d'estimations plus faibles des dépenses touristiques au titre du transport et des services de restauration qui ont connu des révisions à la baisse de 240 millions de dollars et de 224 millions de dollars, respectivement. Les services d'hébergement (-135 millions de dollars) et les biens et services non touristiques (-117 millions de dollars) ont aussi été révisés à la baisse. Une partie importante des révisions à la baisse en 2012 a été contrebalancée par une révision à la hausse des autres biens et services touristiques (+532 millions de dollars). Cette révision à la hausse des autres biens et services touristiques a été le résultat de données mises à jour des e.-s. pour les services de voyages en 2009, qui ont été reportées à d'autres années. Les estimations précédentes pour 2009 étaient basées sur des indicateurs qui ont également été révisés à la hausse.

Toutes les composantes de la demande touristique ont été révisées à la baisse chaque année, sauf les autres biens et services touristiques, qui ont connu, tel qu'indiqué ci-dessus, des révisions à la hausse chaque année.

2.2 Révisions des composantes de la demande touristique (taux de croissance aux prix de 2007)

Le taux de croissance annuel des dépenses touristiques (corrigé pour tenir compte des variations de prix) a été révisé à la baisse pour passer de +2,0 % à +1,8 % en 2012 (voir le tableau 3). Les autres années sujettes à être révisées ont toutes connu des révisions à la hausse de 0,2 point de pourcentage ou moins. La croissance cumulative de 2008 à 2012 a été environ la même que celle publiée précédemment, soit +6,8 %.

En 2012, la croissance du transport est passée de +2,5 % à +1,7 %, ce qui a contribué le plus à la révision à la baisse de la croissance des dépenses touristiques.

Pour chacune des années, les tendances de la croissance à l'échelle des composantes ont été similaires à celles publiées précédemment. Dans la plupart des cas, les révisions de la croissance se situaient à +/-1,0 point de pourcentage, et les estimations précédentes affichant une croissance positive (ou négative) ont continué d'afficher une croissance positive (ou négative). Toutefois, avec l'avènement des données mises à jour des e.-s. utilisées pour les estimations relatives aux services de voyages, les autres biens et services touristiques en 2009 ont été révisés à la hausse, pour passer de -3,5 % à +1,1 %. Les estimations précédentes pour 2009, qui étaient moins élevées, étaient basées sur des indicateurs qui ont également été révisés à la hausse.

La croissance cumulative entre 2008 et 2012 a été révisée à la baisse pour le transport (-1,1 point de pourcentage), les services de restauration (-1,7 point de pourcentage) et les biens et services non touristiques (-0,6 point de pourcentage), tandis que l'hébergement (+1,4 point de pourcentage) et les autres biens et services touristiques (+4,1 points de pourcentage) ont été révisés à la hausse.

2.3 Révisions de l'emploi généré par le tourisme

Le nombre d'emplois générés par le tourisme a été révisé à la baisse, pour passer de 614 600 à 609 500 en 2012 (voir le tableau 4), du fait des estimations plus faibles de la demande touristique et du PIB réel du tourisme que celles publiées précédemment.

La révision à la baisse a été le résultat cumulatif d'une croissance plus faible révisée chaque année, ce qui laisse supposer que le ralentissement économique qui a commencé à la fin de 2008 a eu plus de répercussions sur l'emploi généré par le tourisme que ce que l'on avait estimé précédemment, et que la reprise a été plus lente.

La croissance de l'emploi généré par le tourisme pour 2012 se situe maintenant à 1,5 %, comparativement au taux de 2,0 % publié précédemment. Même si la croissance de l'emploi dans le transport, les services d'hébergement et les services de restauration est demeurée positive en 2012, toutes les estimations ont été révisées à la baisse par rapport aux estimations antérieures. Les emplois touristiques dans les autres industries touristiques sont maintenant stables, comparativement à la croissance publiée précédemment de +1,1 %, tandis que les emplois touristiques dans les industries non touristiques sont demeurés inchangés, à +1,9 %.

Les révisions de la croissance de l'emploi dans les industries touristiques se sont situées principalement à +/-1,0 point de pourcentage. La croissance du nombre d'emplois générés par le tourisme dans les industries non touristiques, toutefois, a été révisée à la baisse de 1,6 point de pourcentage, tant en 2009 qu'en 2010, ce qui a contribué aux niveaux plus faibles d'emploi.

2.4 Révisions du produit intérieur brut du tourisme (taux de croissance en prix constants)

Le PIB du tourisme affiche maintenant une hausse de 1,4 % en 2012, comparativement à la croissance de 1,8 % publiée précédemment (voir le tableau 6). La croissance pour toutes les années a été révisée à la baisse, sauf en 2011, où elle est demeurée inchangée à +2,7 %. Les révisions à la baisse laissent supposer que la reprise économique n'a pas été aussi robuste que ce qui avait été estimé précédemment. La croissance cumulative entre 2008 et 2012 a été révisée à la baisse, pour passer de +5,0 % à +4,1 %.

Le taux de croissance dans le transport a été révisé à la baisse de 1,9 point de pourcentage en 2012, à la suite de révisions comparables de la demande touristique de biens et services et d'indicateurs liés au transport. La révision du PIB du tourisme dans l'industrie du transport a contribué le plus à la révision globale à la baisse.

En 2009, le transport a connu une révision à la baisse de 2,1 points de pourcentage à la suite de l'intégration de données mises à jour des e.-s.. Le transport a également contribué le plus à la révision globale à la baisse du PIB du tourisme en 2009. Par ailleurs, les révisions à la hausse de l'hébergement en 2010 et en 2011 ont contribué à atténuer les révisions à la baisse des services de restauration et des autres industries touristiques.

3 Politique de révision des Indicateurs nationaux du tourisme

La politique de révision des INT permet d'intégrer périodiquement et systématiquement des données nouvelles et révisées pour des périodes de référence antérieures, y compris un étalonnage régulier en fonction du Compte satellite du tourisme du Canada (CSTC). Ainsi, la fiabilité et l'exactitude des estimations des séries chronologiques des INT s'en trouvent améliorées. La politique de révision des INT s'inspire de celle qui s'applique aux comptes nationaux trimestrielsNote 1. Cette politique régit quatre types de révisions, soit les révisions courantes, les révisions annuelles, les révisions historiques et les révisions apportées à la suite du changement d'année de base. Chacune de ces révisions est décrite ci-après.

Durant l'année de référence en cours, les estimations établies pour un trimestre donné peuvent être révisées à un trimestre subséquent. Par exemple, les estimations d'un premier trimestre sont révisées lorsque celles se rapportant aux deuxième, troisième et quatrième trimestres de la même année civile sont diffusées. Les révisions apportées aux estimations durant l'année de référence en cours s'appellent révisions courantes. Elles permettent d'apporter des améliorations aux estimations des trimestres précédents durant l'année courante par l'intégration des données les plus à jour disponibles (y compris, les révisions des données de base résultant de déclarations tardives).

Au moment de la publication des estimations du premier trimestre, toutes les estimations d'un nombre d'années déterminé précédant l'année en cours peuvent être révisées. Cette « révision annuelle » permet d'intégrer les renseignements les plus à jour provenant des recensements, des enquêtes annuelles, des statistiques fiscales, des comptes publics, etc., qui deviennent disponibles bien après le fait. Le nombre d'années sujettes à être révisées (ou la « fenêtre de révision ») est maintenant de trois ans, ce qui correspond au nouveau cycle de révision du SCNC. En outre, lorsqu'un nouvel ensemble de repères du CSTC est intégré dans les INT, la période de révision est prolongée rétroactivement au CSTC précédent. Ainsi, la fenêtre de révision des INT dépend de la fréquence des mises à jour du CSTC qui, quant à elle, dépend des contraintes sur le plan du financement et des ressources.

Lorsqu'une estimation a franchi le cycle des révisions annuelles, elle est assujettie au processus de révision globale. Les révisions globales fournissent également l'occasion d'intégrer de nouvelles données. Toutefois, ces révisions visent principalement à appliquer de nouveaux concepts et définitions, à mettre en œuvre des méthodes nouvelles et améliorées et à remanier les systèmes d'estimation. Les révisions globales donnent généralement lieu à des changements dans l'ensemble de la série chronologique. La prochaine révision globale des INT est prévue pour juin 2015.

On procède normalement au changement d'année de base des séries en prix constants, comme dans le cas de la diffusion des INT pour le premier trimestre de 2013, deux fois en dix ans. Le changement d'année de base vise à éliminer le biais dans les mesures de la croissance corrigée pour tenir compte de l'inflation, au fur et à mesure que les prix relatifs dans l'économie s'écartent de ceux de l'année de base. Le changement d'année de base entraîne uniquement des révisions des indices de prix et des agrégats en prix constants, les agrégats aux prix courants n'étant pas touchés.

Tableaux de données


Note

  1. Pour plus de renseignements sur la nouvelle politique de révision du SCNC, voir Les révisions de 1981 à 2012 des Comptes des revenus et dépenses, no 13-605-XIF au catalogue. Voir aussi Révisions des Indicateurs nationaux du tourisme du Canada, no 13-604-MIF au catalogue de Statistique Canada, no 47.
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