Les résidents des refuges pour femmes violentées au Canada, 2008

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par Julie Sauvé et Mike Burns

Les données sur les admissions annuelles dans les refuges font l'objet d'une révision en raison de la déclaration incorrecte d'un répondant de l'enquête. Les données révisées seront diffusées lorsqu'elles seront disponibles.

Les femmes violentées se tournent vers les maisons d'hébergement et les établissements d'urgence
Plus de la moitié des femmes violentées dans les refuges ont été admises avec leurs enfants
La violence psychologique et la violence physique demeurent les principales raisons d'admissions dans les refuges
La plupart des femmes violentées dans les refuges tentaient d'échapper à la violence infligée par leur conjoint ou conjoint de fait
La majorité des femmes dans les refuges étaient âgées de moins de 45 ans
Le tiers des femmes se sont rendues d'elles-mêmes dans les refuges
Le quart des femmes violentées avaient signalé l'incident à la police
La plupart des femmes ne prévoient pas retourner vivre avec leur conjoint violent suivant leur départ du refuge
Un moins grand nombre de réadmissions dans les refuges pour femmes violentées
Résumé
Sources et méthodes
Tableaux de données détaillés
Références
Notes

Selon les résultats de la plus récente enquête nationale sur la victimisation1, environ 10 % des victimes de crimes avec violence ont demandé de l'aide d'organismes formels offrant un large éventail de services de soutien aux victimes de la criminalité. Au Canada, les refuges font partie de ces organismes qui supportent les victimes. Leur objectif principal est d'offrir des services d'hébergement aux victimes qui tentent d'échapper à une situation de violence.

L'Enquête sur les maisons d'hébergement (EMH) permet de dresser un portrait des refuges au Canada qui offrent leurs services aux femmes violentées et à leurs enfants2. L'EMH permet également de dresser le profil des personnes qui résident dans ces refuges pendant une journée précise de l'année. Ainsi, le présent article de Juristat porte sur les résidents des refuges qui viennent en aide aux femmes victimes de violence ainsi qu'à leurs enfants3. Il présente les caractéristiques des femmes qui résidaient dans un refuge le 16 avril 2008, les raisons pour lesquelles ces femmes ont eu recours à de tels services d'aide ainsi que les types de refuges vers lesquels elles se sont tournées pour échapper à la violence. Les départs des refuges de même que les réadmissions sont également examinés.

Les femmes violentées se tournent vers les maisons d'hébergement et les établissements d'urgence

Entre le 1er avril 2007 et le 31 mars 2008, environ 101 0004 femmes et enfants ont été admis dans 569 refuges au Canada. Le nombre d'admissions dans les refuges est demeuré relativement stable pendant les 10 dernières années.

Parmi les femmes et enfants admis au cours du plus récent cycle de l'enquête, près de 9 sur 10 étaient admis dans une maison d'hébergement (44 %), un centre d'urgence pour femmes (25 %) ou un refuge d'urgence (19 %) (tableau 1). Bien que les maisons d'hébergement continuent d'être le type d'établissement le plus courant qui héberge les femmes violentées au Canada, les établissements d'urgence — soit les centres d'urgence pour femmes et les refuges d'urgence — ont enregistré, pour la première fois en 2008, autant d'admissions de femmes et d'enfants que les maisons d'hébergement.

Selon un échantillon de 354 refuges qui participent à l'enquête depuis cinq cycles consécutifs, le recours aux maisons d'hébergement en tant que refuge est en baisse depuis 20005. Alors que les admissions dans ces maisons représentaient 65 % du nombre total des admissions dans tous les types de refuges en 2000, elles représentaient 53 % de toutes les admissions en 2008. Parallèlement, en raison de l'augmentation du nombre de refuges d'urgence, leur représentation s'est accrue, étant passée de 26 % en 2000 à 40 % en 2008.

Encadré 1
Types d'établissements d'hébergement pour les femmes violentées et leurs enfants visés par l'Enquête sur les maisons d'hébergement

Le terme « refuge » est utilisé dans un sens large pour désigner tous les établissements d'hébergement qui accueillent les femmes violentées et leurs enfants à charge. En outre, aux fins de l'Enquête sur les maisons d'hébergement (EMH), on a élaboré les catégories génériques suivantes pour définir davantage les divers types de refuges. Faisant référence à ces définitions, les personnes qui ont répondu à l'EMH ont choisi le type d'établissement qui décrivait le mieux leur refuge.

Maison d'hébergement de deuxième étape : Établissement offrant un hébergement de longue durée (3 à 12 mois) en lieu sûr avec services de soutien et d'aiguillage, conçu pour aider les femmes pendant qu'elles cherchent un logement permanent.

Maison d'hébergement ou refuge : Établissement offrant un hébergement de courte durée ou de durée moyenne (1 jour à 11 semaines) en lieu sûr pour les femmes violentées avec ou sans enfants; également appelé maison d'hébergement de première étape.

Centre de ressources familiales : Services d'hébergement fournis dans le cadre d'une initiative du gouvernement de l'Ontario desservant une grande diversité de clients à qui l'on offre une gamme variée de services d'information et d'aiguillage.

Centre ou refuge d'urgence pour femmes : Établissement de dépannage de courte durée
(1 à 21 jours) pour les femmes et leurs enfants à charge.

Refuge d'urgence : Établissement offrant un hébergement de courte durée (1 à 3 jours) pour une grande diversité de groupes, pas seulement pour les femmes violentées. Certains refuges peuvent accueillir des hommes aussi bien que des femmes. On peut y héberger des personnes qui ne sont pas victimes de violence familiale mais qui se trouvent sans endroit où rester en raison d'une situation d'urgence (p. ex. expulsion pour non-paiement du loyer). Outre les services de logement et de repas, ces refuges offrent peu de services additionnels à la clientèle.

Réseau de maisons d'hébergement : Réseau de maisons privées dans les régions rurales ou éloignées où il n'existe pas de véritables refuges. Il s'agit d'un hébergement auxiliaire d'urgence de très courte durée (1 à 3 jours).

Autre : Tous les autres établissements d'hébergement qui offrent des services aux femmes violentées, avec ou sans enfants, qui ne sont pas classés ailleurs. Cette catégorie comprend les centres de prévention de la violence familiale en milieu rural de l'Alberta, les refuges provisoires au Manitoba et d'autres types de refuges d'urgence, tels que les YWCA. Il se peut que ces services ne soient pas réservés uniquement aux femmes violentées.

Plus de la moitié des femmes violentées dans les refuges ont été admises avec leurs enfants

Le 16 avril 20086, 4 273 femmes résidaient dans divers refuges dans l'ensemble du Canada et parmi elles, 3 222 cherchaient à échapper à une situation de violence. Ces dernières ont emmené près de 2 900 enfants avec elles. Les autres femmes et enfants résidant dans un refuge le jour de l'instantané y étaient pour des raisons autres que la violence7.

Près de la moitié des femmes victimes de violence qui étaient hébergées avaient été admises avec leurs enfants (tableau 2). Un peu plus de 1 femme sur 5 n'était pas accompagnée de ses enfants8 lors de son admission. Les autres femmes admises (31 %) n'avaient pas de responsabilités parentales ou leur situation était inconnue. Les femmes accompagnées de leurs enfants résidaient principalement dans des maisons d'hébergement (39 %) et des maisons d'hébergement de deuxième étape (31 %).

Au cours des cinq derniers cycles de l'enquête9, la proportion de femmes admises dans un refuge avec des enfants a diminué. En 2000, 56 % des femmes dans les refuges étaient accompagnées de leurs enfants, alors qu'en 2008, cette proportion était de 52 %. En revanche, la proportion de femmes n'ayant aucune responsabilité parentale admises dans les refuges a légèrement augmenté de 23 % en 2000 à 25 % en 2008.

La violence psychologique et la violence physique demeurent les principales raisons d'admissions dans les refuges

Les trois quarts des femmes résidant dans les refuges le 16 avril 2008 étaient des victimes d'actes de violence, et ce sont notamment ces actes violents qui ont poussé plusieurs d'entre elles à faire appel à des refuges. Le jour de l'instantané, les femmes violentées résidant dans les refuges10 fuyaient surtout la violence psychologique ou affective de même que la violence physique (tableau 3). Bien que les mauvais traitements psychologiques et physiques aient été les principales raisons pour lesquelles les femmes ont fait appel à des refuges, la violence psychologique a été plus souvent évoquée en 2008 que par le passé. En 2008, 68 % des femmes voulaient fuir une situation de violence psychologique comparativement à 63 % en 2000.

En outre, 39 % des femmes résidant dans les refuges le 16 avril 2008 ont dit avoir voulu échapper à des menaces et 36 %, à l'exploitation financière. Environ 1 femme sur 4 fuyait une situation de harcèlement (28 %) ou de violence sexuelle (24 %).

Les femmes résidaient également dans des refuges pour des raisons autres que la violence. Parmi les autres raisons qui n'étaient pas directement liées à la violence, le manque de logement abordable était celle principalement évoquée par environ le tiers des résidentes des refuges.

Les femmes qui résidaient dans un refuge et qui étaient accompagnées de leurs enfants le 16 avril 2008 désiraient également protéger ces derniers. Parmi ces femmes, 25 % voulaient protéger leurs enfants contre l'observation de la violence envers elles. Elles voulaient également les protéger de situations de violence, telles que la violence psychologique et la violence physique (tableau 3). 

Parmi les femmes ayant eu recours aux refuges, celles qui fuyaient la violence avaient plus tendance à choisir des établissements qui offrent des services et des programmes expressément conçus pour les femmes violentées. Elles étaient les plus susceptibles de s'être tournées vers des maisons d'hébergement (42 %) et des maisons d'hébergement de deuxième étape (24 %) (graphique 1). Par comparaison, les femmes résidant dans les refuges pour des raisons autres que la violence étaient proportionnellement plus nombreuses à avoir fait appel à des établissements d'urgence (43 %) (centres d'urgence pour femmes [15 %] et refuges d'urgence [28 %]).

Graphique 1
Les femmes ont recours à différents types de refuges selon leurs besoins

Description

Graphique 1 Les femmes ont recours à différents types de refuges selon leurs besoins

1. Comprend les réseaux de maisons d'hébergement, les centres de ressources familiales en Ontario, les logements provisoires au Manitoba ainsi que tous les autres établissements ou refuges non indiqués ailleurs. Cela représente 9 % des établissements.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Enquête sur les maisons d'hébergement de 2007-2008.

La plupart des femmes violentées dans les refuges tentaient d'échapper à la violence infligée par leur conjoint ou conjoint de fait

La majorité des femmes qui se sont présentées dans un refuge pour des raisons de violence étaient dans une relation conjugale. Environ les deux tiers des femmes violentées résidant dans les refuges le jour de l'instantané de l'enquête s'y trouvaient pour échapper à la violence infligée par leur conjoint ou leur partenaire, tandis que 12 % s'y trouvaient afin d'échapper à la violence subie aux mains d'un ex-conjoint ou d'un ex-partenaire (tableau 2).

Le portrait est semblable dans la plupart des provinces du Canada. Au Nouveau-Brunswick, 89 % des femmes dans les refuges fuyaient un conjoint ou un ex-conjoint violent, ainsi que plus de 8 femmes sur 10 dans les refuges à Terre-Neuve-et-Labrador, en Saskatchewan, au Québec et en Alberta. En Nouvelle-Écosse, un peu plus des deux tiers (68 %) des femmes dans les refuges y étaient pour des raisons de violence conjugale (tableau 4).

Une plus grande proportion de résidentes ont fait appel à un refuge afin de fuir la violence infligée par leur conjoint de fait ou un ex-conjoint de fait (45 %), comparativement à celles qui fuyaient leur mari ou un ex-mari (32 %). Les unions libres sont liées à un risque plus élevé de violence conjugale. Une étude a démontré que les personnes vivant en union libre étaient trois fois plus susceptibles que les personnes mariées d'avoir subi de la violence conjugale (Mihorean, 2005).

Bien que près des deux tiers des femmes résidant dans les refuges le jour de l'instantané de l'EMH aient fui une union libre ou un mariage empreint de violence, d'autres s'y trouvaient pour échapper à la violence de leur petit ami ou d'un ancien petit ami (7 %), ou d'une personne apparentée (6 %) (tableau 2).

La majorité des femmes dans les refuges étaient âgées de moins de 45 ans

Environ 28 femmes pour 100 000 femmes âgées de 15 ans et plus au Canada résidaient dans des refuges afin d'échapper à la violence. Près de 8 femmes violentées sur 10 qui résidaient dans les refuges le 16 avril 2008 étaient âgées de moins de 45 ans (tableau 5). L'âge est reconnu comme l'un des facteurs de risque les plus importants liés à la victimisation comprenant la violence conjugale. En 2004, les résultats de l'Enquête sociale générale (ESG) ont révélé que les personnes de moins de 45 ans étaient plus susceptibles d'être victimes de ce type de violence que les personnes de 45 ans et plus (Mihorean, 2005).

Le tiers des femmes se sont rendues d'elles-mêmes dans les refuges

Demander de l'aide peut s'avérer difficile pour une femme victime de violence. En 2008, près du tiers (34 %) des femmes qui se sont tournées vers les refuges s'y sont rendues d'elles-mêmes et près de 30 % ont été aiguillées par une autre maison d'hébergement ou un autre organisme communautaire. D'après les données de l'ESG de 2004, seulement 34 % des femmes violentées se sont adressées à des organismes d'aide suivant un incident violent (Mihorean, 2005). Les femmes s'adressent d'abord à des soutiens non officiels, comme à des membres de la famille.

Les femmes et les enfants qui demandent l'aide d'un refuge n'y sont pas toujours admis en raison, entre autres, d'un manque de place dans le refuge ou de problèmes liés à l'alcool, aux drogues ou à la santé mentale de la femme. La principale raison pour laquelle des femmes et des enfants n'ont pas été admis dans un refuge le 16 avril 2008 était le manque de place. Au total, 299 femmes et 148 enfants se sont vu refuser l'accès à un refuge. De ce nombre, 37 % n'ont pu être admis dans une maison d'hébergement et 26 % se sont vu refuser l'admission dans un refuge d'urgence.

Le quart des femmes violentées avaient signalé l'incident à la police

Le quart des femmes violentées qui résidaient dans les refuges le jour de l'instantané avaient signalé l'incident de violence le plus récent à la police11. On a observé des résultats semblables chez les femmes victimes de violence conjugale en 2004, selon les résultats de l'enquête nationale sur la victimisation. Un peu plus du quart des incidents de violence conjugale avaient été signalés à la police (Mihorean, 2005). La proportion de signalement à la police par les femmes pourrait être liée aux actes de violence habituellement plus graves et plus fréquents qu'elles subissent. En fait, des accusations ont été portées contre les agresseurs12 de 16 % des femmes qui résidaient dans un refuge le 16 avril 2008. Une ordonnance d'interdiction ou de protection13 avait été rendue contre les agresseurs de 15 % des femmes14.

La plupart des femmes ne prévoient pas retourner vivre avec leur conjoint violent suivant leur départ du refuge

Entre minuit et midi le 16 avril 2008, 101 femmes et 51 enfants ont quitté un refuge. Parmi les 101 femmes qui ont quitté, plus de 9 sur 10 ne prévoyaient pas retourner vivre auprès de leur conjoint. Près de 4 femmes sur 10 ne savaient pas où elles iraient suivant leur départ. Parmi celles-ci, la moitié quittait un centre d'urgence pour femmes, soit un établissement offrant un hébergement de courte durée.

Un moins grand nombre de réadmissions dans les refuges pour femmes violentées

Les femmes qui se trouvaient dans des refuges le 16 avril 2008 n'étaient pas toutes des résidentes qui en étaient à leur premier séjour dans ces établissements. En effet, le quart (25 %) d'entre elles avaient déjà fait appel à un refuge pour femmes violentées auparavant15 (tableau 6). Il s'agit d'une baisse de 11 points de pourcentage comparativement à 2006. Parmi les femmes ayant résidé dans des refuges au cours de l'année précédente, la plus grande proportion, soit 32 %, y étaient demeurées à une occasion antérieurement, environ le cinquième (23 %) y étaient demeurées de deux à quatre fois, et 13 % y étaient demeurées cinq fois ou plus (tableau 6).

Parmi les femmes réitérantes, l'intervalle entre les séjours était généralement de moins d'une année. En 2008, près des trois quarts des réadmissions dans les refuges se sont produites au cours de l'année précédente. Pour 27 % des femmes qui avaient auparavant fait appel à des refuges, le dernier séjour remontait à plus d'un an.

Parmi les types d'établissements les plus souvent utilisés — soit les centres d'urgence pour femmes, les maisons d'hébergement et les refuges d'urgence —, la proportion de résidentes qui étaient des clientes réitérantes était similaire (graphique 2). Cependant, les réadmissions étaient particulièrement moins courantes parmi les résidentes des maisons d'hébergement de deuxième étape (7 %).

Graphique 2
Les réadmissions sont plus fréquentes dans les refuges d'urgence

Description

Graphique 2 Les réadmissions sont plus fréquentes dans les refuges d'urgence

1. Comprend les réseaux de maisons d'hébergement, les centres de ressources familiales en Ontario, les logements provisoires au Manitoba ainsi que tous les autres établissements ou refuges non indiqués ailleurs.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Enquête sur les maisons d'hébergement de 2007-2008.

Résumé

En 2008, plus de 101 000 femmes et enfants ont été admis dans un refuge au Canada. Le 16 avril 2008, plus de 7 000 femmes et enfants y étaient hébergés dans le but de mettre fin à une situation de violence ou pour d'autres raisons. Les trois quarts des femmes résidant dans un refuge le jour de l'instantané tentaient d'échapper à une situation de violence et pour les deux tiers d'entre elles, l'agresseur était leur conjoint de fait ou leur mari.

Parmi les quelque 4 000 femmes qui résidaient dans les refuges, les deux tiers tentaient de fuir une situation de violence psychologique et la moitié voulait fuir une situation de violence physique. Certaines de ces femmes ont emmené leurs enfants avec elles afin que ces derniers n'aient pas, à leur tour, à subir des situations de violence ou à faire l'observation de la violence envers elles. Près de la moitié des femmes violentées et leurs enfants ont été admis dans des maisons d'hébergement qui offrent des services de plus longue durée, comparativement aux femmes qui tentaient d'échapper à une situation autre que la violence, lesquelles se sont plutôt tournées vers les établissements d'urgence. La majorité des femmes ayant quitté un refuge pour femmes violentées ne prévoyaient pas retourner vivre avec leur conjoint. 

Sources et méthodes

Enquête sur les maisons d'hébergement

L'Enquête sur les maisons d'hébergement (EMH) a été élaborée dans le cadre de l'Initiative de lutte contre la violence familiale du gouvernement fédéral, en consultation avec les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi qu'avec les associations de maisons d'hébergement. Cette enquête vise à recueillir des renseignements sur les caractéristiques des services d'hébergement offerts aux femmes violentées et à leurs enfants au cours des 12 derniers mois d'activité. En outre, l'EMH permet de recueillir des données sur certaines caractéristiques des femmes et des enfants résidant dans ces refuges un jour d'instantané donné. En 1991-1992, Statistique Canada a commencé à recueillir des renseignements de base sur les services et la clientèle des maisons d'hébergement. Une enquête plus complète a été élaborée et réalisée en 1992-1993, et a été reprise avec certains changements en 1994-1995 et chaque deux ans de 1997-1998 à 2007-2008.

L'EMH est une enquête envoi-retour par la poste biennale menée auprès de tous les établissements d'hébergement qui offrent des services aux femmes violentées et à leurs enfants. Sont également inclus dans l'EMH les refuges qui desservent une population plus vaste, outre les femmes fuyant la violence familiale, comme les hommes victimes de violence conjugale et les hommes et femmes cherchant un refuge pour des raisons autres que la violence. Toutefois, les établissements dont les services s'adressent exclusivement aux hommes victimes de violence conjugale ne font pas partie du champ de l'enquête. Au moment de réaliser l'enquête, on ne connaissait qu'un seul établissement de ce genre en activité. Enfin, l'EMH ne comprend pas les refuges qui ne fournissent pas de services d'hébergement.

Parmi les 569 établissements d'hébergement offrant des services aux femmes violentées et à leurs enfants, 518 ont retourné leur questionnaire, ce qui représente un taux de réponse de 91 %. À l'étendue du Canada, les taux de réponse étaient les plus élevés dans les refuges situés à l'Île-du-Prince-Édouard (100 %), au Nouveau-Brunswick (95 %), en Colombie-Britannique (95 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (93 %). Le taux de réponse pour les Territoires du Nord-Ouest et Nunavut était de 100 %, alors que celui du Yukon était similaire aux taux des autres provinces (tableau 7).

Des questionnaires distincts ont été remplis par les établissements qui comptaient deux types de refuges ou plus sous le même nom ou à la même adresse. Toutefois, dans un petit nombre de cas, il a été impossible d'obtenir un questionnaire distinct pour chaque refuge, et les renseignements concernant plus d'un type de refuge ont dû être consignés sur un seul questionnaire. Dans ces cas-là, le type de refuge a été déterminé selon l'activité principale de l'établissement.

Méthode d'imputation pour l'EMH de 2007-2008

Pour une seconde fois en 2007-2008, on a utilisé une méthode d'imputation afin de remplacer les données manquantes des non-répondants à l'EMH. Bien que le taux de réponse à l'EMH se soit situé entre 87 % et 92 % depuis 1998, l'utilisation d'une simple stratégie d'imputation pour le traitement des non-réponses rend les estimations de l'EMH encore plus significatives en obtenant un fichier complet de microdonnées.

Les répondants potentiels à l'EMH ont été regroupés en trois catégories principales en fonction de la mesure dans laquelle ils avaient répondu aux 12 questions clés. Plus particulièrement, les trois regroupements de répondants ont été définis ainsi :

Répondant complet : a soumis un questionnaire assorti d'une réponse pour chacune des 12 questions clés. On a dénombré 506 répondants complets.
Non-répondant partiel : a soumis un questionnaire mais n'a pas répondu à toutes les questions clés. On a dénombré 12 non-répondants partiels.
Non-répondant complet : n'a pas soumis de questionnaire et seulement la province et le type d'établissement du refuge étaient connus. On a dénombré 51 non-répondants complets.

Après la méthode, les données imputées ont été mises à l'essai en vue de repérer les différences statistiquement significatives par rapport aux données recueillies auprès des répondants. Les résultats de l'essai n'indiquent aucune différence statistiquement significative entre les données imputées et les données recueillies auprès des répondants.

Enquête sur les maisons d'hébergement — fichier sur les tendances

Le fichier sur les tendances de l'EMH compile les données des établissements participant à chaque cycle de l'EMH depuis 2000, neutralisant ainsi les effets de la non-réponse et de la composition des types d'établissements. Le fichier sur les tendances de l'EMH est fondé sur un sous-ensemble de 354 refuges, soit 62 % des refuges visés par l'enquête de 2008.

Enquête sociale générale sur la victimisation

L'Enquête sociale générale (ESG) consiste en une enquête annuelle qui permet d'observer l'évolution de la société canadienne et d'obtenir des renseignements sur des questions stratégiques particulières d'intérêt courant ou émergent. Chaque année, l'ESG porte sur divers sujets périodiques (comme l'emploi du temps, le soutien social, la famille, la technologie et la victimisation). En 2004, Statistique Canada a réalisé le cycle sur la victimisation de l'ESG pour la quatrième fois, les cycles antérieurs ayant été menés en 1988, en 1993 et en 1999. L'enquête a pour but de fournir des estimations de la fréquence de huit types d'infractions (suivant les définitions du Code criminel pour ces crimes) dans la population, d'examiner les facteurs liés au risque de victimisation, à la volonté des victimes de signaler les crimes à la police et aux motifs de non-déclaration, et de mesurer les perceptions du public face à la criminalité et au système de justice pénale. L'année 2009 marque la tenue du cinquième cycle de l'enquête nationale sur la victimisation.

L'ESG est une enquête réalisée par sondage téléphonique auprès de la population hors établissement âgée de 15 ans et plus dans les 10 provinces. En 2004, un total d'environ 24 000 personnes ont été interviewées, et le taux de réponse s'établissait à 75 %.

Veuillez consulter la publication annuelle La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2005 pour obtenir les résultats de l'ESG de 2004 sur la violence conjugale et familiale.

Tableaux de données détaillés

Tableau 1 Nombre d'admissions annuelles selon le type d'établissement, provinces et territoires, Canada, 2007-2008

Tableau 2 Certaines caractéristiques des femmes violentées résidant dans les refuges le 16 avril 2008, Canada

Tableau 3 Raisons pour lesquelles les femmes ont fait appel à un refuge, Canada, 16 avril 2008

Tableau 4 Taux de femmes résidant dans les refuges pour échapper à la violence infligée par le conjoint ou le conjoint de fait, actuel ou ancien, le 16 avril 2008, provinces et territoires, Canada

Tableau 5 Groupes d'âge des femmes violentées résidant dans les refuges le 16 avril 2008, Canada

Tableau 6 Fréquence des séjours antérieurs dans les refuges au cours des 12 derniers mois, selon le type d'établissement, Canada, 2007-2008

Tableau 7 Nombre de refuges en activité et de refuges qui ont participé à l'Enquête sur les maisons d'hébergement, provinces et territoires, Canada, 2007-2008

Références

BRESSAN, Angela. 2008. « La violence conjugale dans les provinces et les territoires du Canada », La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2008, produit no 85-224 au catalogue de Statistique Canada, Ottawa, p. 10 à 18,
/pub/85-224-x/85-224-x2008000-fra.pdf (site consulté le 17 février 2009).

MIHOREAN, Karen. 2005. « Tendances des actes de violence conjugale signalés par les victimes », La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2005, produit no 85-224 au catalogue de Statistique Canada, Ottawa, p. 13 à 34,
/pub/85-224-x/85-224-x2005000-fra.pdf (site consulté le 17 février 2009).

TAYLOR-BUTTS, Andrea. 2007. « Les refuges pour femmes violentées au Canada, 2005-2006 », Juristat, produit no 85-002 au catalogue de Statistique Canada, vol. 27, no 4,
/pub/85-002-x/85-002-x2007004-fra.pdf (site consulté le 17 février 2009).

Notes

  1. Enquête sociale générale sur la victimisation de 2004.
  2. Les établissements qui desservent exclusivement les hommes victimes de violence ne sont pas visés par l'enquête. Les admissions des hommes seront traitées dans la publication La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2009 qui sera diffusée à l'automne 2009.
  3. Les données complètes de l'EMH seront diffusées à l'automne 2009 dans la publication La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2009.
  4. Une admission est comptée chaque fois qu'une personne est officiellement enregistrée, même si cela n'est pas le premier séjour de cette personne.
  5. En plus de présenter les résultats du plus récent cycle de l'EMH, le présent article comprend une analyse des données de séries chronologiques provenant du fichier sur les tendances de l'EMH.
  6. En plus de recueillir des données sur les services d'hébergement offerts aux femmes victimes de violence et à leurs enfants pendant une période d'accueil de 12 mois, l'EMH permet de produire un instantané des personnes desservies en un jour donné. Les données recueillies le jour de l'instantané, soit le 16 avril 2008, fournissent un aperçu fiable des résidents des refuges.
  7. Comprend, par exemple, des problèmes de logement.
  8. On a demandé aux refuges de déclarer si les résidentes étaient admises avec ou sans leurs enfants. On ignore toutefois si les femmes qui n'étaient pas accompagnées de leurs enfants en avaient la garde légale ou physique avant de se présenter aux refuges.
  9. Selon le fichier de données sur les tendances.
  10. On a demandé aux refuges de déclarer les types de violence que les résidentes fuyaient. Les refuges ont reçu comme instruction de déclarer tous les types de violence subie par chaque résidente. Il pouvait donc y avoir des réponses multiples pour une femme, et le pourcentage applicable à chaque type de violence ne correspond pas à 100.
  11. Pour près de la moitié des cas, l'incident n'avait pas été signalé à la police et pour 29 % des cas, l'information était inconnue.
  12. Pour 45 % des cas, aucune accusation n'avait été portée contre l'agresseur et pour 39 % des cas, l'information était inconnue.
  13. Comprend l'ordonnance de garder la paix, l'ordonnance d'interdiction de communication, l'engagement de garder la paix et de bien se conduire, les conditions de la probation, l'ordonnance d'intervention d'urgence, l'ordonnance de protection d'urgence, l'ordonnance d'aide à la victime, l'ordonnance interdisant de suivre une personne avec persistance d'un endroit à l'autre, etc.
  14. Pour 42 % des cas, aucune ordonnance n'avait été rendue contre l'agresseur et pour 43 % des cas, l'information était inconnue.
  15. Les chiffres de l'EMH concernant les admissions répétées tiennent compte des réadmissions de clients dans le même refuge et ne comprennent pas les femmes qui peuvent avoir cherché auparavant un refuge dans un établissement différent.
Date de modification :