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Un coup d'œil sur l'agriculture canadienne

Évolution de l'industrie porcine canadienne

par Yan Brisson, Division de l’agriculture

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Début du texte

La présente étude porte sur l’évolution de l’industrie porcine à partir des données du Recensement de l’agriculture. Cette industrie est en constante évolution influencée par les variations des prix et de la valeur du dollar canadien, la génétique des troupeaux et les méthodes d’élevage, les contrats de commercialisation, les marchés ou de nouvelles maladies telles que l’apparition de la diarrhée épidémique porcine en 2013.

De 1921 à 2011, le nombre total de fermes au Canada est passé de 8,1 pour chaque tranche de 100 habitants à 0,6 pour 100 habitants, ce qui représente un changement majeur. Au fil du temps, les exploitations sont devenues plus intensives et plus spécialisées. Le secteur porcin n’a pas échappé à cette réalité. Pendant cette période, le cheptel canadien s’est accru pour passer de 3 324 291 à 12 679 104 têtes, et le nombre de fermes ayant déclaré des porcs a chuté de 452 935 à 7 371.

Tableau 1
Population canadienne et nombre de fermes, Canada, 1921 et 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 1 Population canadienne et nombre de fermes. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Population , Nombre total de fermes et Fermes ayant déclaré des porcs, calculées selon nombre de personnes et nombre de fermes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Population  Nombre total de fermes Nombre de fermes ayant déclaré des porcs
nombre de personnes nombre de fermes
1921 8 787 949 711 090 452 935
2011 33 476 688 205 730 7 371

Cette évolution s’est effectuée progressivement au fil des ans. De 1921 au début des années 1960, on a assisté à une lente transformation des exploitations. Leur nombre a diminué de façon marquée, mais le cheptel est demeuré relativement stable. Puis, on est graduellement passé d’une agriculture de subsistance, où les élevages sont mixtes, à une agriculture plus commerciale, où les exploitations se spécialisent. La taille moyenne des troupeaux a augmenté conséquemment.

Ensuite, au cours des années 1960, on a enregistré une forte croissance du cheptel national. Cela a été en quelque sorte le début de l’essor du secteur porcin, où plusieurs abattoirs et charcuteries ont fait leur apparition. Dix ans plus tard, on a observé la première période d’adversité de l’industrie porcine qui a eu des répercussions, en outre, sur plusieurs types de productions agricoles.

Le secteur a par la suite affiché une expansion marquée de 1976 à 1981. Cette période a été suivie, en raison de divers facteurs économiques tels que les taux d’intérêt élevés et la crise financière asiatique, d’un marasme qui s’est poursuivi jusqu’au milieu des années 1990.

De 1996 à 2006, une ère de prospérité a vu le jour, stimulée par le nouvel accord de libre-échange nord-américain. Pendant cette période, on a observé une croissance substantielle du cheptel canadien qui a atteint un sommet de 15 043 132 têtes. Cette période de croissance ne s’est cependant pas passée sans soubresauts, le secteur ayant affiché une chute importante des prix en 1998 et une demande réduite des marchés asiatiques.

Enfin, la période actuelle, amorcée au début du millénaire, affiche une réduction de la taille du troupeau qui se situe au même niveau que celui des années 1990, et une baisse du nombre de fermes porcines.

En 2011, ayant affiché des recettes monétaires de 3,9 milliards de dollars,Note 1 l’industrie porcine était la quatrième en importance au pays derrière le canola, les produits laitiers et les bovins. L’exploitation porcine type a engendré des ventes médianes de 160 918 $ en 2010, a cultivé une superficie médiane de 99 acres en foin et grandes cultures en 2011 et était exploitée par un homme âgé de 50 ans qui résidait sur la ferme et y travaillait plus de 40 heures par semaine.

Graphique 1 Cheptel porcin et nombre de fermes ayant déclaré des porcs, Canada,  1921 à 2011

Description du graphique 1

Le porc canadien dans le monde

L’économie globale est en pleine transformation, ce qui a des répercussions déterminantes sur les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation. La demande pour les denrées d’origine animale telles que la viande est en constante croissance. Mondialement, c’est la viande de porc qui est la plus consommée, notamment en Amérique, en Europe et en Asie. Celle-ci constituait 36,3 % de la production, suivie de la volaille (34,4 %) et du bœuf (21,2 %). Sa production est passée d’environ 20 millions de tonnes en 1960 à plus de 108 millions de tonnes en 2011.

Le Canada joue un rôle de premier plan dans ce marché. En 2011, c’est au-delà de 1 million de tonnes de viande de porc d’une valeur de 2,9 milliards de dollars qui ont été exportées dans plus de 80 pays, principalement aux États-Unis, au Japon, en Russie, en Chine et en Corée du Sud. Cela place le Canada au 5e rang des exportateurs mondiaux. La majorité de la viande de porc produite au pays est donc destinée au marché des exportations.

Tableau 2
Exportations de viande de porc, 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 2 Exportations de viande de porc. Les données sont présentées selon Pays (titres de rangée) et Quantité, Valeur et Classement mondial, calculées selon tonnes, milliers de $US et rang unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Pays Quantité Valeur Classement mondial
tonnes milliers de $ US rang
Allemagne 2 225 570 6 640 321 1
États-Unis 1 925 976 5 865 108 2
Danemark 1 594 878 4 395 891 3
Espagne 1 214 441 3 717 779 4
Canada 1 088 283 2 905 684 5
Pays-Bas 1 073 371 2 800 864 6

Une période d'adversité

Selon le Recensement de l’agriculture de 2011, le nombre d’exploitations ayant déclaré des porcs a diminué de 35,9 % par rapport à 2006, pour s’établir à 7 371. Parallèlement, le nombre de porcs a baissé de 15,7 % pour se chiffrer à 12,7 millions. Plusieurs facteurs ont eu un effet sur ce déclin.

Tout d’abord, le prix du porc, ayant commencé à diminuer en 2005, est demeuré à un bas niveau jusqu’en 2010, faisant reculer le revenu des producteurs. Ensuite, il y a eu la crise alimentaire mondiale de 2008, les périodes de sécheresse comme celles au sud des États-Unis et en Australie, l’augmentation du prix du baril de pétrole et la spéculation boursière qui ont contribué à la flambée du prix des grains. Étant donné que l’alimentation est le poste de dépenses le plus important pour la production porcine et que le porc est un animal monogastrique principalement alimenté de moulée à base de céréales comme l’orge et le maïs, cette augmentation des prix a eu de fortes répercussions sur la rentabilité des exploitations porcines. D’ailleurs, si l’on examine le ratio du prix du porc sur le prix des grains, on observe une détérioration du ratio à partir de 2005 qui, à ce jour, n’est toujours pas remonté aux niveaux précédents.

Graphique 2 Ratios des prix du porc sur le prix des grains et du maïs, Canada,  1991 à 2011

Description du graphique 2

Le dollar canadien qui avoisine la parité avec le dollar américain depuis maintenant plusieurs années (à l’exception de 2009) rend les exportations canadiennes plus coûteuses par rapport aux importations.Note 2 Cela est d’autant plus vrai puisque les États-Unis sont les principaux importateurs de porc canadien en termes de volume, représentant plus du quart des exportations en 2011, et que le prix du porc canadien est fortement influencé par le prix fixé à la Bourse de Chicago.Note 3

En 2008-2009, le gouvernement fédéral a mis en œuvre le Programme de réforme des porcs reproducteurs (PRPR) et le Programme de transition pour les exploitations porcines (PTEP). Ces programmes visent à faciliter la transition des producteurs de porcs qui souhaitent réduire leur production, s’adapter à la situation actuelle du marché ou quitter la production. Le PRPR a entraîné une diminution de 128 175 porcs ou 8,4 %Note 4 du cheptel reproducteur canadien. Le PTEP a provoqué une baisse de 671 600 porcs, ce qui représente une réduction de 5,4 % du troupeau canadien. Les deux programmes combinés ont permis le retrait de près de 800 000 porcs ou 6,3 % du total recensé en 2011.

Tableau 3
Répercussions du Programme de transition pour les exploitations porcines (PTEP) sur le nombre de fermes et le cheptel, Canada et provinces, 2010
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 3 Répercussions du Programme de transition pour les exploitations porcines (PTEP) sur le nombre de fermes et le cheptel, Canada et provinces, 2010. Les données sont présentées selon Province (titres de rangée) et Fermes porcines, Fermes participantes, Part, Porcs et Porcs retirés, calculées selon nombre et % unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province Fermes porcines Fermes participantes Part Porcs Porcs retirés Part
nombre % nombre %
Canada 7 705 338 4,4 12 525 000 671 600 5,4
Provinces Atlantiques 255 19 7,5 131 400 52 277 39,8
Québec 1 980 36 1,8 4 100 000 42 449 1,0
Ontario 2 695 161 6,0 2 994 600 252 726 8,4
Manitoba 680 59 8,7 2 815 000 126 125 4,5
Saskatchewan 510 12 2,4 975 000 61 882 6,3
Alberta 925 41 4,4 1 420 000 86 000 6,1
Colombie-Britannique 660 10 1,5 89 000 50 141 56,3

Les maladies ont également eu un effet néfaste sur l’industrie porcine. La grippe A (H1N1), aussi appelée à tort « grippe porcine », a influencé la confiance du consommateur. En 2009, certains pays comme la Chine et la Russie ont même fermé leurs frontières aux importations de porc canadien. D’autres maladies ont également touché plusieurs troupeaux, particulièrement depuis le début du millénaire, comme le syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) et le circovirus porcin (CVP2). Celles-ci ont des répercussions économiques que l’on estime à plusieurs centaines de millions de dollars par année sur l’industrie porcine de l’Amérique du Nord. D’ailleurs, le gouvernement fédéral a lancé en 2007 l’initiative de lutte contre les maladies dans l’industrie porcine (LMIP).

Finalement, différentes politiques internationales ont nui aux exportations. Par exemple, la politique sur l’étiquetage obligatoire du pays d’origine lancée en 2009, mieux connue sous le nom d’ÉPONote 5 aux États-Unis, entraîne des coûts supplémentaires, particulièrement pour ce qui est du commerce des porcs vivants. En raison de leur forte intégration et de la proximité de leurs exploitations porcines avec la frontière, ces changements ont ébranlé davantage l’Ontario et le Manitoba.

Graphique 3 Exportations de porcs vivants, Canada, 2000 à 2011

Description du graphique 3

En mode restructuration

Cette période a donc eu l’effet d’amorcer une restructuration importante du secteur. Entre 2006 et 2011, le nombre d’exploitations a chuté de 35,9 % et le cheptel a baissé de 15,7 %. L’impact de cette période s’est fait le plus ressentir au niveau du nombre de fermes, le Manitoba ayant affiché la plus forte diminution (-50,3 %), suivi de l’Alberta (-45,6 %) et de la Saskatchewan (-44,3 %).

Graphique 4 Nombre de fermes ayant déclarés des porcs par province, 2006 et 2011

Description du graphique 4

On observe peu de changements pour ce qui est de la répartition du cheptel. Les données du Recensement de 2011 ont révélé que 79,2 % du porc canadien se trouvaient au Québec, en Ontario et au Manitoba, comparativement à 74,0 % en 2006. Les plus grandes variations par rapport à 2006 ont été observées dans les provinces de l’Atlantique, où le nombre de têtes a chuté de 60,9 %, suivies de la Colombie-Britannique (-34,4 %) et de l’Alberta (-31,9 %). Le Québec (-3,7 %) et le Manitoba (-2,8 %) sont les provinces où le cheptel a le moins régressé.

Graphique 5 Distribution du nombre de porcs par province, 2011

Description du graphique 5

La taille des exploitations a continué de s’accroître considérablement, la moyenne nationale s’étant établie à 1 720 porcs par exploitation en 2011. Les provinces ayant déclaré les plus grandes fermes étaient le Manitoba (4 831), suivi du Québec (2 098) et de la Saskatchewan (1 986). Les plus petites fermes se trouvaient majoritairement en Colombie-Britannique (142) et dans les provinces de l’Atlantique (474).

Tableau 4
Nombre de fermes porcines, taille et cheptel moyen, Canada et provinces, 2006 et 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 4 Nombre de fermes porcines, taille et cheptel moyen, Canada et provinces, 2006 et 2011, calculées selon nombre de fermes et nombre de porcs unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Province Nombre de fermes Nombre de porcs Cheptel moyen
2006 2011 2006 2011 2006 2011
nombre de fermes nombre de porcs
Canada 11 497 7 371 15 043 132 12 679 104 1 308 1 720
Provinces de l’Atlantique 462 270 327 576 128 068 709 474
Québec 2 454 1 953 4 255 637 4 096 678 1 734 2 098
Ontario 4 070 2 556 3 950 592 3 088 646 971 1 208
Manitoba 1 188 590 2 932 548 2 850 581 2 468 4 831
Saskatchewan 930 518 1 388 886 1 028 530 1 493 1 986
Alberta 1 576 857 2 052 067 1 397 534 1 302 1 631
Colombie-Britannique 817 627 135 826 89 067 166 142

Cette restructuration a surtout touché les exploitations de plus petite taille, tandis que les plus grandes semblent s’en être mieux tirées. Cela explique d’autant plus l’augmentation du troupeau moyen et s’inscrit dans le contexte observé dans le milieu rural canadien. En 2011, les exploitations comptant plus de 5 000 porcs représentaient 7,6 % de l’ensemble des exploitations et détenaient 52,4 % du cheptel porcin, comparativement à 5,3 % des exploitations porcines qui possédaient 44,0 % du total en 2006. Ces plus grandes fermes tendent d’ailleurs à être plus spécialisées. Les exploitations ayant déclaré plus de 1 000 têtes n’ont indiqué aucun autre type d’élevage dans 64,7 % des cas, comparativement à 16,1 % chez celles de plus petite taille.

Graphique 6 Nombre de fermes par taille de ferme, Canada, 2006 et 2011

Description du graphique 6

La gestion des troupeaux a aussi évolué. Entre 2006 et 2011, le nombre de truies a chuté de 26,8 % pour s’établir à 1 136 630. Le nombre de porcelets (non sevrés et sevrés) a diminué de 9,6 % pour se chiffrer à 4 753 769. Le nombre de porcs à l’engraissement et de finition a subi une baisse de 17,5 % pour atteindre 6 736 613. Le nombre de verrats a quant à lui diminué de 26,3 % pour se chiffrer à 25 092.

Les exploitations d’engraissement (ou finisseur), c’est-à-dire qui s’engagent seulement dans l’élevage des porcs de finition pour les rendre au poids d’abattage, représentaient la majorité des fermes porcines (41,4 %). Venaient ensuite les exploitations de type naisseur-finisseur (29,4 %) qui élèvent le porc à tous ses stades de développement. Enfin, on trouvait les maternités et pouponnières (29,2 %) qui contribuent strictement à la naissance et l’élevage des porcelets.

Tableau 5
Types d'exploitations porcines, Canada, 2006 et 2011
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau 5 Types d'exploitations porcines, Canada, 2006 et 2011. Les données sont présentées selon Type d'exploitation (titres de rangée) et Nombre de fermes, Nombre de porcs, 2006, 2011 et différence entre 2011 et 2006, calculées selon nombre de fermes, % et nombre de porcs unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Types d'exploitations Nombre de fermes Nombre de porcs
2006 2011 différence entre 2011 et 2006 2006 2011 différence entre 2011 et 2006
nombre de fermes   % nombre de porcs %
Total 11 497 7 371 -35,9 15 043 132 12 679 104 -15,7
Maternité et pouponnière seulement 2 560 2 150 -16,0 2 486 404 1 899 281 -23,6
Engraissement seulement 5 013 3 052 -39,1 4 021 426 3 493 939 -13,1
Naisseur-finisseur 3 924 2 169 -44,7 8 535 302 7 285 884 -14,6

La majorité du cheptel porcin (57,5 %) se trouvait dans des exploitations de type naisseur-finisseur, suivies des exploitations d’engraissement (27,6 %) et des maternités et pouponnières (15,0 %). Il y avait une plus forte diminution des exploitations de type naisseur-finisseur, mais la plus grande baisse du cheptel provenait des maternités et pouponnières. Si l’on tient compte du fait qu’il faut maintenant moins de truies pour élever un plus grand nombre de porcelets, cela suggère que les exploitations se spécialisent de plus en plus.

En conclusion, l’industrie porcine canadienne a bien évolué au fil des années. Les données recueillies au moyen du Recensement de l’agriculture révèlent que cette industrie s’est transformée radicalement. D’un très grand nombre de fermes mixtes possédant chacune seulement quelques porcs, elle est passée à un nombre restreint de fermes très spécialisées et de plus grande taille. Elle occupe aujourd’hui un rôle majeur au chapitre des exportations et s’améliore sans cesse sur le plan technique.

Début de l'encadré

Selon le Conseil canadien du porc, le secteur porcin rapporte 9,8 milliards de dollars annuellement.

Fin de l'encadré


Début de l'encadré

Tout en ayant une faible teneur en gras, la viande de porc est une excellente source de protéines, de vitamines, de fer, de zinc et plus encore. Selon la coupe, on la retrouve sous différentes formes telles que le bacon, les côtes levées, le filet, l’osso buco, l’effiloché, les côtelettes, la saucisse, et le jambon.

Fin de l'encadré


Début de l'encadré

L’intégration verticale ainsi que la contractualisation sont partie prenante de la production porcine canadienne. L’intégration verticale consiste à produire des porcs en contrôlant différents paliers. Par exemple, un intégrateur pourrait mettre au point sa propre génétique, élever ses porcs de la maternité à l’engraissement et nourrir ceux-ci avec la moulée qu’il aura fabriquée dans sa meunerie à l’aide de grains qu’il aura cultivés. Certains intégrateurs possèdent également leur propre abattoir et font eux-mêmes la mise en marché de leur viande. Plusieurs de ces intégrateurs utilisent également un système contractuel où ils ont recours à un système d’élevage à forfait.

Fin de l'encadré

Notes

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