Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C.v pour les ventes totales selon la géographie - août 2024

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C,v, pour les ventes totales selon la géographie - août 2024
Géographie Mois
202308 202309 202310 202311 202312 202401 202402 202403 202404 202405 202406 202407 202408
pourcentage
Canada 0,7 0,8 0,8 0,7 0,8 1,0 0,8 1,0 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5
Terre-Neuve et Labrador 1,1 0,7 0,8 0,7 0,7 0,8 0,9 1,1 1,3 1,0 0,5 0,4 0,3
Île-du-Prince-Édouard 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nouvelle-Écosse 3,9 2,6 2,1 7,0 12,7 4,8 2,7 2,7 3,0 5,1 4,5 2,8 3,0
Nouveau-Brunswick 1,5 1,6 1,7 1,7 1,8 2,1 1,6 2,1 1,8 0,6 0,7 1,0 0,8
Québec 2,6 2,5 2,6 3,4 2,6 2,7 3,2 4,5 2,0 1,9 1,5 1,8 1,8
Ontario 1,3 1,6 1,6 1,3 1,4 2,2 1,7 1,8 0,8 0,8 0,8 0,7 0,8
Manitoba 1,5 1,1 2,5 1,3 1,2 1,0 0,8 1,0 0,7 0,8 0,5 0,6 0,6
Saskatchewan 2,8 1,9 1,7 1,2 2,1 2,3 1,2 1,0 0,7 0,2 0,3 0,7 0,6
Alberta 0,6 1,0 1,0 0,6 1,1 0,8 0,7 0,7 0,2 0,3 0,4 0,5 0,5
Colombie-Britannique 2,4 2,0 1,9 1,9 1,7 1,8 1,8 1,9 0,9 1,0 1,3 1,1 0,9
Yukon 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Territoires du Nord-Ouest 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nunavut 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C.v. pour les ventes totales selon la géographie - juillet 2024

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C,v, pour les ventes totales selon la géographie - juillet 2024
Géographie Mois
202307 202308 202309 202310 202311 202312 202401 202402 202403 202404 202405 202406 202407
pourcentage
Canada 0,7 0,7 0,8 0,8 0,7 0,8 1,0 0,8 1,0 0,4 0,4 0,4 0,4
Terre-Neuve et Labrador 0,8 1,1 0,7 0,8 0,7 0,7 0,8 0,9 1,1 1,3 1,0 0,5 0,4
Île-du-Prince-Édouard 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nouvelle-Écosse 4,2 3,9 2,6 2,1 7,0 12,7 4,8 2,7 2,7 3,0 5,2 4,2 3,3
Nouveau-Brunswick 2,9 1,5 1,6 1,7 1,7 1,8 2,1 1,6 2,1 1,8 0,5 0,7 1,3
Québec 2,6 2,6 2,5 2,6 3,4 2,6 2,7 3,2 4,5 2,0 1,9 1,5 1,6
Ontario 1,4 1,3 1,6 1,6 1,3 1,4 2,2 1,7 1,8 0,8 0,8 0,8 0,7
Manitoba 1,1 1,5 1,1 2,5 1,3 1,2 1,0 0,8 1,0 0,7 0,8 0,5 0,6
Saskatchewan 1,2 2,8 1,9 1,7 1,2 2,1 2,3 1,2 1,0 0,7 0,2 0,3 0,7
Alberta 0,5 0,6 1,0 1,0 0,6 1,1 0,8 0,7 0,7 0,2 0,3 0,4 0,6
Colombie-Britannique 1,9 2,4 2,0 1,9 1,9 1,7 1,8 1,8 1,9 0,9 1,0 1,3 1,2
Yukon 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Territoires du Nord-Ouest 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nunavut 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C.v. pour les ventes totales selon la géographie - juin 2024

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C,v, pour les ventes totales selon la géographie - juin 2024
Géographie Mois
202306 202307 202308 202309 202310 202311 202312 202401 202402 202403 202404 202405 202406
pourcentage
Canada 0,9 0,7 0,7 0,8 0,8 0,7 0,8 1,0 0,8 1,0 0,4 0,4 0,4
Terre-Neuve et Labrador 0,9 0,8 1,1 0,7 0,8 0,7 0,7 0,8 0,9 1,1 1,3 1,0 0,5
Île-du-Prince-Édouard 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nouvelle-Écosse 6,2 4,2 3,9 2,6 2,1 7,0 12,7 4,8 2,7 2,7 3,0 5,2 4,0
Nouveau-Brunswick 1,4 2,9 1,5 1,6 1,7 1,7 1,8 2,1 1,6 2,1 1,8 0,5 0,7
Québec 3,8 2,6 2,6 2,5 2,6 3,4 2,6 2,7 3,2 4,5 2,0 1,9 1,5
Ontario 1,6 1,4 1,3 1,6 1,6 1,3 1,4 2,2 1,7 1,8 0,8 0,8 0,8
Manitoba 1,2 1,1 1,5 1,1 2,5 1,3 1,2 1,0 0,8 1,0 0,7 0,8 0,5
Saskatchewan 0,9 1,2 2,8 1,9 1,7 1,2 2,1 2,3 1,2 1,0 0,7 0,2 0,3
Alberta 0,6 0,5 0,6 1,0 1,0 0,6 1,1 0,8 0,7 0,7 0,2 0,3 0,4
Colombie-Britannique 2,6 1,9 2,4 2,0 1,9 1,9 1,7 1,8 1,8 1,9 0,9 1,0 1,3
Yukon 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Territoires du Nord-Ouest 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nunavut 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C.v. pour les ventes totales selon la géographie - mai 2024

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C,v, pour les ventes totales selon la géographie - mai 2024
Géographie Mois
202305 202306 202307 202308 202309 202310 202311 202312 202401 202402 202403 202404 202405
pourcentage
Canada 1,2 0,9 0,7 0,7 0,8 0,8 0,8 0,8 1,0 0,9 1,0 0,4 0,4
Terre-Neuve et Labrador 1,4 0,8 0,7 0,8 0,4 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 1,2 1,3 0,8
Île-du-Prince-Édouard 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nouvelle-Écosse 8,9 4,3 3,9 3,6 2,6 2,0 4,8 12,1 4,8 2,6 2,9 2,7 4,2
Nouveau-Brunswick 2,1 1,3 2,3 1,4 1,6 1,6 1,7 1,8 1,7 1,3 2,2 1,9 0,8
Québec 2,9 3,6 2,5 2,5 2,4 2,6 3,4 2,6 2,8 3,2 4,1 1,7 2,0
Ontario 2,8 1,6 1,4 1,3 1,6 1,6 1,3 1,4 2,2 1,8 1,8 0,8 0,8
Manitoba 1,9 1,2 1,1 1,5 1,2 2,6 1,3 1,2 1,0 0,8 1,0 0,7 0,8
Saskatchewan 1,4 0,9 1,1 2,8 1,8 1,6 1,2 2,0 2,2 1,2 1,0 0,7 0,2
Alberta 1,0 0,6 0,5 0,6 0,9 1,0 0,7 1,0 0,8 0,8 0,7 0,2 0,4
Colombie-Britannique 2,1 2,5 1,9 2,3 2,0 1,9 1,8 1,7 1,8 1,8 1,9 0,9 0,9
Yukon 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Territoires du Nord-Ouest 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nunavut 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C.v. pour les ventes totales selon la géographie - avril 2024

Enquête mensuelle sur le commerce de gros : C,v, pour les ventes totales selon la géographie - avril 2024
Géographie Mois
202304 202305 202306 202307 202308 202309 202310 202311 202312 202401 202402 202403 202404
pourcentage
Canada 0,4 0,6 0,4 0,3 0,3 0,3 0,4 0,4 0,4 0,5 0,4 0,5 0,4
Terre-Neuve et Labrador 1,2 0,6 0,3 0,3 0,3 0,1 0,2 0,2 0,3 0,3 0,3 0,6 1,5
Île-du-Prince-Édouard 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nouvelle-Écosse 2,2 4,4 2,3 2,0 1,6 1,3 1,0 1,3 5,7 2,4 1,2 1,6 3,1
Nouveau-Brunswick 1,7 1,1 0,6 0,9 0,7 0,8 0,8 0,9 0,9 0,6 0,7 1,1 2,0
Québec 2,0 1,4 1,7 1,2 1,2 1,2 1,3 1,7 1,3 1,4 1,7 2,1 1,7
Ontario 1,0 1,4 0,8 0,7 0,7 0,7 0,8 0,6 0,7 1,1 0,9 0,9 0,8
Manitoba 1,1 0,9 0,6 0,6 0,7 0,6 1,3 0,7 0,6 0,5 0,4 0,5 0,7
Saskatchewan 0,6 0,7 0,5 0,6 1,4 0,9 0,8 0,6 1,0 1,1 0,6 0,5 0,8
Alberta 0,3 0,5 0,3 0,2 0,3 0,4 0,5 0,3 0,5 0,4 0,4 0,4 0,3
Colombie-Britannique 1,3 1,0 1,2 0,9 1,1 1,0 0,9 0,9 0,8 0,9 0,9 0,9 0,9
Yukon 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Territoires du Nord-Ouest 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Nunavut 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Indicateurs avancés — Foire aux questions

par Steve Matthews, Kyle Virgin et Ramdane Djoudad ― Statistique Canada

Cet article spécial fournit des réponses non techniques aux questions liées à la production, à l'utilisation et à l'interprétation des indicateurs avancés pour l'Enquête mensuelle sur les industries manufacturières, l'Enquête mensuelle sur le commerce de gros et l'Enquête mensuelle sur le commerce de détail de Statistique Canada. Organisé sous la forme d'une foire aux questions, le présent document de référence vient compléter la documentation technique sur les définitions, les sources de données et les méthodes disponible pour les programmes individuels. Il est composé de deux sections. La section 1 traite des concepts et des définitions qui sont essentiels à la production d'indicateurs avancés, alors que la section 2 porte sur l'analyse et l'interprétation de ces produits statistiques spéciaux.

Section 1 : Contexte, définitions et terminologie

1 Qu'est-ce qu'un indicateur avancé?

Les indicateurs avancés sont des estimations statistiques qui permettent de fournir les premiers renseignements sur les activités économiques pour une période de référence donnée. Dans le cas des enquêtes indiquées ci-dessus, les indicateurs avancés sont générés lorsque les renseignements ont été reçus pour une partie des répondants, mais que la collecte de données est toujours en cours. Les indicateurs avancés pour les données mensuelles sur la fabrication, le commerce de gros et le commerce de détail sont généralement publiés de 21 à 25 jours après la fin d'un mois de référence, alors que les indicateurs préliminaires sont publiés environ un mois plus tard. Par exemple, l'indicateur avancé pour les données mensuelles sur le commerce de détail pour le mois de référence de janvier serait publié en février (de 21 à 25 jours plus tard), alors que l'indicateur préliminaire pour janvier serait publié en mars (un mois plus tard). Par conséquent, une publication de février présenterait un indicateur préliminaire pour décembre ainsi qu'un indicateur avancé pour janvier.

Le graphique 1 montre le nombre moyen de jours requis pour publier les indicateurs avancés, préliminaires et révisés pour les trois programmes après la fin de la période de référence.

Graphique 1 Nombre moyen de jours avant la publication, selon le programme

Graphique 1 Nombre moyen de jours avant la publication, selon le programme
Description - Graphique 1 Nombre moyen de jours avant la publication, selon le programme
Nombre moyen de jours avant la publication, selon le programme
Programme Avancé Préliminaire Révisé
Fabrication 25 45 76
Commerce de gros 25 46 77
Commerce de détail 21 52 82
2 Qu'est-ce qui a mené Statistique Canada à publier les indicateurs avancés?

Statistique Canada a publié les indicateurs avancés pour la première fois en 2020. Ce travail a été principalement fait pour donner aux utilisateurs des renseignements plus rapidement, étant donné l'incertitude économique qui a découlé de la pandémie de COVID-19. La demande pour des indicateurs avancés était élevée afin de surveiller les répercussions économiques de la COVID-19 dans différents secteurs de l'économie canadienne et de fournir des premiers signaux et renseignements au sujet de la direction que prenaient les tendances. En utilisant les premières données des répondants, Statistique Canada a été en mesure de compiler des signaux économiques actuels et fiables en se fondant sur les données observées.

Mois de référence de la première diffusion des indicateurs avancés selond le programme
Programme Mois de référence de la première diffusion des indicateurs avancés
Enquête mensuelle sur le commerce de détail Avril 2020
Enquête mensuelle sur les industries manufacturières Mai 2020
Enquête mensuelle sur le commerce de gros Août 2020
3 De quelle façon est-ce que Statistique Canada produit les indicateurs avancés?

Statistique Canada utilise une technique appelée estimation éclair pour produire les indicateurs avancés pour certains programmes d'enquête. L'estimation éclair désigne un type d'indicateur avancé qui emploie les mêmes méthodes utilisées pour produire des indicateurs préliminaires, mais ces méthodes sont appliquées à un ensemble de données plus limité, à un stade plus précoce. Par exemple, pour produire l'indicateur avancé pour le commerce de détail, seules les réponses ayant été reçues à un point prédéterminé de la période de collecte sont utilisées. Une fois la collecte terminée, les mêmes traitements de la non-réponse et méthodes de pondération sont utilisés sur l'ensemble complet de données reçues, qui sert ensuite à produire l'indicateur préliminaire.

La quantité de données recueillies intégrées à un indicateur avancé varie d'un mois à l'autre et d'une enquête à l'autre. Le tableau 1 indique qu'en 2023, le taux de réponse moyen pour les indicateurs avancés (arrondi au pourcentage près) était de 68 % pour l'Enquête mensuelle sur les industries manufacturières, de 59 % pour l'Enquête mensuelle sur le commerce de gros et de 45 % pour l'Enquête mensuelle sur le commerce de détail. Ces taux de réponse sont généralement publiés avec chaque indicateur avancé afin de donner aux utilisateurs des renseignements sur la qualité des chiffres pour le mois en question.

Tableau 1 Taux de réponse moyen, 2023
Programme Indicateur avancé Indicateur préliminaire Indicateur révisé
Fabrication 68 % 87 % 94 %
Commerce de gros 59 % 69 % 75 %
Commerce de détail 45 % 83 % 88 %

Le produit intérieur brut (PIB) mensuel par industrie est fondé sur les indicateurs avancés qui ont été examinés dans cet article pour compiler ses propres indicateurs avancés du PIB. Il est possible d'obtenir de plus amples renseignements sur les estimations du PIB mensuel à la page Révision du PIB du Canada.

La figure 1 illustre les fluctuations d'un mois à l'autre des données publiées sur les ventes dans les secteurs de la fabrication, du commerce de gros et du commerce de détail pour l'année de référence 2023. Les indicateurs avancés, préliminaires et révisés sont très cohérents, à la fois en ce qui concerne la direction (augmentation ou diminution) et l'ampleur de la fluctuation des ventes d'un mois à l'autre.

Figure 1 Comparaison des fluctuations d'un mois à l'autre pour les indicateurs avancés, préliminaires et révisésNote de bas de page 1

Les fluctuations d'un mois à l'autre des ventes des secteurs de la fabrication, 2023
Description - Les fluctuations d'un mois à l'autre des ventes des secteurs de la fabrication, 2023
Les fluctuations d'un mois à l'autre des ventes des secteurs de la fabrication, 2023
  Indicateur avancé Indicateur préliminaire Indicateur révisé
janvier 3,9 4,1 4,5
février -2,8 -3,6 -3,6
mars 0,7 0,7 0,8
avril -0,2 0,3 -0,1
mai 0,8 1,2 1,2
juin -2,1 -1,7 -2,0
juillet 0,7 1,6 1,6
août 1,0 0,7 1,0
septembre -0,1 0,4 0,7
octobre -2,7 -2,8 -2,9
novembre 1,2 1,2 1,5
décembre -0,6 -0,7 -1,1
Les fluctuations d'un mois à l'autre publiées des ventes du commerce de gros, 2023
Description - Les fluctuations d'un mois à l'autre publiées des ventes du commerce de gros, 2023
Les fluctuations d'un mois à l'autre publiées des ventes du commerce de gros, 2023
  Indicateur avancé Indicateur préliminaire Indicateur révisé
janvier 3,0 2,4 2,6
février -1,6 -1,7 -1,4
mars -0,4 -0,1 -1,1
avril 1,6 -1,4 -1,4
mai 3,5 3,3 2,5
juin -4,4 -2,8 -1,4
juillet 1,4 0,2 0,0
août 2,6 2,3 1,8
septembre 0,0 0,4 -0,6
octobre -1,1 -0,5 -0,3
novembre 0,8 0,9 0,9
décembre 0,8 0,3 -0,3
Les fluctuations d'un mois à l'autre des ventes du commerce de détail, 2023
Description - Les fluctuations d'un mois à l'autre des ventes du commerce de détail, 2023
Les fluctuations d'un mois à l'autre des ventes du commerce de détail, 2023
  Indicateur avancé Indicateur préliminaire Indicateur révisé
janvier 0,7 1,4 1,6
février -0,6 -0,2 -0,2
mars -1,4 -1,4 -1,5
avril 0,2 1,1 1,0
mai 0,5 0,2 0,1
juin 0,0 0,1 0,1
juillet 0,4 0,3 0,4
août -0,3 -0,1 -0,1
septembre 0,0 0,6 0,5
octobre 0,8 0,7 0,5
novembre 0,0 -0,2 -0,0
décembre 0,8 0,9 0,9
4 Existe-t-il d'autres approches qui permettent de produire les indicateurs avancés?

Outre l'estimation éclair, la prévision immédiate est une autre méthode qui peut être utilisée pour produire les indicateurs avancés. Contrairement à l'estimation éclair, la prévision immédiate englobe davantage de types d'indicateurs avancés qui reposent soit sur des données d'entrée différentes, soit sur des méthodes de compilation différentes des indicateurs préliminaires. Par exemple, une prévision immédiate peut comprendre des estimateurs fondés entièrement sur les modèles qui utilisent des renseignements provenant d'autres sources disponibles au moment où le modèle est appliqué pour générer la prévision immédiate. À l'instar de l'estimation éclair, les modèles de prévision immédiate produisent habituellement des indicateurs avancés qui sont moins précis que les indicateurs préliminaires.

Il existe une distinction importante entre les indicateurs avancés produits à Statistique Canada et ce qu'on appelle généralement les prévisions. Habituellement, les modèles de prévision sont utilisés pour projeter des données vers l'avenir afin de décrire les périodes de référence futures quand aucun renseignement n'est disponible sur la période de référence d'intérêt. L'absence de données observées dans les prévisions augmente le risque de résultats inexacts parce que les modèles s'appuient sur l'hypothèse selon laquelle les tendances historiques seront maintenues. En revanche, Statistique Canada intègre certaines formes de données observées à la production des indicateurs avancés. Les indicateurs avancés diffusés par Statistique Canada sont fondés sur des observations directes autant que possible, comme des données reçues de répondants ou des données administratives pour une période de référence d'intérêt. L'utilisation appropriée de ces données réduit le risque qu'il y ait des différences importantes entre les indicateurs avancés et les indicateurs préliminaires.

Section 2 : Questions liées à l'analyse et à l'interprétation

1 Quelles sont les forces et les faiblesses des indicateurs avancés?

Les indicateurs avancés fournissent des renseignements plus récents aux utilisateurs; toutefois, ces renseignements sont moins précis que les indicateurs préliminaires et les indicateurs révisés produits plus tard. Statistique Canada suit un cadre pluridimensionnel pour évaluer la qualité des données (Statistique Canada, 2019), y compris les dimensions d'exactitude et d'actualité. Les produits statistiques visent habituellement à trouver un équilibre entre ces dimensions pour répondre de la meilleure façon possible aux besoins des utilisateurs de données. Dans ce cadre en particulier, les indicateurs avancés visent à être plus actuels, avec un certain compromis en ce qui concerne l'exactitude. En raison de ce compromis en matière d'exactitude, les indicateurs avancés sont publiés à des niveaux de détail plus agrégés, comme à l'échelle nationale plutôt qu'à l'échelle provinciale, par rapport aux indicateurs préliminaires et révisés. De plus, ils ne sont pas diffusés au moyen de l'entrepôt de données officiel de Statistique Canada, mais sont diffusés uniquement dans des articles publiés dans le bulletin de diffusion officielle de Statistique Canada, Le Quotidien.

2 De quelle façon la qualité des indicateurs avancés est-elle surveillée?

Avant cette initiative, des études ont montré que la publication d'indicateurs avancés fournirait un équilibre souhaitable entre l'actualité et l'exactitude des données pour les utilisateurs. En particulier, les critères utilisés pour l'exactitude tenaient compte de la direction et de l'ampleur des fluctuations relatives d'un mois à l'autre. Cet élément est particulièrement important parce qu'il détermine des points de retournement dans une série chronologique; l'ampleur des fluctuations est un facteur important à prendre en considération parce qu'elle estime le rythme des changements économiques. Le rendement historique des indicateurs avancés produits au moyen de l'estimation éclair a été évalué, et ces indicateurs ont surpassé les méthodes de prévision et de prévision immédiate avec une rapidité comparable. De plus, les indicateurs avancés peuvent être générés environ un mois plus tôt que les indicateurs préliminaires.

Chaque mois, Statistique Canada compare les indicateurs avancés avec les indicateurs préliminaires qui suivent pour la même période de référence afin de surveiller l'ampleur des différences entre ceux-ci, ainsi que leur cohérence en ce qui concerne la direction des fluctuations d'un mois à l'autre.

De plus, un examen exhaustif des indicateurs avancés et de leur rendement passé est effectué périodiquement. Cet examen comprend une analyse des statistiques descriptives au fil du temps, ainsi que toutes les différences notables observées pour les périodes de référence individuelles.

3 Pourquoi les indicateurs avancés et les indicateurs préliminaires sont-ils différents?

Comme les indicateurs avancés sont établis au moyen des mêmes méthodes que les indicateurs préliminaires, ils sont sujets au même type d'erreurs d'échantillonnage et d'erreurs non dues à l'échantillonnage, mais avec différents degrés de sensibilité à ces sources d'erreur. Les différences entre les indicateurs avancés et les indicateurs préliminaires peuvent être attribuées aux sources suivantes :

  1. Réponses reçues après la production des indicateurs avancés : L'imputation, conçue pour produire des estimations agrégées exactes et non biaisées, est utilisée pour estimer les valeurs pour chaque unité non répondante lorsque les indicateurs avancés sont produits. Si une unité individuelle ne répond pas à temps pour l'indicateur avancé, mais qu'elle fournit une réponse avant la production de l'indicateur préliminaire, cela entraîne une différence entre les indicateurs avancés et préliminaires. Des différences importantes peuvent être constatées lorsque des unités individuelles présentent des différences notables, ou lorsque des différences relativement petites s'accumulent pour de nombreuses unités.
  2. Améliorations de l'imputation provenant des réponses supplémentaires reçues : Même pour les unités qui répondent effectivement à temps pour l'indicateur avancé, les valeurs imputées peuvent elles-mêmes différer entre les indicateurs avancés et préliminaires. Comme l'imputation pour l'indicateur préliminaire est fondée sur des renseignements plus complets, cet indicateur doit être considéré comme une estimation améliorée pour les unités non répondantes par rapport à l'indicateur avancé. Bien que ces différences soient généralement petites, elles peuvent s'accumuler et donner lieu à des différences notables entre les indicateurs avancés et préliminaires.
  3. Mises à jour apportées aux données après l'indicateur avancé : Lorsque des indicateurs avancés sont produits, les données des répondants font l'objet d'une révision supplémentaire et sont mises à jour dans le cadre du processus de validation des données, ce qui peut entraîner des différences entre les indicateurs avancés et préliminaires.
4 Y a-t-il d'autres approches qui peuvent être envisagées pour produire les indicateurs avancés?

Statistique Canada cherche constamment à adopter des méthodes à la fine pointe de la recherche afin de maximiser la qualité des données. Pour appuyer ces efforts, Statistique Canada collabore régulièrement avec d'autres bureaux nationaux de statistique ainsi qu'avec d'autres organismes statistiques et issus du milieu universitaire afin de déterminer, d'élaborer et d'évaluer des méthodes qui faciliteraient la production d'indicateurs avancés. En particulier, les approches de prévision immédiate sont prometteuses pour améliorer davantage la rapidité, si des modèles statistiques ayant une précision appropriée avec les informations disponibles peuvent être élaborés.

5 Où puis-je obtenir de plus amples renseignements?

Eurostat (2017), Handbook on Rapid Estimates (PDF) (en anglais seulement).

Statistique Canada (2019), Statistique Canada : Lignes directrices concernant la qualité, sixième édition.

Description de l'actif, du passif, des capitaux propres et des ratios financiers

Le bilan de l’agriculture canadienne a pour objectif : d’enregistrer la valeur de l’actif des entreprises agricoles; de comptabiliser la valeur des dettes des entreprises agricoles; d’enregistrer la valeur de capitaux propres des entreprises agricoles; de présenter des ratios financiers standards qui sont fondés sur des estimations tirées des données du bilan et du compte de valeur ajoutée; d’utiliser le concept de l’établissement; de présenter l’information au 31 décembre, par province.

On a conçu quatre types de comptes de bilan pour le secteur agricole canadien afin de distinguer l’actif et le passif des entreprises agricoles de ceux des ménages des exploitants agricoles et des propriétaires non-exploitants. Ces derniers sont des personnes ou des entreprises dont les activités ne relèvent pas du secteur agricole mais de la location de biens de production aux exploitants agricoles.

Dans cette série, seules les données afférentes au bilan du secteur agricole (jeu 2) sont fournies parce que ce sont celles qui reflètent le plus adéquatement les éléments de l’actif utilisés dans la production agricole. Les autres comptes de bilan peuvent être communiqués sur demande. Voici les quatre jeux de bilans regroupés qui sont établis pour le secteur agricole canadien :

Jeu 1 - Le Bilan du secteur agricole et des ménages des exploitants agricoles comprend tous les éléments d’actif et de passif du secteur agricole sans égard à la propriété. Il traite les ménages des exploitants agricoles et les entreprises agricoles comme une seule entité. Il inclut également les biens immobiliers agricoles loués des propriétaires non-exploitants et l’encours de la dette relative à ces biens.

Jeu 2 - Le Bilan du secteur agricole a été conçu pour comptabiliser uniquement les éléments d’actif et de passif utilisés dans la production de produits agricoles. Il comprend notamment les biens immobiliers loués de propriétaires non-exploitants et l’encours de la dette relative à ces biens. Aussi inclus sont les automobiles, camions et autres machines agricoles loués aux agriculteurs. Il traite les ménages des exploitants agricoles et les entreprises agricoles comme des entités distinctes, de telle sorte que la partie personnelle des éléments d’actif et de passif détenus par les ménages en est exclue.

Jeu 3 - Le Bilan des entreprises agricoles et des ménages des exploitants agricoles reflète la situation des exploitants agricoles et inclut les éléments d’actif et de passif des entreprises agricoles et des ménages des exploitants agricoles. La valeur des biens immobiliers agricoles donnés en location aux exploitants agricoles par les propriétaires non-exploitants et l’encours de la dette relative à ces biens ne figurent pas dans ce bilan.

Jeu 4 - Le Bilan des entreprises agricoles des exploitants agricoles a été conçu pour comptabiliser uniquement la partie des éléments d’actif et de passif détenue par les exploitants agricoles. Il exclut les éléments d’actif et de passif des propriétaires non-exploitants et des ménages des exploitants agricoles.

Pour la composition du bilan, on suit celle qui est recommandée dans le Manuel d’uniformisation de la comptabilité agricole, publié par le Comité d’uniformisation de la comptabilité agricole, Société du crédit agricole, (1991). Certaines définitions et certains commentaires concernant les concepts et les ratios furent également tirés de ce manuel.

L’analyse au moyen de ratios est un outil financier servant à la gestion et à l’analyse d’une entreprise. Toutefois, pour réaliser une analyse financière appropriée, il faut recourir à d’autres types d’analyse. Il est donc peu judicieux pour une entreprise de se fier uniquement à l’analyse des ratios pour évaluer sa situation financière. Les quatre principaux types de ratios calculés sont : liquidité, solvabilité, rentabilité et efficacité financière.

Les ratios qui figurent dans les tableaux ont été calculés pour l’ensemble du secteur agricole. Il est à noter que la valeur cible et la valeur réelle de ces ratios varient considérablement selon le type d’activités agricoles (élevage du bétail, production végétale, horticulture, etc.).

Lorsqu’on calcule et analyse les ratios financiers, on doit prêter une attention particulière à la méthode d’évaluation de l’actif, au type d’entreprise et à sa taille, ainsi qu’au cycle des affaires et à l’information nécessaire à la préparation de ces ratios. Ces ratios prennent toute leur signification lorsqu’ils sont comparés d’une année à l’autre. Pour de plus amples renseignements concernant le calcul et l’analyse des ratios financiers, veuillez vous reporter au document intitulé Manuel d’uniformisation de la comptabilité agricole.

Les utilisateurs doivent être particulièrement prudents lorsqu’ils recourent aux estimations des données sur les comptes débiteurs, les liquidités, les obligations et l’épargne dans les provinces du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie- Britannique. Dans ces provinces, les estimations des liquidités, des obligations et de l’épargne peuvent tenir compte des recettes différées sur les céréales, alors qu’ailleurs ces recettes sont généralement comptabilisées au poste comptes débiteurs. Toutefois, cela ne devrait avoir aucune incidence sur les estimations agrégées de l’actif à court terme.

L’actif à court terme comprend les éléments d’actif qui, dans le cours normal des activités de l’entreprise, peuvent être convertis en espèces ou absorbés dans le processus de fabrication en moins d’une année. L’actif à court terme comprend : les liquidités, les obligations et l’épargne; les comptes débiteurs; et les stocks.

Les comptes débiteurs sont des sommes que les entreprises agricoles doivent recouvrer, habituellement par suite de la vente de biens ou de services tels les céréales, le bétail et les travaux à forfait.

Les stocks sont des éléments de biens corporels qui sont destinés à la vente dans le cours normal des activités de l’entreprise ou en cours de fabrication pour devenir des produits destinés à la vente, ou encore, utilisés directement dans la production de biens ou de services. Les stocks sont composés de la volaille et des animaux de marché; des cultures; et des intrants.

La volaille et les animaux de marché englobent notamment le poulet, le dindon, les génisses de boucherie, les bouvillons, les veaux, les porcs autres que les verrats ou les truies, et les moutons destinés à être vendus.

Les cultures comprennent le blé à l’exclusion du blé dur, le blé dur, l’avoine, l’orge, le seigle, le maïs, le lin, le canola, le soya, les graines de moutarde, l’alpiste des Canaries, les graines de tournesol, les pois secs, les pois chiches, les lentilles, le tabac et les pommes de terre.

Les intrants sont composés des aliments pour animaux, des semences, des engrais, des produits chimiques, du carburant et d’autres fournitures utilisées par les entreprises agricoles.

Avant 1991, l’actif détenu par les ménages comprend notamment le mobilier et les appareils électriques. La partie de cet actif, utilisée par l’entreprise agricole, fait référence au matériel de bureau.

Le quota correspond essentiellement à l’octroi d’un permis ou à un droit de vendre une quantité précise d’un produit spécifique. Ce droit est régi par les offices de commercialisation. Certains quotas (tels que les quotas de lait) sont transférables et, par conséquent, se voient attribuer une valeur. Dans les provinces où les quotas sont négociés, la valeur de ces quotas reflète la valeur marchande actuelle. Dans les provinces où le transfert des quotas est interdit, la valeur de ces quotas est incorporée implicitement dans la valeur des immobilisations de l’exploitation agricole, étant donné qu’une partie de la valeur du quota est normalement capitalisée sous forme d’immobilisations.

Les animaux de reproduction se composent d’animaux qui sont élevés aux fins de la reproduction ou de la production de produits d’origine animale. Les animaux de reproduction comprennent les taureaux, les vaches laitières, les vaches de boucherie, les génisses d’élevage laitier, les génisses de remplacement pour la production bovine, les verrats, les truies, les béliers, les brebis et les agneaux de remplacement. Tous les animaux à fourrure élevés sur des fermes sont aussi inclus, puisqu’au 31 décembre la grande majorité, sinon tous, sont des géniteurs.

Les machines comprennent les automobiles, les camions et autres machines dont les instruments aratoires, le matériel utilisé pour le semis, la fertilisation, l’application des produits chimiques, la récolte et la fenaison, l’équipement de laiterie et celui servant à la volaille et au bétail et divers autres éléments. À partir de 1991, les ordinateurs et autre matériel de bureau utilisés en affaires de l’entreprise agricole sont inclus avec les autres machines.

Les immobilisations agricoles se divisent en trois composantes : les terres, les bâtiments de ferme et les maisons. La valeur des terrains comprend tous les terrains agricoles exploités par les exploitants agricoles. La valeur des bâtiments de ferme comprend tous les bâtiments agricoles autres que les maisons. La valeur des maisons comprend tous les logements agricoles occupés par les exploitants agricoles.

Les autres éléments de l’actif immobilisé comprennent les placements à long terme, ainsi que les soldes d’Agri-investissement (ayant débuté en 2008). Avant la fin des programmes en 2007, et la fermeture subséquente de tous les comptes des producteurs en 2009, les soldes du Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) et, au Québec, du Compte de stabilisation du revenu agricole (CSRA) étaient également inclus. Cette série débute en 1991.

L’actif total se compose de tous les biens corporels et incorporels ayant une valeur économique au 31 décembre. Il correspond à la sommation de l’actif à court terme, des quotas, des animaux de reproduction, des machines, des immobilisations agricoles et des autres éléments de l’actif immobilisé.

Le passif à court terme comprend les dettes payables dans l’année en cours : par exemple, les dettes et les billets exigibles au cours d’une période inférieure à un an.

Le passif à long terme, dont la période de remboursement est supérieure à un an à compter de la date du bilan, comprend les prêts hypothécaires et les prêts que les exploitants agricoles ont contractés auprès de divers prêteurs pour l’achat d’équipement. Ces prêts sont accordés notamment par les banques à charte, le Financement agricole Canada, la Banque de développement du Canada, les coopératives de crédit, les bureaux régionaux du Trésor, les organismes fédéraux et provinciaux, les compagnies d’assurance, les sociétés de fiducie et de crédit, les sociétés approvisionneuses, des particuliers, les programmes de paiements anticipés et ceux en vertu de la Loi sur les terres destinées aux anciens combattants.

Le passif total comprend toutes les opérations effectuées antérieurement par une entreprise, qui l’obligeront plus tard à verser des sommes d’argent. Le passif total correspond à la somme du passif à court terme et du passif à long terme.

Les capitaux propres font référence à la participation du ou des propriétaires dans l’entreprise. Il correspond à la différence entre l’actif total et le passif total; il représente la partie de l’actif de l’entreprise détenue par les exploitants. L’avoir est augmenté de l’apport net des propriétaires à l’actif de l’entreprise et des bénéfices nets cumulés. Les capitaux propres étant par définition un élément résiduel, toute variation dans la valeur de l’actif et du passif entraînera un changement proportionnellement plus grand de la valeur de l’avoir.

La liquidité mesure la capacité de l’entreprise à s’acquitter de ses dettes lorsqu’elles deviennent exigibles. Trois ratios de liquidité sont calculés à l’aide des valeurs du bilan : le ratio du fonds de roulement, le ratio de trésorerie et le ratio de la structure financière.

Le ratio du fonds de roulement mesure la capacité de l’entreprise à s’acquitter de ses dettes lorsqu’elles deviennent exigibles, sans que ses activités normales en soient perturbées. Si le ratio du fonds de roulement est supérieur à 1, on considère que l’entreprise possède suffisamment de liquidités; un ratio inférieur à 1 peut révéler un problème éventuel de liquidités. Il est à noter qu’une position favorable en matière de liquidités peut fournir des informations erronées quant au niveau d’excédent de l’actif à court terme sur les dettes à court terme étant donné qu’une partie importante de l’actif à court terme peut être constituée de stocks difficiles à convertir en espèces. De même, la valeur du ratio peut varier en fonction du cycle de production, c’est-à-dire que les résultats obtenus peuvent différer énormément en fonction de certains facteurs : par exemple, un ratio qui est calculé lorsque les inventaires sont très élevés, comme c’est le cas à l’automne, diffère de celui qui est calculé au printemps, lorsque les inventaires sont relativement épuisés. Ce ratio ne permet pas non plus de prédire à quelle période se produisent les mouvements de l’encaisse ni s’ils sont appropriés.

Le ratio de trésorerie constitue une variante du ratio du fonds de roulement et vise à éliminer certains désavantages qui résultent de l’utilisation du ratio du fonds de roulement. Le ratio de trésorerie correspond au quotient de l’encaisse, des titres négociables et des comptes débiteurs par le passif à court terme. L’exclusion des stocks de ce calcul permet d’obtenir une évaluation du niveau de liquidités « immédiat » des entreprises agricoles. Un ratio de trésorerie égal à 1 indique que l’entreprise a suffisamment de disponibilités (actif) pour couvrir les dettes à court terme. La valeur cible du ratio varie toutefois en fonction du type d’activités agricoles : par exemple, la valeur cible du ratio pour des activités laitières sera différente de celle désirée pour des activités céréalières. Ce ratio ne permet pas non plus de prédire à quelle période se produisent les mouvements de l’encaisse ni s’ils sont appropriés.

Le ratio de la structure financière mesure la part du passif à court terme par rapport au passif total. Ce ratio, combiné au ratio du fonds de roulement, renseigne sur le niveau de solvabilité d’une entreprise. Un ratio de structure financière élevé peut révéler des problèmes de solvabilité. Toutefois, ce n’est pas toujours le cas, en particulier si les dettes à long terme des entreprises agricoles sont relativement faibles : le problème de solvabilité est alors inexistant. Par conséquent, au moment d’analyser ce ratio, on doit tenir compte du montant de l’endettement et des mouvements d’encaisse des entreprises agricoles.

La solvabilité fait référence aux mesures financières qui permettent d’évaluer le niveau d’endettement d’une entreprise par rapport au montant de capital qui y a été investi. On calcule trois ratios de solvabilité à partir des données du bilan : le ratio de levier, le ratio d’autonomie financière et le ratio d’endettement. Ces différents ratios déterminent le niveau de risque encouru par les investisseurs, que ce soit les créanciers ou les exploitants; le risque est proportionnel au niveau d’endettement.

Le ratio de levier correspond à la valeur du passif par dollar de capitaux propres. Il mesure la part des capitaux empruntés dans le financement de l’entreprise par rapport à la part des capitaux propres. Plus le ratio est élevé plus la part du financement par emprunt est importante. Un ratio de levier égal à 0,5 indique par exemple que le financement par capitaux propres de l’entreprise agricole est deux fois plus élevé que le financement par emprunt. Plus la valeur du ratio est élevée plus le financement de l’entreprise est effectué par emprunt, et plus le risque s’accroît. La valeur cible pour le ratio est fonction du bénéfice dégagé par l’entreprise agricole et d’autres facteurs tels que le risque associé à la production : les entreprises agricoles qui affichent de fortes variations au niveau du bénéfice ou encore qui présentent des risques élevés désireront un ratio inférieur.

Le ratio d’autonomie financière représente la valeur des capitaux propres par dollar d’actif total. Il mesure la part de l’actif total qui est financée par les capitaux propres plutôt que par emprunt. Plus la valeur du ratio est élevée, plus les propriétaires participent au financement de l’actif de l’entreprise comparativement aux créanciers.

Le ratio d’endettement, représenté par le quotient du passif total par l’actif total, permet d’évaluer l’importance du levier financier utilisé par l’entreprise, ou encore la part de l’actif total financée par emprunt. Plus la valeur de ce ratio est élevée, plus le risque financier est grand.

La rentabilité fait référence à la capacité d’une entreprise à réaliser un bénéfice en utilisant ses ressources. Les ratios de rentabilité sont obtenus au moyen des données du bilan et du compte de valeur ajoutée. Il convient d’établir une relation entre ces deux comptes étant donné qu’ils sont liés conceptuellement et méthodologiquement. Trois ratios de rentabilité sont calculés : le ratio de rotation des capitaux, le rendement de l’actif et le rendement des capitaux propres.

Le ratio de rotation des capitaux évalue la capacité de l’entreprise à utiliser efficacement son actif pour produire un bénéfice. Plus la valeur du ratio est élevée plus l’entreprise utilise efficacement son actif. La valeur cible du ratio de rotation des capitaux varie fortement en fonction du type d’activités agricoles. Il est à noter que le ratio établit une comparaison entre une période de temps et un point précis dans le temps, c’est-à-dire, les produits se rapportent à une période comptable précise tandis que l’actif total correspond à un moment précis de cette période. Par conséquent, l’analyse du ratio peut induire en erreur lorsque l’actif total subit des fluctuations importantes à la hausse ou à la baisse au cours de la période comptable.

Le rendement de l’actif constitue une mesure du rendement du capital investi, c’est-à-dire qu’il reflète le bénéfice par dollar de capitaux propres et de capitaux obtenus par emprunt. Plus la valeur du ratio est élevée plus grand est le rendement de l’actif.

Le rendement des capitaux propres mesure le rendement des capitaux investis par le propriétaire dans son entreprise, c’est-à-dire qu’il reflète uniquement le rendement par dollar de capitaux propres.

La valeur du travail non rémunéré des familles et des exploitants n’étant pas estimée, cette situation peut influer sur l’utilité et le calcul du rendement de l’actif et du rendement des capitaux propres. Il est préférable de ne pas comparer ces derniers ratios à d’autres ratios de rendement de l’actif et de rendement des capitaux propres sauf si on a eu recours à la même méthode de calcul. De même, ces ratios ne tiennent pas compte des gains en capital non matérialisés qui peuvent être inclus dans la valeur d’éléments d’actif tels que les terres agricoles. Plus le ratio du rendement des capitaux propres est élévé, plus le rendement des investissements est grand. Toutefois, une valeur élevée de ce ratio peut signifier un recours plus marqué au financement par emprunt. Ce ratio doit donc être analysé à la lumière d’autres ratios.

Pour les ratios du rendement de l’actif et du rendement des capitaux propres, les rendements obtenus reflètent les différents bilans. Dans le cas des jeux 1 et 2, qui incluent les biens des propriétaires non-exploitants, le rendement tient compte du loyer versé à ces derniers. Dans le cas des jeux 1 et 3, qui enregistrent la part personnelle de l’actif détenue par les ménages, les salaires perçus par les ménages sont inclus dans le rendement.

L’efficacité financière fait référence à la capacité d’une entreprise à utiliser efficacement ses ressources.

Le ratio de couverture de l’intérêt est le ratio auquel on a le plus souvent recours lorsqu’on désire établir dans quelle mesure l’entreprise peut rembourser les intérêts sur sa dette. À l’instar des ratios du rendement de l’actif et de l’avoir des propriétaires, le ratio de couverture de l’intérêt obtenu reflète si on a tenu compte ou non des propriétaires non-exploitants et de la part personnelle de l’actif détenue par les ménages.

Hé-coutez bien! Épisode 32 - Retour vers le troisième âge : la population vieillissante du Canada

Date de diffusion : le 15 mai 2026

Nº de catalogue : 45-20-0003
ISSN : 2026004

Retour vers le troisième âge : la population vieillissante du Canada

Écoutez « Hé-coutez bien! » sur :

La population du Canada change rapidement. Moins d’enfants, une vie plus longue et le vieillissement des baby-boomers transforment logements, écoles et soins. Avec Patrick Charbonneau de Statistique Canada, nous explorons les défis de la génération sandwich.

Animateur

André Laplante

Invité

Patrick Charbonneau

Écoutez

Hé-coutez bien! Épisode 32 - Retour vers le troisième âge : la population vieillissante du Canada - Transcription

Transcription

André : Bienvenue à Hé-coutez bien!, un balado de Statistique Canada où nous rencontrons les personnes derrière les données et découvrons les histoires qu'elles révèlent. Je suis votre animateur, André Laplante.

Nous sommes en 1946, après une guerre longue et dévastatrice qui a duré six ans, l'optimisme économique atteint des sommets. Les soldats rentrent au pays pour s'établir et le baby-boom bat son plein. En 1946, le Canada a enregistré une augmentation spectaculaire de 15 % du nombre de naissances en un an seulement. Au Canada, le baby-boom s'est poursuivi pendant 20 ans et, durant cette période, plus de 8,2 millions de bébés ont vu le jour.

Les démographes utilisent un graphique appelé pyramide des âges, qui présente la population totale répartie par génération. Il permet de voir quel pourcentage de la population chaque groupe d'âge représente. Pendant le baby-boom, la pyramide du Canada se présentait comme on pourrait s'y attendre : une base large représentant un grand nombre d'enfants et de jeunes, qui se réduit à mesure que l'on progresse vers le haut.

Elle ressemblait véritablement à une pyramide. Mais aujourd'hui, les choses ont beaucoup changé. Notre pyramide des âges a perdu sa large base. On trouve un gros bond au milieu du graphique, qui représente la génération Y, et un autre encore plus important au-dessus, qui représente les baby-boomers aujourd'hui.

En réalité, elle ne ressemble plus vraiment à une pyramide. On dirait plutôt une marée qui monte et descend au fil des vagues. Est-ce que cette nouvelle pyramide, ponctuée de bosses et de creux, inquiète les démographes? Quelles sont les implications du vieillissement de la population canadienne et comment en sommes-nous arrivés là?

Je ne suis pas démographe, mais heureusement, ils sont nombreux à travailler juste à côté de moi. Je vais donc aller en trouver un pour qu'il m'explique tout ce que cela signifie.

Patrick :  Bonjour, mon nom est Patrick Charbonneau et je suis chef de section pour le Programme des estimations démographiques, au Centre de démographie de Statistique Canada.

André : Avant notre conversation, j'ai exploré la pyramide des âges interactive de Statistique Canada. On voit assez clairement qu'aujourd'hui, elle est plus large au sommet. Les personnes de plus de 60 ans représentent une part importante de la population canadienne. Pouvez-vous nous expliquer comment on en est arrivé là et à quoi ressemblait la pyramide des âges il y a quelques années? Comment est-ce que ces changements sont produits?

Patrick : Oui, en fait, effectivement, ce que vous voyez, c'est l'effet du vieillissement démographique. Donc, il y a plusieurs années, le Canada avait une plus forte fécondité, une mortalité un peu plus élevée, et tranquillement, on a transitionné vers un régime de plus faible fécondité et d'une espérance de vie plus élevée.

Donc, c'est vraiment l'effet de cette transition démographique que l'on voit sur la pyramide des âges du Canada et également, peut-être, ce que j'ajouterais, c'est que, en plus de ces phénomènes-là, on a eu une génération qui était très particulière, qui est née entre la fin des années 1940 et le début des années 1960 : les baby-boomers. Donc, les baby-boomers ont été très nombreux à naître dans ces années-là, et on les retrouve maintenant dans des âges plus avancés, dans la soixantaine et la soixante-dizaine, et ils viennent gonfler un peu la taille de la pyramide des âges à des âges plus avancés actuellement.

André : En parlant de pyramide, est-ce qu'il existe une pyramide des âges qu'on pourrait considérer comme idéale? Est-ce que ça varie selon les pays, ou est-ce qu'il y a plutôt un modèle universel de distribution d'âges considéré sain?

Patrick : En fait, comme démographe, je ne dirais pas qu'il y a une pyramide des âges de forme idéale. Je dirais plutôt que la pyramide des âges évolue avec le temps. On parlait de la transition démographique : lorsqu'un pays passe d'un régime de forte fécondité et de forte mortalité vers un régime de faible fécondité et de faible mortalité. Lorsqu'un pays a une fécondité plus faible, on va voir une pyramide des âges avec une base plus étroite et une forme plus triangulaire. C'est la pyramide typique, qui n'est pas nécessairement idéale, mais qui correspond à une structure de base. Au fur et à mesure qu'une population vieillit, que l'espérance de vie augmente et que la fécondité diminue, on se dirige vers une autre forme de pyramide qui se transforme un peu. Si on reste dans les métaphores égyptiennes, elle prend une forme de sarcophage. C'est ce qui se produit lorsque la population d'un pays a tendance à vieillir.

André : Quand on parle du vieillissement de la population, on pense souvent à la baisse du nombre d'enfants.

Moi, j'ai près de 40 ans et, dans les générations précédentes, il était courant d'avoir déjà des enfants à mon âge. Aujourd'hui, c'est moins le cas. Aussi, les Canadiens vivent plus longtemps. Selon vous, dans quelle mesure le vieillissement est-il lié à la baisse de la fécondité par rapport à l'augmentation de l'espérance de vie?

Patrick : Oui, mais effectivement vous amenez un très bon point, parce que le vieillissement de la population est en effet lié à la faible fécondité. Statistique Canada a notamment diffusé des données récemment, selon lesquelles le taux de fécondité, c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants par femme, a atteint un creux historique. C'est une des variables qui explique pourquoi la population vieillit et qu'elle vieillit plus rapidement.

L'autre variable, évidemment, c'est aussi la hausse de l'espérance de vie. Donc le fait que les gens vivent plus longtemps, il faut garder cela en tête parce que le vieillissement démographique est en quelque sorte le résultat de certains progrès sociaux. Donc la maîtrise de la fécondité et les gains en espérance de vie, qui reflètent aussi des progrès en santé et en médecine, font que les gens vivent plus vieux.

Donc il faut aussi garder en tête que le vieillissement démographique survient dans un contexte où plusieurs progrès sociaux ont été réalisés.

André : Et au-delà de ces facteurs, quels autres éléments contribuent au vieillissement de la population?

Patrick : Je vous dirais que le vieillissement démographique, tel qu'il est actuellement au Canada et dans plusieurs sociétés occidentales, a été accentué par la fameuse génération des baby-boomers. Donc oui, le fait qu'on ait eu une génération très nombreuse née entre les années 1940 et les années 1960 fait en sorte qu'aujourd'hui, on retrouve ces baby-boomers à des âges plus avancés. Cela vient définitivement accentuer l'ampleur du vieillissement démographique au Canada, tout particulièrement.

André : Une autre conséquence du vieillissement touche les familles, notamment la génération sandwich. Pouvez-vous nous expliquer qu'ils sont et pourquoi ce groupe est particulièrement touché.

Patrick : Oui, mais en fait, quand on parle de la génération sandwich, ce n'est pas nécessairement une génération définie par les années de naissance, mais plutôt des personnes qui doivent prendre soin à la fois de parents ou de proches vieillissants et aussi d'enfants ou de personnes à leur charge plus jeunes.

Donc, cela peut toucher de plus en plus de gens au Canada avec le vieillissement démographique. Puisque les gens vivent plus longtemps, les enfants vivent avec leurs parents beaucoup plus longtemps qu'avant. C'est vraiment un phénomène que l'on observe davantage avec le vieillissement démographique, notamment quand on regarde la hausse de la population âgée de 85 ans et plus. Cela amène les gens à être proches aidants pendant plus longtemps au cours de leur vie.

Il n'est pas rare de voir des personnes âgées elles-mêmes faire partie de la génération sandwich. On peut penser, par exemple, à des personnes âgées de 60 ou 70 ans qui ont encore un ou deux parents en vie dont ils doivent s'occuper. Et dans certains cas, ces personnes peuvent aussi avoir des enfants et des petits-enfants, et doivent peut-être s'occuper de la garde des petits-enfants ou jouer un rôle très présent dans la vie familiale.

Donc, il faut aussi garder en tête que les personnes âgées, notamment les baby-boomers, peuvent vivre une certaine pression, mais peuvent aussi être vues comme une force, car elles contribuent beaucoup à la cohésion et à la solidarité entre les générations.

André : Est-ce qu'il y a d'autres groupes ou tendances démographiques qui méritent l'attention des chercheurs en ce moment?

Patrick : Je dirais qu'en ce moment, ce qui est intéressant, c'est surtout la hausse des générations les plus âgées, donc les personnes de plus de 65 ans, mais plus particulièrement celles de plus de 85 ans.

Ce groupe va être suivi de près, car il s'agit de celui qui devrait augmenter le plus rapidement dans les années à venir. On sait qu'à partir de 2030, la proportion des personnes âgées de 65 ans et plus va commencer à se stabiliser. Elle continuera d'augmenter tranquillement, mais on atteindra un certain plateau.

Cependant, si on regarde la population des personnes très âgées, soit celles de plus de 85 ans, celle-ci pourrait encore tripler au cours des prochaines années, en raison notamment de l'arrivée des baby-boomers dans ces âges. C'est donc un groupe qu'il faudra suivre de près. À ces âges, les besoins en soins et en services sociaux augmentent, ce qui mérite une attention particulière.

André : La situation varie également selon les provinces. Par exemple, certaines régions comme le Canada atlantique connaissent une forte migration des jeunes vers d'autres provinces.

Pouvez-vous nous expliquer ce phénomène et son incidence sur les communautés rurales ?

Patrick : Oui, définitivement, vous l'avez bien dit, le vieillissement démographique n'a pas la même intensité partout au Canada. Donc, il y a vraiment un gradient urbain-rural. Effectivement, on voit que le vieillissement démographique peut toucher davantage les plus petites communautés rurales que les grands centres urbains.

Par ailleurs, on sait aussi que les provinces atlantiques et le Québec sont généralement plus âgées que le reste du Canada. À l'inverse, les Prairies et les territoires sont plus jeunes, notamment en raison d'une fécondité historiquement plus élevée dans les Prairies et les territoires, mais aussi, vous l'avez bien dit, en raison des migrations internes.

Donc, pendant longtemps, historiquement, par exemple, les provinces atlantiques ont perdu dans leurs échanges migratoires, surtout au profit des provinces des Prairies. Souvent, les personnes qui migrent sont des jeunes adultes. Donc, ça vient accentuer le phénomène de vieillissement démographique des provinces qui vont perdre de la population, d'autant plus que ces jeunes adultes sont ceux qui, généralement, ont des enfants, donc des enfants qui n'auront pas nécessairement dans leur province d'origine, mais qui vont naître dans leur province de destination.

Donc, ça aussi, ça vient peut-être un peu accentuer les contrastes entre les provinces.

Une statistique intéressante aussi pour démontrer que le vieillissement de la population est inégal à travers le Canada : c'est quand on a noté récemment en 2025 que Terre-Neuve-et-Labrador est devenue la première province au Canada où la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus a dépassé 25 %. Donc, maintenant, il y a plus d'une personne sur quatre à Terre-Neuve-et-Labrador qui est âgée de 65 ans et plus, c'est la première province dans ce cas-là.

En comparaison, le Nunavut, avec la plus faible proportion de 65 ans et plus, comptait 5 % de personnes âgées de 65 ans et plus. Donc, on voit vraiment l'ampleur de la différence entre les provinces de l'Atlantique et les territoires.

André : Vous et votre équipe travaillez beaucoup sur les estimations démographiques. Pouvez-vous nous décrire comment vous estimez la population future et pourquoi ce travail est important?

Patrick : Oui, mon équipe est responsable du Programme des estimations démographiques. Donc, ce qu'on fait, c'est qu'on produit les chiffres de population après le recensement, à des dates précises. On utilise toujours le recensement comme données de base, le recensement ajusté. Et on ajoute aussi des calculs sur la base de données administratives qu'on reçoit. Donc, par exemple, les données d'immigration, les données de l'état civil ou des données administratives de l'impôt, qui nous permettent d'ajouter ou de soustraire des gens de la population.

Donc, par exemple, on peut ajouter les naissances, on peut soustraire les décès, ajouter le nombre de nouveaux immigrants qui arrivent. Donc, les estimations démographiques sont extrêmement importantes. D'une part, pour répondre à certains mandats législatifs de Statistique Canada. Donc, par exemple, pour les paiements de transfert du gouvernement fédéral aux provinces. On peut penser au programme de péréquation ou aux transferts en santé. Tous ces transferts-là sont faits per capita sur la base de la population, et c'est la population des estimations démographiques qui est utilisée.

Mais au-delà du mandat législatif, c'est extrêmement important d'avoir des chiffres récents de population pour savoir comment notre population évolue, et ne pas devoir attendre beaucoup plus longtemps que cinq ans seulement, lorsqu'on mène des recensements, mais aussi pouvoir le savoir quatre fois par année dans le cas de la population des provinces et territoires.

Et je vous dirais aussi que les chiffres des estimations démographiques sont essentiels afin de mener d'autres enquêtes clés de Statistique Canada. Donc, par exemple, pour l'Enquête sur la population active, on utilise des totaux de contrôle, qui sont un peu des poids de sondage, pour calibrer les données qui sont produites à l'aide de cette enquête. Donc, nos estimations sont aussi essentielles à la réalisation de diverses enquêtes à Statistique Canada.

André : Est-ce qu'il y a des idées reçues sur le vieillissement de la population canadienne que vous aimeriez préciser ou nuancer?

Patrick : Bien oui, certainement, parce que souvent, quand on parle de vieillissement démographique, ce sont les côtés négatifs du vieillissement qui vont ressortir en premier. Le fait que les personnes âgées peuvent constituer une charge sociale autant pour les pensions que pour le système de santé. Mais je pense que les aspects positifs du vieillissement méritent d'être mis de l'avant davantage, parce que le vieillissement démographique s'accompagne aussi de contributions sociales importantes de la part des personnes âgées.

Je parlais tout à l'heure du fait que beaucoup de grands-parents vont s'impliquer dans la vie familiale, et aider leurs enfants dans la garde des petits-enfants. Donc il y a beaucoup, je pense, de jeunes parents qui n'arriveraient pas à équilibrer leur vie sans l'aide de leurs parents vieillissants, qui donnent de l'aide pour la garde des petits-enfants.

On peut aussi penser au bénévolat. Donc les personnes âgées, notamment les générations des baby-boomers, ce sont des générations qui font beaucoup de bénévolat. Donc ça aussi, il faut en tenir compte quand on regarde le portrait global du vieillissement démographique. Donc il y a un rôle dans la solidarité intergénérationnelle qui est joué par les personnes âgées, et ça, c'est important d'en tenir compte aussi.

André : Avant de terminer, est-ce qu'il y a un aspect qu'on n'a pas abordé et dont vous aimeriez parler?

Patrick : Peut-être une chose que je dirais qui peut être importante, c'est l'impact de l'immigration sur le vieillissement démographique. L'immigration peut être extrêmement utile pour contribuer à la croissance de la population. Par contre, l'immigration va avoir, oui, un impact sur le vieillissement démographique, qui est souvent ponctuel, mais qui ne sera pas nécessairement durable dans le temps. Donc, c'est parfois des idées préconçues, parce que, bien sûr, les immigrants vieillissent eux aussi. Donc, l'immigration peut contribuer à pallier certains besoins au niveau de la main-d'œuvre et peut définitivement aider à faire en sorte que la population d'un pays comme le Canada continue de croître au fil du temps. Mais il faut être prudent dans l'évaluation des impacts de l'immigration sur le vieillissement de la population.

Ça, c'est autre chose et ce n'est pas toujours aussi simple que ça peut en avoir l'air. Donc, étant donné que, comme je le disais, les immigrants vieillissent aussi, l'impact n'est pas si énorme que ça.

André : Pour nos auditeurs qui voudraient approfondir leurs connaissances sur la population canadienne et la démographie, où est-ce qu'ils peuvent trouver plus de renseignements?

Patrick : Oui, définitivement, je les inviterais à consulter le site web de Statistique Canada et, plus particulièrement, on a deux portails qui sont très intéressants. Donc le premier portail, c'est le portail de la démographie, des statistiques sur la démographie et de la population. Et il existe aussi un portail, comme on parle de vieillissement démographique, il existe un portail sur les adultes âgés qui fournit une foule de renseignements statistiques en lien avec le phénomène du vieillissement démographique aussi. Donc je les inviterais fortement à consulter les données qui sont disponibles et les analyses, les articles qui sont disponibles sur ces deux portails-là.

André : Merci Patrick d'avoir pris le temps de vous joindre à nous pour nous faire part de votre expertise.

Patrick : Merci André. Ça m'a fait plaisir aussi.

André : Vous venez d'écouter Hé-coutez bien! Merci à notre invité Patrick Charbonneau. Vous pouvez vous abonner à ce balado partout où vous écoutez vos émissions. Vous y trouverez également la version anglaise de notre émission intitulée Eh Sayers. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à l'évaluer, à laisser un commentaire et à vous abonner.

Merci de nous avoir écoutés.

Hé-coutez bien! Épisode 31 - La crise du bonheur au Canada (et pourquoi ce n'est pas tout noir)

Date de diffusion : le 9 avril 2026

Nº de catalogue : 45-20-0003
ISSN : 2026003

La crise du bonheur au Canada (et pourquoi ce n'est pas tout noir)

Écoutez « Hé-coutez bien! » sur :

Tout le monde veut être heureux, mais dans quelle mesure les Canadiens sont-ils heureux? Dans l’épisode du balado Hé-coutez bien! joignez-vous aux experts en qualité de vie de Statistique Canada et d’Engage Nova Scotia afin d’explorer l’importance des programmes portant sur la qualité de vie et ce qu’ils nous révèlent sur notre bien-être.

Animatrice

Annik Lepage

Invités

Travis Facette, Danny Graham (Narration par Yves Gilbert)

Écoutez

Hé-coutez bien! Épisode 31 - La crise du bonheur au Canada (et pourquoi ce n'est pas tout noir) - Transcription

Transcription

Bienvenue à Hé-coutez bien! un balado de Statistique Canada, où nous rencontrons les personnes derrière les données et découvrons les histoires qu'elles révèlent. Je suis votre animatrice, Annik Lepage.

Vous est-il déjà arrivé de demander au hasard à quelqu'un s'il est heureux dans la vie ? Eh bien, en préparant cet épisode, j'ai commencé à faire exactement ça. Et laissez-moi vous dire que c'est une drôle de question à poser à l'improviste. Les gens vous regardent un peu bizarrement — et c'est tout à fait compréhensible. En apparence, c'est une question simple et inoffensive, mais elle touche profondément à nos sentiments personnels.

Les gens voulaient savoir pourquoi je posais la question, et je n'avais pas vraiment de bonne raison à leur donner. Mais je ne suis pas la seule à m'intéresser à la satisfaction à l'égard de la vie des Canadiens. Le domaine de la qualité de vie prend de l'ampleur auprès des chercheurs. Et ici, à Statistique Canada, mes collègues du Programme de la statistique de la qualité de vie racontent une histoire fascinante sur les niveaux actuels de bien‑être et de satisfaction à l'égard de la vie déclarés par les Canadiens.

Aujourd'hui, je me suis entretenue avec Travis Facette, un analyste au Programme de la statistique de la qualité de vie ici à Statistique Canada, ainsi qu'avec Danny Graham, chef de l'engagement à Engage Nova Scotia, un organisme sans but lucratif établi à Halifax et voué à l'amélioration de la qualité de vie, du bien‑être et de la résilience de tous les résidents de la Nouvelle‑Écosse.

Je leur ai demandé ce que les plus récentes données révèlent sur notre niveau de bonheur. Je leur ai aussi demandé d'expliquer comment on mesure la satisfaction à l'égard de la vie alors que chacun peut en avoir une définition différente. Enfin, j'ai voulu savoir comment les données de leurs équipes sont utilisées concrètement pour améliorer notre qualité de vie.

Sans plus tarder, voici notre conversation.

Annik: Bonjour Travis. Merci d'être avec nous aujourd'hui. Pourriez-vous nous dresser le tableau? Qu'est-ce que les chercheurs comme vous et votre équipe observent en ce moment du côté de la qualité de vie, du bien-être et de la satisfaction à l'égard de la vie?

Travis: Certainement, avec plaisir. Je suis heureux d'être ici.

Je vais commencer par dire que nous suivons le pourcentage de Canadiens qui déclarent un niveau élevé de satisfaction à l'égard de la vie, et les données nous montre que ce pourcentage diminue au Canada. Il est toujours le cas qu'environ la moitié des Canadiens déclarent encore une grande satisfaction à l'égard de la vie. Mais on observe que de l'été 2021 au printemps 2025, la satisfaction à l'égard de la vie a reculé d'une moyenne de 2,2 points de pourcentage par année. C'est assez notable.

Mais nous avons également constaté un lien étroit entre cette diminution de la satisfaction à l'égard de la vie et l'abordabilité. Au printemps 2025, seulement 28 % des Canadiens qui ont déclaré avoir des difficultés financières ont indiqué un niveau élevé de satisfaction à l'égard de la vie – environ une moitié du pourcentage des personnes qui n'avaient pas ces difficultés.

Annik: Oui, en effet. Ces résultats sont significatifs. Mais, je doute qu'ils surprennent beaucoup de Canadiens. En vous écoutant, je me disais que c'était le vécu de bon nombre d'entre nous.

J'ai le sentiment qu'en entendant certains chiffres que vous nous donnerez aujourd'hui, les gens vont se dire : « Oui, cela correspond assez bien à ma vie dernièrement ». Danny, j'aimerais vous faire intervenir maintenant. Pourriez-vous nous dire ce que ces sujets vous évoquent? On parle de qualité de vie, de bien-être, de satisfaction à l'égard de la vie et de bonheur.

Tout cela est un peu subjectif, et je me demande ce que ces termes veulent dire pour vous, dans le cadre de votre travail et aussi sur le plan personnel.

Danny: Il y a beaucoup à dire sur le sujet, mais je vais vous donner une idée générale. Selon moi, cela ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. L'expérience de chacun est unique; elle varie selon que vous êtes sans domicile, ou que vous pouvez mettre de la nourriture sur la table, ou encore que vous avez tous les biens matériels, mais que vous vous sentez seul et n'avez pas l'occasion de nouer de bonnes relations avec les gens qui vous entourent. Merci pour la question. Pour moi, il s'agit d'avoir une bonne relation avec soi-même, d'entretenir des liens solides avec les gens qui nous entourent et de faire humblement partie du monde naturel, qui regorge de richesses. Et si ce monde pouvait nous parler, il nous dirait probablement que nous ne remplissons pas notre part du marché pour ce qui est de vivre une vie forte, heureuse et harmonieuse dans l'écosystème dans lequel nous nous trouvons.

Annik: Je vois. Nous avons appris dans cet épisode que StatCan produit de nouvelles données dans le domaine de la qualité de vie. Ça, c'est à l'échelle nationale. Qu'en est-il à l'échelle régionale? Pour vous, à Engage Nova Scotia, que montrent les dernières données que vous avez produites?

Danny: Tout a commencé par une enquête menée auprès des habitants de la Nouvelle-Écosse. Une invitation envoyée par la poste pour participer à une enquête de 230 questions sur huit domaines liés au bien-être. Ces domaines peuvent être ventilés en fonction de ce à quoi ils renvoient. Et nous nous sommes vite réjouis du nombre de réponses et des récits partagés.

Ce sont en fait les récits qui ressortent des réponses provenant de notre ensemble de données de 2019. Nous avons donc reçu près de 13 000 réponses à ces 230 questions.

Danny: Et les enjeux qui attirent le plus notre attention, mais dont on ne parle pas, concernent les liens sociaux. La confiance, la solitude, les amitiés sont absolument essentielles au bien-être des gens. Ce qui est également ressorti de l'ensemble de données que nous avons créé, c'est que les liens avec le monde naturel sont fondamentaux pour notre bien-être. Et le sentiment de séparation par rapport au monde naturel est l'un des principaux facteurs à l'origine de la diminution de la satisfaction à l'égard de la vie, de la détérioration de la santé mentale et des problèmes connexes.

Annik: Travis, nous savons bien évidemment à quel point il est important de faire des recherches sur ces sujets-là. Je suis curieux de savoir comment on les mesure exactement. Des concepts comme la qualité de vie, le bien-être et la satisfaction à l'égard de la vie me semblent difficiles à suivre ou, du moins, à mesurer précisément en raison de leur subjectivité. Je sais que vous en avez parlé un peu au début. Vous avez mentionné qu'il existe aussi des mesures objectives. Mais, pour revenir aux mesures subjectives, je suis curieux de savoir comment on arrive à les mesurer.

Travis: Certainement, les mesures subjectives sont vraiment fascinantes pour les chercheurs et les analystes, et nous essayons de trouver la meilleure façon de les mesurer. Et le bonheur est l'un de ces principaux concepts subjectifs, et c'est l'une des idées centrales dans le Cadre de la qualité de vie. Il ne reflète pas seulement ce que les gens possèdent, mais aussi comment ils se sentent.

Alors, comment mesurer ce genre de chose? De notre côté, nous utilisons la question de la satisfaction à l'égard de la vie. C'est une question assez simple, mais en même temps, il est vraiment puissant. On demande aux gens d'évaluer comment ils se sentent à l'égard de leur vie de manière générale. On utilise une échelle de 0 à 10, où 0 correspond à « très insatisfait » et 10, à « très satisfait ».

Quand on pose la question à suffisamment de personnes, on obtient une mesure très précise du bonheur en général. Cela nous permet de mesurer à l'échelle d'une communauté, d'une province ou du pays, et nous pouvons également comparer les changements au fil du temps.

Annik: C'est intéressant. Et quelles sont certaines des limites rencontrées au moment de réaliser cette nouvelle étude de Regards sur la société canadienne? Parce qu'évidemment, la subjectivité est une variable, mais quelles sont les autres difficultés que vous avez eues?

Travis: Absolument. Nous savons que la mesure du bonheur n'est pas une mesure parfaite. Il y a des défis associés à ce genre de mesure subjective. Les gens interprètent ce genre de question différemment, selon leur culture, leur personnalité ou même le type de journée qu'ils sont en train de passer.

C'est pourquoi nous ne comptons pas uniquement sur cette mesure. Nous la combinons avec d'autres indicateurs. Donc, comme je l'ai dit, il n'y a pas un seul indicateur dans le cadre. Il y a beaucoup d'éléments interconnectés qui entrent en jeu, et c'est cette approche globale qui nous permet de dresser un tableau.

Annik: C'est vraiment bon à savoir. Parce que quand j'ai lu l'étude, je me suis dit : « On mesure le bonheur d'une personne, mais cette personne n'avait peut-être pas encore bu son café au moment de répondre à la question ». J'ai l'impression qu'on pourrait interroger une même personne chaque jour, voire chaque heure de la journée, et obtenir une réponse complètement différente.

Donc, c'est intéressant de savoir cela. Danny, de mon point de vue de non-spécialiste, dans les nouvelles, quand on parle de qualité de vie et de choses de ce genre, c'est toujours centré sur la crise du logement et la crise de l'abordabilité. Et, bien sûr, tous ces sujets économiques et concrets sont très importants.

Je ne veux pas du tout les minimiser. Mais, comme vous l'avez dit, des sujets comme le lien avec la nature et les liens avec les autres ne sont pas nécessairement les plus sensationnels à traiter et ils sont souvent négligés. Il y a une autre question que je voulais vous poser : En dehors du fait que nous devions faire face à un coût de la vie très élevé ces temps-ci, nous le ressentons tous.

Doit-on simplement traverser cette crise économique? La vie va-t-elle ensuite reprendre son cours? Le bien-être va-t-il augmenter à nouveau? La satisfaction à l'égard de la vie va-t-elle remonter? Ou est-ce plus compliqué que cela? Il me semble que vous venez d'aborder le sujet, mais pourriez-vous nous en dire davantage?

Danny: J'aimerais d'abord m'assurer que j'ai bien compris certains points que vous avez mentionnés concernant les sujets qui font la une. Et vous avez tout à fait raison, une bonne vie ne se résume pas seulement à une question d'argent, même si, pour certains, c'est effectivement une question de finances et de toit au-dessus de la tête.

C'est un point très intéressant et on parle beaucoup de l'abordabilité. Mais, selon nos recherches, nos données et ce qui ressort de nos outils, les personnes les plus touchées par la question de l'abordabilité sont celles qui ne gagnent pas un salaire décent. Donc, toutes les personnes qui gagnent un revenu d'une quarantaine de milliers de dollars ou moins connaissent un niveau de difficulté complètement différent de celui du reste de la population dans tous les domaines observés. Et, les personnes qui se trouvent dans une situation de logement précaire, elles aussi, rencontrent souvent le même problème. Tout commence souvent par un bon logement, en particulier pour les familles monoparentales, par exemple, qui sont souvent des locataires sur plusieurs générations, qui n'ont pas la chance d'avoir des occasions comme celle de faire des études supérieures. Des éléments qui sont en fait des leviers supplémentaires importants pour mener une vie de qualité.

Donc, les choses vont-elles redevenir comme avant une fois que nous aurons traversé cette crise? Honnêtement, cela va dépendre des choix que nous faisons. Et, de notre point de vue, cela va dépendre, si nous nous posons les bonnes questions, si l'on considère que le seul problème, et c'est en effet un défi en ce moment au Canada, c'est la productivité et une économie saine, forte et même autonome.

Ce sont des sujets importants. Mais si l'on ne prête pas attention aux expériences vécues, en particulier celles des personnes qui ont été systématiquement et structurellement privées des occasions qui ont été offertes à des personnes comme moi tout au long de leur vie, alors nous n'arriverons pas à trouver des solutions qui renforcent la résilience, augmentent le bonheur et améliorent le bien-être mental de nos jeunes adultes.

Annik: Oui, c'est tellement bien dit. Je réfléchis à tout ce que vous venez dire, parce que c'est vraiment important de produire des données de haute qualité sur ces sujets pour qu'ils ne restent pas que de simples concepts. On sent que les choses bougent. Mais le fait de savoir que des efforts sont déployés, qu'il y a une dynamique croissante chez les chercheurs et que les gens s'y intéressent, c'est bon à savoir.

C'est rassurant. Et cela m'amène à l'une des questions que je brûle d'envie de vous poser : Quel serait le plan idéal, selon Danny Graham? Quelles sont, selon vous, les questions les plus urgentes, ou peut-être quelques-unes des questions les plus pressantes, auxquelles nous pourrions ou devrions nous attaquer pour améliorer la qualité de vie des Canadiens?

Danny: Eh bien, nous ne pouvons pas résoudre un problème que nous ne comprenons pas. À Engage, nous avons fait un vrai travail novateur pour mesurer les perceptions, les expériences et les comportements de nos concitoyens. Et nous avons créé cet ensemble de données complet et tridimensionnel. Nous l'avons exploré et il y a des thèmes qui en ressortent : la notion de liens sociaux, le nombre d'amitiés et leur qualité, les expériences de solitude, les expériences de discrimination et la confiance mutuelle.

C'est très important. Les populations auxquelles nous devrions prêter une attention particulière sont les jeunes adultes, les familles monoparentales, les personnes de la communauté 2ELGBTQIA+, les communautés autochtones et d'autres groupes racisés qui connaissent cette situation, et ce, depuis plus longtemps et de manière plus profonde que d'autres.

Ce sont les communautés de personnes auxquelles nous devons prêter une attention particulière. Puis, l'autre chose, c'est simplement la question de la suffisance du temps et le fait de ralentir le rythme et d'être en lien avec la nature. Cela peut paraître superficiel pour certaines personnes, mais la recherche montre que plus nous passons de temps dans la nature, en étant respectueux et connectés au monde naturel, plus nous sommes capables d'agir de manière systématique dans notre intérêt et dans celui des autres personnes de notre communauté.

Donc, pas de solution toute faite. Mais, je pourrais complètement me tromper sur les priorités les plus importantes du moment. Toutefois, permettez-moi de souligner le concept clé, qui découle de notre vision à Engage Nova Scotia. Selon moi, nous ne parviendrons pas au niveau de compréhension nécessaire sans deux choses.

Il nous faut une façon plus robuste, tridimensionnelle et ambitieuse de mesurer comment vont réellement les Canadiens, et cela nécessite des enquêtes à grande échelle et de grands échantillons. Et puis, honnêtement, il faut que nous soyons confiants dans la manière d'appliquer, de façon sûre et méthodologiquement rigoureuse, l'intelligence artificielle à notre compréhension des choses.

Nous n'atteindrons pas le niveau de compréhension nécessaire pour bâtir des sociétés plus saines et plus fortes sans ces deux choses : des mesures plus robustes et significatives du bien-être et de bons outils qui nous fournissent rapidement des renseignements qui ne se trouvent pas ailleurs.

Annik: D'un point de vue extérieur, quand je vois toute la réflexion qui accompagne ces décisions et la façon dont vous en parlez en général, c'est vraiment encourageant, je trouve. C'est bien de savoir que des organisations, comme Statistique Canada et Engage Nova Scotia, adoptent vraiment une approche mesurée et réfléchie par rapport à la manière dont elles mesurent les données et dont elles vont utiliser ces données.

Il ne s'agit pas simplement de recueillir des données et de les diffuser juste pour dire de le faire. Le but est vraiment que ce soit utile aux Canadiens d'une manière qui est significative. Donc, c'est génial d'entendre cela. Et où se situe le Canada à cet égard par rapport au reste du monde? Les tendances que nous observons actuellement sont-elles plus prononcées au Canada?

Travis: Ces résultats dont nous avons parlé aujourd'hui concordent avec les observations faites dans le World Happiness Report de 2024. Ce rapport est publié par le Wellbeing Research Center et l'Université d'Oxford, en partenariat avec Gallup, le Réseau des solutions de développement durable de l'ONU, ainsi qu'un comité de rédaction indépendant.

Malheureusement, on a trouvé que les jeunes adultes au Canada, c'est-à-dire les personnes de moins de 30 ans, se classaient moins bien que ceux d'autres pays — en fait, 58e parmi les pays participants en matière de bonheur. Par comparaison, le Canada se classait au huitième rang pour ce qui est des adultes plus âgés, c'est-à-dire ceux de 60 ans et plus.

Annik: On sait qu'il y a des sujets de préoccupation. Mais c'est aussi encourageant de savoir que StatCan produit des données sur le sujet et qu'il s'intéresse aux tendances. Avez-vous des nouvelles positives à nous communiquer à ce propos?

Travis: Oui, j'en ai, certainement. Donc, ce qu'il faut retenir ici, c'est que ce ne sont pas seulement les défis, ce sont aussi les progrès réalisés.

Le Cadre de la qualité de vie pour le Canada a maintenant atteint une étape importante. Ses 91 indicateurs ont été pleinement définis, et pour la plupart d'entre eux, les données sont accessibles. Cela signifie que les chercheurs, les décideurs, et les analystes disposent désormais d'une base de données beaucoup plus riche pour comprendre le bien-être sous toutes ses dimensions : la prospérité, la santé, la société, la saine gouvernance et l'environnement.

Tout cela compte. Les indicateurs clairs et cohérents, ainsi que des données de qualité, créent une base solide pour passer à l'action de manière significative. Ils nous aident à passer de concepts larges — comme le bien-être, et le bonheur — à des renseignements concrets.  Nous pouvons ainsi comprendre les domaines dans lesquels les Canadiens s'épanouissent et ceux dans lesquels un soutien supplémentaire pourrait être nécessaire.

Quand on transforme ces grandes idées générales en quelque chose de concret, ils peuvent nous aider à apporter de réelles améliorations.

Annik: Danny, pourquoi est-il important que des organisations, comme Statistique Canada et Engage Nova Scotia, collaborent pour relever ces défis, comme celui de la qualité de vie?

Danny: Je me souviens exactement de ce que je ressentais dans mon seul cours de statistique, pendant mes études de premier cycle. On pense que les statistiques sont des données ennuyeuses.

Et trop souvent, c'est le cas. Mais si vous les recueillez de manière à pouvoir transformer l'information en récits, à mettre en lumière les perceptions, les expériences et les comportements de chacun, c'est la meilleure façon d'interpeller les gens. Vous révélez alors l'âme de nos communautés. Et aujourd'hui, il existe des moyens de faire ressortir cette âme et de faire quelque chose qui a une réelle incidence. Mais cela n'est pas juste entre les mains d'Engage Nova Scotia, de Statistique Canada et des autres ministères gouvernementaux.

Je mentionne souvent ce point de données troublant. La satisfaction à l'égard de la vie chez les jeunes adultes au Canada a chuté au cours des 15 dernières années, plus que dans les 130 autres pays également mesurés, à l'exception de l'Afghanistan, du Venezuela, de la Jordanie et du Liban. Il y a une réelle crise en ce qui concerne la satisfaction à l'égard de la vie chez les jeunes Canadiens.

Il serait bon de commencer à en comprendre les causes et d'arrêter de spéculer. Les gens s'empressent de répondre que c'est l'abordabilité, la pandémie, les médias sociaux, l'anxiété climatique. Et il y a peut-être du vrai dans tout cela, mais nous n'avons aucun moyen de comprendre pourquoi nous en sommes là. Et si nous ne cherchons pas davantage à explorer des façons de mesurer, de comprendre et de trouver des solutions, alors nous resterons impuissants, incapables de réagir correctement à la situation.

Annik: Pour finir, Danny, y a-t-il des idées fausses dans le domaine de la qualité de vie dont vous aimeriez nous parler?

Danny: Selon moi, l'une des idées fausses est de penser qu'il y a un programme derrière tout cela.

Il n'y a pas de programme particulier, si ce n'est des sociétés globalement plus saines, plus fortes, plus dynamiques et inclusives. Il est question d'une économie plus forte qui nous donne une plus grande souveraineté et autodétermination. Il est question de bonnes relations avec tout le monde. Donc, il n'y a pas de programme particulier sur le plan social, économique ou environnemental.

C'est une question de bon sens. Comme quelqu'un de l'Université Simon Fraser me l'a décrit il n'y a pas si longtemps : il devrait être évident pour nous que le plus important, c'est de nous appuyer sur des enquêtes et de comprendre comment nous nous sentons réellement, tant que les données sont fiables et de qualité. C'est la première étape pour résoudre les problèmes que nous avons de la difficulté à comprendre.

Au dos de ma nouvelle carte de visite, il y a ce message : ici, en Nouvelle-Écosse, si vous partagez avec nous votre histoire, que vous répondez à l'enquête, vous contribuerez à semer un avenir meilleur pour tous dans notre province, et espérons-le, dans tout le Canada.

Annik: Si les gens souhaitent en savoir plus sur la qualité de vie, le bien-être, la satisfaction à l'égard de la vie, tous les sujets dont nous avons parlé, ainsi que sur le travail que vous faites à Engage Nova Scotia, où peuvent-ils aller?

Danny: Engagenovascotia.ca est une bonne ressource. L'Indice canadien du mieux-être en est une autre. Le Réseau canadien de connaissances sur le bien-être en est une troisième. Évidemment, il y a le Carrefour de la qualité de vie de Statistique Canada. Le site Web du Centre WISE de l'OCDE est fantastique dans ce domaine. Les gens peuvent aussi nous envoyer un courriel s'ils le souhaitent et explorer avec nous à Engage Nova Scotia la façon dont tout cela peut être pertinent pour d'autres personnes dans leur communauté.

Donc, notre conseil d'administration indépendant se réjouit de ce que nous faisons en Nouvelle-Écosse et prête une attention particulière à la responsabilité implicite que nous estimons avoir, celle d'aider les personnes qui, comme nous, souhaitent promouvoir le bien-être de manière réfléchie et profonde. Donc, pour les personnes que cela intéresse, n'hésitez pas à nous contacter à Engage Nova Scotia pour engager la conversation.

Annik: Danny, merci beaucoup pour cette discussion passionnante. Pour ma part, j'ai appris beaucoup de choses et j'espère que les auditeurs ont également appris des choses. Alors, merci de votre temps et de votre expertise.

Danny: Merci, Max. Bonne continuation.

Annik: Travis, pour les gens qui aimeraient en savoir plus sur la qualité de vie, le bien-être, la satisfaction à l'égard de la vie, ce genre de sujets, où peuvent-ils aller?

Travis: Les données du Programme de statistiques sur la qualité de vie sont accessibles sur le site Web de Statistique Canada. C'est ce qui est vraiment super, c'est que les renseignements et les données sont accessibles aussi bien aux décideurs qu'à tous les Canadiens.

Le Carrefour de la qualité de vie est un guichet unique où vous pouvez trouver toutes ces données et explorer les répartitions à l'échelle nationale et provinciale, les tendances au fil du temps et les caractéristiques démographiques.

Le carrefour comprend aussi des tableaux de bord interactifs, des données téléchargeables et des produits de visualisation qui facilitent la comparaison des indicateurs.

Annik: Formidable. Eh bien, merci beaucoup de votre temps et de votre expertise.

Travis: C'était un plaisir. Merci.

Vous venez d'écouter Hé-coutez bien! Merci à nos invités Travis Facette et Danny Graham. Si vous souhaitez en savoir plus sur la satisfaction à l'égard de la vie, la qualité de vie ou le bien‑être, consultez le lien dans les notes de l'émission où vous pourrez trouver les travaux de Jenneke et de Danny.

Ce balado est offert partout où vous écoutez vos balados. Vous y trouverez également la version française de notre émission, intitulée Hé‑coutez bien! Si vous aimez cette émission, n'hésitez pas à l'évaluer, à laisser un commentaire et à vous abonner. Et comme toujours, merci de votre écoute.

Hé-coutez bien! Épisode 30 - Tout sur le PIB… sans vous endormir, promis!

Date de diffusion : le 2 février 2026

Nº de catalogue : 45-20-0003
ISSN : 2026002

Hé-coutez bien! Épisode 30 - Tout sur le PIB… sans vous endormir, promis!

Écoutez « Hé-coutez bien! » sur :

Le produit intérieur brut (PIB) nous renseigne sur la santé et la taille de l'économie canadienne. Mais pour ceux d'entre nous qui ne possèdent pas ou ne dirigent pas d'entreprises de plusieurs millions de dollars, pourquoi est-ce même important? Dans cet épisode, Audrey Ann Bélanger Baur, chef à Statistique Canada, explique comment le PIB est utile de manière inattendue ainsi que pourquoi pour certains ménages canadiens, les chiffres ne semblent pas toujours correspondre à la réalité.

Statistiques des comptes économiques

Animatrice

Annik Lepage

Invités

Audrey Ann Bélanger Baur

Écoutez

Hé-coutez bien! Épisode 30 - Tout sur le PIB… sans vous endormir, promis! - Transcription

Transcription

Annik : Bienvenue à Hé-coutez bien! un balado de Statistique Canada où nous rencontrons les personnes derrière les données et découvrons les histoires qu'elles révèlent. Je suis votre animatrice, Annik Lepage.

Aujourd'hui, on va s'intéresser à un mot qu'on entend partout aux infos et dans les journaux : le fameux PIB, ou produit intérieur brut. C'est un terme qui revient tout le temps dès qu'il est question de l'état de notre économie… mais au fond, est-ce qu'on sait vraiment ce que ça veut dire?

La première fois que j'ai prêté attention au PIB, c'était pendant un cours d'économie. Je me souviens que mon professeur avait dessiné un énorme graphique circulaire au tableau, expliquant que le PIB était un moyen de mesurer tout ce que nous produisions en tant que pays. Plus tard dans la semaine, je suis allée au café avec des amis et je me suis demandé : est-ce que même ce croissant fait partie du PIB? La réponse est oui! Cette prise de conscience m'a fait comprendre à quel point nous sommes tous liés à ces grands chiffres nationaux.

Dans cet épisode, nous allons analyser ces liens. Nous explorerons ce que le PIB nous apprend, ce qu'il ne nous apprend pas et pourquoi, que vous achetiez un croissant ou que vous planifi ez une politique gouvernementale, le PIB est important pour vous.

Audrey : Bonjour, je m'appelle Audrey Anne Bélanger Bauer. Je suis une chef à Statistique Canada qui travaille notamment dans la division qui s'occupe du calcul du PIB.

Annik :  Les économistes à Statistique Canada ont un indicateur préféré, le fameux PIB ou Produit intérieur brut.

Pourriez-vous me donner une définition de ce que c'est et à quoi il sert?

Audrey : Oui, donc le PIB mesure la demande finale au prix du marché de tous les biens et services qui sont produits au Canada sur une période déterminée. C'est une mesure qui est très importante pour suivre la performance de l'économie, la santé en générale de l'économie aussi avoir une idée de la taille de l'économie.

Annik :  Alors pourquoi les Canadiens devraient ils se préoccuper du PIB?

Audrey :  Le PIB c'est une mesure sur laquelle on s'entend internationalement pour pouvoir mesurer et comparer les économies. Et on voit une belle corrélation, en fait entre un PIB qui croît et le niveau de vie aussi qui s'améliore dans les pays. Et donc, il y a beaucoup de politiques qui mettent l'accent sur la croissance du PIB pour justement s'assurer que cette économie-là sert la population.  Et que donc plus de revenus sont acquis dans le pays et qu'en général, les gens ont de meilleures opportunités.

Annik : Et que reflète le PIB et qu'est-ce qu'il ne reflète pas?

Audrey :  Le PIB est une excellente mesure de l'activité productrice et elle est assez exhaustive aussi. C'est un très bon indicateur de la croissance économique, la prospérité économique spécifiquement, on sait que quand le pays croît, il y a une corrélation avec l'augmentation du nombre d'emplois qui sont aussi offerts et qui est associé avec un plus haut niveau de vie et des meilleures opportunités économiques. C'est aussi attaché à un cadre international qui est très robuste où le PIB est calculé de façon cohérente à travers tous les pays et aussi pour nous-mêmes à travers le temps, ça nous donne des opportunités de se comparer et de voir à quel point différentes politiques ont un impact.

Par contre, le PIB ne va pas offrir d'information détaillée au niveau de chaque ménage. Ça ne donne pas beaucoup d'information sur la disparité dans le pays ou pour faire ressortir certaines vulnérabilités. Ça exclut aussi le travail qui n'est pas payé parce qu'on se concentre sur des chiffres qui sont assez accessibles. On regarde les revenus qui ont été gagnés. On regarde aussi les dépenses qui ont été faites, mais si une activité productrice n'est pas associée avec un échange d'argent pour l'instant, on ne le voit pas dans le PIB. Mais internationalement, ce sont des faiblesses qui ont été reconnues et le calcul du PIB et les recommandations faites évoluent à travers le temps. Jusqu'à maintenant, on utilisait le Système de comptabilité nationale de 2008 pour mesurer notre PIB. Et une nouvelle version 2025 est sortie qui nous recommande justement d'avoir des extensions au PIB pour regarder ces disparités, pour avoir plus d'informations sur comment les Canadiens vont avoir des expériences variées, même si l'économie croît. Similairement ils recommandent aussi d'avoir des comptes satellites, de regarder certains enjeux spécifiquement. Un de ces exemples, la distribution économique des ménages, on regarde la consommation, l'épargne, le patrimoine des Canadiens et on évalue la distribution de celle-ci. Est-ce que les Canadiens qui ont épargné tant au niveau agrégé qui sort dans le PIB ça a été la même chose pour tout le monde ou est-ce que c'est seulement le quintile le plus élevé qui a été capable d'épargner et les autres non? Et ça, on publie ces données-là à chaque trimestre et aussi de façon annuelle.

Annik :  Alors si un pays affiche un PIB fort, est-ce que ça veut dire que tout va bien?

Audrey :  Ça veut dire qu'il y a des choses qui vont bien, certainement, mais ça ne veut pas nécessairement dire que tout va bien.  Il peut y avoir des disparités.  On pense à, par exemple, la pandémie qu'on a eu au Canada avec les confinements qui ont ébranlé un peu l'économie.  Il n'y avait pas beaucoup de croissance économique pendant un certain temps et l'augmentation des prix du logement était une source de croissance économique, pas parce qu'une maison qui est revendue pour un montant plus élevé, se traduit par une croissance économique. Il n'y a pas eu une production, mais il y a quand même des salaires qui sont associés.  Et il y a quand même des services qui ont été donnés. Et ça, on va les capturer. Et parce qu'il y avait beaucoup, beaucoup d'échanges, on voyait une certaine croissance, mais ça, c'était un seul domaine qui avait beaucoup de croissance alors qu'il y en avait d'autres, on n'en voyait pas beaucoup, du tout ou même une décroissance.  Et donc non, même si l'économie croît, ça ne veut pas dire que c'est la même expérience partout dans l'économie. Et si on voit que l'économie a de la difficulté ça ne veut pas dire que c'est l'économie au total qui a de la difficulté et même il y a des interrelations avec les industries aussi et ça on va le voir ressortir aussi.

Annik : Au-delà du PIB quels autres outils existent pour comprendre les différentes facettes de notre économie?

Audrey :  Donc les autres outils sont principalement les extensions qu'on ajoute aux comptes nationaux ou les comptes satellites. Donc les comptes satellites, par exemple, on a le compte du tourisme qui, à travers différentes industries, fait ressortir tout ce qui est relié au tourisme pour comprendre cette activité spécifique.

On a aussi d'autres programmes comme le compte de productivité canadienne, qui nous permet d'avoir une vision de l'efficacité de l'économie. Est-ce que les ressources sont utilisées de façon efficace pour produire le plus avec le même niveau de travail. Et quand on est capable de faire ça, on voit encore une augmentation de niveau de vie.

On voit qu'il y a des augmentations dans les salaires qui sont possibles parce qu'il y a des profits qui augmentent et des revenus qui rendent davantage qui peuvent à ce moment-là, être passés au travailleur. Sans cette augmentation de la productivité du travail, c'est difficile de voir ces augmentations.

Donc ça, c'est d'autres outils qu'on va regarder pour bien comprendre l'économie.

Annik :  Alors Audrey, en tant qu'experte, est ce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas mentionné et que vous aimeriez discuter.

Audrey :  Oui, j'aimerais revenir rapidement sur l'aspect des prix quand on calcule le PIB. Donc, j'ai mentionné que quand une maison est revendue et augmentée en prix, cette augmentation de prix n'est pas reflétée dans le PIB parce que la maison n'a pas été produite elle existait déjà. Et dans le PIB, on ne veut pas prendre en considération, juste la croissance des prix. On veut vraiment mesurer ce qui produit de la même façon que si on vendait des voitures à 50 000 dollars une année et que l'année d'après elle se vendait à 60 000 dollars mais que le même nombre de voitures ont été vendus, il n'y a pas eu de croissance parce qu'on utilise un déflateur de prix pour vraiment se concentrer sur le volume qui a été produit et non le prix seulement.

De plus à Statistique Canada, on utilise les trois méthodes pour calculer le PIB qui existent : la méthode fondée sur la production, la valeur ajoutée où on regarde ce qui a été produit, on soustrait tous les coûts associés à la production et juste cette valeur ajoutée et additionnée à travers toutes les industries.

Une autre méthode, c'est celle qui est fondée sur les revenus où on additionne tous les revenus qui ont eu lieu pour la production des biens et services. Donc si on faisait du pain par exemple, ça inclurait tous les revenus pour tous les ingrédients, ceux qui ont produits les ingrédients, tous les revenus de la compagnie d'emballage même de pain et les salariés, et finalement aussi les revenus qui sont reliés au capital pour la personne qui est propriétaire de la boulangerie, par exemple.

Et finalement on regarde aussi le calcul du PIB selon les dépenses. Ça, c'est juste l'envers. Et donc on prend la somme de toutes les dépenses à travers l'économie, celle des consommateurs, des administrations publiques, du gouvernement, les investissements des entreprises et aussi les exportations du Canada qui sont produites au Canada mais ici, on soustrait les importations parce que ce n'est pas nous qui les avons produites. Dans un monde idéal, les trois méthodes seraient équivalentes, mais il y a toujours des différences dans les données où certaines données sont disponibles à différents moments pour les calculs, vont avoir un niveau de qualité différent, peut y avoir des erreurs dans les mesures, des erreurs via les enquêtes. Et donc on sait qu'elles ne seront pas parfaitement égales, mais au Canada, plutôt que de choisir une des trois méthodes comme étant la valeur officielle du PIB on calcule les trois à chaque trimestre, à chaque année et ensuite on va faire une réconciliation et ça c'est la mesure officielle du PIB pour le Canada. Et quand on rapporte à chaque trimestre, on se concentre toujours sur la croissance d'un trimestre à l'autre. Et quand Statistique Canada rapporte ces données on parle vraiment juste du pourcentage de croissance directe. D'autres pays, par exemple les États-Unis et dans les médias au Canada, on va jumeler ça, les données vont être rapportées de façon annualisée. Et donc on assume que le taux de croissance de ce trimestre-là est le même pour tous les trimestres de l'année.

Audrey : Généralement, on n'aura pas le même taux de croissance à chaque trimestre d'une année. Et donc le taux croissance est rapporté de façon d'une croissance annuelle avec le chiffre est un peu plus grand, peut-être un peu plus facile à saisir de cette façon-là, mais en réalité, la croissance pour le trimestre est environ quatre fois moins grande parce qu'il y a quatre trimestres. Et donc on voudrait s'assurer que les utilisateurs de données de Stat Can connaissent cette différence-là pour pouvoir bien comprendre des données qui sont partagées. Parce que même si la croissance du PIB l'agrégat est partager de façon annualisée, souvent pour les différentes composantes du PIB ce sera quand même nos données qui ne le sont pas. Mais on ne voudrait pas qu'il y ait confusion.

Annik : Si on veut en savoir plus sur le PIB où peut-on aller?

Audrey : Il y a tellement d'outils sur le PIB sur le site web de Statistique Canada, on a plusieurs articles qui décrivent le PIB et les différentes composantes pour amener les utilisateurs vers nos tableaux. Pour chaque méthode de calcul du PIB on a plusieurs tableaux et on a même d'autres tableaux qui vont plus en détail dans les composantes. Donc, il y a beaucoup, beaucoup d'information. Il y a les articles du Quotidien qui sont publiés avec chaque diffusion de nos données à chaque trimestre et année. Et finalement, on a aussi un portail sur les statistiques des comptes économiques qui est la place où s'arrêter pour aller chercher toutes nos données capables de tout trouver facilement.

Alors j'encourage tout monde à se rendre au portail.

Annik : Merci. Merci beaucoup Audrey.

Audrey : Merci à toi.

Annik : Vous venez d'écouter Hé-coutez bien! Merci à notre invitée Audrey Anne Bélanger Bauer.

Vous pouvez vous abonner à ce balado partout où vous écoutez vos émissions. Vous y trouverez également la version anglaise de notre émission intitulée Eh Sayers. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à l'évaluer, à laisser un commentaire et à vous abonner. Merci de nous avoir écouté.