La mise à jour du panier de l’IPC du mois de mai 2011, basée sur les dépenses de 2009

Waruna Wimalaratne, Amanda Wright, Gerry O’Donnell et Marc Prud’homme
Statistique Canada, Division des prix à la consommation

Introduction.
L’IPC
Classification de l’IPC
Produits représentatifs
Aperçu de la mise à jour du panier
Analyse des pondérations du panier
Conclusion

Introduction

L’Indice des prix à la consommation (IPC) est l’un des indicateurs économiques du Canada les plus étroitement surveillés. Il a pour objectif de mesurer l’évolution de la variation du coût d’un panier fixe de biens et services généralement achetés par les Canadiens.

Comme l’économie évolue au fil du temps, il doit en être de même pour l’IPC. Suite à la diffusion en juin 2011 de l’IPC du mois du mai 2011, certains changements importants sont entrés en vigueur : les schémas de pondération ont été révisés, le système de classification a été mis à jour et divers changements méthodologiques ont été apportés.

L’IPC

L’IPC est une moyenne pondérée des variations de prix pour un panier fixe de biens et services achetés par les consommateurs. Les pondérations, lesquelles sont basées sur les habitudes de consommation pour une année donnée, jouent un rôle important pour déterminer l’impact de la variation des prix d’un produit donné sur l’IPC. Pour le calcul de l’IPC, le panier demeure constant pour un certain nombre d’années.

Au fil du temps, les consommateurs modifieront leurs habitudes de consommation pour diverses raisons, notamment l’augmentation (ou la baisse) des prix et l’arrivée sur le marché de nouveaux produits. Afin que l’IPC reflète ces changements, le panier est mis à jour à tous les quatre ans. Ainsi par exemple, l’augmentation rapide de l’importance relative dans le panier des services d’accès à l’Internet, de 0,32 % en 2001 à 0,70 % en 2009, reflétait la place de plus en plus grande de l’Internet dans la vie quotidienne des Canadiens. En 2009, 75,1 % des Canadiens accédaient à l’Internet à partir de la maison au moins une fois par jour, en hausse par rapport à 63,7 % tout juste quatre ans auparavant.1

Suite à la dernière mise à jour du panier de l’IPC, les pondérations des dépenses, qui étaient précédemment basées sur les habitudes de consommation de 2005, reflètent maintenant celles de 2009. L’Enquête sur les dépenses des ménages (EDM) est la principale source d’information pour ces pondérations.

L’examen et, au besoin, la modification de la structure de classification de l’IPC constituent un autre aspect de la mise à jour du panier. Grâce à cet exercice, les nouveaux produits émergents sur le marché, les changements démographiques et les changements dans les revenus sont reflétés dans le panier. Suite à cette dernière révision, la structure du panier a été modifiée afin de mieux représenter la popularité croissante chez les consommateurs des nouveaux appareils numériques. Le panier reflète également la couverture élargie de l’IPC dans des domaines comme les services funéraires et les services juridiques autres que ceux reliés à l’habitation.

Classification de l’IPC

La classification de l’IPC est organisée en fonction d’une structure hiérarchique en forme de pyramide (voir l’image ci-après). Au sommet de la structure, on retrouve l’IPC d’ensemble, puis suivent les huit composantes principales. Les composantes principales sont particulièrement utiles à des fins d’analyse puisqu’elles fournissent une indication appréciable sur l’origine des pressions inflationnistes mensuelles et annuelles. Au plus bas niveau de ce système de classification se trouvent 175 classes de base, lesquelles constituent les niveaux élémentaires de l’IPC.

Graphique 1 : La mise à jour du panier de l’IPC du mois de mai 2011, basée sur les dépenses de 2009

Description du graphique 1

La mise à jour du panier de l’IPC du mois de mai 2011, basée sur les dépenses de 2009

La classification de l’IPC est organisée selon une structure hiérarchique prenant la forme d’une pyramide comptant quatre niveaux.

Au premier niveau, soit au haut de la pyramide, on retrouve « l’IPC d’ensemble ».

En dessous, soit au deuxième niveau de la pyramide, on retrouve les huit composantes principales comme suit:

  • Aliments;
  • Logement;
  • Dépenses courantes, ameublement et équipement du ménage;
  • Vêtements et chaussures;
  • Transports;
  • Soins de santé et soins personnels;
  • Loisirs, formation et lecture; et
  • Boissons alcoolisées et produits du tabac.

Au troisième niveau de la pyramide, on retrouve les « agrégations du niveau intermédiaire ».

Au quatrième et plus bas niveau de la pyramide, on retrouve « 175 classes de base », lesquelles constituent les unités élémentaires de l’Indice des prix à la consommation.

Produits représentatifs

Dans une économie moderne, des millions de biens et services sont offerts aux consommateurs. Puisqu’il est à toute fin pratique impossible de recueillir des prix pour tous ces biens et services, un échantillon est sélectionné.

La classe de base, c’est‑à‑dire la classe de produits ayant le niveau le plus bas dans la classification de l’IPC, n’agit pas seulement à titre de niveau élémentaire de l’IPC, mais sert également de guide au statisticien lorsque celui‑ci conçoit l’échantillon de produits pour lesquels les prix seront recueillis. Une classe de base comprend en général un ou plusieurs produits que l’on désigne comme représentatifs. Ces produits représentatifs sont choisis parce que la fluctuation de leur prix est jugée comme étant une bonne approximation pour cette classe particulière de produits.

Certaines classes de base sont définies plus étroitement que d’autres. Par exemple, la classe de base pour les pommes est une classe étroitement définie composée de différentes variétés de pommes. En revanche, une classe de base comme les vêtements pour hommes sera composée d’un plus grand nombre de produits représentatifs, comme les chemises, les pantalons et les habits. Une autre classe de base moins étroitement définie est celle du matériel vidéo, où les produits représentatifs sont beaucoup plus diversifiés. Dans cette classe, les produits comme les téléviseurs à écran plat, les lecteurs DVD, les lecteurs Blu‑Ray, ainsi que les consoles de jeux vidéo ont été choisis pour représenter tous les achats de matériel vidéo.2

Généralement, la sélection d’un produit représentatif est fondée sur l’expertise et le jugement des spécialistes des produits de Statistique Canada. Pour les aider à faire leurs choix, les spécialistes des produits consultent diverses sources d’information qui s’offrent à eux, comme par exemple les visites dans les magasins, les publications sur le commerce, les consultations avec des spécialistes du marché et les données provenant de sources externes et internes.

Ces données sont par la suite examinées et analysées dans le but de choisir les produits les plus représentatifs pour le panier. Les facteurs comme la complexité de suivre des produits ayant de nombreuses caractéristiques, les coûts de collecte, la portée géographique et la disponibilité régulière des produits joueront également un rôle dans la sélection des produits dont les prix doivent être relevés.

Au moment de définir un produit représentatif, un des éléments que l’on prend généralement en considération est le fait que le produit représentatif ne doit pas être définit trop vaguement, ni trop précisément. Le produit représentatif doit également être disponible pour une période raisonnable afin que l’on puisse évaluer de façon exacte la fluctuation de son prix. Le coût de la collecte est également un élément important à prendre en considération puisque le moment et l’emplacement de la collecte des prix doivent être optimisés.

Aperçu de la mise à jour du panier

Suite à la dernière mise à jour du panier, plusieurs nouveaux produits ont été introduits dans l’IPC. Les tablettes numériques et les téléphones intelligents ont été ajoutés à une classe nouvellement créée et nommée dispositifs numériques multifonctionnels. Certains aliments comme les lentilles sèches, diverses céréales pour petit déjeuner et les fraises congelées ont été ajoutés à l’IPC afin de refléter la consommation d’aliments plus sains par les consommateurs. Les frais d’adhésion à des clubs de vente au détail de même que l’acquisition et le renouvellement de passeport ont également été ajoutés, une recherche interne révélant que les consommateurs dépensent maintenant un montant important dans ces secteurs.

Aperçu des pondérations du panier

Le tableau ci‑après illustre l’évolution de 1986 à 2009 des pondérations du panier de l’IPC pour le Canada selon les huit principales composantes. Pendant cette période, l’importance relative des vêtements dans le panier de biens et services est celle qui a diminué le plus, passant de 8,7 % à 5,6 %. Les aliments ont également subi une baisse, passant de 18,1 % à 16,1 %. La part des dépenses pour les loisirs, la formation et la lecture est celle qui a connu la plus forte augmentation, passant de 8,8 % à 11,8 %. Tout au long de cette période, la part des coûts du logement est demeurée relativement constante, représentant plus de 25 % du budget des consommateurs.

Importance relative en % des composantes principales, 1986‑2009
Composante 1986 1992 1996 2001 2005 2009
Aliments 18,1 18,0 17,8 16,8 16,9 16,1
Logement 25,7 27,6 27,1 26,3 25,7 27,5
Dépenses courantes, ameublement et équipement du ménage 10,7 10,4 10,7 11,1 11,4 11,8
Habillement et chaussures 8,7 6,8 6,3 6,0 5,6 5,6
Transports 18,3 17,2 18,6 19,4 19,6 19,3
Santé et soins personnels 4,2 4,4 4,6 4,6 4,8 5,0
Loisirs, formation et lecture 8,8 10,2 11,3 12,5 13,0 11,8
Boissons alcoolisées et produits du tabac 5,6 5,5 3,5 3,3 3,1 3,0

La somme peut ne pas additionner à 100 % en raison de l’arrondissement. Les pondérations sont calculées comme étant les parts relatives dans l’IPC d’ensemble telles qu’établies en dollars de la période de référence du panier.

Au cours des dernières décennies, les Canadiens ont alloué une part beaucoup plus importante de leur budget en achat de services. Alors que la part des dépenses pour l’acquisition de biens est passée de 55,2 % à 47,7 % de 1986 à 2009, la proportion des achats de services a atteint 52,3 % au cours de la même période.

La fluctuation dans l’importance relative des biens et services dans le panier a tendance à résulter de l’évolution de facteurs sociaux et économiques. Par exemple, l’importance croissante des préparations alimentaires précuites et congelées (en hausse de 0,14 % en 1986 à 0,43 % en 2009) reflète un changement dans le mode de vie, les Canadiens ayant démontré une préférence plus marquée pour les repas rapides.

Le recul appréciable de la pondération pour le matériel de lecture et les autres imprimés (de 0,82 % en 1986 à 0,46 % en 2009) est en partie attribuable à l’accès facile et répandu des médias en ligne, lesquels fournissent sans frais un contenu relativement similaire aux consommateurs.

La demande pour les produits de haute technologie a augmenté de façon substantielle au cours des deux dernières décennies. La part des dépenses relatives au matériel et aux fournitures informatiques, par exemple, est passée de 0,45 % en 1992 à 0,72 % en 2009.3

La population canadienne vieillissante, entre autres facteurs, a entrainé l’augmentation de l’importance relative des médicaments prescrits dans le panier de l’IPC. La part des médicaments et produits pharmaceutiques du panier s’est accrue, passant de 0,45 % en 1986 à 1,02 % en 2009, alors que la proportion de la population âgée de 50 ans et plus a atteint 33,7 %, en hausse par rapport à 24,3 % en 1986.4

Conclusion

L’Indice des prix à la consommation est la mesure de l’inflation des consommateurs au Canada la plus importante et la mieux connue. Une mise à jour du panier est l’occasion idéale de revoir bon nombre des méthodes et des concepts sous-jacents au calcul de l’IPC. Puisque l’économie canadienne continue d’évoluer, l’IPC doit continuer à évoluer également. Les changements actuels, comme les changements à venir, feront en sorte que l’IPC demeure un indicateur fiable de l’inflation.


Notes

  1. Estimations basées sur l’Enquête canadienne sur l’utilisation de l’Internet, enquête 4432, Statistique Canada. Tableau 358‑0129 – Enquête canadienne sur l’utilisation d’Internet, utilisation d’Internet à domicile, selon le groupe d’âge et la fréquence d’utilisation, CANSIM. La population cible de l’enquête est passée des personnes âgées de 18 ans et plus en 2005 aux personnes âgées de 16 ans et plus en 2007.
  2. Dans la mesure du possible, les produits représentatifs se voient attribuer des pondérations pour veiller à ce que leur importance relative dans l’IPC reflète fidèlement les dépenses des consommateurs.
  3. L’enquête trimestrielle sur les marchandises vendues au détail révèle une augmentation de 46,9 % des ventes de matériel informatique et de logiciels entre 1998 et 2009. Estimations basées sur l’Enquête trimestrielle sur les marchandises vendues au détail, enquête 2008, Statistique Canada. Tableau 080‑0018 – Enquête sur les marchandises vendues au détail basée sur le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), CANSIM.
  4. Estimations basées sur la Population selon l’âge et le sexe pour le Canada, enquête 3604, Statistique Canada. Tableau 051‑0001 – Estimations de la population, selon le groupe d’âge et le sexe au 1er juillet, Canada, provinces et territoires, CANSIM.
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