Cartographie des salaires au Canada

20 juillet 2017

Tous les mois, vous entendez probablement parler dans les nouvelles des statistiques du travail au Canada, qu’il s’agisse du taux de chômage national, du nombre de nouveaux emplois dans votre province ou encore de la proportion des emplois à temps plein et à temps partiel. Toutefois, comme tout chercheur d’emploi ou propriétaire d’entreprise vous le dira, ces chiffres à eux seuls ne dressent pas un portrait complet du marché du travail au Canada.

En juin 2017, Statistique Canada a diffusé pour la première fois les données sur les salaires payés tirées de l’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS). Ces données, le plus récent ajout aux statistiques du travail exhaustives de l’organisme, fournissent des renseignements importants sur le marché du travail, du point de vue de la demande, notamment sur les types de travailleurs que les employeurs ont embauchés et sur les salaires offerts à ces travailleurs.

L’EPVS, la plus vaste enquête-entreprise de Statistique Canada, dresse un portrait incroyablement détaillé des emplois dans l’ensemble du pays, selon le type de profession, l’industrie, le salaire et la région. Dans le cadre de l’EPVS, des données sont recueillies sur environ 500 professions distinctes dans 76 régions économiques (habituellement des régions infraprovinciales qui comprennent une grande ville ou plusieurs petites collectivités). 

Portrait national

Les données de l’enquête sur les postes vacants, qui ont été diffusées régulièrement depuis le premier trimestre de 2015, ont confirmé certaines tendances qui semblent assez évidentes : le taux de postes vacants est le plus élevé dans les régions où le chômage est faible, et il est le plus faible aux endroits où le chômage est élevé. Les postes vacants sont plus courants dans les professions à rémunération faible que dans les professions à rémunération élevée, et la dotation en personnel prend plus de temps dans les professions hautement spécialisées.

Les données publiées en juin 2017 en disent davantage à ce sujet. D’après celles-ci, en 2016, près du quart des emplois du pays appartenaient à la catégorie de la vente et des services, qui regroupe des professions comme les vendeurs du commerce au détail, les agents d’assurance, les bouchers, les guides touristiques et les concierges. Parmi les 10 grandes catégories professionnelles, cette catégorie affichait également le taux d’emplois à temps partiel le plus élevé et le salaire horaire moyen le plus faible, soit 18,85 $ l’heure.

En 2016, le salaire moyen le plus élevé au pays a été observé à Wood Buffalo–Cold Lake, en Alberta, où les projets de sable bitumineux sont en cours. Les travailleurs gagnaient en moyenne 36,50 $ l’heure, toutes professions confondues. Par ailleurs, le salaire moyen le plus faible au Canada, soit 19,40 $ l’heure, a été enregistré à Edmundston–Woodstock, au Nouveau-Brunswick.

Parmi les professions, les médecins spécialistes sont ceux qui gagnaient le salaire horaire le plus élevé (86,75 $) en 2016. En revanche, les travailleurs les moins bien payés au pays étaient les barmans, qui gagnaient en moyenne 11,50 $ l’heure. (À noter que les données de l’EPVS n’incluent pas les pourboires.) 

Guide local 

Grâce aux données qu’elle procure sur un aussi grand nombre de professions, à un niveau géographique détaillé, l’enquête peut aussi fournir aux décideurs et aux chercheurs d’emploi des réponses à leurs questions sur le marché du travail. Par exemple :

  • Combien y a-t-il de postes vacants en soins infirmiers dans la vallée du bas Fraser, en Colombie‑Britannique?

Au premier trimestre de 2017, la région économique de la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, comptait 810 postes vacants d’infirmiers autorisés et d’infirmiers psychiatriques autorisés (selon les données les plus récentes).

  • Si une personne cherche un poste de directeur de la construction dans le Nord, dans quel territoire pourrait‑elle gagner le meilleur salaire?

Ce serait aux Territoires du Nord-Ouest. En 2016, les directeurs de la construction gagnaient en moyenne 60,55 $ l’heure dans les Territoires du Nord-0uest, ce qui représente un salaire horaire légèrement plus élevé que celui gagné au Nunavut (59,00 $). Par ailleurs, le salaire de cette personne diminuerait de beaucoup si elle décidait de déménager au Yukon. Les directeurs de la construction de ce territoire ont gagné en moyenne 41,55 $ l’heure.

  • Combien un entrepreneur à Ottawa devrait-il payer ses charpentiers-menuisiers?

Les charpentiers-menuisiers d’Ottawa gagnaient en moyenne 26,65 $ l’heure en 2016.

  • Dans lequel des domaines suivants doit se spécialiser une Néo-Écossaise qui étudie en affaires en vue d’exercer la carrière la plus payante : la comptabilité ou le marketing?

En 2016, les professionnels en publicité, en marketing et en relations publiques de la Nouvelle-Écosse gagnaient en moyenne 33,80 $ l’heure, tandis que les vérificateurs et les comptables recevaient un salaire horaire moyen de 24,20 $. Toutefois, si la principale ambition de l’étudiante est de gagner un bon salaire, elle devrait envisager de présenter une demande d’admission auprès d’une école de médecine ou, du moins, viser une profession en gestion, catégorie pour laquelle le salaire moyen était de 40,25 $ l’heure, toutes professions confondues.

Collecte des données

Les données de l’EPVS aident à répondre à des questions au sujet de préoccupations concrètes de la vie quotidienne, mais leur processus de collecte est fort complexe. L’EPVS, qui a été élaborée à l’été 2014, est menée auprès de 100 000 entreprises, plus précisément auprès des « emplacements commerciaux », c’est-à-dire les points de vente au détail et les fournisseurs de services. Quy Do, économiste principale à la Division de la statistique du travail de Statistique Canada, donne une idée de la portée de l’enquête : « Supposons qu’en marchant dans la rue, vous croisez neuf entreprises. L’une de ces neuf entreprises fera partie de la population cible de notre enquête. »

Outre la portée de l’enquête, le niveau de détail extrêmement précis représente un défi. Puisque des données sont recueillies sur 500 professions dans 76 régions, une multitude de catégories doivent être créées et, comme Mme Do le souligne : « La répartition de la population cible de 100 000 emplacements entre ces nombreux domaines peut engendrer un très petit nombre d’emplacements par variable. »

Pour obtenir des données précises, il faut poser des questions détaillées et établir des définitions précises des salaires et des professions. Dans cette optique, les créateurs de l’EPVS ont dû expliquer aux employeurs comment répondre aux questions de l’enquête. « Pour ce type d’enquête, il faut renseigner nos répondants au sujet des catégories de professions, des personnes à inclure dans les données sur l’emploi, du type de salaire à déclarer et des montants à exclure des salaires — “ne pas inclure les pourboires ni la rémunération des heures supplémentaires” : c’est tout un défi sur le plan de la collecte de données. »

Les données de l’EPVS sur les postes vacants ont été diffusées pour la première fois en août 2015. Le mois de juin 2017 marque la toute première diffusion des données sur les salaires. À l’avenir, les données sur les postes vacants continueront de faire l’objet d’une diffusion trimestrielle, tandis que les données sur les salaires payés seront diffusées tous les ans. Ensemble, ces données nous permettront de mieux comprendre ce qui se passe sur le marché du travail canadien.

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