En 2023-2024, 45 % de tous les Canadiens racisés ont déclaré avoir été victimes de discrimination au cours des cinq années précédentes. La discrimination est associée à des répercussions négatives sur la santé mentale et physique, à des niveaux inférieurs de satisfaction à l'égard de la vie et à un manque d'optimisme quant à l'avenir. Toutefois, ces effets sont moins prononcés lorsque les victimes d'actes discriminatoires ont de solides réseaux de soutien personnel.
Parmi les Canadiens racisés ayant déclaré avoir été victimes de discrimination au cours des cinq années précédentes, le tiers (33 %) des répondants ont indiqué avoir un niveau élevé de satisfaction à l'égard de la vie (note de 8 ou plus sur une échelle de 10 points). Cette proportion augmentait pour s'établir à 47 % chez les victimes qui avaient des relations étroites avec les membres de leur famille et à 49 % chez celles qui avaient des relations étroites avec leurs amis. Les résultats en ce qui concerne la santé mentale et les perspectives quant à l'avenir s'amélioraient également lorsque les victimes avaient des réseaux de soutien personnel.
Ces constatations reposent sur une nouvelle étude publiée aujourd'hui, intitulée « Réduction du choc de la discrimination : le rôle des liens sociaux dans l'atténuation des préjudices associés au racisme et à la discrimination », dans laquelle des données tirées de la Série d'enquêtes sur les gens et leurs communautés permettent d'examiner le rôle de la famille et des amis dans l'atténuation des préjudices associés à la discrimination chez les Canadiens racisés. Cette étude porte également sur la façon dont les relations avec les membres de la famille et les amis peuvent avoir une incidence sur les perceptions qu'ont les victimes de discrimination à l'égard des autres Canadiens et de la société canadienne dans son ensemble.
Les victimes de discrimination ayant des liens sociaux étroits déclarent avoir une meilleure santé mentale que les personnes sans liens sociaux
Parmi les Canadiens racisés, le taux de santé mentale autodéclarée passable ou mauvaise était près de deux fois plus élevé chez les victimes de discrimination (24 %) que chez les non-victimes (13 %) en 2023-2024. Ce taux plus élevé de santé mentale passable ou mauvaise a été observé pour toutes les formes de discrimination; les victimes de traitements injustes, d'exclusion, de menaces ou d'attaques physiques ou verbales étaient plus ou moins toutes aussi susceptibles de déclarer avoir une santé mentale passable ou mauvaise.
Le taux de santé mentale passable ou mauvaise était plus élevé chez les personnes ayant subi de multiples incidents de discrimination. En particulier, 27 % des Canadiens racisés ayant été victimes de discrimination à plusieurs occasions au cours des cinq années précédentes ont déclaré avoir une santé mentale passable ou mauvaise. À titre de comparaison, cette proportion s'élevait à 14 % (cette estimation doit être interprétée avec prudence) chez les Canadiens racisés ayant été victimes d'un seul incident de discrimination pendant cette période.
Indépendamment du nombre d'incidents de discrimination, le fait d'avoir un réseau de personnes offrant du soutien était associé à un meilleur bien-être mental; les taux de santé mentale passable ou mauvaise chez les victimes disposant d'un tel réseau étaient comparables à ceux de l'ensemble des non-victimes (13 %). Plus précisément, 13 % des victimes de discrimination ayant un soutien familial solide ont déclaré une santé mentale passable ou mauvaise, alors que c'était le cas de 42 % des victimes dépourvues de ce soutien.
De manière similaire, l'incidence des liens sociaux sur la santé mentale des victimes de discrimination a été observée chez les personnes ayant subi des épisodes répétés de racisme et de discrimination. Une santé mentale passable ou mauvaise a été déclarée par 15 % des victimes de racisme et de discrimination à répétition ayant un soutien familial solide. Il s'agit d'une proportion plus de trois fois inférieure à celle enregistrée chez les personnes qui en ont été victimes de façon répétée et qui ne bénéficiaient pas de ce niveau de soutien de la part des membres de leur famille (47 %).
Les perspectives négatives à l'égard de la société canadienne sont moins courantes chez les victimes ayant un soutien solide de la part des membres de leur famille et de leurs amis
Le fait de subir du racisme et de la discrimination est étroitement lié aux perceptions à l'égard des autres Canadiens et de la société canadienne dans son ensemble. En 2023-2024, les personnes racisées ayant été victimes de discrimination étaient moins susceptibles d'éprouver des sentiments chaleureux à l'égard de la population canadienne (38 %) que leurs pairs n'ayant pas été victimes de discrimination (46 %). Elles étaient aussi plus de deux fois plus susceptibles que celles n'ayant pas été victimes de discrimination de déclarer n'avoir aucun optimisme quant à l'unité au sein de la population canadienne (18 % des personnes racisées ayant été victimes de discrimination par rapport à 8 % de celles ne l'ayant pas été) ou au fonctionnement de la démocratie au Canada (18 % par rapport à 8 %).
Les sentiments positifs envers les autres membres de la société augmentaient avec l'existence de liens sociaux étroits, tandis que les sentiments négatifs à leur égard diminuaient. Par exemple, 42 % des victimes de discrimination ayant de solides liens d'amitié exprimaient des sentiments chaleureux à l'égard des autres Canadiens. Cette proportion est semblable à celle enregistrée pour l'ensemble des non-victimes (46 %), mais elle est considérablement plus élevée que celle observée chez les victimes n'ayant pas de liens étroits avec des amis (28 %).
De manière similaire, le manque d'optimisme quant à l'unité au sein de la population canadienne et au fonctionnement de la démocratie était semblable pour les non-victimes et les victimes ayant des liens sociaux solides. Dans le cas des points de vue sur la démocratie au Canada, le manque d'optimisme s'élevait à 11 % chez les victimes ayant des liens étroits avec des amis, alors qu'il s'établissait à 8 % pour l'ensemble des non-victimes et à 21 % chez les victimes sans liens d'amitié étroits.
Les soutiens sociaux solides ne sont pas liés à la perception des victimes de discrimination à l'égard du rôle de la race et de l'appartenance ethnique par rapport à la réussite personnelle
Malgré l'influence positive des soutiens sociaux étroits sur le bien-être des victimes de discrimination, en 2023-2024, le fait d'avoir de solides relations avec les membres de la famille et les amis n'avaient pas d'effet sur les perceptions des victimes à propos de l'inégalité et de son incidence sur leur réussite personnelle. Par exemple, la croyance des victimes selon laquelle la race avait eu une incidence sur l'ampleur de leur réussite personnelle ne diminuait pas si elles bénéficiaient d'un soutien solide des membres de la famille et des amis. En effet, cette croyance demeurait environ deux fois plus courante chez les victimes ayant un soutien familial (50 %) et les victimes ne disposant pas de ce soutien (58 %) que chez les non-victimes (27 %).
La surveillance des tendances en matière de discrimination et le suivi de leurs effets et des facteurs de protection peuvent aider à fournir un portrait plus détaillé de la qualité de vie globale au Canada. Pour obtenir plus de renseignements sur la façon dont la discrimination et les traitements injustes sont mesurés et surveillés au Canada au moyen du Cadre de qualité de vie pour le Canada, veuillez consulter la page Web du Carrefour de la qualité de vie pour le Canada.
Note aux lecteurs
Cette étude est fondée sur des données tirées de la Série d'enquêtes sur les gens et leurs communautés (SEGC) de 2023-2024. La SEGC est une série d'enquêtes sociales qui comprenait la création d'un panel de personnes ayant accepté de participer à de brèves enquêtes. Dans le cadre de cette étude, on a principalement utilisé les panels 1 à 5 (fusionnés) pour explorer des questions relatives à la discrimination et aux liens sociaux. La période de référence de la SEGC va d'octobre 2022 à avril 2024. La population cible de la SEGC est constituée de personnes de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces du Canada.
La discrimination raciale a été mesurée à l'aide de la question suivante : « Au cours des cinq dernières années, avez-vous vécu l'une des situations suivantes en raison de votre race ou de votre appartenance ethnique?
Vous avez subi de la discrimination ou vous avez été traité injustement par d'autres personnes (p. ex. le refus d'un service ou d'un emploi, un mauvais traitement ou un traitement avec méfiance).
Vous avez fait l'objet d'exclusion (p. ex. on vous a donné l'impression de ne pas être à votre place ou on vous a fait sentir inférieur ou vous avez senti que les gens vous évitaient).
Vous avez été victime d'attaques physiques, de maltraitance, d'intimidation ou de menaces.
Vous avez été victime de violence verbale (p. ex. des injures, des insultes racistes ou des moqueries).
Vous n'avez vécu aucune de ces situations en raison de votre race ou de votre appartenance ethnique. »
Les termes « Canadiens » et « population canadienne » sont utilisés pour décrire toutes les personnes résidant au Canada, quel que soit leur statut de citoyenneté.
Le concept de « population racisée » ou de « groupe racisé » est tiré directement du concept de « minorité visible » du Recensement de 2021. La Loi sur l'équité en matière d'emploi définit les minorités visibles comme « les personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche ». Cette population est composée principalement des groupes suivants : les Sud-Asiatiques, les Chinois, les Noirs, les Philippins, les Latino-Américains, les Arabes, les Asiatiques du Sud-Est, les Asiatiques occidentaux, les Coréens et les Japonais. Dans la présente analyse, les Autochtones ne sont pas inclus dans la population racisée.
Référence
Définitions, source de données et méthodes : numéro d'enquête 5378.
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