Au total, trois nouveaux articles sont diffusés aujourd'hui dans la publication Rapports économiques et sociaux.
L'emploi continue de croître, en dépit de l'exposition professionnelle potentielle à l'intelligence artificielle
Depuis que l'intelligence artificielle (IA) générative est devenue largement disponible, en particulier à la suite du lancement de ChatGPT en novembre 2022, l'emploi a généralement continué de croître en dépit de l'exposition professionnelle potentielle à l'IA et de la complémentarité potentielle avec celle-ci. L'article intitulé « Tendances de l'emploi au Canada à l'ère de l'intelligence artificielle générative : premiers résultats » a permis de déterminer que de novembre 2022 à décembre 2025, les emplois potentiellement plus exposés à l'IA et moins complémentaires à celle-ci (p. ex. les programmeurs, les comptables et les analystes financiers) ont augmenté de 10 % chez les hommes et de 5 % chez les femmes. Ces taux de croissance ne sont pas sensiblement différents de ceux des autres professions.
Durant la même période, les employés âgés de 30 à 49 ans et les employés titulaires d'un baccalauréat ou d'un grade supérieur ont affiché des hausses de l'emploi de l'ordre de 10 % à 20 %, tandis que les employés plus jeunes et moins scolarisés (à l'exception des titulaires d'un certificat ou d'un diplôme d'une école de métiers) ont enregistré des augmentations de 5 % ou moins. Cependant, des tendances similaires avaient été observées avant la disponibilité généralisée des outils d'IA générative.
Le nombre de postes vacants a fortement augmenté vers la fin de 2021 et a continué de croître au début de 2022, lorsque l'économie se remettait de la pandémie de COVID-19. Toutefois, le nombre de postes vacants a commencé à diminuer peu après pour atteindre les niveaux observés avant la pandémie. Rien ne porte à croire que le nombre de postes vacants pour les emplois potentiellement plus exposés à l'IA et ayant moins de complémentarité avec celle-ci a diminué à un rythme plus rapide que celui des autres emplois à la suite de la grande accessibilité de l'IA générative.
La diffusion de l'IA en est encore à ses débuts. En outre, de nombreux chocs économiques qui se chevauchent, allant des adaptations du marché de l'emploi après la pandémie, à l'immigration accrue, en passant par les récentes tensions commerciales avec les États-Unis, font en sorte qu'il est difficile de démêler l'incidence potentielle de l'IA sur la croissance de l'emploi. Le potentiel transformateur de l'IA et l'incertitude quant à ses conséquences à plus long terme mettent en évidence l'importance d'une surveillance et d'un suivi continus du marché de travail afin d'orienter les discussions relatives à la planification de carrière et à la rééducation professionnelle.
Les professions de compagnons sont peut-être moins exposées à l'intelligence artificielle, mais elles pourraient connaître un risque accru de transformation des emplois liée à l'automatisation
L'IA et l'automatisation ont le potentiel de refaçonner la nature du travail, ce qui suscite des inquiétudes à l'égard des effets qu'auront ces technologies sur les différentes professions. En mai 2025, les compagnons — p. ex. les plombiers, les charpentiers et les soudeurs — représentaient plus de 1 million d'employés (6 % de tous les employés âgés de 18 ans et plus au Canada).
L'article intitulé « Exposition professionnelle potentielle à l'intelligence artificielle et à l'automatisation chez les compagnons certifiés au Canada » a montré que les professions de compagnons sont peut-être moins exposées que d'autres professions à la transformation des emplois liée à l'IA, car elles ont tendance à nécessiter davantage de travail manuel. Cependant, elles pourraient être davantage touchées par le risque d'automatisation en raison de la nature répétitive de certaines tâches.
Dans les professions de compagnons, 20 % des employés pourraient être exposés à un risque élevé d'automatisation (c'est-à-dire que leur emploi affiche une probabilité de 70 % ou plus de devenir automatisé à l'avenir), par rapport à 13 % des employés d'autres professions. Les hommes représentaient 85 % de tous les employés exerçant ces professions. Les résultats variaient peu entre les hommes et les femmes.
Ces résultats fournissent des renseignements sur les manières dont diverses technologies pourraient transformer les professions qui nécessitent beaucoup de travail manuel. Par ailleurs, les résultats peuvent orienter les discussions sur la rééducation professionnelle et la planification de carrière, compte tenu des inquiétudes à l'égard des conséquences potentielles des technologies émergentes pour la main-d'œuvre.
Les entreprises appartenant à des Autochtones emploient davantage de travailleurs autochtones que les entreprises qui n'appartiennent pas à des Autochtones
L'étude intitulée « Emploi et revenu des Autochtones dans les entreprises appartenant à des Autochtones : analyse comparative » permet de combler une lacune statistique importante en couplant les renseignements sur la propriété des entreprises avec les caractéristiques des employés afin de fournir une nouvelle analyse de l'emploi autochtone au sein des entreprises appartenant à des Autochtones et des entreprises n'appartenant pas à des Autochtones.
Dans tous les secteurs, toutes les régions et toutes les tailles d'entreprise, les entreprises appartenant à des Autochtones emploient des proportions nettement plus élevées de travailleurs autochtones que les entreprises n'appartenant pas à des Autochtones. Par exemple, dans le secteur de la construction, les employés autochtones représentaient 24,8 % de l'effectif des entreprises appartenant à des Autochtones en 2022, comparativement à 4,3 % de l'effectif des entreprises n'appartenant pas à des Autochtones. Dans le secteur de la fabrication, les employés autochtones représentaient 16,0 % de l'effectif des entreprises appartenant à des Autochtones et 2,6 % de l'effectif des entreprises n'appartenant pas à des Autochtones. Les employés autochtones touchaient également un revenu plus élevé s'ils travaillent pour une entreprise appartenant à des Autochtones dans pratiquement tous les secteurs; l'écart de revenu était supérieur à 25 % dans 8 des 13 secteurs.
Les données ventilées selon le groupe d'appartenance autochtone montrent que les entreprises appartenant à des Autochtones avaient également tendance à employer une part considérable de travailleurs issus du même groupe d'appartenance autochtone que le ou les propriétaires. Par exemple, 16,1 % des employés d'entreprises appartenant à des membres des Premières Nations s'identifiaient comme membres des Premières Nations; 15,2 % des employés d'entreprises appartenant à des Métis revendiquaient l'identité métisse; et 43,1 % des employés d'entreprises appartenant à des Inuit déclaraient être eux aussi des Inuit. Ces tendances pourraient s'expliquer en partie par la composition démographique des régions où sont situées les entreprises appartenant à des Autochtones et par la disposition des entreprises à embaucher localement.
En combinant des données administratives et d'enquête, l'étude fournit de nouveaux renseignements sur l'inclusion et la représentation des peuples autochtones sur le marché de l'emploi et sur leurs résultats en matière de revenu. Les résultats de cette étude peuvent orienter les politiques visant à soutenir l'entrepreneuriat autochtone, à promouvoir l'inclusion des Autochtones sur le marché du travail et à renforcer leur participation économique.
Coordonnées des personnes-ressources
Pour obtenir plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec nous au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).