Le Canada regorge de biens naturels. Il compte de vastes étendues de terres et a le plus long littoral du monde. Dans le cadre du Recensement de l’environnement, nous avons recours à de multiples sources de données pour mesurer les avantages directs et indirects que la nature procure aux Canadiens et Canadiennes.
Le terme « recensement » dans le contexte du Recensement de l'environnement fait référence à la création, à la collecte, à la compilation et à l'analyse systématiques et exhaustives des données relatives aux biens et aux services écosystémiques.
Nous n’en sommes pas à notre premier recensement
À Statistique Canada, nous sommes des spécialistes du recensement. En effet, tous les cinq ans depuis plus d’un siècle, nous envoyons des questionnaires à des millions de ménages canadiens ainsi qu’à des exploitants agricoles pour en apprendre davantage sur la population et le secteur agricole du Canada.
Depuis plus de 40 ans, Statistique Canada perfectionne les méthodes utilisées pour mesurer les liens entre l’environnement et l’économie. L’accent a été mis sur la mesure des pressions exercées par la croissance démographique sur l’environnement et des répercussions connexes des émissions atmosphériques, de l’utilisation de l’eau et du changement d’affectation des terres. Il est également essentiel de mesurer la diminution de l’approvisionnement du pays en ressources non renouvelables et leur contribution à la richesse nationale.
Notre Recensement de l’environnement, lancé en 2021, met l’accent sur les écosystèmes (c.-à-d. la forêt, les prairies, la toundra, les montagnes, les lacs, les rivières, les océans et les zones urbaines) qui font partie intégrante de l’identité nationale canadienne. Ces éléments du capital naturel jettent les bases de l’activité économique et procurent d’importants avantages à la société. Selon des estimations expérimentales récentes, les zones océaniques et côtières du Canada ont fourni des services écosystémiques évalués à plus de 7,1 milliards de dollars en 2023.
Cette somme est une sous-estimation de la valeur totale des océans — elle ne couvre que la valeur de la pêche commerciale, de la séquestration du carbone et du tourisme axé sur la nature. La valeur totale des avantages procurés par la nature est sans aucun doute beaucoup plus élevée. Des écosystèmes sains favorisent la santé et la sécurité des collectivités partout au pays.
Ces valeurs sont estimées en combinant des données gouvernementales sur les valeurs marchandes et des données d’observation de la Terre accessibles au public, ainsi que des données d’enquêtes sur le tourisme. Il en découle une estimation scientifique des avantages économiques, sociaux et environnementaux que la nature procure à la population canadienne.
Voici un échantillon de ce que nous avons appris jusqu’à présent.
Les villes canadiennes sont un peu moins vertes qu’il y a cinq ans
Parmi les cinq plus grandes villes du Canada, Vancouver (40,2 %) était la plus verte, suivie de Montréal (39,2 %) et de Toronto (38,3 %).
Toronto comptait de loin la plus grande superficie de couverture végétale parmi toutes les villes étudiées, soit 90 283 hectares.
Winnipeg, la septième plus grande ville du Canada, est une oasis de verdure parmi les villes réputées sèches des Prairies : 40,0 % de sa superficie était couverte de pelouses et d’espaces verts où l’on retrouve des arbustes et des arbres en 2024. Il s’agissait du deuxième pourcentage en importance dans l’Ouest canadien cette année-là, tout juste derrière Vancouver.
Près du cinquième des forêts canadiennes se remettent de feux de forêt ou de l’exploitation forestière
Environ un cinquième (725 223 km2) de cette superficie arborée se trouvait à divers stades de régénération après avoir été touché par des feux de forêt ou des activités de récolte au cours de la période allant de 1990 à 2020.
Près du huitième de la superficie intérieure du Canada est couvert de terres humides
Les terres humides fournissent une multitude de services écosystémiques, comme la purification et la régulation de l’eau, le stockage du carbone et le soutien aux activités récréatives.
En 2020, 12,7 % de la superficie intérieure du Canada était couverte de terres humides non arborées, ce qui représente environ 1,27 million de km2. Il s’agit d’une superficie comparable à la superficie terrestre de la province de Québec.
Récolter les richesses de la nature
En 2022, les agriculteurs et les entreprises du Canada ont récolté 270 millions de tonnes de plantes et d’animaux vivants dans l’environnement, ce qui équivaut au poids de 2 300 Tours CN.
Un peu plus de la moitié (51,2 %) de cette biomasse récoltée en 2022 provenait des écosystèmes agricoles et ce sont les produits agricoles comme les céréales, les oléagineux, les légumineuses, les cultures fourragères et les légumes qui ont été à l’origine de la plus grande part (138 millions de tonnes).
L’industrie forestière a récolté et transformé 131 millions de tonnes d’arbres provenant des forêts canadiennes, et environ 750 000 tonnes de poissons, de mollusques et d’autres produits ont été récoltées dans nos océans, nos lacs et nos rivières.
Les températures à la surface de la mer se réchauffent partout au Canada, mais demeurent froides pour la baignade
Les trois océans du Canada (les océans Pacifique, Atlantique et Arctique) affichent une tendance de réchauffement depuis 1982. La plate-forme néo-écossaise (+0,53 °C par décennie) a affiché le réchauffement le plus marqué, suivie du détroit de Georgia (+0,36 °C par décennie), des plates-formes de Terre-Neuve et du Labrador (+0,33 °C par décennie) et du golfe du Saint-Laurent (+0,33 °C par décennie).
La hausse des températures océaniques, bien qu’elle puisse ravir les nageurs qui rêvent de s’immerger dans des eaux plus chaudes, peut nuire aux poissons et à la vie marine de bien des façons. Elle peut notamment accroître le risque de prolifération d’algues poussant dans des climats plus chauds ainsi que la présence d’espèces envahissantes migrant de ces climats, perturbant l’habitat naturel.
Le réchauffement des eaux peut également réduire le taux de survie des jeunes poissons et des œufs. Bien qu’il soit dû à la surpêche plutôt qu’à la hausse de la température des mers, l’effondrement de la pêche à la morue sur la côte est en 1992 illustre les torts que les moyens de subsistance, la chaîne alimentaire et l’économie peuvent subir lorsque l’environnement est mis à rude épreuve.
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