La Journée des langues autochtones, une occasion d’honorer le riche patrimoine linguistique des Premières Nations, des Inuit et des Métis partout au Canada

26 mars 2026, 11 h 00 (HAE)

Le meilleur moment pour apprendre une langue, c’est pendant la jeunesse, lorsque l’esprit est vif, en interagissant avec sa famille, ses amis et la communauté qui nous entoure. Plus des deux tiers des locuteurs de langues autochtones d’aujourd’hui ont grandi dans un foyer où l’on parlait régulièrement une langue autochtone, qu’il s’agisse de l’algonquin, du déné, de l’inuktut ou de l’une des 70 autres langues autochtones parlées au pays.

L’un des avantages d’apprendre une langue autochtone pendant l’enfance est que l’on a plus de chances de la parler à l’âge adulte. Parmi les locuteurs de langues autochtones qui ont appris leur langue autochtone comme langue maternelle, plus de 4 locuteurs sur 5 (82 %) la parlaient à la maison (61 % le plus souvent et 21 % régulièrement).

Cela dit, les générations plus jeunes sont moins susceptibles d’avoir une langue autochtone comme langue maternelle que les générations plus âgées. En 2021, 184 170 Autochtones avaient une langue autochtone comme langue maternelle, en baisse de 14 120 (-7 %) par rapport à 2016, surtout en raison du vieillissement de la population.

Les apprenants de langue seconde jouent un rôle important dans la revitalisation des langues autochtones

Apprendre une langue seconde peut être difficile. Néanmoins, plus de 1 personne qui parle une langue autochtone aujourd’hui sur 4 a pris le temps, a fait les efforts et a eu la détermination nécessaires pour apprendre la langue de ses ancêtres suffisamment bien pour tenir une conversation. Par ailleurs, 5 000 autres personnes non autochtones ont aussi appris une langue autochtone.

Parmi les locuteurs qui ont appris une langue autochtone comme langue seconde, 56 % parlaient cette langue à la maison (13 % le plus souvent et 43 % régulièrement).

Lors du Recensement de la population de 2021, nous avons constaté que 66 880 Autochtones avaient appris une langue autochtone comme langue seconde, en hausse de 6 % par rapport à 2016. Ces apprenants de langue seconde jouent un rôle important dans la revitalisation des langues autochtones menacées partout au pays.

Sur la côte Ouest, les enfants sont plus nombreux que les personnes âgées à parler le squamish et le halkomelem.

Dans les provinces des Prairies, le nombre de membres des Premières Nations pouvant soutenir une conversation en pied-noir s’est accru de près d’un cinquième depuis 2016.

Le nombre de personnes pouvant converser en michif, une langue propre aux Métis, a augmenté de 45 % par rapport à cinq ans plus tôt pour atteindre 1 485 en 2021.

Sur la côte Est, une plus grande proportion d’enfants des Premières Nations âgés de 14 ans ou moins connaissent le mi’kmaq, l’innu et le wolastoqey que les personnes âgées de 65 ans et plus.

Les locuteurs silencieux

Les locuteurs silencieux sont des personnes qui ont une langue maternelle autochtone qu’elles comprennent toujours, mais qu’elles ne peuvent plus parler suffisamment bien pour soutenir une conversation.

Dans certains cas, il peut s’agir de personnes qui n’ont pas continué d’utiliser leur langue maternelle au fil du temps ou de personnes qui n’ont pas de communauté leur permettant de discuter dans leur langue maternelle.

En 2021, 8 % des 185 510 personnes au Canada ayant une langue maternelle autochtone étaient des locuteurs silencieux d’une langue autochtone.

Les constats de la Commission de vérité et réconciliation

L’histoire des pratiques coloniales au Canada a eu des répercussions profondément négatives sur l’utilisation des langues autochtones. Tout particulièrement, le Rapport de la Commission de vérité et réconciliation a décrit en détail les nombreux préjudices causés aux langues des enfants des Premières Nations, des enfants métis et des enfants inuits par le système des pensionnats, mis en place pour assimiler les peuples autochtones et rompre leurs liens avec leur culture.

En réponse aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, la Loi sur les langues autochtones a été adoptée en 2019. L’adoption de cette loi a donné lieu à la création du Bureau du commissaire aux langues autochtones, chargé d’« aider à promouvoir les langues autochtones et soutenir les efforts des peuples autochtones pour se réapproprier, revitaliser, renforcer et préserver leurs langues ».

Les langues autochtones et le rôle de la communauté

À l’étendue du Canada, les langues autochtones sont le plus largement parlées dans les endroits où les gens vivent en étroite proximité, partagent leurs routines quotidiennes et transmettent leurs connaissances d’une génération à l’autre.

Pour beaucoup de membres des Premières Nations, de Métis et d’Inuit, ces cadres communautaires offrent le soutien le plus solide pour l’apprentissage et la préservation de leur langue.

La plupart des membres des Premières Nations qui parlent une langue autochtone vivent dans une réserve

Dans les réserves des Premières Nations, les langues autochtones continuent de faire partie de la vie quotidienne.

En 2021, plus des deux tiers (68 %) des membres des Premières Nations qui pouvaient parler une langue autochtone vivaient dans une réserve. Environ 2 membres des Premières Nations qui vivaient dans une réserve sur 5 (40 %) pouvaient parler une langue autochtone, comparativement à 8 % de ceux qui vivaient hors réserve.

Lorsqu’une langue est entendue à l’épicerie, lors de cérémonies et autour d’une table, il devient beaucoup plus facile pour les personnes, et particulièrement pour les enfants, de l’apprendre et de la garder vivante.

De nombreux Métis vivant dans les établissements métis de l’Alberta parlent une langue autochtone

La plus grande assise territoriale des Métis au Canada est composée des huit établissements métis du nord de l’Alberta. Sans surprise, les langues autochtones sont plus souvent parlées par les Métis dans ce territoire que parmi l’ensemble de la population métisse au Canada.

En 2021, environ 1 résident de Peavine sur 5 (20,5 %) et 1 résident de Buffalo Lake sur 5 (17,3 %) pouvait soutenir une conversation en michif; à titre de comparaison, la proportion correspondante s’élevait à 1,3 % chez la population métisse en général. Dans ces établissements, la langue est étroitement liée au territoire, à la parenté et à un sentiment commun d’identité métisse.

La quasi-totalité des Inuit du Nunavik parle une langue inuktute

L’Inuit Nunangat, qui comprend la région désignée des Inuvialuit, le Nunavut, le Nunavik et le Nunatsiavut, est l’une des régions du Canada où les langues autochtones sont le plus parlées.

C’était particulièrement vrai au Nunavik, où presque tous les Inuit (99 %) pouvaient converser dans une langue inuktute en 2021, y compris 98 % des enfants âgés de 14 ans ou moins. La vigueur des langues inuktutes chez les enfants est essentielle à leur transmission continue.

Winnipeg est un centre de compétences en langues autochtones parmi les grandes villes du Canada

Les langues autochtones ne se limitent pas aux réserves, aux établissements métis ou aux régions nordiques : elles sont parlées d'un bout à l'autre du pays, y compris dans les plus grandes villes du Canada.

En 2021, Winnipeg comptait le plus grand nombre de locuteurs de langues autochtones (4 710 personnes) parmi les grandes villes du Canada, et en particulier, de locuteurs de langues des Premières Nations. Edmonton comptait le plus grand nombre de locuteurs de langues métisses (620) et Ottawa–Gatineau, la plus grande population de locuteurs de langues inuites (600).

Dans l’ensemble, ces tendances montrent que les langues autochtones continuent d’être utilisées dans divers contextes, et au sein des communautés de l’ensemble du pays.

Un clic suffit pour accéder à plus de données autochtones

Apprenez-en plus sur les langues autochtones parlées dans votre région grâce à notre outil de visualisation de données sur les langues autochtones.

 

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