Un examen plus approfondi de la baisse des concentrations de trois métaux toxiques au sein de la population canadienne

14 juillet 2026, 11 h 00 (HAE)

De nouvelles données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) pour la période de référence de 2022 à 2024 ont récemment été diffusées, notamment des données sur plus de 100 substances chimiques environnementales mesurées dans la population canadienne.

Ces données sont utilisées dans le Tableau de bord sur la biosurveillance canadienne de Santé Canada, qui présente les niveaux des substances chimiques d’origine environnementale au sein de la population canadienne.

Jetons un coup d’œil aux résultats présentés dans le tableau de bord sur trois substances chimiques de haute priorité — le cadmium, le plomb et le mercure —, qui ont tous diminué de plus de 30 % chez les Canadiennes et Canadiens depuis le début de l’ECMS.

Plomb

Le recul des niveaux de plomb observé depuis les années 1970 est en grande partie attribuable à l’élimination de son utilisation dans l’essence pour les véhicules routiers ainsi que dans les produits de consommation et les matériaux de construction. Aujourd’hui, la population canadienne est surtout exposée au plomb par la nourriture et l’eau potable, bien que certaines personnes y soient exposées par la fumée de cigarette.

Les niveaux moyens de plomb ont reculé de 45 % au cours de la période allant de 2007 à 2024. Les niveaux moyens de plomb parmi la population canadienne âgée de 6 à 79 ans étaient de 0,74 microgramme par décilitre (µg/dl) de sang de 2023 à 2024, par rapport à 1,3 µg/dl de 2007 à 2009. La baisse semble se poursuivre, puisque les niveaux de 2023-2024 étaient inférieurs de près d’un dixième (-9,8 %) à ceux enregistrés lors de la dernière mesure, effectuée de 2018 à 2019.

Mercure

Le mercure est libéré dans l’environnement par des sources naturelles, comme l’érosion et l’activité volcanique, ainsi que sous l’effet d’activités industrielles. Il demeure longtemps dans l’environnement et est présent partout sur la planète, même dans l’Arctique.

Au Canada, c’est principalement par la consommation de poisson que la population générale est exposée au méthylmercure, une forme de mercure qui peut s’accumuler dans les organismes vivants. Comme le poisson fait partie d’une alimentation saine, Santé Canada fournit des recommandations sur la consommation de poisson afin de contribuer à maintenir une faible exposition au méthylmercure.

Pendant la période de 2023 à 2024, la concentration moyenne totale de mercure dans le sang se chiffrait à 0,46 µg/L chez les personnes âgées de 6 à 79 ans, en baisse de 36 % par rapport aux 0,72 µg/L mesurés de 2007 à 2009. Chez les personnes âgées de 20 à 79 ans, on a constaté une baisse similaire des concentrations de méthylmercure, qui sont passées de 0,69 µg/L lors de la période de 2012 à 2013 à 0,44 µg/L au cours de la période de 2023 à 2024. La concentration moyenne de mercure dans le sang était plus élevée chez les adultes que chez les enfants et les adolescents.

Cadmium

Le cadmium entre dans l’environnement principalement sous l’effet d’activités industrielles (telles que la production de métaux et la combustion de combustibles). Comme il ne se détériore pas, il peut s’accumuler au fil du temps. La population générale y est exposée principalement par la nourriture (pour les non-fumeurs) ou par les produits du tabac (pour les fumeurs).

Au cours de la période de 2023 à 2024, le niveau moyen de cadmium dans le sang se chiffrait à 0,24 µg/L chez les personnes âgées de 6 à 79 ans, en baisse de 31 % par rapport à 0,35 µg/L de 2007 à 2009. Ces dernières années, le niveau moyen de cadmium dans le sang a connu une diminution plus graduelle que celui du plomb ou du mercure : il est passé de 0,25 µg/L au cours de la période de 2018 à 2019 à 0,24 µg/L au cours de la période de 2023 à 2024 (-4,0 %).

Les niveaux de cadmium étaient plus de six fois supérieurs chez les fumeurs que chez les non-fumeurs pendant la période de 2023 à 2024. Le recul des niveaux de cadmium de 2007 à 2024 chez les fumeurs (-34 %) était plus de deux fois supérieur à celui observé parmi la population qui ne fume pas actuellement (-16 %).

Pour en savoir plus

Pour obtenir plus de renseignements sur la biosurveillance de ces trois métaux, consultez les pages Web de Santé Canada suivantes :

Note aux lecteurs

L’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) est la seule source continue de données représentatives à l’échelle nationale de mesures directes de la santé au Canada. Elle fournit des renseignements détaillés sur les problèmes de santé et les comportements en matière de santé de la population canadienne, et vise à orienter la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies, ainsi qu’à promouvoir la santé et le bien-être.

L’ECMS permet de recueillir des données de biosurveillance afin de mieux comprendre l’exposition aux substances chimiques présentes dans l’environnement et l’évolution de cette exposition au fil du temps au sein de la population canadienne. L’ECMS est menée par Statistique Canada, en partenariat avec Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada.

Les données du cycle 7 de l’ECMS ont été recueillies de novembre 2022 à décembre 2024, bien que les échantillons de sang et d’urine n’aient été prélevés que de janvier 2023 à décembre 2024. La population cible comprenait les personnes de 1 à 79 ans vivant dans les provinces canadiennes. La population observée ne comprenait pas les personnes vivant dans les trois territoires, celles vivant dans les réserves et autres établissements autochtones des provinces, la population vivant en établissement et les résidents de certaines régions éloignées. En tout, ces exclusions représentent environ 3 % de la population cible.

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