Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2011

par Shannon Brennan

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Note aux lecteurs
En raison de la déclaration incorrecte du nombre d'affaires de pornographie juvénile par un service de police pour les années 2008 à 2011, les données qui figuraient au départ dans le présent rapport ont été supprimées. Les données révisées sont disponibles dans les statistiques de la criminalité de 2012, publiées le 25 juillet 2013.

Nous regrettons les inconvénients que cette situation peut avoir causé.

On reconnaît qu'il est important de mesurer l'étendue et la nature de la criminalité au Canada, puisque le nombre de crimes commis dans un pays peut témoigner de la sécurité et du bien-être d'ensemble de ses habitants (Ressources humaines et développement des compétences Canada, 2012). Au Canada, la criminalité peut être mesurée de deux façons, soit à l'aide des données autodéclarées des enquêtes sur la victimisation (voir l'encadré 3), soit à l'aide des données déclarées par la police. Depuis 1962, Statistique Canada réalise le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), qui sert à recueillir des données sur toutes les affaires criminelles dont la police a pris connaissance et établi le bien-fondéNote 1.

Le présent article du Juristat communique les résultats du Programme DUC de 2011. On y examine les tendances du volume et de la gravité de la criminalité, pour les crimes violents et sans violence, et aux échelons du pays, des provinces et territoires et des régions métropolitaines de recensement. En outre, on y explore les variations du nombre et du taux de chaque type d'infraction déclaré par la police, comme l'homicide, le vol qualifié, l'agression sexuelle, l'introduction par effraction et le vol de véhicules à moteur. Enfin, on y présente les tendances du volume et de la gravité de la criminalité chez les jeunes.

Les crimes déclarés par la police au Canada sont toujours en recul

Le taux de crimes déclarés par la police, qui représente le nombre total de crimes pour 100 000 habitants, était toujours en baisse en 2011; il a fléchi de 6 % par rapport à l'année précédente. Dans l'ensemble, il s'agissait de la huitième diminution consécutive du taux de criminalité au Canada (graphique 1). Depuis 1991, alors qu'il a atteint un sommet, le taux suit une tendance générale à la baisse, et il se situe maintenant à son point le plus faible depuis 1972.

Les services de police canadiens ont déclaré environ 2 millions d'infractions au Code criminel en 2011, ce nombre étant inférieur de presque 110 000 à celui constaté en 2010 (tableau 1a). À l'instar des années précédentes, en 2011, des diminutions au chapitre des crimes contre les biens, surtout des affaires de vol de moins de 5 000 $ (30 100 affaires de moins), de méfait (24 100 affaires de moins), d'introduction par effraction (15 800 affaires de moins) et de vol de véhicules à moteur (10 100 affaires de moins), expliquaient la majorité de ce recul.

Graphique 1
Taux de crimes déclarés par la police, Canada, 1962 à 2011

Tableau de données du graphique 1

Graphique 1 Taux de crimes déclarés par la police, Canada, 1962 à  2011

Note : L'information figurant dans le présent graphique est tirée du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) agrégé et elle permet d'établir des comparaisons entre les années à compter de 1962. De nouvelles définitions de certaines catégories de crimes ont été adoptées en 2009 et ne sont disponibles dans la nouvelle version (Programme DUC fondé sur l'affaire) qu'à compter de 1998. Par conséquent, les chiffres dans le présent graphique ne correspondent pas aux données diffusées selon la nouvelle version. Plus précisément, la définition d'un crime violent a été élargie. De surcroît, le nombre total d'infractions au Code criminel (sauf les délits de la route) ne correspond pas dans les deux ensembles de tableaux, puisque le Programme DUC agrégé comprenait un certain nombre de nouveaux délits de la route dans la catégorie « Autres infractions, Autres infractions au Code criminel », tout comme il comprenait d'autres types de nouvelles infractions.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

En plus du nombre de crimes au Canada, on peut aussi mesurer la gravité des crimes, ce qui est accompli en utilisant l'Indice de gravité de la criminalité (IGC) (voir l'encadré 1). Depuis 10 ans, la gravité des crimes déclarés par la police a diminué au cours de chaque année, sauf une (2003). En 2011, l'IGC a continué à reculer; il était en baisse de 6 % par rapport à 2010 et de 26 % comparativement à 10 ans plus tôt (tableau 1b, graphique 2).

Graphique 2
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, 2001 à 2011

Tableau de données du graphique 2

Graphique 2 Indices de gravité des crimes déclarés par la police,  2001 à 2011

Note : L'année de base choisie pour les indices est 2006, leur valeur ayant été fixée à « 100 ».
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Encadré 1
La mesure des crimes déclarés par la police

Au Canada, il existe deux façons complémentaires de mesurer les crimes déclarés par la police : le taux de criminalité traditionnel et l'Indice de gravité de la criminalité (IGC). Alors que le taux de criminalité sert à mesurer le volume de la criminalité, l'IGC mesure la gravité de la criminalité.

Taux de criminalité — Depuis 1962, les tendances de l'ensemble des crimes déclarés par la police ont été établies en utilisant le « taux de criminalité traditionnel », qui est exprimé en un nombre pour 100 000 habitants. On calcule le taux de criminalité en additionnant les affaires criminelles (sauf les délits de la route prévus au Code criminel et les infractions aux autres lois fédérales, comme les infractions relatives aux drogues) qui ont été signalées à la police, et en divisant le total par la population. Dans ce calcul, toutes les infractions ont une valeur égale. À titre d'exemple, une affaire de meurtre a la même valeur qu'une affaire de vol. Ainsi, le taux de criminalité a tendance à être dominé par les infractions moins graves et à volume élevé, comme les vols mineurs et les méfaits. La déclaration de ces infractions peut varier en raison de différences entre les secteurs de compétence en ce qui a trait aux franchises d'assurance, au besoin d'un rapport de police aux fins de l'assurance, ou au recours aux règlements municipaux ou aux lois provinciales, par exemple.

En plus du taux global de criminalité, il existe trois sous-totaux, soit le taux de crimes violents, le taux de crimes contre les biens et le taux d'autres infractions au Code criminel, chacun étant disponible depuis 1962. Des taux distincts pour la criminalité chez les jeunes sont également calculés. Toutefois, alors que les taux de criminalité en général sont fondés sur les comptes des affaires, les taux de criminalité chez les jeunes sont fondés sur les comptes des jeunes de 12 à 17 ans qui ont été inculpés par la police ou pour lesquels les renseignements relatifs à l'affaire sont suffisants pour permettre à la police de porter des accusations.

Indice de gravité de la criminalité — Pour régler le problème de l'effet des infractions moins graves et à volume élevé, comme les vols mineurs, les méfaits et les voies de fait simples, sur le taux global de criminalité, on utilise une autre mesure des crimes déclarés par la police appelée « Indice de gravité de la criminalité ». Aux fins de simplicité, on utilise le sigle « IGC ». Cet indice tient compte tant du volume que de la gravité de la criminalité.  

Dans le calcul de l'Indice, un poids est attribué à chaque infraction, selon les peines imposées par les tribunaux de juridiction criminelle. Plus la peine moyenne est sévère, plus le poids attribué à l'infraction est élevé. Par conséquent, les infractions plus graves ont un effet plus marqué sur l'Indice.

Dans le calcul de l'IGC, on tient compte de toutes les infractions, y compris les délits de la route et les infractions relatives aux drogues. On calcule cet indice en additionnant les infractions pondérées et en divisant le total par la population. L'année de base choisie pour l'IGC est 2006, sa valeur ayant été fixée à 100. Les valeurs de l'IGC sont disponibles à compter de 1998. En plus de l'IGC global, il existe des indices pour les crimes violents et pour les crimes sans violence.

Il existe aussi un IGC chez les jeunes (12 à 17 ans) qui ont été inculpés par la police ou pour lesquels les renseignements relatifs à l'affaire sont suffisants pour permettre à la police de porter des accusations. Cet indice est fondé sur le même concept de base, c'est-à-dire sur la pondération des infractions selon leur gravité. Comme dans le cas de l'IGC en général, il existe, pour les jeunes, un IGC global, ainsi que des indices de la gravité des crimes violents et des crimes sans violence, tous ces indices étant disponibles à compter de 1998.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur l'IGC, voir La mesure de la criminalité au Canada : présentation de l'Indice de gravité de la criminalité et des améliorations au Programme de déclaration uniforme de la criminalité (Wallace et autres, 2009) et La méthodologie de l'Indice de gravité de la criminalité déclarée par la police (Babyak et autres, 2009).

Fin de l'encadré 1.

On observe des baisses de la criminalité dans la plupart des régions du pays

Entre 2010 et 2011, le volume de crimes déclarés par la police de même que la gravité de ces crimes ont fléchi ou sont demeurés stables dans presque tout le pays (tableau 2a, tableau 2b). De toutes les provinces, l'Alberta et Terre-Neuve-et-Labrador ont signalé les plus fortes baisses de la gravité des crimes, les reculs se situant à 10 % et 8 %, respectivement.

Comme on l'avait constaté au cours des années précédentes, le volume de crimes déclarés par la police et la gravité de ces crimes étaient tous les deux les plus importants dans les territoires, en particulier dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut (tableau 2a, graphique 3).

Graphique 3
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, selon la province ou le territoire, 2011

Tableau de données du graphique 3

Graphique 3 Indices de gravité des crimes déclarés par la police,  selon la province ou le territoire, 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Parmi les provinces, celles situées dans l'Ouest du pays ont enregistré des taux de criminalité et des IGC plus élevés que celles de l'Est, ce qui confirme une tendance bien établie. Plus précisément, comme on le constate depuis 1998, l'IGC le plus élevé a été déclaré par la Saskatchewan en 2011, suivie du Manitoba, de la Colombie-Britannique et de l'Alberta.

L'Ontario a affiché l'IGC le plus faible au pays en 2011, suivi du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard. La Nouvelle-Écosse était la seule province de l'Est dont l'IGC dépassait l'indice national en 2011.

L'IGC a reculé dans la plupart des secteurs de compétence au cours des 10 dernières années (graphiques 4 à 7). Depuis 2001, l'IGC a fléchi dans chaque province et territoire, sauf à Terre-Neuve-et-Labrador, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut.

Graphique 4
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, provinces de l'Atlantique, 2001 à 2011

Tableau de données du graphique 4

Graphique 4 Indices de gravité des crimes déclarés par la police,  provinces de l'Atlantique, 2001 à 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Graphique 5
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, Québec, Ontario et Colombie-Britannique, 2001 à 2011

Tableau de données du graphique 5

Graphique 5 Indices de gravité des crimes déclarés par la police,  Québec, Ontario et Colombie-Britannique, 2001 à 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Graphique 6
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, provinces des Prairies, 2001 à 2011

Tableau de données du graphique 6

Graphique 6 Indices de gravité des crimes déclarés par la police,  provinces des Prairies, 2001 à 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Graphique 7
Indices de gravité des crimes déclarés par la police, territoires, 2001 à 2011

Tableau de données du graphique 7

Graphique 7 Indices de gravité des crimes déclarés par la police,  territoires, 2001 à 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

La gravité des crimes est en baisse dans toutes les régions métropolitaines de recensement

Tant le volume que la gravité de la criminalité ont reculé dans presque toutes les régions métropolitaines de recensement (RMR)Note 2 du Canada en 2011. Les déclins les plus marqués ont été constatés à Victoria (-16 %) et à Saint John (-14 %). Ces RMR figuraient également parmi celles ayant déclaré les plus fortes baisses de la gravité de la criminalité, soit de 17 % et de 14 %, respectivement (tableau 3).

En 2011, l'IGC le plus élevé a été signalé une fois de plus par Regina, suivie de Saskatoon, Thunder Bay et Winnipeg. Calgary et Victoria étaient les seules RMR de l'Ouest dont l'IGC se situait en deçà de l'indice national (graphique 8). Pour la cinquième année consécutive, Guelph a signalé la valeur la moins élevée de l'IGC parmi les RMR; venaient ensuite Québec, Toronto et Ottawa.

Graphique 8
Indice de gravité des crimes déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2011

Tableau de données du graphique 8

Graphique 8 Indice de gravité des crimes déclarés par la police,  selon la région métropolitaine de recensement, 2011

1. Gatineau représente la partie de la RMR d'Ottawa–Gatineau qui est située au Québec.
2. Ottawa représente la partie de la RMR d'Ottawa–Gatineau qui est située en Ontario.
Note : La RMR d'Oshawa est exclue du présent graphique en raison du manque de correspondance entre les limites des territoires policiers et celles de la RMR.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Des valeurs de l'IGC pour les affaires déclarées par la police sont aussi produites pour les quelque 240 services de police qui desservent au moins un centre de population comptant plus de 10 000 habitants (Statistique Canada, 2012a). Parmi ceux-ci, North Battleford, en Saskatchewan, a connu la valeur de l'IGC la plus élevée pour la troisième année d'affilée; venait ensuite Thompson, au Manitoba. Les valeurs les plus faibles de l'IGC ont généralement été constatées en Ontario, Amherstburg et LaSalle ayant connu les plus basses.

Encadré 2
Les facteurs influant sur les statistiques des crimes déclarés par la police

De nombreux facteurs peuvent avoir une incidence sur les statistiques des crimes déclarés par la police. Ceux-ci comprennent, entre autres, les politiques et pratiques des services de police locaux; l'évolution des divers facteurs démographiques, sociaux et économiques; les caractéristiques des quartiers; les progrès technologiques; les modifications législatives; et les perceptions et attitudes du public.

Des différences entre les politiques, les procédures et les pratiques d'application de la loi des services de police locaux peuvent avoir une incidence sur les statistiques de la criminalité. Certains services de police ont des centres d'appels ou permettent le signalement des infractions en ligne où sont acheminés et enregistrés les rapports concernant les affaires criminelles, alors que d'autres exigent des victimes qu'elles fassent leur déclaration en personne. De plus, dans certains secteurs de compétence, les infractions moins graves peuvent être réglées par l'entremise des centres d'appel 311 municipaux ou des services d'application des règlements, ou en vertu des lois provinciales. À titre d'exemple, mentionnons les plaintes relatives au bruit, les méfaits et les délits de fuite. Enfin, les pratiques policières qui mettent davantage l'accent sur la résolution de ces types d'infraction lorsque le temps, les ressources et les priorités le permettent peuvent avoir une incidence sur les infractions comme la conduite avec facultés affaiblies, la prostitution et les infractions relatives aux drogues.

Il a été démontré que, parmi les facteurs démographiques, l'évolution de la structure par âge de la population a une incidence sur le volume de crimes commis. En général, les taux de criminalité ont tendance à diminuer avec l'âge (voir la section sur les crimes commis par des jeunes qui ont été déclarés par la police). En outre, on a constaté que d'autres facteurs sociaux et économiques, comme les variations de l'inflation, de la consommation d'alcool et des taux de chômage, sont liés à certaines habitudes criminelles (Pottie-Bunge et autres, 2005).

Des différences entre les caractéristiques des quartiers peuvent également avoir une incidence sur les statistiques de la criminalité. Des études ont montré que le type et le volume de crimes déclarés par la police peuvent varier selon la densité de la population, la mobilité résidentielle et les fonctions économiques des quartiers (Charron, 2009).

L'apparition de nouvelles technologies a eu pour effet de créer de nouveaux types de crimes et de nouvelles possibilités de s'adonner à des crimes, comme la cybercriminalité (Nuth, 2008). Dans le même ordre d'idées, les changements à la législation sur la justice pénale, comme la création de nouvelles infractions, peuvent influer sur les pratiques d'application de la loi de la police, qui peuvent, à leur tour, avoir une incidence sur le nombre d'affaires criminelles déclarées par la police.

Les attitudes et les perceptions de la société à l'égard de certains crimes, comme l'agression sexuelle et la violence conjugale, peuvent également avoir un effet sur le nombre d'affaires signalées à la police (Bowles et autres, 2009). La facilité avec laquelle le public peut signaler les affaires et la façon dont une affaire est perçue peuvent avoir un effet sur les probabilités de déclaration à la police, et éventuellement à Statistique Canada dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Fin de l'encadré 2.

Crimes violents

La gravité des crimes violents est en recul pour la cinquième année consécutive

Le volume de crimes violents et la gravité de ces crimes ont tous les deux fléchi en 2011. Le taux de crimes violents a reculé de 4 % entre 2010 et 2011, tout comme l'Indice de gravité des crimes violents (IGCV), dont la baisse était la cinquième en tant d'années (tableau 1a, tableau 1b).

À l'instar des années passées, en 2011, les crimes violents représentaient environ le cinquième des infractions déclarées par la police. La police a dénombré plus de 424 400 affaires de violence, soit 14 800 de moins qu'en 2010.

Presque tous les types de crimes violents ont connu une baisse ou n'ont pas varié en 2011. Faisaient exception les homicides, qui ont progressé de 7 %, les infractions sexuelles contre les enfants, qui ont augmenté de 3 %, et le harcèlement criminel, qui a augmenté de 1 % (tableau 4).

La gravité des crimes violents a diminué ou est demeurée stable dans l'ensemble des provinces et des territoires en 2011. L'Île-du-Prince-Édouard a enregistré l'IGVC le plus faible parmi les provinces, alors que le Manitoba a encore signalé l'IGVC le plus élevé (tableau 2b).

Winnipeg, qui a enregistré une augmentation de 6 % en 2011, a affiché l'IGCV le plus important (173,8) parmi les RMR. Son IGCV était bien supérieur à celui de Saskatoon (134,5), qui s'est classée deuxième (graphique 9). L'IGCV a progressé dans cinq autres RMR, Gatineau (+14 %) et Guelph (+8 %) ayant connu les plus fortes hausses (tableau 3).

Graphique 9
Indice de gravité des crimes violents déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2011

Tableau de données du graphique 9

Graphique 9 Indice de gravité des crimes violents déclarés par la  police, selon la région métropolitaine de recensement, 2011

1. Gatineau représente la partie de la RMR d'Ottawa–Gatineau qui est située au Québec.
2. Ottawa représente la partie de la RMR d'Ottawa–Gatineau qui est située en Ontario.
Note : La RMR d'Oshawa est exclue du présent graphique en raison du manque de correspondance entre les limites des territoires policiers et celles de la RMR.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Le taux d'homicides est en hausse en 2011

En général, les homicides sont très rares au Canada. Des études ont permis de constater que les décès attribuables à des homicides sont moins fréquents que les décès causés par des blessures accidentelles ou des suicides (Statistique Canada, 2012b). Puisque l'homicide figure parmi les quelques types de crimes violents qui viennent à l'attention de la police presque sans exception, il est généralement considéré comme le baromètre de la violence dans un pays (Marshall et Block, 2004).

En 2011, il s'est produit 598 homicides au Canada, soit 44 de plus que l'année précédente; cela représentait un accroissement de 7 % du taux d'homicides (1,7 pour 100 000 habitants) (tableau 4, graphique 10). Le taux d'homicides suit une tendance générale à la baisse depuis le sommet atteint au milieu des années 1970.

Graphique 10
Taux de tentatives de meurtre et d'homicides, affaires déclarées par la police, Canada, 1981 à 2011

Tableau de données du graphique 10

Graphique 10 Taux de tentatives de meurtre et d'homicides, affaires  déclarées par la police, Canada, 1981 à 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

L'Alberta, où il y a eu 109 homicides en 2011 (32 de plus qu'en 2010), a connu la plus forte hausse du taux d'homicides (+39 %) en 2011. Le Québec s'est classé au deuxième rang; cette province a enregistré 21 homicides de plus qu'en 2010, le taux d'homicides y ayant progressé de 24 % (tableau 5). En Ontario, il s'est produit 28 homicides de moins en 2011 par rapport à 2010, et le taux s'est fixé à son point le plus bas depuis 1966. Malgré une augmentation de 4 % entre 2010 et 2011, le taux d'homicides de la Colombie-Britannique était le deuxième taux parmi les plus bas enregistré dans cette province depuis 1964.
 
Pour la cinquième année d'affilée, le taux d'homicides le plus important a été enregistré par le Manitoba, suivi de la Saskatchewan et de l'Alberta (graphique 11). Parmi les provinces, l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont déclaré les taux les plus faibles. Le Yukon était le seul secteur de compétence qui n'a connu aucun homicide.

Graphique 11
Taux d'homicides déclarés par la police, selon la province ou le territoire, 2011

Tableau de données du graphique 11

Graphique 11 Taux d'homicides déclarés par la police, selon la  province ou le territoire, 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Winnipeg, où il s'est produit 39 homicides en 2011, a enregistré le taux d'homicides le plus élevé (5,1 homicides pour 100 000 habitants) de l'ensemble des RMR (tableau 6). Il s'agissait également du plus fort taux affiché par Winnipeg depuis que les données selon la RMR ont été rendues publiques en 1981. Les deuxième et troisième taux en importance ont été déclarés par Halifax (4,4) et Edmonton (4,2). Le taux enregistré à Halifax était également son plus élevé depuis 1981. En 2011, il n'y a eu aucun homicide dans trois RMR, soit Moncton, Kingston et le Grand Sudbury.

Alors que le taux d'homicides a progressé en 2011, le taux de tentatives de meurtre a reculé de 3 % par rapport à l'année précédente. Dans l'ensemble, la police a dénombré 655 tentatives de meurtre en 2011, soit 13 de moins qu'en 2010. Même si le taux de tentatives de meurtre a toujours été plus élevé que le taux d'homicides depuis les années 1980, ces deux infractions continuent d'afficher des tendances semblables au fil du temps (graphique 10).

Les voies de fait graves et les voies de fait armées diminuent pour la quatrième année d'affilée

Les voies de fait sont les crimes violents les plus fréquents au Canada; ces infractions représentent près de 6 crimes violents déclarés par la police sur 10. En 2011, la police a déclaré près de 241 500 voies de fait, dont la plupart (72 %) étaient des voies de fait simples (niveau 1), la forme de cette infraction qui est la moins grave et qui ne cause aucune blessure ou qui cause peu de blessures à la victime. Les voies de fait simples suivent une tendance progressive à la baisse depuis 10 ans, dont une diminution de 2 % du taux en 2010.

En plus des voies de fait de niveau 1, il y a aussi les voies de fait armées ou causant des lésions corporelles (niveau 2) et les voies de fait graves, dans lesquelles la victime est blessée, mutilée ou défigurée (niveau 3). En 2011, le taux combiné des voies de fait des niveaux 2 et 3 s'est replié pour la quatrième année consécutive, et a fléchi de 4 % par rapport à 2010 (graphique 12).

Graphique 12
Taux de voies de fait majeures (niveaux 2 et 3) et de vols qualifiés, affaires déclarées par la police, Canada, 1981 à 2011

Tableau de données du graphique 12

Graphique 12 Taux de voies de fait majeures (niveaux 2 et 3) et de  vols qualifiés, affaires déclarées par la police, Canada, 1981 à 2011

Note : Les données sur les tendances concernant les voies de fait sont disponibles à compter de 1983, alors que les dispositions législatives touchant la classification des voies de fait sont entrées en vigueur. Les données sur les vols qualifiés ont été révisées à partir de 1998. Par conséquent, la série de données est marquée par une rupture entre 1997 et 1998.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Malgré une diminution globale du taux national de voies de fait majeures, certaines provinces ont affiché des augmentations entre 2010 et 2011. La Nouvelle-Écosse a signalé l'augmentation la plus élevée de voies de fait majeures, en hausse de 15 % par rapport à l'année précédente. L'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont également enregistré de légères augmentations en 2011.

Dans l'ensemble, la Saskatchewan et le Manitoba ont signalé les taux de voies de fait majeures (niveaux 2 et 3) les plus élevés. Comme on l'avait constaté au cours d'années passées, les taux de voies de fait majeures dans ces provinces étaient environ le double des taux dans la plupart des autres provinces (tableau 5).

Les taux de vols qualifiés diminuent ou demeurent stables dans presque tout le pays

Le taux de vols qualifiés a reculé de 3 % en 2011, confirmant la tendance à la baisse (graphique 12). La police a dénombré plus de 29 700 vols qualifiés en 2011, soit 700 de moins que l'année précédente.

Les taux de vols qualifiés déclarés par la police ont diminué ou sont demeurés stables dans presque tout le pays, sauf au Québec (+4 %). À l'échelon des provinces, les plus fortes baisses des taux de vols qualifiés sont survenues dans les provinces de l'Atlantique, soit à Terre-Neuve-et-Labrador (-32 %) et à l'Île-du-Prince-Édouard (-28 %).

De toutes les provinces et des trois territoires, le Manitoba a enregistré le taux le plus élevé de vols qualifiés. Contrairement aux taux des autres formes de crimes violents, les taux de vols qualifiés dans les territoires ont généralement figuré parmi les plus faibles au pays, une tendance qui s'est poursuivie en 2011 (tableau 5).

À l'instar des provinces, la plupart des RMR ont signalé des baisses de leurs taux de vols qualifiés. St. John's a connu le plus important déclin, son taux ayant chuté de 43 % par rapport à 2010. Toutefois, de fortes hausses ont été déclarées par quelques RMR, soit Barrie (+30 %) et le Grand Sudbury (+30 %). Winnipeg, où le taux s'est accru de 3 % par rapport à 2010, affichait toujours le taux de vols qualifiés le plus important au pays (tableau 6).

Le taux d'agressions sexuelles déclarées par la police est toujours en baisse

Tout comme les voies de fait, les agressions sexuelles sont classées selon trois niveaux, qui représentent la gravité de l'affaire. En 2011, la police a déclaré un peu plus de 21 800 agressions sexuelles, dont la majorité (98 %) étaient classées parmi les agressions de niveau 1, la forme de cette infraction qui est la moins grave des trois (tableau 4).

Globalement, le taux d'agressions sexuelles a fléchi de 3 % en 2011 par rapport à l'année précédente. Les trois types d'agressions sexuelles ont diminué, mais ce sont les agressions sexuelles graves (niveau 3) qui ont affiché la plus forte baisse (-23 %).

La plupart des provinces ont fait état d'un recul de leur taux d'agressions sexuelles en 2011. Parmi celles qui ont enregistré une hausse, c'est l'Île-du-Prince-Édouard qui a connu la plus importante (+22 %). Cette province affichait toutefois le deuxième taux parmi les plus faibles.

Il convient de mentionner que les données déclarées par la police représentent probablement une sous-estimation du nombre réel d'agressions sexuelles. Les données sur la victimisation autodéclarée de l'Enquête sociale générale ont toujours indiqué que la plupart des agressions sexuelles ne sont pas signalées à la police (Perreault et Brennan, 2010; Brennan et Taylor-Butts, 2008). Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les victimes n'informent pas la police des agressions sexuelles, comme les suivantes : l'incident n'est pas assez important; il s'agit d'une affaire personnelle; et l'incident a été réglé d'une autre façon (Statistique Canada, 2011; Brennan et Taylor-Butts, 2008).

Les infractions sexuelles contre les enfants sont en hausse

Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) permet de recueillir de l'information non seulement sur les trois niveaux d'agression sexuelle, mais aussi sur les infractions sexuelles contre les enfants, une catégorie qui comprend les contacts sexuels, l'incitation à des contacts sexuels, l'exploitation sexuelle et le leurre d'un enfant au moyen d'un ordinateur.

La police a déclaré plus de 3 800 affaires ayant trait à des infractions sexuelles contre les enfants en 2011. Le taux d'infractions sexuelles contre les enfants a progressé de 3 % entre 2010 et 2011, ces infractions étant l'une des rares catégories de crimes violents où l'on a observé une hausse en 2011 (tableau 5). En ce qui concerne les infractions particulières faisant partie de cette catégorie, l'incitation à des contacts sexuels (+8 %) et le leurre d'un enfant au moyen d'un ordinateur (+10 %) ont affiché une hausse de leur taux, alors que les contacts sexuels sont demeurés stables et l'exploitation sexuelle a reculé de 7 %.

Crimes sans violence

La gravité des crimes sans violence continue à fléchir

En 2011, la majorité des infractions déclarées par la police étaient de nature non violente, les crimes contre les biens et les autres infractions au Code criminel représentant environ 4 crimes sur 5 de tous les crimes déclarés par la police. Le vol de moins de 5 000 $, le méfait, l'introduction par effraction et les infractions contre l'administration de la justice étaient les types de crimes sans violence les plus fréquents.

Le taux de crimes contre les biens déclarés par la police a reculé de 8 % en 2011, cette baisse étant la huitième d'affilée. Pour sa part, le taux d'autres infractions au Code criminel a fléchi de 2 %. La gravité des crimes sans violence a aussi diminué en 2011, soit de 7 % par rapport à 2010.

L'Indice de gravité des crimes sans violence (IGCSV) a reculé ou est demeuré stable dans chaque province et territoire. Même si la Saskatchewan a enregistré une baisse de son IGCSV (-1 %) en 2011, cette province a de nouveau connu l'Indice le plus élevé parmi les provinces, alors que l'Ontario a affiché le plus bas (tableau 2b).

Les introductions par effraction sont en recul depuis 1981

En 2011, l'introduction par effraction était l'un des crimes contre les biens les plus fréquents au Canada. La police a déclaré plus de 181 200 introductions par effraction, qui représentaient 15 % de tous les crimes contre les biens. Depuis 30 ans, le taux d'introductions par effraction affiche une tendance soutenue à la baisse, qui s'est poursuivie en 2011 (graphique 13). Le taux d'introductions par effraction était de 9 % inférieur au taux observé l'année précédente, et de 42 % moins élevé que le taux enregistré 10 ans plus tôt (tableau 4).

Graphique 13
Taux d'introductions par effraction et de vols de véhicules à moteur, affaires déclarées par la police, Canada, 1981 à 2011

Tableau de données du graphique 13

Graphique 13 Taux d'introductions par effraction et de vols de  véhicules à moteur, affaires déclarées par la police, Canada, 1981 à 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Toutes les provinces ont affiché une diminution de leur taux d'introductions par effraction, les reculs les plus marqués étant survenus en Alberta (-19 %), en Nouvelle-Écosse (-10 %) et au Manitoba (-10 %). La Saskatchewan a connu le taux le plus important d'introductions par effraction, alors que l'Ontario a enregistré le plus faible (tableau 5).

Le taux d'introductions par effraction a aussi reculé dans la plupart des RMR, Saint John (-31 %), Edmonton (-26 %) et Halifax (-24 %) ayant déclaré les plus fortes baisses. Toutefois, des augmentations du taux d'introductions par effraction ont été signalées par certaines RMR, dont London (+12 %) et Thunder Bay (+7 %). Dans l'ensemble, St. John's a connu le taux le plus élevé d'introductions par effraction, alors que Toronto a enregistré le plus faible pour la quatrième année consécutive (tableau 6).

En général, la plupart des introductions par effraction sont commises dans des résidences privées. À titre d'exemple, en 2011, plus de 6 introductions par effraction sur 10 (63 %) sont survenues dans une résidence. Par comparaison, 28 % de ces infractions ont été commises dans une entreprise et 10 %, dans un autre endroit, comme une école, une remise ou un garage isolé. Les introductions par effraction dans les résidences ont fléchi de 7 % et celles dans les entreprises, de 11 %.

Les vols de véhicules à moteur sont toujours en baisse

Les services de police ont déclaré un peu plus de 82 400 vols de véhicules à moteur en 2011, ce qui équivaut à environ 226 vols de véhicules par jour. Depuis qu'il a atteint un sommet au milieu des années 1990, le taux de vols de véhicules à moteur suit une tendance progressive à la baisse. Dans l'ensemble, le taux de vols de véhicules à moteur a chuté de 12 % par rapport à 2010 et de 56 % depuis 10 ans (graphique 13, tableau 4).

Des diminutions des taux de vols de véhicules à moteur ont été observées dans la plupart des provinces en 2011, sauf dans la majorité des provinces de l'Atlantique, où il s'est produit des hausses. Plus précisément, les taux ont augmenté de 6 % à Terre-Neuve-et-Labrador, de 3 % à l'Île-du-Prince-Édouard et de 2 % en Nouvelle-Écosse. Le plus fort taux de vols de véhicules à moteur a été signalé par la Saskatchewan, suivie de l'Alberta et du Manitoba (tableau 5).

À l'instar des provinces, presque toutes les RMR ont connu un recul de leur taux de vols de véhicules à moteur en 2011, les plus fortes baisses ayant été enregistrées par Sherbrooke (-38 %), Victoria (-38 %) et Winnipeg (-37 %). Six RMR seulement ont affiché une augmentation de leur taux de vols de véhicules à moteur, les plus élevées ayant été observées à Guelph (+23 %), Saskatoon (+23 %) et Moncton (+12 %). Globalement, le taux de vols de véhicules à moteur était le plus important à Saskatoon et le plus faible à Kingston (tableau 6).

Encadré 3
La mesure de la criminalité au moyen des enquêtes sur la victimisation

La criminalité peut aussi être mesurée au moyen d'enquêtes sur la victimisation autodéclarée, comme l'Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation, en plus des données déclarées par la police. L'ESG sur la victimisation est réalisée tous les cinq ans et elle sert à recueillir des données auprès des Canadiens de 15 ans et plus sur leurs expériences de victimisation en rapport avec huit infractions : l'agression sexuelle, le vol qualifié, les voies de fait, le vol de biens personnels, l'introduction par effraction, le vol de véhicules à moteur ou de leurs pièces, le vol de biens du ménage et le vandalisme.

L'un des avantages de l'ESG est qu'elle tient compte des crimes qui ne sont pas signalés à la police, lesquels, selon les estimations, représentaient environ les deux tiers de tous les incidents de victimisation criminelle en 2009 (la dernière année pour laquelle il existe des données). Par contre, l'ESG ne vise que huit types d'infractions, et elle doit compter sur les répondants pour se rappeler avec exactitude des événements et les déclarer. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les résultats de l'ESG de 2009, voir « La victimisation criminelle au Canada, 2009 » (Perreault et Brennan, 2010).

Fin de l'encadré 3.

La conduite avec facultés affaiblies augmente pour la quatrième fois en cinq ans

La police a déclaré près de 90 300 affaires de conduite avec facultés affaiblies en 2011, un nombre supérieur de 3 000 à celui enregistré l'année précédente. Le taux de conduite avec facultés affaiblies a progressé de 2 % en 2011, cette hausse étant la quatrième en cinq ans. Avant ces augmentations récentes, le taux de conduite avec facultés affaiblies avait suivi une tendance à la baisse pendant les années 1980 et 1990 (graphique 14).

Parmi les provinces, les accroissements les plus marqués des taux de conduite avec facultés affaiblies en 2011 ont été observés en Colombie-Britannique (+15 %), en Saskatchewan (+9 %) et au Manitoba (+7 %) (tableau 5).

Graphique 14
Taux d'infractions relatives aux drogues et de conduite avec facultés affaiblies, affaires déclarées par la police, Canada, 1981 à 2011

Tableau de données du graphique 14

Graphique 14 Taux d'infractions relatives aux drogues et de  conduite avec facultés affaiblies, affaires déclarées par la police, Canada,  1981 à 2011

Note : Comprend la conduite d'un véhicule avec les facultés affaiblies par l'effet de l'alcool ou d'une drogue; la conduite d'un véhicule avec les facultés affaiblies par l'effet de l'alcool ou d'une drogue causant des lésions corporelles ou la mort; le défaut ou le refus de se soumettre à un contrôle pour vérifier la présence d'alcool ou de drogue; et le défaut ou le refus de fournir un échantillon d'haleine ou de sang.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Même si le taux global de conduite avec facultés affaiblies a augmenté, la forme la plus grave de cette infraction a connu une baisse en 2011, le taux de conduite avec facultés affaiblies entraînant la mort ayant reculé de 29 % par rapport à 2010.

Le nombre d'affaires de conduite avec facultés affaiblies déclarées par la police peut être tributaire d'un certain nombre de facteurs, comme des changements aux lois, les pratiques d'application de la loi (p. ex. l'utilisation des programmes R.I.D.E. [réduction de la conduite avec facultés affaiblies partout]) et l'évolution des attitudes de la société à l'égard de la conduite en état d'ivresse.

Depuis juillet 2008, des nouvelles dispositions législatives ont permis aux policiers d'effectuer des analyses et des évaluations obligatoires au bord de la route dans le cas de conducteurs soupçonnés d'avoir les facultés affaiblies par la drogue. En 2011, la police a déclaré près de 1 900 affaires de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue (160 de moins qu'en 2010), ce nombre représentant 2 % de toutes les affaires de conduite avec facultés affaiblies.

La possession de cannabis est toujours en hausse

Au Canada, les infractions relatives aux drogues, comme les infractions liées à la possession, au trafic, à l'importation, à l'exportation et à la production, tombent sous le coup de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. En 2011, la police a déclaré plus de 113 100 infractions relatives aux drogues; de celles-ci, plus de la moitié (54 %) concernaient la possession de cannabis (tableau 4).

En 2011, le taux d'infractions relatives aux drogues déclarées par la police s'est accru légèrement, confirmant la tendance générale amorcée au début des années 1990 (graphique 14). L'accroissement observé en 2011 a été déterminé par la hausse du taux d'infractions liées à la possession de cannabis (+7 %). Par comparaison, le taux de trafic, de production et de distribution de cannabis a chuté de 11 %.

À l'instar des années passées, la Colombie-Britannique a déclaré le plus fort taux d'infractions relatives aux drogues de toutes les provinces. Alors que la Colombie-Britannique a enregistré le taux le plus élevé d'infractions liées au cannabis, c'est la Saskatchewan qui a affiché le plus fort taux d'infractions liées à la cocaïne, son taux ayant grimpé de 73 % en 2011 (tableau 5).

Caractéristiques des auteurs présumés

Les hommes représentent 4 adultes inculpés sur 5, mais le taux d'inculpation des femmes est en hausse depuis 10 ans

En général, les hommes ont tendance à commettre des infractions plus souvent que les femmes, tendance qui n'a pas changé en 2011. Parmi les 413 800 adultes (18 ans et plus) ou presque qui ont été inculpés d'une infraction criminelle en 2011, 79 % étaient de sexe masculin.

Quel que soit le type d'infraction, les hommes étaient invariablement plus susceptibles que les femmes d'être inculpés. Les infractions sexuelles affichaient les plus fortes proportions d'hommes : 98 % de toutes les personnes inculpées d'agression sexuelle de niveau 1, de pornographie juvénile et d'infractions sexuelles contre les enfants étaient de sexe masculin en 2011. Les infractions pour lesquelles on a constaté les plus fortes proportions de femmes comprenaient le rapt (49 %), la prostitution (47 %) et le vol de moins de 5 000 $ (37 %).

Alors que le taux d'hommes inculpés d'une infraction criminelle suit une tendance à la baisse depuis 20 ans, le taux de femmes inculpées a généralement augmenté au cours des 10 dernières années. Ces tendances contraires sont encore plus prononcées dans le cas des crimes violents, surtout depuis 20 ans. Depuis 1991, le taux d'hommes inculpés d'un crime violent a reculé de 32 %, alors que le taux de femmes a grimpé de 34 %. Toutefois, les hommes représentaient toujours plus de 4 personnes inculpées d'un crime violent sur 5 en 2011.

Crimes commis par des jeunes qui ont été déclarés par la police

Au Canada, les jeunes auteurs présumés (12 à 17 ans) et les auteurs présumés adultes (18 ans et plus) relèvent de systèmes de justice différents. On sait depuis longtemps que les jeunes doivent être tenus responsables des actes criminels qu'ils commettent, mais qu'ils n'ont pas la maturité des adultes. Par conséquent, les principes qui s'appliquent aux adultes ne sont pas nécessairement appropriés pour les jeunes Canadiens (Casavant et autres, 2008). La présente section porte sur la nature et l'étendue des crimes commis par des jeunes.

Moins de la moitié des jeunes auteurs présumés sont inculpés officiellement par la police

Dans l'ensemble, les taux de perpétration d'infractions déclarées par la police ont tendance à être plus élevés chez les jeunes et les jeunes adultes (graphique 15). Les taux augmentent graduellement chez les jeunes de 12 à 17 ans, atteignent un sommet à l'âge de 18 ans, puis diminuent à mesure qu'augmente l'âge.

Graphique 15
Auteurs présumés d'infractions âgés de 12 à 65 ans, Canada, 2011

Tableau de données du graphique 15

Graphique 15 Titlé

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Plus de 135 600 jeunes étaient les auteurs présumés d'une infraction au Code criminel en 2011, soit environ 18 100 de moins qu'en 2010. Le nombre de jeunes auteurs présumés comprend ceux qui ont été inculpés (ou dont la mise en accusation a été recommandée) par la police et ceux qui ont fait l'objet de mesures autres qu'une mise en accusation officielle. Des exemples de jeunes qui n'ont pas été officiellement inculpés comprennent ceux qui ont été détournés du système de justice pénale officiel au moyen d'avertissements, de mises en garde et de renvois à des programmes communautaires.

Par le passé, les jeunes Canadiens étaient plus susceptibles d'être inculpés officiellement que de faire l'objet d'autres mesures. Toutefois, en 2003, cette tendance s'est renversée et, depuis, le nombre de jeunes détournés du système de justice officiel a été supérieur au nombre de jeunes inculpés officiellement (graphique 16). Ce changement s'est opéré pendant l'année de l'entrée en vigueur de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, laquelle a établi des directives précises concernant la mise en œuvre et l'utilisation des mesures extrajudiciaires (c.-à-d. des sanctions non officielles) pour les jeunes. En 2011, 57 % des jeunes ont été détournés du système de justice, et 43 % ont été inculpés officiellement.

Graphique 16
Jeunes auteurs présumés, selon l'état de classement, Canada, 2001 à 2011

Tableau de données du graphique 16

Graphique 16 Jeunes auteurs présumés, selon l'état de classement,  Canada, 2001 à 2011

Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Le volume et la gravité de la criminalité chez les jeunes sont en recul en 2011

À l'instar de la criminalité en général, le volume et la gravité de la criminalité chez les jeunes suivent une tendance à la baisse depuis 10 ans. Entre 2010 et 2011, le taux de criminalité chez les jeunes et l'IGC chez les jeunes ont tous les deux chuté de 10 % (tableau 7a, tableau 7b). Depuis 2001, l'IGC chez les jeunes a fléchi de 22 % (graphique 17, tableau 7b). Toutefois, la baisse de la gravité des crimes violents chez les jeunes qui a été constatée depuis 10 ans a été moins marquée, soit de 3 %.

Graphique 17
Indices de gravité des crimes chez les jeunes, affaires déclarées par la police, Canada, 2001 à 2011

Tableau de données du graphique 17

Graphique 17 Indices de gravité des crimes chez les jeunes,  affaires déclarées par la police, Canada, 2001 à 2011

Note : L'année de base choisie pour les indices est 2006, leur valeur ayant été fixée à « 100 ».
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité.

Des baisses ont été enregistrées pour les types de crimes les plus graves commis par des jeunes. À titre d'exemple, en 2011, il y a eu 46 jeunes auteurs présumés d'homicides, soit 10 de moins que l'année précédente. Avec cette diminution, le taux a chuté de 16 %. En outre, les taux de voies de fait majeures et de vols qualifiés ont reculé de 4 % par rapport à 2010. On a aussi constaté des reculs pour ce qui est des taux de jeunes auteurs présumés de la plupart des crimes sans violence, y compris les introductions par effraction (-15 %) et les vols de véhicules à moteur (-4 %) (tableau 8).

En 2011, toutes les provinces ont signalé une baisse de l'IGC et de l'IGVC chez les jeunes (tableau 9). Les IGC chez les jeunes étaient les moins élevés en Colombie-Britannique, à l'Île-du-Prince-Édouard et au Québec, et ils étaient les plus élevés en Saskatchewan, au Manitoba et en Nouvelle-Écosse.

Résumé

Dans l'ensemble, le volume et la gravité de la criminalité au Canada ont tous les deux continué à reculer en 2011, des baisses ayant été observées dans la plupart des provinces et territoires et dans toutes les régions métropolitaines de recensement. On a constaté des déclins pour pratiquement toutes les infractions, à l'exception des homicides, des infractions sexuelles contre les enfants, du harcèlement criminel, de la conduite avec facultés affaiblies et de certaines infractions relatives aux drogues. La criminalité chez les jeunes s'est aussi repliée en 2011.

Source des données

Programme de déclaration uniforme de la criminalité
Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) a été mis sur pied en 1962 avec la collaboration et l'aide de l'Association canadienne des chefs de police. L'enquête vise les crimes déclarés par la police dont le bien-fondé a été établi au moyen d'une enquête. Les données proviennent de tous les services de police fédéraux, provinciaux et municipaux au Canada et concernent les infractions au Code criminel et aux autres lois fédérales.

Les données recueillies dans le cadre du Programme DUC agrégé représentent pratiquement 100 % de la charge de travail de l'ensemble des services de police au Canada. Une affaire peut comprendre plus d'une infraction. Afin d'assurer la comparabilité des données entre les services de police, les chiffres figurant dans le présent article sont fondés sur l'infraction la plus grave dans l'affaire, qui est déterminée d'après une règle de classification standard utilisée par tous les services de police. Toutefois, on peut produire des chiffres fondés sur toutes les infractions sur demande.

Chaque année, la base de données DUC est figée à la fin de mai aux fins de la production des statistiques de la criminalité pour l'année civile précédente. Toutefois, les services de police continuent d'envoyer des données à jour à Statistique Canada après cette date pour des affaires qui sont survenues au cours d'années antérieures. En général, ces révisions représentent de nouveaux enregistrements sur les auteurs présumés, au fur et à mesure que les affaires sont résolues et que les auteurs présumés sont identifiés par la police. Toutefois, dans certains cas, de nouveaux enregistrements sur les affaires peuvent être ajoutés et des enregistrements sur des affaires déjà déclarées peuvent être supprimés lorsque de nouveaux renseignements sont connus.

Des révisions sont acceptées pendant une période d'un an suivant la diffusion originale des données. À titre d'exemple, lorsque les statistiques de la criminalité pour 2011 sont diffusées, les données pour 2010 sont mises à jour afin de tenir compte des révisions qui ont été apportées entre les mois de mai 2011 et mai 2012. Les données sont révisées une seule fois, puis sont figées de façon permanente.

Depuis 10 ans, le nombre d'affaires enregistrées pour l'année précédente a été révisé à la baisse trois fois et à la hausse sept fois, le changement moyen s'élevant à 0,2 %. Dans le cas des auteurs présumés, les données de l'année précédente ont fait l'objet d'une révision moyenne à la hausse d'environ 1 %.

Tableaux de données détaillés

Tableau 1a Taux de crimes déclarés par la police, Canada, 2001 à 2011

Tableau 1b Indices de gravité des crimes déclarés par la police, Canada, 2001 à 2011

Tableau 2a Taux de crimes déclarés par la police, selon la province ou le territoire, 2011

Tableau 2b Indices de gravité des crimes déclarés par la police, selon la province ou le territoire, 2011

Tableau 3 Indices de gravité des crimes déclarés par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2011

Tableau 4 Crimes déclarés par la police, certaines infractions, Canada, 2010 et 2011

Tableau 5 Crimes déclarés par la police, certaines infractions, selon la province ou le territoire, 2011

Tableau 6 Crimes déclarés par la police, certaines infractions, selon la région métropolitaine de recensement, 2011

Tableau 7a Jeunes auteurs présumés de crimes déclarés par la police, Canada, 2001 à 2011

Tableau 7b Indices de gravité des crimes commis par des jeunes, affaires déclarées par la police, Canada, 2001 à 2011

Tableau 8 Crimes commis par des jeunes, affaires déclarées par la police, certaines infractions, selon la province ou le territoire, 2011

Tableau 9 Indices de gravité des crimes chez les jeunes, affaires déclarées par la police, selon la province ou le territoire, 2011

Références

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Notes

  1. Ces données sont classées selon un ensemble approuvé à l'échelle nationale de catégories et de définitions communes d'infractions ayant été élaboré en collaboration avec l'Association canadienne des chefs de police.
  2. Une région métropolitaine de recensement (RMR) est composée d'au moins une municipalité voisine située autour d'un grand noyau urbain. Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau urbain. Pour faire partie de la RMR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées à la région urbaine centrale, le degré d'intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculé à partir des données du recensement. Une RMR est normalement desservie par plus d'un service de police.
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