La population féminine

par Anne Milan

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Introduction

Le présent chapitre présente un aperçu de certaines caractéristiques sociodémographiques et ethnoculturelles de la population féminine au Canada, et quelques-unes d’entre elles seront examinées de façon plus approfondie un peu plus loin dans la publication Femmes au Canada. Représentant environ la moitié de la population, les femmes et les filles se caractérisent par des trajectoires historiques, sociales et démographiques différentes, qui les distinguent des hommes et des garçons au pays. Pour bien planifier et élaborer des programmes et politiques à l’intention des femmes et des filles, il faut comprendre les tendances liées à la croissance démographique et à la structure par âge, de même que les conséquences de ces tendances sur le vieillissement et la composition de la population, tout comme leurs variations possibles selon le sexe.

Parmi les sujets traités dans le présent chapitre, notons la proportion de femmes et de filles dans la population totale, les tendances selon l’âge, y compris des comparaisons historiquesNote 1 et certaines différences régionales entre les provinces et les territoires. Certains aspects de la diversité dans la population féminine seront également abordés, notamment l’identité autochtone, le statut d’immigrant et l’appartenance à un groupe de minorités visibles ainsi que les tendances liées à la mobilité résidentielle, l’état matrimonial, la langue et la religion.

Proportion de la population

Au 1er juillet 2014, la population du Canada se composait d’un peu plus de femmes que d’hommes, soit respectivement 17,9 millions et 17,6 millions (tableau 1). La population féminine en nombre absolu a augmenté au cours du siècle dernier — comptant 4,3 millions de femmes et de filles en 1921Note 2 — et elle continuera de croître d’après tous les scénarios de croissance des plus récentes projections démographiquesNote 3. Selon le scénario de croissance moyenne de ces projections, le Canada pourrait compter 20,9 millions de personnes de sexe féminin d’ici 2031, et jusqu’à 25,3 millions d’ici 2061Note 4. Pendant la plus grande partie du siècle dernier, la croissance démographique a été légèrement plus rapide chez les femmes que chez les hommes. La population masculine était de 4,5 millions en 1921 et devrait se situer à 20,5 millions en 2031 et à 25,0 millions en 2061; les taux de croissance des femmes et des hommes devraient être semblables au cours des prochaines décennies.

Les femmes et les filles représentaient un peu plus de la moitié (50,4 %) de la population totale le 1er juillet 2014. Or, pendant la plus grande partie du XXe siècle, elles constituaient moins de la moitié de la population : en 1921, elles composaient 48,5 % de la population. Par le passé, toutefois, la proportion de femmes dans la population a fluctué en fonction de l’âge, selon que les circonstances étaient plus ou moins favorables à un sexe ou à l’autre. En 1921, par exemple, la proportion de femmes dépassait 50 % au sein de la population âgée de 19 à 25 ans, une conséquence possible de la mortalité masculine liée  à la Première Guerre mondiale.

La proportion de femmes au sein de la population totale a atteint 50 % au milieu des années 1970 et, depuis la fin des années 1970 — ce qui fait maintenant près de quarante ans — les femmes et les filles constituent une très légère majorité. Parmi les principales raisons de ce changement, mentionnons les tendances liées à l’espérance de vie et à la mortalité à certains âges. Au cours du siècle dernier, les femmes avaient une espérance de vie à la naissance plus élevée que les hommes, mais l’écart observé récemment est maintenant plus important qu’en 1921. Pendant la période de 1920 à 1922, l’espérance de vie à la naissance était de 60,6 ans chez les femmes et de 58,8 ans chez les hommesNote 5, soit un écart de 1,8 an. Pendant la plus grande partie du siècle dernier, l’augmentation de l’espérance de vie a profité davantage aux femmes qu’aux hommes. L’écart d’espérance de vie enter les sexes a culminé à la fin des années 1970 à un peu plus de 7 ans, et il a décru depuis. Pendant la période de 2009 à 2011, l’espérance de vie s’établissait à 83,6 ans chez les femmes et à 79,3 ansNote 6 chez les hommes, soit une différence de 4,3 ans.Note 7 Cet écart pourrait continuer de se réduire dans l’avenir.

Par ailleurs, la mortalité associée à l’accouchement était plus élevée au début du XXe siècle que de nos jours. Ainsi, par le passé, les taux de mortalité étaient plus élevés chez les femmes que chez les hommes dans la vingtaine et la trentaineNote 8. Les taux de mortalité maternelle, en particulier, ont nettement diminué lors du siècle dernier et, à l’heure actuelle, les taux de mortalité sont plus bas chez les femmes que chez les hommes, et ce, pour l'essentiel du cycle de vie. Selon le scénario de croissance moyenne des plus récentes projections démographiques, la légère majorité féminine dans la population totale devrait rester relativement stable au cours des 50 prochaines annéesNote 9.

La proportion de femmes au sein de la population totale peut masquer des différences selon l’âge. En général, le rapport de masculinité à la naissance, qui représente  le nombre d’hommes pour 100 femmes, est en moyenne de 105 hommes pour 100 femmes. Les filles et les jeunes femmes de moins de 25 ans constituaient une minorité de la population au 1er juillet 2014, soit moins de 49 %, reflétant le fait qu’il y a un plus grand nombre de garçons que de filles à la naissance et en dépit d’une mortalité des garçons plus élevée que chez les filles. Entre 25 et 54 ans, on observait une plus grande fluctuation, les femmes représentant autour de 50 % de la population canadienne. Les femmes constituaient la majorité des personnes de 55 ans et plus, et l’écart s’accentuait avec l’âge. Parmi les personnes de 55 à 59 ans en 2014, les femmes représentaient 50,1 % de la population, ce pourcentage passant à 63 % chez les personnes de 85 à 89 ans et à 72 % chez celles âgées de 90 ans et plus (tableau 2).

À l’échelon international, selon les données récentes, tous les pays du G8 comptent également une plus grande proportion de femmes et de filles dans leur population. Dans des pays comme la Russie, l’Italie, le Japon et la France, la proportion de femmes au sein de la population dépassait 51 %Note 10. Cette proportion était légèrement plus importante en Allemagne (50,9 %) et aux États-Unis (50,7 %) qu’au Canada (50,4 %), alors qu’elle était semblable au Royaume-Uni (50,3 %). Dans l’ensemble, on constate souvent des proportions plus grandes de femmes et de filles dans les pays caractérisés par les écarts les plus marqués entre les hommes et les femmes au chapitre de l’espérance de vie, écarts qui jouent en faveur des femmes. Toutefois, d’autres facteurs sociaux et démographiques — comme le niveau de migration à certains âges — peuvent avoir une incidence sur la proportion de femmes au sein de la population et à des âges précis. Dans certains pays, les femmes représentaient moins de la moitié de la population totale, notamment dans les deux pays les plus peuplés du monde, soit la Chine (48,5 %) et l’Inde (48,1 %)Note 11.

Structure par âge

Comme de nombreux autres pays industrialisés, le Canada se caractérise par le vieillissement de sa population. Bien que cette tendance s’applique à la fois aux femmes et aux hommes, en raison de l’espérance de vie plus longue des femmes, l’incidence du vieillissement sur ces dernières peut être différente de celle des hommes en ce qui a trait à leurs besoins et leur expérience dans des domaines comme les soins de santé, le logement, le soutien financier et social. Des indicateurs tels que l’âge médian — l’âge auquel 50 % de la population est plus âgée et 50 % est plus jeune — et la proportion de la population âgée de 65 ans et plus peuvent permettre d’évaluer dans quelle mesure une population est vieillissante. En 1921, l’âge médian des femmes était plus jeune (23,2 ans) que celui des hommes (24,7 ans). En 1956, l’âge médian des femmes (27,3 ans) avait dépassé celui des hommes (27,2 ans) et l’écart s’est accentué depuis ce temps. Au 1er juillet 2014, l’âge médian était de 41,2 ans chez les femmes et de 39,5 ans chez les hommes.

La population canadienne vieillit en raison de l’accroissement de l’espérance de vie, de l’avancée en âge des cohortes nombreuses du baby-boom — les personnes nées entre 1946 et 1965 —ainsi que du taux de fécondité qui se maintient  en deçà du seuil de renouvellement des générationsNote 12. La faible fécondité est attribuable à de nombreux facteurs, notamment des méthodes plus efficaces de contrôle des naissances, le report de la formation des unions, de même que le niveau de scolarité plus élevé et l’activité accrue sur le marché du travail des femmes. En raison du moins grand nombre de naissances par femme, la population commence à se déplacer vers les groupes plus âgés. Au Canada, en 2014, la population composée des femmes de la mi soixantaine à la fin de la soixantaine s’accroît rapidement avec l’arrivée des baby-boomers dans ce groupe d’âge. La croissance du nombre de femmes de 65 à 69 ans n’est devancée que par les groupes plus âgés de femmes de 90 ans et plus. Au cours de la dernière décennie, la croissance démographique des groupes d’âge plus avancés de femmes et d’hommes a été plus rapide que celle observée chez les groupes plus jeunes (graphique 1). Pour certains groupes plus jeunes, notamment les femmes et les hommes de 35 à 49 ans — surtout composés des petites cohortes ayant suivi celles des baby-boomers — la croissance démographique a été négative. La dernière décennie a aussi été marquée par une croissance faible, voire nulle, des populations féminine et masculine de 5 à 19 ans. On a toutefois observé une croissance positive de la population de 0 à 4 ans au cours de la période allant de 2004 à 2014, qui s’explique par une fécondité légèrement plus élevée et une augmentation du nombre de femmes qui étaient en âge de procréer. Entre 50 et 89 ans, la croissance était plus lente chez les femmes que chez les hommes.

Au cours des 60 dernières années, la structure par âge et sexe de la population canadienne a beaucoup changé (graphique 2). En 1954, vers le milieu du baby-boom, la pyramide des âges au Canada avait une base élargie en raison du grand nombre de naissances au cours de cette période. Six décennies plus tard, ce renflement s’est déplacé vers le haut de la pyramide au fur et à mesure que vieillissaient les baby-boomers, lesquels étaient âgés d’environ 49 à 68 ans en 2014. La base plus étroite de la pyramide de 2014 témoigne d'une fécondité inférieure à ce qu'elle était il y a 60 ans. À mesure que les baby-boomers vieillissent et que la population du Canada continue de vieillir, la structure démographique devrait être de plus en plus rectangulaire, comme c’est le cas pour la pyramide de 2054. On peut observer un plus grand nombre de femmes que d’hommes âgés dans chaque pyramide, surtout aux âges très avancés.

En raison du vieillissement de la population, la répartition des femmes s’est déplacée vers les groupes plus âgés. La proportion d'aînées s’est accrue au fil du temps, tandis que celle des filles a diminué (graphique 3). Les femmes âgées de 65 ans et plus représentaient 4,8 % de la population féminine en 1921, soit bien moins que la proportion de filles (35 %) ayant 14 ans ou moins. En 1971, les proportions étaient de 8,9 % pour la population des femmes âgées de 65 ans et plus et de 29 % pour celle des filles de 14 ans ou moins. En 2011, la proportion de femmes âgées et de filles était comparable (16 % dans chaque cas). Depuis plusieurs années, la proportion d'aînées dépasse un peu la proportion de filles et, le 1er juillet 2014, les femmes âgées de 65 ans et plus constituaient 17 % de la population féminine et les filles de 14 ans ou moins, 16 %. D’après le scénario de croissance moyenne des plus récentes projections démographiques, la proportion de femmes âgées de 65 ans et plus pourrait représenter presque le quart (24 %) de la population féminine d’ici 2031 et continuer à s’accroître au cours des décennies suivantes. Dans le cas des filles de 14 ans ou moins, cette proportion devrait demeurer relativement stable.

En 2012, pour la première fois, on comptait plus de femmes de 55 à 64 ans, âge auquel elles quittent habituellement le marché du travail, que de femmes de 15 à 24 ans, âge auquel elles font normalement leur entrée sur le marché du travail, et l’écart s’est creusé depuis. Le 1er juillet 2014, il y avait 2,4 millions de femmes de 55 à 64 ans au Canada, contre 2,2 millions qui avaient de 15 à 24 ans, une situation pouvant laisser croire que le nombre de femmes quittant le marché du travail est actuellement plus élevé que le nombre de celles qui y entrent. Durant la première partie des années 1970, pour chaque femme de 55 à 64 ans, on comptait 2,3 femmes de 15 à 24 ans; ce rapport a maintenant diminué de plus de la moitié, pour se situer à un peu moins de un, et pourrait être ramené à 0,8 au cours des prochaines années.Note 13 Bien que le rapport des hommes de 15 à 24 ans sur celui des hommes de 55 à 64 ans ait également été ramené à un, on compte légèrement plus d’hommes dans le groupe plus jeune. En outre, ce rapport chez les hommes pourrait passer sous un au cours des prochaines années, mais on ne projette pas qu’il soit aussi bas que celui projeté chez les femmes.

Différences régionales

La grande majorité des femmes et des hommes vivent dans les quatre provinces canadiennes les plus peuplées (tableau 3). Près des deux cinquièmes des femmes et des filles vivaient en Ontario le 1er juillet 2014 (39 %), suivies de celles vivant au Québec (23 %), en Colombie-Britannique (13 %) et en Alberta (11 %); la répartition des hommes et des garçons était semblable.

La structure par âge et sexe de la population varie selon la province et le territoire, les fluctuations étant attribuables à la fécondité et à l’immigration — tant passées que présentes — ainsi qu’aux différents niveaux de migration interprovinciale (graphique 4)Note 14. Bien qu’elles ne représentent qu’une proportion relativement petite de la population canadienne dans son ensemble, les provinces de l’Atlantique comptent proportionnellement plus de femmes que d’hommes, ce qui n'est pas le cas dans les territoires et en Alberta.

Le pic large distinctif de la pyramide des âges dans les provinces de l’Atlantique est l’indice d’une population plus âgée qu’ailleurs au Canada. En 2014, la proportion de la population totale composée de femmes était plus importante à l’Île-du-Prince-Édouard (51,3 %) et elle était aussi relativement plus élevée dans les autres provinces de l’Atlantique. Ces provinces ont une structure par âge et sexe plus vieille que celle du Canada dans son ensemble et, étant donné l’espérance de vie plus élevée des femmes par rapport à celle des hommes, il s’ensuit qu’il y a un plus grand nombre de femmes dans les groupes d’âge plus avancés. Les baby-boomers constituent une plus grande proportion de la population dans les provinces de l’Atlantique que dans les autres régions, parce qu’il y a proportionnellement moins de jeunes hommes et de jeunes femmes, et ce en raison de la persistance de la faible fécondité et des pertes migratoires en faveur des autres régions du pays. Tout comme la pyramide des âges à l’échelon national, les groupes d’âge plus avancés comptent plus de femmes que d’hommes, mais cette tendance est encore plus marquée que dans les autres régions.

En revanche, parmi les provinces, l’Alberta affichait la plus faible proportion de sa population composée de femmes et des filles, soit 49,1 % en 2014, ce qui est un indice de la structure par âge et sexe plus jeune dans cette province. Cette situation est partiellement attribuable à la migration interne des jeunes adultes — en particulier les jeunes hommes — en raison des possibilités d’emploi. Les autres provinces des Prairies, soit la Saskatchewan (49,6 %) et le Manitoba (50,3 %), affichaient également des proportions de femmes dans leur population un peu inférieures à la moyenne nationale. Les provinces des Prairies comptent une population autochtone relativement importante, dont les niveaux de fécondité sont plus élevésNote 15, et dont la population est plus jeune que la population non autochtone. La fécondité plus élevée contribue à la plus grande proportion de jeunes dans les Prairies, comme en témoigne la base plus élargie de la pyramide des âges et des sexes. Par conséquent, on comptait plus de femmes et d’hommes âgés de 15 à 39 ans que de 40 à 64 ans, tendance que l’on n’observe pas dans les autres provinces. Le sommet de la pyramide des âges des Prairies est plus étroit que celui des autres régions, indiquant ainsi une plus faible proportion d'aînés, que l’on peut à tout le moins attribuer en partie aux niveaux de fécondité relativement plus élevés, mais aussi à l’immigration et au flux migratoire en provenance des autres régions du Canada.

La base plus élargie de la pyramide des territoires témoigne d’une population plus jeune, alors que le sommet plus étroit indique une plus petite proportion de personnes âgées que dans le reste du Canada, ce qui peut expliquer en partie les proportions moins grandes de femmes dans les Territoires du Nord-Ouest (49,1 %), au Yukon (48,8 %) et au Nunavut (48,2 %). La structure démographique plus jeune des territoires reflète surtout l’incidence des niveaux de fécondité plus élevés et de l’espérance de vie plus faible.

La pyramide des trois provinces les plus peuplées — l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique — affiche une structure par âge et sexe plus jeune que celle des provinces de l’Atlantique et plus âgée que celle des Prairies. La proportion de femmes dans la population était supérieure à la moyenne nationale en Ontario (50,9 %), tandis qu’au Québec et en Colombie-Britannique (50,3 % dans les deux cas), elle se rapprochait de celle du Canada dans son ensemble. Malgré leur caractère unique, chacune de ces trois provinces se caractérise par une proportion relativement importante d’immigrants, un vieillissement similaire de la population et la présence de l’une des trois plus grandes régions métropolitaines de recensement (RMR) au Canada Note 16, Note 17.

Toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador, pourraient enregistrer des augmentations du nombre de femmes et de filles au sein de leur population au cours des prochaines années, d’après le scénario de croissance moyenne des plus récentes projections démographiques. D’ici 2031, l’Alberta pourrait afficher la croissance la plus importante chez les femmes et les filles (+35 %), passant de 2,0 millions en 2014 à 2,7 millions en 2031, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador pourrait enregistrer une baisse, allant de 267 200 femmes et filles en 2014 à 247 100 en 2031. Les tendances chez les hommes et les garçons pourraient être semblables dans ces provinces.

La majorité de la population canadienne vit dans les régions métropolitaines. Au 1er juillet 2014, 70 % des femmes et des hommes au Canada vivaient dans des RMR. En 2014, la proportion de femmes et de filles était plus importante dans les RMR de Peterborough, 51,9 %, de St. Catharines–Niagara, 51,3 %, de  Saint John et de London, (affichant chacune une proportion de 51,2 %) (tableau 4). Trois-Rivières, Peterborough et St. Catharines–Niagara étaient les RMR qui enregistraient les plus fortes proportions de femmes âgées dans leur population féminine en 2014, les proportions les plus faibles de femmes en âge de travailler (celles de 15 à 64 ans) et de plus faibles proportions de filles de 14 ans ou moins par rapport à la moyenne nationale. En revanche, on observait en 2014 les plus faibles proportions de femmes dans la population dans les deux RMR de l’Alberta, soit Calgary et Edmonton (49,3 % chacune). Ces RMR comptaient les proportions de femmes âgées les plus faibles des RMR, ainsi que des proportions de filles et de femmes en âge de travailler plus élevées que celles du Canada dans l’ensemble. En fait, la population féminine dans la RMR de Calgary comprenait la plus importante proportion de femmes en âge de travailler au pays en 2014.

En 2011, 18 % des femmes et des filles au Canada ainsi que 20 % des hommes et des garçons vivaient dans des régions rurales. Dans la population rurale, un peu moins de la moitié, soit 49,1 %, étaient des femmes,  les proportions les plus importantes se trouvant dans les provinces de l’Atlantique : la Nouvelle-Écosse (50,4 %), l’Île-du-Prince-Édouard (50,3 %), Terre-Neuve-et-Labrador (50,2 %) et le Nouveau-Brunswick (49,9 %).

Mobilité résidentielle

La répartition de la population féminine au Canada subit l’incidence des mouvements tant entre les provinces et les territoires qu’au sein de ceux-ci, y compris les mouvements entre les municipalités et à l’intérieur de celles-ci. Bien que la majorité des femmes et des filles, ainsi que des hommes et des garçons, n’aient pas déménagé au cours des cinq années ayant précédé 2011, un grand nombre d’entre eux l’ont fait. De 2006 à 2011, plus de 6 millions des personnes de sexe féminin âgées de cinq ans et plus, ou 39 %, ont déménagé au moins une fois, c’est-à-dire qu’en 2011, elles vivaient à une adresse différente de celle de 2006 (tableau 5). Une plus faible proportion de la population féminine, soit 12 % des personnes de sexe féminin âgées d’un an et plus, a déménagé pendant la période d’un an ayant précédé 2011. Les tendances de la mobilité résidentielle étaient semblables chez les personnes de sexe masculin.

Les jeunes adultes sont les personnes les plus mobiles. En 2011, environ le quart des personnes ayant déménagé étaient âgées de 25 à 34 ans (26 % des femmes et 25 % des hommes). De nombreuses raisons peuvent expliquer le déménagement des femmes et des hommes de la fin de la vingtaine et au début de la trentaine, notamment la poursuite des études, les possibilités d’emploi ou des raisons familiales.

La majorité de la population déménage à une distance relativement courte. La plupart (54 %) des personnes de sexe féminin âgées de cinq ans et plus ayant déménagé au cours des cinq années antérieures à 2011 sont demeurées dans la même municipalité. Près de trois femmes sur 10 (29 %) ayant déménagé se sont établies dans une autre municipalité, mais dans la même province, 6,9 % sont allées dans une autre province et 10 % ont emménagé au Canada en provenance d’un autre pays.

Les personnes de sexe féminin âgées de cinq ans et plus des territoires et celles de l’Alberta étaient les plus susceptibles d’avoir déménagé au cours des cinq années ayant précédé 2011. Près de la moitié de celles des Territoires du Nord-Ouest (49 %) avaient changé de résidence, suivies de celles du Yukon (46 %), de l’Alberta (45 %) et du Nunavut (44 %). Les femmes à Terre-Neuve-et-Labrador avaient moins tendance à avoir déménagé au cours des cinq années précédentes (29 %). Parmi les femmes ayant déménagé, cependant, celles du Québec (35 %) et de Terre-Neuve-et-Labrador et de l’Ontario (30 % chacun) étaient les plus susceptibles d’être des migrantes infraprovinciales, c’est-à-dire d’avoir déménagé à l’intérieur de leur province, tandis que celles du Yukon (31 %) et des Territoires du Nord-Ouest (28 %) étaient plus enclines à être des migrantes interprovinciales, c’est-à-dire d’avoir déménagé dans une autre province ou un autre territoire.

Selon les données sur la migration interprovinciale de 2012-2013 du Programme des estimations démographiques, les tendances de la migration étaient semblables chez les femmes et les hommes, environ 127 200 femmes et 134 100 hommes ayant déménagé dans une autre province ou un autre territoire. De façon générale, ce déménagement se faisait entre des provinces ou des territoires voisins : par exemple, en 2012-2013, les trois cinquièmes des migrants (62 % des femmes et 63 % des hommes) ayant migré vers le Québec venaient de l’Ontario et environ 3 migrants de sexe féminin et masculin sur 10 en Ontario venaient du Québec. De même, 43 % des femmes et des hommes qui étaient des migrants interprovinciaux vers la Colombie-Britannique en 2012-2013 venaient de l’Alberta et environ 3 migrants interprovinciaux sur 10 vers l’Alberta sont déménagés de la Colombie-Britannique. L’Alberta a reçu 39 400 femmes migrantes et 45 200 hommes migrants en provenance d’ailleurs au Canada en 2012-2013, soit le nombre le plus élevé de tous les territoires et de toutes les provinces. De ces nombres, 14 % des femmes et 16 % des hommes ayant migré en Alberta provenait des provinces Atlantique.

Identité autochtone

Il est possible d’observer la diversité de la population féminine au Canada sous de nombreux angles, l’un d’eux étant la proportion de femmes ayant déclaré être d’identité autochtone. Selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 (ENM), 718 500 femmes et filles, ou 4,3 % de la population féminine totale, ont déclaré être d’identité autochtone —  Premières Nations, Métisses ou InuiteNote 18,Note 19. Selon les projections les plus récentes de la population d’identité autochtone, on pourrait dénombrer 1,1 million de femmes ayant une identité autochtone en 2031 au CanadaNote 20. En 2011, 61 % de la population féminine autochtone ont déclaré être des Premières Nations seulement, 32 % être des Métisses seulement, 4,2 % être des Inuites seulement et 2,8 % ont indiqué avoir une autre identité autochtone ou plus d’une identité autochtone (tableau 6). La proportion d’hommes ayant déclaré une identité autochtone et leur répartition selon le groupe d’identité autochtone étaient semblables à celles observées chez les femmes.

La population féminine ayant une identité autochtone était plus jeune, et sa croissance était plus rapide que la population féminine non autochtone. L’âge médian des femmes autochtones était de 29,1 ans en 2011, soit plus jeune que l’âge médian, 41,5 ans, du reste de la population féminine. L’âge médian le moins élevé étant celui des Inuites (23,3 ans), suivies des femmes des Premières Nations (27,6 ans) et des Métisses (32,1 ans). Comparativement aux femmes autochtones, l’âge médian des hommes autochtones (26,1 ans) en 2011 était moins élevé dans l’ensemble de même que pour chaque groupe autochtone: Inuits (22,1 ans), Premières Nations (24,0 ans) et Métis (30,6 ans). Les filles représentaient une plus grande proportion de la population féminine autochtone, et les aînées constituaient une proportion plus faible que la population féminine non autochtone : 27 % des femmes autochtones étaient âgées de 14 ans ou moins en 2011 (contre 16 % des femmes non autochtones), alors que 6,3 % avaient 65 ans et plus (contre 15 % des femmes non autochtones). Chez les hommes autochtones, 29 % étaient âgés de 14 ans ou moins et 5,5 %, de 65 ans et plus.

La population féminine autochtone s’est accrue de 20 % entre 2006 et 2011 Note 21, soit plus de quatre fois la croissance de la population féminine non autochtone (4,8 %). Au cours de ces cinq années, au sein de la population féminine autochtone ayant déclaré une seule identité, la croissance a été la plus marquée chez les femmes des Premières Nations (+23 %), les Inuites (+18 %) et les Métisses (+17 %), une situation similaire à celle observé au sein de la population masculine autochtone. La croissance plus rapide de la population féminine autochtone par rapport à la population féminine non autochtone est surtout attribuable à la fécondité plus élevée et à la mobilité ethnique, bien que d’autres facteurs puissent entrer en ligne de compte. Malgré une fécondité plus élevée que celle de la population non autochtone, la population autochtone est vieillissante, surtout en raison de la baisse de la fécondité et de l’accroissement de l’espérance de vie. Selon tous les scénarios des projections de la population d’identité autochtone, le vieillissement de cette population devrait se poursuivre au cours des prochaines décenniesNote 22.

Les femmes et les filles autochtones vivaient partout au pays, mais elles étaient proportionnellement plus nombreuses dans certaines régions. À l’échelle du Canada, les trois territoires, le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon, affichaient les proportions les plus élevées de femmes ayant une identité autochtone en 2011. Au Nunavut, 87 % des femmes et des filles ont déclaré avoir une identité autochtone (surtout inuite) en 2011, 54 % des femmes des Territoires du Nord-Ouest et 25 % de celles du Yukon. Parmi les provinces, on observait les proportions les plus élevées de femmes autochtones au Manitoba (17 %) et en Saskatchewan (16 %). Dans l’ensemble, 22 % des femmes ayant une identité autochtone au Canada résidaient dans une réserve, tandis que la majorité (78 %) vivait hors réserve.

Statut d'immigrant

La composition de la population féminine au Canada se diversifie de plus en plus sur le plan ethnoculturel. Selon l’ENM de 2011, 3,5 millions de femmes étaient immigrantes — certaines vivent au Canada depuis de nombreuses années, tandis que d’autres ont été admises récemment — ce qui représente 21 %Note 23 de la population féminine totale, dépassant ainsi la proportion observée au début des années 1900, soit environ 20 % en 1921 et 1931. Après avoir diminué à 14 % en 1951, cette proportion a augmenté de façon relativement constante au cours des 60 dernières années (graphique 5). Selon le scénario de référence des plus récentes projections démographiques de la diversité ethnoculturelle, la proportion de femmes et de filles immigrantes vivant au Canada pourrait continuer de s’accroître, pour s’établir à 27 % de la population féminine en 2031Note 24.

En 2011, 17 % des femmes immigrantes étaient arrivées au Canada au cours des cinq années précédentes et 15 %, pendant la période allant de 2001 à 2005. Plus des deux tiers (68 %) des femmes immigrantes étaient arrivées avant 2001, c’est-à-dire que la majorité vivait au pays depuis au moins 10 ans. Le statut des générations peut aussi servir d’indicateur de la durée de résidence de la population, illustrant dans quelle mesure une personne et ses parents sont nés au Canada ou à l’étranger. Environ le quart (23 %) des femmes au Canada étaient de la première génération, c’est-à-dire qu’elles étaient nées à l’extérieur du Canada, alors que 17 % étaient de la deuxième génération, c’est-à-dire qu’elles étaient nées au Canada, mais qu’au moins l’un de leurs parents était né à l’extérieur du Canada. Toutefois, la majorité (60 %) était de la troisième génération ou plus, ce qui signifie qu’elles étaient nées au Canada de deux parents également nés au CanadaNote 25. La répartition des hommes immigrants selon la période d’immigration ainsi que les caractéristiques des hommes immigrants selon le statut des générations sont semblables à celles des femmes immigrantes.

Plus de 259 000 immigrants ont été admis au Canada en 2013, dont 52 % étaient des femmes. Parmi les femmes immigrantes arrivées au Canada en 2013, le pays de naissance le plus courant était la Chine, représentant 14 % de celles-ci. Les deuxième et troisième pays de naissance les plus fréquents chez les femmes immigrantes étaient les Philippines et l’Inde, chacun se situant à 12 %, suivis du Pakistan et de l’Iran (plus de 4 % chacun), de même que des États-Unis (3 %). Chez les hommes immigrants arrivés au Canada en 2013, les principaux pays de naissance étaient l’Inde et la Chine (13 % dans chaque cas), suivis des Philippines (10 %), du Pakistan (4,9 %) et de l’Iran (4,3 %)Note 26.

La plupart des femmes immigrantes arrivées au Canada en 2013 ont été reçues en vertu de la catégorie de l’immigration économique (54 %), qui regroupe les demandeurs principaux ou les personnes à charge qui accompagnent les travailleurs qualifiés, les gens d’affaires immigrants, les aides familiaux résidents ou les candidats d’une province ou d’un territoire. La deuxième catégorie en importance était celle du regroupement familial (34 %), qui englobe les conjoints, les partenaires, les enfants et les autres membres de la famille des résidents canadiens, comme les parents ou les grands-parents, parrainés par des membres de la famille ou de proches parents au Canada. Quant à la catégorie des personnes reçues pour des motifs d’ordre humanitaire (12 %), celle-ci comprend les réfugiés parrainés par le gouvernement ou de manière privée, ainsi que les réfugiés reçus au Canada et leurs personnes à charge à l’étrangerNote 27. Comparativement aux femmes immigrantes, les hommes immigrants étaient plus susceptibles d’être admis dans la catégorie de l’immigration économique (61 %), moins dans la catégorie du regroupement familial (27 %) et tout autant dans la catégorie des personnes reçues pour des motifs d’ordre humanitaire (12 %).

D’après la répartition selon l’âge, les immigrants arrivés au Canada étaient plus jeunes que la population canadienne — et étaient particulièrement surreprésentés au sein du groupe d’âge des 25 à 44 ans où les taux d’activité sur le marché du travail sont élevés. Près de la moitié des femmes et des hommes immigrants arrivés au Canada en 2013 (49 %) avaient entre 25 et 44 ans, comparativement à 27 % de la population canadienne totale. Environ le cinquième de la population des immigrants arrivés en 2013 (17 % de femmes et 20 % d’hommes) avait 14 ans ou moins, ce qui est légèrement plus que ce que représente la population féminine du même âge au Canada (16 %). Près de 7 % des femmes immigrantes qui sont arrivées en 2013 étaient âgées de 65 ans et plus, par rapport à près de 17 % de la population féminine de 65 ans et plus au Canada.

On observe quelques différences selon l’âge et le sexe en ce qui concerne les catégories d’immigrants. La catégorie la plus courante chez les femmes immigrants de 65 ans et plus est la catégorie du regroupement familial, dans laquelle ont été reçues 93 % des femmes de ce groupe d’âge arrivées au pays en 2013; chez les hommes du même groupe d’âge, cette proportion s’établissait à 94 %. La plupart des immigrants de 25 à 44 ans ont été reçues dans la catégorie de l’immigration économique (64 % des femmes et 67 % des hommes) en 2013. Parmi les immigrants de 45 à 64 ans arrivés au Canada en 2013, les femmes étaient plus susceptibles d’être reçues dans la catégorie du regroupement familial (57 %) que dans la catégorie de l’immigration économique (31 %). Par contre, une plus grande proportion d’hommes immigrants de 45 à 64 ans ont été reçus dans la catégorie de l’immigration économique (48 %) plutôt que dans la catégorie du regroupement familial (39 %).

Appartenance à un groupe de minorités visibles

Le nombre et la proportion de femmes appartenant à un groupe de minorités visibles se sont également accrus au fil du temps et cette croissance devrait se poursuivre. En 2011, 3,2 millions de femmes et de filles au Canada appartenait à un groupe de minorités visiblesNote 28, ce qui représente 19 % des femmes (tableau 7), soit une progression par rapport à 16 % en 2006; les mêmes proportions ont été observées chez les hommes en 2006 et 2011. Selon le scénario de référence des plus récentes projections démographiques de la diversité ethnoculturelle, si le niveau de l’immigration et la composition des immigrants se maintiennent dans l’avenir, environ 6,6 millions de femmes vivant au Canada, ou 31 % de la population féminine, pourraient appartenir à un groupe de minorités visibles d’ici 2031Note 29.

Parmi les femmes ayant déclaré appartenir à un groupe de minorités visibles en 2011, les trois groupes en importance étaient les Sud-Asiatiques (24 %), les Chinoises (21 %) et les Noires (15 %). Dans certains groupes, les proportions de femmes et d'hommes étaient égales, tandis que dans d'autres, les femmes étaient sous-représentées ou surreprésentées : 57 % des Philippins et 56 % des Japonais étaient des femmes en 2011. Elles constituaient toutefois moins de la moitié des populations des Asiatiques occidentaux (49 %) et des Arabes (47 %). Ces pourcentages sont peut-être liés aux tendances de l'âge et de l'immigration, par exemple, les Japonais sont globalement plus âgés que les autres groupes de minorités visibles au Canada et comme il y a généralement plus de femmes à des âges avancés, cela pourrait expliquer en partie la plus grande proportion de femmes japonaises. En outre, peu d'immigrants récents viennent du Japon.

En 2011, les deux tiers (67 %) de la population féminine ayant déclaré appartenir à un groupe de minorités visibles étaient immigrantes, soit légèrement plus que la proportion observée chez les hommes (63 %). La proportion d’immigrantes dans certains de ces groupes de minorités visibles est plus élevée que dans d’autres. Selon l’ENM de 2011, plus de 7 femmes sur 10 dans les groupes suivants étaient immigrantes : les Asiatiques occidentaux (80 %), les Latino-Américains (74 %), les Chinois (72 %), les Philippins et les Coréens (71 % dans chaque cas). De plus faibles proportions de Japonaises (35 %) et de Noires (55 %) étaient immigrantes, étant donné le fait que ces deux groupes sont présents au Canada depuis très longtemps.

État matrimonial

Les tendances relatives à l’état matrimonial des femmes — c’est-à-dire en couple, mariées, vivant en union libre, ne faisant pas partie d’un couple, jamais légalement mariées, divorcées, séparées ou veuves — se répercutent sur la situation des particuliers dans le ménage, les besoins en matière de logement, de même que sur les obligations et les avantages financiers. En 2011, 56 % des femmes de 15 ans et plus vivaient en couple : 45 % étaient mariées et 11 % vivaient en union libre. La proportion restante de femmes (44 %) ne vivaient pas en couple : 25 % n’avaient jamais été légalement mariées (célibataires), 9,8 % étaient divorcées ou séparées et 8,9 % étaient veuves.

Trente ans plus tôt, en 1981, 60 % des femmes de 15 ans et plus vivaient en couple : 56 % étaient mariées et 3,7 % vivaient en union libre. La proportion restante qui ne vivait pas en couple (ou 40 % des femmes) se répartissait comme suit : 25 % n’avaient jamais été légalement mariées (célibataires), 5,8 % étaient divorcées ou séparées et 10 % étaient veuves. L’augmentation de la proportion de femmes vivant en union libre n’a pas suffi à maintenir constante  celle des femmes qui étaient en couple. La proportion moins grande de femmes vivant en couple peut être attribuable à plusieurs facteurs, notamment l’âge moyen plus élevé au moment du mariage et la hausse de la proportion de femmes divorcées ou séparées et qui ne vivent pas en union libre par la suite.

Le fait de vivre en union libre en 2011 était plus courant chez les femmes au Québec (20 %) de même que chez celles qui résidaient dans les territoires, en particulier au Nunavut (25 %) et dans les Territoires du Nord-Ouest (20 %). Dans l’ensemble du Canada, à la fois pour les femmes et les hommes, la proportion de personnes vivant en union libre était plus grande chez les jeunes adultes en 2011, atteignant un sommet chez les femmes à la fin de la vingtaine (24 %) et les hommes au début de la trentaine (22 %).

Comme d’autres tendances démographiques abordées dans le présent chapitre, l’espérance de vie plus élevée des femmes se répercute sur bon nombre de leurs caractéristiques, et ce, même si l’on a constaté des changements au cours des dernières décennies. Bien que l’espérance de vie des femmes soit plus élevée, les gains d’espérance de vie sont plus rapides chez les hommes que chez les femmes depuis la fin des années 1970, situation que l’on peut attribuer à la convergence des comportements masculins et féminins notamment à l’égard du tabac et du stress lié au travail. Par conséquent, des personnes, particulièrement des femmes, peuvent vivre en couple jusqu’à un âge de plus en plus avancé; par exemple, parmi les femmes âgées de 75 à 79 ans, 45 % d’entre elles étaient mariées ou vivaient en union libre en 2011, alors que cette proportion s’établissait à 30 % en 1981. À titre de comparaison, la proportion d’hommes du même groupe d’âge qui vivaient en couple s’est également accrue, mais de façon plus modeste, passant de 70 % en 1981 à 76 % en 2011.

Langue

Les caractéristiques linguistiques des populations féminine et masculine indiquent que les langues officielles — soit le français ou l’anglais — sont prédominantes au pays, qu’elles soient mesurées à titre de langue maternelleNote 30, de connaissance des langues officielles, des langues parlées le plus souvent à la maison ou de la langue de travailNote 31. Or, une grande partie de la population parle une langue non officielle dans divers contextes, que ce soit  exclusivement, ou, plus fréquemment, en combinaison avec une langue officielle. Les caractéristiques linguistiques sont semblables chez les femmes et les hommes.

En 2011, dans la population féminine n’ayant fourni qu’une seule réponse à la question sur la langue maternelle — la première langue apprise et encore comprise — près des quatre cinquièmes (79 %) des femmes ont mentionné que l’une des langues officielles était leur langue maternelle, et plus particulièrement 22 % ont déclaré qu’il s’agissait du français et 58 %, de l’anglais. En outre, 21 % de la population féminine — ou 3,4 millions de femmes et de filles — avaient une seule langue maternelle qui n’était ni le français ni l’anglais. Le chinois, n.d.a.Note 32, l'allemand, le pendjabi, l'espagnol et l'italien étaient la langue maternelle de plus de 200 000 femmes dans chaque cas, chacune représentant entre 1,2 % et 1,4 % des réponses uniques à la question sur la langue maternelle en 2011. On observe des différences entre les régions, l'utilisation du français étant plus prédominante au Québec, par exemple, alors qu'il s'agissait de la langue maternelle de 80 % des femmes de cette province en 2011 (selon les réponses uniques), comparativement à 3,9 % des femmes vivant ailleurs au Canada.

La connaissance des langues officielles est la capacité de soutenir une conversation dans l’une des langues officielles ou les deux. La majorité des femmes au Canada en 2011, tout comme les hommes, parlait une langue officielle, c’est-à-dire le français seulement (13 %) ou l’anglais seulement (67 %). Par ailleurs, 17 % des femmes étaient bilingues — elles étaient en mesure de parler le français et l’anglais — et environ 2,1 % de la population féminine en 2011 ne parlaient ni le français, ni l’anglais suffisamment bien pour soutenir une conversation. Parmi les hommes, 69 % parlaient l’anglais seulement, 12 % parlaient le français seulement, 18 % parlaient  le français et l’anglais, et 1,5 % ne parlaient ni le français, ni l’anglais suffisamment bien pour soutenir une conversation.

Tout comme pour la tendance liée à la langue maternelle et à la connaissance des langues officielles, les femmes parlaient le plus souvent une seule langue à la maison en 2011 (tableau 8), surtout l’anglais (64 %), suivi du français (21 %) et des langues non officielles (11 %). Néanmoins, en 2011, environ 597 700 femmes et filles ont mentionné qu’elles parlaient plus d’une langue le plus souvent à la maison (3,5 %). Parmi les femmes qui ont donné plusieurs réponses, les langues les plus souvent parlées à la maison étaient l’anglais et une langue non officielle (449 800 ou 2,7 %), le français et une langue non officielle (56 700 ou 0,3 %) ainsi que l’anglais, le français et une langue non officielle (23 500 ou 0,1 %).

En milieu de travail, les Canadiens utilisaient presque exclusivement les langues officielles. Pratiquement toutes les femmes de 15 ans et plus au Canada, ou 98 %, utilisaient une seule langue au travail en 2011, surtout l'anglais (76 %) ou le français (20 %), et une petite proportion de langues utilisées en milieu de travail représentait les réponses uniques liées aux langues non officielles, soit 1,3 %. La proportion restante de femmes (2,3 %) parlait plusieurs langues en milieu de travail, plus particulièrement l'anglais et le français.

Religion

La majorité des femmes et des hommes au Canada ont déclaré une appartenance religieuse précise. Selon l’ENM de 2011, 13,1 millions de femmes (ou 78 % de la population féminine) ont indiqué appartenir à une religion, tandis que 22 % n’ont déclaré aucune appartenance religieuse (tableau 9). Chez les hommes, 74 % ont indiqué avoir une appartenance religieuse et 26 %, n’en avoir aucune.

En 2011, la religion la plus courante chez les femmes et les hommes est le christianisme, ces proportions étant respectivement de 70 % et de 65 %. Plus particulièrement, environ 4 femmes sur 10 (40 %) et 4 hommes sur 10 (38 %) ont mentionné être catholiques et 3 personnes sur 10 (30 % de femmes et 27 % d’hommes) ont indiqué appartenir à une autre confession chrétienne, comme l’Église unie ou les confessions anglicane, baptiste, orthodoxe chrétienne, pentecôtiste, luthérienne ou presbytérienne. Au total, plus de 8 % des femmes et des hommes ont déclaré que leur religion était l’une des suivantes : musulmane, hindoue, sikhe, juive ou bouddhiste.

Bien que la majorité des femmes aient déclaré une appartenance religieuse, une plus faible proportion d’entre elles participait à des activités religieuses ou respectait des croyances religieuses. La participation à des services religieux a diminué au fil du temps chez les femmes et les hommes. En 2012, 30 % des femmes de 15 ans et plus assistaient à un service religieux au moins une fois par mois, ce qui représente une diminution par rapport à 1988 (50 %). Par le passé, une plus grande proportion de femmes que d’hommes assistaient à des services religieux au moins une fois par mois; la proportion d’hommes a connu une baisse, passant de 42 % en 1988 à 25 % en 2012 Note 33.

Lorsqu’on leur demandait si leurs croyances spirituelles ou religieuses étaient importantes dans leur mode de vie, 37 % des femmes ont répondu en 2012 que cela était « très important ». Une plus faible proportion d’hommes, soit 27 %, a déclaré que ces croyances étaient « très importantes ». Par contre, en 2012, 15 % des femmes et 25 % des hommes ont affirmé que de telles croyances n’étaient « pas du tout importantes ». Lorsqu’on leur demandait à quelle fréquence ils participaient à des activités religieuses ou spirituelles sur une base individuelle (y compris la prière, la méditation et d’autres formes de culte à la maison ou dans un autre lieu), 33 % des femmes et 20 % des hommes ont répondu en 2012 le faire « au moins une fois par jour ».

Notes

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