Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe
Les femmes et l’éducation : qualifications, compétences et technologies

par Sarah Jane Ferguson

Date de diffusion : le 6 juillet 2016

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Introduction

L’économie du savoir canadienne continue de croître, particulièrement dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques (STGM). En raison des changements connexes apportés à l’économie, dont la mondialisation des marchés et l’accent mis sur l’innovation et la technologie, l’éducation fait de plus en plus partie intégrante de la santé de l’économie et du bien-être de la société.

Parallèlement à ces changements, les femmes au Canada sont de plus en plus instruites et la part de la population active qu’elles représentent est aujourd’hui plus importante que jamais. Toutefois, elles continuent d’être moins nombreuses que les hommes à détenir un certificat d’un programme d’apprenti ou d’une école de métiers, ou un grade universitaire, dans les domaines des STGM.

Le parcours scolaire et le cheminement de carrière des femmes peuvent être analysés au moyen de la métaphore du « pipeline ». Les chercheurs ont employé cette image dans leur analyse des femmes qui œuvrent dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques (STGM). Ils ont constaté la présence de « fuites » dans le pipeline, dès les premières années d’étude et continuant jusqu’à l’emploi, de nombreuses femmes étudiant soit dans des domaines autres que ceux des STGM ou n’occupant pas, après leurs études, une profession liée aux domaines d’études des STGM.

Le chapitre qui suit commence par dresser un portrait global de la situation en terme d’éducation des femmes au Canada, et examine ensuite divers points se situant le long du pipeline, comme les habiletés en lecture et en mathématiques au secondaire, les jeunes femmes qui ne travaillent pas et ne vont pas à l’école, ansi que les tendances liées aux domaines d’études et les résultats sur le marché du travail qui y sont associés ainsi que le revenu d’emploi dans les domaines d’études des STGM et des non STGM.

Le niveau de scolarité atteint par les femmes a fortement augmenté

Les femmes maintiennent leur tendance à long terme vers des niveaux plus élevés de scolarité en étant de plus en plus nombreuses à terminer leurs études postsecondaires (graphique 1a)Note 1.

La proportion de femmes de 25 à 64 ans titulaires d’un certificat ou d’un grade universitaireNote 2 s’est accrue plus rapidement que celle des hommes. Effectivement, elle a plus que doublé entre 1991 et 2015, passant de 15 % à 35 %. La proportion d’hommes titulaires d’un certificat ou diplôme universitaire s’est également accrue au cours de cette période, mais de façon un peu moins importante que chez les femmes (la proportion passant de 19 % en 1991 à 29 % en 2015) (graphique 1b).

En 1991, 14 % des femmes avaient un diplôme d’études collégialesNote 3, comparativement à 26 % en 2015. Le pourcentage d’hommes ayant un diplôme d’études collégiales était de 9 % en 1991 et est passé à 19 % en 2015.

Bien que les femmes aient été beaucoup plus susceptibles de détenir un diplôme d’études collégiales ou un certificat ou grade universitaire en 2015 qu’en 1991, le pourcentage de femmes ayant un certificat d’une école de métiersNote 4 a fléchi quelque peu, passant de 10 % en 1991 à 7 % en 2015. À titre de comparaison, le pourcentage d’hommes détenant un certificat d’une école de métiersNote 5 est demeuré relativement stable : 14 % des hommes avaient un certificat d’une école de métiers en 1991, comparativement à 15 % en 2015.

Alors que les femmes sont devenues de plus en plus nombreuses à compléter des études collégiales et universitaires, le pourcentage de femmes dont le diplôme d’études secondaires constitue le titre scolaire le plus élevé a diminué, passant de 31 % en 1991 à 23 % en 2015. La proportion d’hommes dont le diplôme d’études secondaires constitue le niveau de scolarité le plus élevé est demeurée essentiellement inchangée au cours de cette même période (passant de 26 % en 1991 à 25 % en 2015).

Enfin, la proportion de femmes n’ayant pas de titres scolaires officielsNote 6 (aucun certificat, diplôme ou grade) s’est fortement repliée, passant de 31 % en 1991 à 9 % en 2015. Le pourcentage d’hommes qui n’avaient pas de certificat, diplôme ou grade a enregistré un repli semblable, passant de 31 % en 1991 à 11 % en 2015.

Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de détenir un titre collégial ou universitaire, et sont moins susceptibles d’avoir comme plus haut titre scolaire un certificat d’une école de métiers

Bien que la proportion de personnes sans titre scolaire officiel ait considérablement diminué chez les femmes ainsi que chez les hommes, les tendances divergeaient selon le sexe. En effet, les femmes âgées de 25 à 64 ans étaient plus enclines à poursuivre leurs études au niveau postsecondaire, en particulier au collège et à l’université, tandis que les hommes étaient proportionnellement plus nombreux à avoir comme plus haut niveau de scolarité un diplôme d’études secondaires ou un certificat d’une école de métiers.

Les femmes étaient un peu moins enclines que les hommes à avoir obtenu seulement un diplôme d’études secondaires (23 % et 25 % respectivement), tandis qu’elles étaient plus susceptibles que les hommes d’avoir obtenu un certificat ou grade universitaire (35 % et 29 % respectivement).

En 2015, un peu plus du quart (26 %) des femmes avaient un diplôme d’études collégiales comme plus haut niveau de scolarité, comparativement à un cinquième (20 %) des hommes (graphique 2). En revanche, les femmes étaient deux fois moins nombreuses (7 %) que les hommes (15 %) à avoir un certificat d’une école de métiers comme plus haut niveau de scolarité.

Le nombre de nouvelles inscriptions à des programmes d’apprenti est en croissance chez les femmes

La section précédente a présenté une analyse de la proportion de l’ensemble des femmes dont le plus haut niveau de scolarité obtenu est le certificat d’une école de métiers (ou un certificat d’apprenti). Cette mesure donne une bonne indication du bassin de femmes qui détiennent un certificat de ce type, mais indique seulement la proportion de femmes détenant ce type de certificat comme plus haut niveau de scolarité. Les femmes qui possèdent à la fois un certificat d’une école de métiers (ou un certificat d’apprenti) et un titre supérieur à ce certificat sont classées selon leur plus haut titre obtenu, par exemple, un diplôme ou un certificat collégial ou universitaire.

Une autre approche consisterait à utiliser le Système d’information sur les apprentis inscrits (SIAI), qui s’applique spécifiquement aux apprentis et présente le nombre de nouveaux apprentis qui s’inscrivent aux programmes et obtiennent leur certificat dans une année donnée, selon le groupe professionnel principalNote 7.

Entre 1991 et 2013, le nombre de nouvelles inscriptions à un programme d’apprentissage a triplé. La croissance a été plus forte chez les femmes apprenties, leur nombre s’étant multiplié par 6,7 pour atteindre environ 14 000 en 2013Note 8. La proportion de femmes parmi les nouvelles inscriptions à des programmes d’apprentissage a également augmenté, passant de 7 % à 15 % au cours de la même période.

Les femmes choisissaient des types de groupes professionnels différents de ceux des hommes. En 2013, les femmes ont continué de représenter la majorité des nouvelles inscriptions dans les groupes professionnels comme la coiffure (90 %), l’éducation des jeunes enfants (94 %) et les techniciens du soutien aux utilisateursNote 9 (51 %). Aussi, bien que les proportions soient généralement restées faibles, on notait une augmentation de la proportion des femmes parmi les nouvelles inscriptions dans des métiers comportant traditionnellement une forte concentration d’hommes, comme le soudage (7,7 %), l’entretien d’automobiles (6,1 %) et la conduite de machines-outils (5,1 %); alors que la proportion de femmes dans ces groupes était de 2,6 % ou moins en 1991.

Au moins le tiers des femmes adultes en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta possèdent un certificat ou un grade universitaire

En 2015, l’Ontario affichait la plus forte proportion de femmes titulaires d’un certificat ou d’un grade universitaire (36 %), suivi de la Colombie-Britannique et de l’Alberta (ces deux provinces se situant à 35 %, la moyenne nationale) (graphique 3). Les provinces ayant la plus forte proportion de femmes titulaires d’un diplôme d’études collégiales comme plus haut niveau de scolarité étaient l’Île‑du‑Prince‑Édouard (33 %), le Nouveau‑Brunswick (30 %) et l’Ontario (29 %). Affichant plus du double de la moyenne nationale (7 %), Terre‑Neuve‑et‑Labrador et le Québec (tous deux à 15 %) se classaient en tête de liste pour ce qui est de la proportion de femmes ayant un certificat d’apprenti ou d’une école de métiers comme plus haut niveau de scolarité, la Saskatchewan prenant le prochain rang avec un taux de 12 %.

Le Québec (18 %) affichait la plus faible proportion de femmes ayant un diplôme d’études secondaires comme plus haut niveau de scolaritéNote 10, suivi de la Nouvelle‑Écosse (20 %). Fait intéressant, bien que toutes les provinces de l’Ouest affichaient des proportions relativement élevées de femmes titulaires d’un diplôme d’études secondaires comme plus haut niveau de scolarité (28 % en Saskatchewan, 27 % en Colombie‑Britannique et au Manitoba, et 26 % en Alberta), les proportions de femmes sans titre scolaire officiel étaient faibles (7 % en Colombie‑Britannique, 8 % en Saskatchewan, 9 % en Alberta et au Manitoba). En revanche, Terre‑Neuve‑et‑Labrador (15 %) et le Nouveau‑Brunswick (11 %) affichaient une plus forte proportion de femmes sans titre scolaire officiel, ainsi que des proportions plus élevées de femmes ayant un diplôme d’études secondaires comme plus haut niveau de scolarité atteint (22 % et 28 % respectivement).

Les femmes représentaient la majorité des diplômés récents des programmes d’études postsecondaires dans l’ensemble des provinces et territoires

L’analyse qui précède portait sur les titres scolaires de la population de 25 à 64 ans, en fonction des données de l’Enquête sur la population active, qui donne une idée du niveau de scolarité de l’ensemble de la population en âge de travailler, que ces personnes fassent partie ou non d’une cohorte de diplômés récents. L’examen des inscriptions et des obtentions de diplômes récentes des établissements d’enseignement au Canada permet d’établir le profil des nouveaux venus potentiels sur le marché du travail.

Comme c’est le cas depuis le début des années 1990, la majorité (56 %) des étudiants inscrits dans les universités et collèges publics du Canada en 2013-2014 s'étaient des femmes. La proportion de femmes était encore plus élevée chez les personnes inscrites à temps partiel (59 %). De même, les femmes représentaient 58 % du nombre total de diplômés en 2013.

Les étudiants étrangers constituent une proportion grandissante des inscriptions aux universités et collèges publics du Canada, représentant près de 10 % du total des inscriptions en 2013-2014. Contrairement à l’ensemble des inscriptions, où les femmes étaient majoritaires, celles-ci étaient proportionnellement moins nombreuses parmi les étudiants étrangers inscrits (46 %).

En 2013, la proportion de femmes parmi les diplômés de collèges et d’universités était semblable dans l’ensemble des provincesNote 11 (graphique 4), le Québec et la Saskatchewan affichant les plus fortes proportions de femmes parmi leurs diplômés (60 % dans les deux cas), suivis de l’Alberta (59 %). Un peu plus de la moitié des diplômés postsecondaires à l’Île‑du‑Prince‑Édouard (53 %) et à Terre‑Neuve-et‑Labrador (54 %) étaient des femmes. Dans les territoires, plus des trois quarts (76 %) des diplômés des collègesNote 12 étaient des femmes.

La majorité des jeunes femmes ont fait leurs études postsecondaires dans leur province ou leur territoire de résidence en 2011

L’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 recueillait des renseignements supplémentaires sur le lieu (province, territoire ou pays) dans lequel les études menant au titre postsecondaire le plus élevé ont été effectuées. Cette analyse des jeunes femmes qui ont récemment obtenu un diplôme d’études postsecondaires est utile à l’examen des tendances en matière de mobilité selon le niveau de scolarité, et aide aussi à obtenir une indication de la proportion de diplômées qui continuent de vivre dans la province où elles ont obtenu leur titre scolaire.

Dans l’ensemble, les trois quarts (77 %) des jeunes femmes de 25 à 34 ans détenant un diplôme postsecondaire avaient étudié dans leur province ou leur territoire de résidence en 2011. Les jeunes femmes titulaires d’un certificat d’une école de métier (89 %) ou d’un certificat ou diplôme d’un collège (87 %) étaient plus susceptibles d’avoir obtenu leur plus haut certificat, diplôme ou grade dans leur province de résidence en 2011, comparativement aux titulaires d’un grade universitaireNote 13 (69 %). Des tendances semblables étaient observables chez les jeunes hommes diplômés.

Le quart des femmes titulaires d’un grade universitaire ont obtenu leur grade à l’extérieur du Canada

Les femmes titulaires d’un grade universitaire âgées de 25 à 64 ans (24 %) étaient plus nombreuses que celles détenant un certificat d’un école de métiers (7 %) ou d’un collège (8 %) à avoir obtenu leur diplôme à l’extérieur du Canada. Parmi les femmes qui avaient obtenu leur grade à l’extérieur du pays, 88 % étaient des immigrantesNote 14. Les pays dans lesquels le plus grand nombre de femmes immigrantes avaient fait leurs études étaient les Philippines (9,3 %), l’Inde (8,2 %) et la Chine (5,8 %), qui étaient également les trois principaux pays d’origine des immigrantes ayant un grade universitaire. Les hommes choisissaient des lieux d’études semblables; mais, une plus grande proportion d’immigrantes que d’immigrants ont obtenu leur diplôme dans les Philippines. Parmi les femmes nées au Canada et titulaires d’un grade universitaire, seulement 4 % avaient étudié à l’extérieur du Canada, l’emplacement le plus populaire étant les États‑Unis. La proportion d’hommes nés au Canada qui détenaient un grade universitaire obtenu à l’extérieur du Canada était légèrement supérieure (5 %), et les États-Unis était le lieu d’études le plus souvent choisi.

Les filles obtiennent des notes considérablement plus élevées que les garçons en lecture, ont des résultats semblables en sciences et des notes inférieures en mathématiques

Il peut être utile de visualiser les études et le cheminement de carrière des femmes au moyen de la métaphore du « pipeline », en commençant l’analyse au secondaire pour déceler les fuites potentielles dans le pipeline. Il est important d’examiner les compétences des filles du niveau secondaire, particulièrement en mathématiques, car ces compétences précoces peuvent être liées au choix d’un programme en STGM.

Tous les trois ans, dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), de nombreux pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) administrent un test normalisé à des jeunes de 15 ans pour évaluer comment ils appliquent leurs connaisances et compétences en lecture, en mathématiques et en sciences. Chaque cycle du PISA évalue les compétences dans les trois domaines, mais se concentre essentiellement sur un domaine. Le PISA de 2012 s’intéressait aux mathématiques.

Les résultats du PISA de 2012 (tableau 1) montrent que les étudiants canadiens obtenaient d’assez bonnes notes en sciences, seulement sept pays participants ayant obtenu une moyenne plus élevée. Au Canada, et parmi toutes les provinces, on n’a pas observé de différence significativeNote 15 entre les notes en sciences des filles (524) et celles des garçons (527).

Toutefois, à l’instar des résultats précédents du PISA pour le Canada et des résultats de la plupart des autres pays de l’OCDE, en 2012, les filles ont continué d’afficher des résultats considérablement plus élevés que les garçons en lectureNote 16 (541 contre 506 respectivement, tableau 2)Note 17. L’écart entre les résultats de lecture favorisant les filles était de 35 points, résultat semblable à l’écart moyen entre les sexes dans l’ensemble des pays de l’OCDE (38 points). L’écart entre les notes moyennes des filles et des garçons est demeuré relativement stable au fil du temps.

Pour l’édition 2012 du PISA, le Canada a décidé d’administrer un test de lecture électronique à un échantillon d’élèves, en plus de l’évaluation habituelle des compétences en lecture de documents imprimés. L’outil assisté par ordinateur évaluait des compétences différentes de celles évaluées par la version papier, comme la recherche d’information dans un environnement semblable au réseau Internet. Le PISA a souligné l’omniprésence et l’importance des ordinateurs dans tous les aspects de la vie personnelle et professionnelle, ainsi que leur rôle en tant qu’outil d’apprentissage pour justifier la réalisation d’un test assisté par ordinateur. L’évaluation subséquente du PISA canadien (PISA 2015) a été réalisée exclusivement au moyen d’outils d’évaluation assistée par ordinateurNote 18.

Les filles ont obtenu des résultats semblables en lecture dans chacun des modes d’évaluation, devançant considérablement les garçons dans les deux cas (tableau 3). Cependant, les garçons ont obtenu de meilleurs résultats en lecture électronique qu’en lecture de documents imprimés, ce qui a rétréci l’écart entre les sexes. Cet écart observé dans les résultats de lecture, favorisant les filles, était de 21 points pour l’évaluation des compétences en lecture électronique, comparativement à 35 points pour l’évaluation des compétences en lecture de textes imprimés.

À l’échelle provinciale, l’écart entre les notes des filles et des garçons en ce qui concerne la lecture électronique allait de 14 points en Colombie-Britannique à 32 points à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Pour l’évaluation des compétences en lecture de textes imprimés, le plus petit écart était de 26 en Colombie‑Britannique et le plus grand, de 53 à Terre‑Neuve‑et‑LabradorNote 19.

Les filles ont des résultats relativement élevés en mathématiques, mais l’écart entre les sexes persiste

Les résultats de l’évaluation en mathématiques démontrent que les élèves canadiens de 15 ans ont démontré des niveaux de compétence relativement élevés en 2012, affichant une note moyenne de 518, soit 24 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE.Note 20 Au cours des neuf dernières années, les résultats des Canadiens en mathématiques ont diminué dans toutes les provinces, sauf au Québec et en Saskatchewan (provinces où les baisses n’étaient pas statistiquement significatives)Note 21. Toutefois, à l’instar des résultats antérieurs du PISA et de ceux de la plupart des autres pays participants, les garçons ont obtenu des résultats nettement plus élevés (527) en mathématiques que les filles (514) (tableau 4).

La moyenne des notes des garçons en mathématiques était considérablement plus élevée que celle des filles à l’échelle nationale, mais seulement la moitié des provinces affichaient des différences appréciables (le Québec, l’Ontario, l’Alberta, la Colombie‑Britannique et le Manitoba). Malgré ces écarts au chapitre des résultats, c’est dans ces quatre provinces que les filles avaient les notes les plus élevées en mathématiques. Les garçons dans ces provinces avaient également des notes très élevéesNote 22.

Un moins grand nombre de filles que de garçons se situaient dans le palier supérieur des compétences en mathématiques

Les notes du PISA étaient divisées en six niveaux, qui servaient à déterminer les compétences en mathématiques. Cependant, le niveau 2 est considéré comme le niveau de base de compétences en mathématiques requis pour participer pleinement à la société moderne. Dans le présent rapport, un résultat inférieur au niveau 2 au test de mathématiques du PISA correspond à un faible rendement, tandis qu’un résultat supérieur ou égal au niveau 5 correspond à un rendement élevéNote 23.

L’écart observé entre la note globale obtenue en mathématiques par les filles et les garçons ne s’expliquait pas par une plus forte proportion de filles se situant au niveau inférieur des compétences en mathématiques. En fait, une proportion semblable de filles et de garçons ont obtenu des résultats au-dessous du niveau 2 (13 % contre 14 % respectivement pour les garçons et les filles). Cependant, un pourcentage nettement plus grand de garçons se situait dans le palier supérieur de compétences en mathématiques (niveau 5 ou 6). Parmi les garçons, 19 % se classaient au niveau 5 ou au niveau 6, comparativement à 14 % des fillesNote 24.

Les filles ont obtenu des résultats semblables en mathématiques, tant au test assisté par ordinateur qu’au test papier

Pour la première fois, dans le cadre du PISA 2012, le Canada a inclus un test assisté par ordinateur pour évaluer les compétences en mathématiques, en plus du test de lecture électronique. À l’instar du test de lecture électronique, l’outil assisté par ordinateur évaluait des compétences supplémentaires à celles de la version imprimée, comme la sélection de certains renseignements dans un ensemble de données et le tri de variables pertinentes.

L’incidence sur les notes du test de mathématiques assisté par ordinateur était semblable à celle du test de lecture électronique, les filles ayant obtenu des notes semblables pour les deux modes (514 pour le test de mathématiques assisté par ordinateur contre 513 pour le test de mathématiques sur papier), tandis que les garçons avaient des meilleures notes au test assisté par ordinateur (532 au test de mathématiques assisté par ordinateur contre 523 au test de mathématiques sur papier)Note 25 (tableau 5). En raison des notes plus élevées pour les garçons au test de mathématiques assisté par ordinateur, l’écart entre les filles et les garçons s’est élargi (17 pour le test de mathématiques assisté par ordinateur et 10 pour le test papier).

Compte tenu de l’omniprésence de la technologie et de la transition à un environnement d’apprentissage à l’écran, il sera important de continuer de surveiller ces tendances.

Les filles ayant un niveau de compétence élevé en mathématiques étaient moins susceptibles d’étudier dans les domaines des STGM à l’université que les garçons ayant un faible niveau de compétence en mathématiques

L’écart entre les filles et les garçons en ce qui a trait aux résultats en mathématiques est bien documenté et est demeuré stable au fil des ans. Comment cette situation est-elle liée au choix de programme à l’université? L’analyse de la relation entre les compétences en mathématiques des filles du secondaire et le choix du programme à l’université révèle une autre « fuite » dans le pipeline pour les filles.

Une récente étude a utilisé les résultats du PISA de 2000 d’une cohorte de filles et de garçons du Canada qui ont ensuite fait l’objet d’un suivi 10 ans plus tard afin d’établir s’il y avait une relation entre les résultats du PISA en mathématiques et le choix d’un programme en STGM à l’université.

Cette étude de 2013 a démontré que les hommes étaient deux fois plus enclins que les femmes à étudier dans les domaines des STGM (sciences, technologies, génie et mathématiques) à l’universitéNote 26. Les femmes étaient moins susceptibles que les hommes de suivre un programme en STGM comme premier choix à l’université, mais celles qui avaient choisi un programme en STGM avaient des notes en mathématique du PISA plus élevées (588) que la moyenne des notes des femmes de tout domaine (569) ou que celles des femmes qui avaient choisi un programme en sciences de la santé (570). Par contre, les notes moyennes en mathématiques du PISA chez les hommes qui avaient choisi un programme en STGM à l’université étaient de 597, soit des résultats plus élevés que ceux de l’ensemble des hommes (589) et des hommes qui avaient choisi un programme en sciences de la santé (577) à l’université. Il n’y avait pas d’écart significatif entre la moyenne des notes en mathématiques des femmes et des hommes qui ont choisi un programme en STGM; toutefois, la moyenne des notes était supérieure pour les hommes que pour l’ensemble des femmes.

En contrôlant les facteurs qui pouvaient influer sur le choix du programme (notamment le statut d’immigrant, les variables liées à l’influence parentale et les notes en lecture) afin d’examiner la relation entre les compétences en mathématiques et le choix d’un programme en STGM, on a constaté que les hommes ayant obtenu des notes élevées en mathématiques étaient 22 % plus susceptibles que les femmes ayant obtenu des notes semblables de choisir un programme en STGM.

La principale conclusion de l’étude était que même les jeunes femmes qui présentaient un niveau de compétences en mathématiques élevé (niveaux 4, 5 et 6 à l’âge de 15 ans) étaient moins susceptibles de faire des études universitaires en STGM que les jeunes hommes ayant un niveau de compétences en mathématiques plus bas (niveaux 1, 2 et 3).

L’étude a aussi démontré que chez les jeunes femmes qui considéraient leurs compétences en mathématiques comme étant excellentes, 47 % ont choisi un programme de STGM à l’université comparativement à 66 % des jeunes hommes ayant des perceptions semblables. Lorsque la compétence autoévaluée et les notes en mathématiques obtenues au secondaireNote 27 étaient prises en compte, chez les jeunes femmes et hommes présentant les mêmes notes élevées en mathématiques du PISA, l’écart entre les femmes et les hommes quant aux probabilités de choisir un programme d’études universitaires en STGM passait de 22  à 18  points de pourcentage. Les résultats de l’étude montrent que les compétences autoévaluées en mathématiques jouent un rôle dissuasif chez les filles quant au choix d’un domaine d’études en STGM à l’université. D’autres facteurs sociaux pourraient être en cause, comme la culture entourant l’étude des mathématiques; et l’auteure fait remarquer que la documentation laisse deviner l’importance potentielle des intérêts spécialisés et des préférences professionnelles.

Les femmes et les hommes ont des compétences semblables en littératie, tandis que les hommes ont un niveau de compétence supérieur en numératie

Dans la présente section, après l’analyse de la situation des jeunes femmes présentée ci-dessus, on passe à des questions importantes liées à l’éducation des femmes adultes au Canada, en commençant par les compétences qui sont importantes pour la réussite tout au long du parcours (le « pipeline ») scolaire et professionnel.

Le Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) évalue les compétences en littératie, en numératie et en résolution de problèmes dans un environnement hautement technologique (RP-ET) chez les adultes de 16 à 65 ans (comparativement à l’évaluation du PISA pour les personnes de 15 ans). Les recherches démontrent que des compétences en littératie et en numératie sont associées à de plus hauts niveaux de scolarité et à de meilleurs résultats sur le marché du travailNote 28.

Les notes obtenues par les adultes au Canada aux tests du PEICA se situaient au niveau de la moyenne de l’OCDE (273) pour la compétence en littératie. Parallèlement aux résultats des évaluations précédentes du PEICA, il a été démontré que le sexe était associé à la littératie chez les personnes appartenant aux groupes d’âge plus avancé, et qu’une telle association était observable à tous les âges pour la numératie. D’après le premier rapport du PEICANote 29, en 2012, les femmes et les hommes de 16 à 65 ans avaient des notes semblables en littératie. Les notes en littératie obtenues par les femmes et les hommes étaient plus faibles pour la population plus âgée que pour leurs homologues plus jeunes (tableau 6). Il n’y avait pas d’écart importantNote 30 entre les notes moyennes en littératie des femmes et des hommes, exception faite du groupe d’âge des 55 à 65 ans, où les hommes ont obtenu six points de plus que les femmes du même âge.

Les notes en numératie des adultes canadiens s’établissaient à 266, tandis que la moyenne était de 269 dans les pays de l’OCDE. Au Canada, contrairement aux notes en littératie, les notes en numératie des femmes étaient plus faibles que celles des hommes dans toutes les cohortes d’âge. L’écart des notes en numératie entre les femmes et les hommes de 16 à 24 ans était de neuf points, mais grimpait à 19,5 points pour les personnes de 55 à 65 ans.

La littératie et la numératie sont associées à des hauts niveaux de scolarité

Les notes du PEICA étaient réparties en cinq niveaux, qui ont été utilisés pour déterminer les capacités pour la compétence donnée. Une note de 4 ou 5 en littératie signifie qu’une personne peut accomplir des tâches qui impliquent l’intégration de l’information provenant de multiples textes denses et le raisonnement par inférenceNote 31.

On observe une corrélation entre les études, l’emploi et les compétencesNote 32. En 2012, plus du quart (27 %) des femmes ayant un grade universitaire se sont classées aux plus hauts niveaux de compétence en littératie (4 ou 5), comparativement à seulement 6 % des femmes ayant un diplôme d’études secondaires ou un niveau de scolarité inférieur (tableau 7). Cette tendance ainsi que les taux enregistrés étaient semblables chez les hommes titulaires d’un grade universitaire, puisqu’une plus forte proportion (31 %) d’entre eux avaient un niveau de compétence de 4 ou 5 en littératie comparativement à ceux qui avaient un diplôme d’études secondaires ou un niveau de scolarité inférieur (7 %).

Le pourcentage d’adultes au Canada ayant un niveau de compétence de 4 ou 5 en numératieNote 33 était de 13 %, ce qui correspondait à la moyenne de l’OCDENote 34. Cependant, la proportion de femmes titulaires d’un grade universitaire et se situant au niveau de compétence 4 ou 5 était plus faible que celle de leurs homologues masculins. Chez les femmes titulaires d’un grade universitaire, 19 % avaient un niveau de compétence de 4 ou 5 en numératie, comparativement à 4 % chez les femmes titulaires d’un diplôme d’études secondaires ou ayant un niveau de scolarité inférieur (tableau 7). En comparaison, chez les hommes détenteurs d’un grade universitaire, 34 % avaient un niveau de compétence de 4 ou 5 en numératie, comparativement 7 % chez ceux dont le plus haut niveau de scolarité était un diplôme d’études secondaires ou un niveau inférieur.

La littératie et la numératie sont également associées à l’emploi

Une plus grande proportion de femmes en emploi (15 %) que de femmes inactives (8 %) avaient un niveau de compétence en littératie de 4 ou 5 (tableau 8). Aussi, une plus grande proportion d’hommes occupant un emploi (16 %) que d’hommes inactifs (8 %) avaient un niveau de compétence de 4 ou 5 en littératie.

Le pourcentage de femmes occupant un emploi et ayant un niveau de compétence en numératie de 4 ou 5 était de 10 %, comparativement à 6 % chez leurs homologues inactives (tableau 8). Chez les hommes occupant un emploi, 18 % avaient un niveau de compétence de 4 ou 5 en numératie, comparativement à 9 % chez ceux qui n’étaient pas sur le marché du travail.

Les femmes et les hommes affichent des niveaux de compétence semblables en résolution de problèmes

Le PEICA de 2012 comprenait une évaluation des compétences en résolution de problèmes au moyen de technologies numériques dans des environnements à forte composante technologique (RP-ET). Cette évaluation mesure la capacité des répondants d’utiliser des technologies numériques pour communiquer et résoudre des problèmes qui surviennent fréquemment dans un monde fortement axé sur la technologieNote 35. Les niveaux de compétence pour la RP-ET ont été déterminés en utilisant les notes moyennes, et trois niveaux on été créés.Note 36

Dans l’ensemble, une proportion légèrement plus élevée de Canadiens de 16 à 65 ans ont obtenu une note en RP-ET de 2 ou 3 (37 %) comparativement aux habitants des pays de l’OCDE (34 %). À l’instar de la littératie, il n’y avait pas de différence majeure entre les femmes et les hommes pour ce qui est des notes en RP-ET, sauf chez les personnes de 55 à 65 ans, où une plus forte proportion d’hommes (19 %) affichait une compétence en RP-ET de niveau 2 ou 3 comparativement aux femmes (14 %)Note 37.

Début de l'encadré 1 de 3

Les femmes et la famille

Des facteurs peuvent influer sur le parcours scolaire et professionnel des femmes à différents stades de leur vie, car celles‑ci remplissent des engagements familiaux liés au mariage et aux enfants. Ces engagements peuvent limiter la participation des femmes sur le marché du travail ou entraîner des expériences professionnelles différentes pour les femmes et les hommesNote 38.  Les trois prochaines sections portent sur les jeunes femmes qui ne travaillent pas et ne vont pas à l’école — souvent des femmes inactives ayant des enfants, les niveaux de scolarité atteints par les mères seules et l’incidence de la dette étudiante sur la fondation d’une famille.

La proportion de jeunes femmes canadiennes qui ne travaillent pas et ne fréquentent pas d’établissement scolaire est inférieure à la proportion moyenne enregistrée chez les jeunes femmes des pays membres de l’OCDE

Depuis le récent ralentissement économique survenu en 2008, une attention accrue a été apportée aux perspectives économiques des jeunes. La proportion de jeunes de 15 à 29 ans qui ne travaillent pas et ne fréquentent pas un établissement scolaire est désignée par l’expression « population NEET ». Les jeunes NEET sont à risque de devenir socialement exclus, de gagner un faible revenu et de rencontrer des obstacles à l’amélioration de leur situation économiqueNote 39. Les jeunes femmes et les jeunes hommes affichaient des taux de NEET semblables au Canada en 2014 (13,6 % comparativement à 13,2 %), alors que cet écart est plus prononcé chez les femmes et les jeunes hommes de l’ensemble des pays de l’OCDE (17,9 % comparativement à 13,2 %)Note 40.

Les jeunes femmes NEET étaient moins susceptibles d’être en chômage et plus susceptibles d’être inactives que les jeunes hommes NEET

Les membres de la population NEET peuvent être sans emploi (disponibles pour le travail) ou ne pas compter parmi la population active (ne pas être disponibles pour le travail pour divers motifs, notamment parce qu’ils sont malades ou qu’ils s’occupent de leurs enfants). La population NEET peut également être répartie en fonction de la situation vis-à-vis de l’activité afin de mieux comprendre les activités de la population NEET. La majorité des femmes NEET étaient inactives (72 %) comparativement à moins de la moitié (48 %) des hommes (graphique 5).

Des recherches antérieures portant sur les jeunes NEET révèlent que les femmes qui étaient mariées et avaient des enfants étaient considérablement plus susceptibles de ne pas faire partie de la population active, tandis que les hommes dans la même situation étaient considérablement moins susceptibles d’être à l’écart de la population activeNote 41.  En 2015, plus du tiers (37 %) des femmes ayant des enfantsNote 42 étaient NEET, comparativement à seulement 9 % de celles sans enfantsNote 43. L’écart entre les pourcentages d’hommes avec et sans enfants qui n’étaient pas aux études et qui n’avaient pas d’emploi était beaucoup plus petit, les pourcentages étant de 16 % et 13 % respectivement. Il est possible que de nombreuses jeunes mères NEET soient inactives afin de s’occuper de leurs enfantsNote 44.

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Les femmes et la famille (suite)

La proportion de mères seules titulaires d’un grade universitaire s’est accrue à un rythme plus lent que celle des mères en couple

En 2011, près du cinquième (19 %) des femmes de 25 à 54 ans ayant des enfants vivaient dans une famille monoparentaleNote 45. Les mères seules ont des résultats scolaires différents de ceux des mères en couple, et elles doivent composer avec des difficultés économiques telles qu’une plus grande prévalence du faible revenuNote 46. La proportion de femmes dans les deux types de familles qui n’ont pas de titres officiels a considérablement fléchi (tableau 9). En 1991, un peu plus du tiers (34 %) des mères seules n’avaient pas obtenu de diplôme d’études secondaires ou postsecondaires (aucun certificat, diplôme ou grade). En 2011, cette proportion avait diminué de 21 points de pourcentage, tombant à 13 %. À titre de comparaison, 24 % des mères seules en couple n’avaient pas obtenu de diplôme d’études secondaires ou postsecondaires en 1991, comparativement à 8 % en 2011 (16 points de pourcentage).

La proportion de femmes ayant un grade universitaire dans les deux types de familles a augmenté au fil du temps, mais à un rythme plus lent pour les mères seules. La proportion de mères seules titulaires d’un grade universitaire a plus que doublé de 1991 à 2011, pour atteindre 20 % (une différence de 11 points de pourcentage). La proportion de mères en couple titulaires d’un grade universitaire a également doublé au cours de cette période, atteignant 33 % (une différence de 18 points de pourcentage). L’écart entre les mères seules et les mères en couple pour ce qui est des niveaux de scolarité pourrait s’expliquer en partie par le fait que les mères seules ont eu leurs enfants plus tôtNote 47.

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Les femmes et la famille (fin)

Les femmes ayant des dettes d’études sont moins susceptibles d’être mariées ou d’avoir des enfants

De nombreux étudiants contractent des prêts étudiants afin de supporter les coûts grandissants de l’éducation postsecondaire. La hausse des frais de scolarité et l’inquiétude par rapport aux opportunités offertes aux nouveaux diplômés en termes de rendement de l’éducation ont mis en lumière les problèmes relatifs à l’endettement des étudiants au Canada. La présente section porte sur les dettes d’études de toute provenance Note 48Note 49 des diplômés de 2009-2010 titulaires d’un grade collégial ou universitaire, et sur l’incidence de leur endettement sur la fondation d’une famille.

À l’obtention de leur diplôme collégial, les femmes étaient légèrement plus endettées que les hommes (dette de 15 900 $ par rapport 13 400 $) (tableau 10). Trois ans après la fin de leurs études, les femmes avaient remboursé une plus petite part de leur dette d’études (45 %) que les hommes (53 %), le montant qui restait à rembourser s’élevant à 8 600 $ et à 6 200 $ respectivement. De plus, trois ans après leurs études, les diplômées d’un collège gagnaient un revenu inférieur (35 200 $) à celui des diplômés masculins (46 500 $). L’endettement plus lourd des diplômées d’un collège et leur revenu plus faible donnaient lieu à un rapport de la dette au revenu plus élevé, le montant de la dette des femmes correspondant à 24 % de leur revenu moyen en 2012, trois ans après l’obtention de leur diplôme, comparativement à 13 % pour leurs homologues masculins (données non indiquées dans le graphique).

L’endettement des diplômées pourrait avoir une incidence sur certaines décisions clés de la vie. En effet, une proportion plus faible de femmes ayant des dettes d’études au moment de l’obtention de leur diplôme étaient mariées (49 %), comparativement à celles n’ayant pas de dettes (56 %). De même, le tiers (33 %) des diplômées ayant des dettes d’études avaient des enfants à charge, alors que plus de la moitié (54 %) de leurs homologues sans dettes avaient des enfants (tableau 11). Les tendances étaient semblables chez les hommes.

Au niveau universitaireNote 50, par contre, les femmes étaient légèrement moins endettées au moment de l’obtention de leur diplôme en 2009‑2010 (26 100 $) que les hommes (27 900 $) (tableau 12). Trois ans après la fin de leurs études, les femmes avaient remboursé une proportion un peu plus grande de leur dette d'études que les hommes (53 % et 51 %, respectivement), de sorte que la dette résiduelle moyenne était légèrement inférieure chez les femmes (12 300 $) que chez les hommes (13 600 $). Toutefois, les femmes gagnaient un salaire moyen inférieur à celui des hommes (51 100 $ comparativement à 60 300 $). Malgré les revenus plus faibles, trois ans après l’obtention du diplôme, la valeur moyenne du rapport de la dette au revenu était semblable chez les femmes et les hommes (24 % par rapport à 23 %) (données non indiquées dans le graphique).

Parmi les diplômées universitaires, une plus faible proportion de femmes ayant une dette d’études étaient mariées (56 %) ou avaient des enfants (27 %) par rapport à leurs homologues sans dette d’études (72 % et 43 %, respectivement) (tableau 13). Encore une fois, les tendances étaient semblables chez les hommes.

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Début de l'encadré 4

Moins de femmes parmi les détenteurs d’un doctorat que parmi les titulaires d’un baccalauréat ou d’une maîtrise

La théorie du pipeline permet d’illustrer la proportion de femmes qui continuent à progresser dans le système universitaire, comparativement aux hommes. On peut observer des fuites dans le pipeline parce que, bien que les femmes représentent la majorité des diplômés universitaires dans l’ensemble, la proportion de femmes au niveau supérieur, particulièrement au niveau du doctorat, est moins élevée. D’après l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, les femmes représentaient plus de la moitié (54 %) de tous les titulaires d’un grade universitaire de 25 à 64 ans, 55 % des détenteurs d’un baccalauréat, 51 % des titulaires d’une maîtrise, mais seulement 39 % des détenteurs d’un doctorat acquis.

La proportion de femmes parmi les diplômés présente des variations intergénérationnelles. En 2011, une bien plus grande proportion de jeunes titulaires d’un doctorat étaient des femmes comparativement aux diplômés plus âgés. Parmi les jeunes titulaires d’un doctorat acquis de 25 à 34 ans, près de la moitié (47 %) étaient des femmes, comparativement à près du tiers (32 %) des titulaires d’un doctorat de 55 à 64 ans.

Parmi les provinces, la Nouvelle‑Écosse avait la plus forte proportion de femmes titulaires de doctorat de 25 à 64 ans (43 %). Suivaient la Saskatchewan, le Québec et Terre‑Neuve‑et‑Labrador, chacun à 40 %, légèrement plus que la moyenne nationale de 39 %. Les femmes représentaient 39 % des doctorats acquis en Ontario, tandis que l’Alberta, le Manitoba (les deux à 37 %) et l’Île‑du‑Prince‑Édouard (31 %) avaient la plus faible proportion de femmes titulaires de doctorat acquis.

Dans certains domaines d’études au niveau du doctorat, les femmes représentaient plus de la moitié des titulaires, par exemple, en éducation (62 %) et en sciences sociales et du comportement et en droit (51 %). Dans ce dernier groupe, les femmes avaient obtenu une plus faible proportion de doctorats en sciences sociales (39 %) que de doctorats en psychologie (67 %). Les femmes avaient également obtenu près de la moitié (49 %) des doctorats dans les programmes de santé et les programmes connexes, tandis qu’elles représentaient 43 % des titulaires d’un doctorat en sciences humaines.

Les femmes représentent une proportion relativement faible des titulaires de doctorat dans des domaines comme l’architecture et le génie

Les femmes représentaient le tiers des titulaires de doctorat en sciences physiques et sciences de la vie (34 %); et une proportion plus élevée des titulaires de doctorat dans le sous-groupe des sciences biologiques et biomédicales (43 %) que dans les sciences physiques (22 %). Les domaines d’études au niveau du doctorat affichant la plus faible proportion de femmes étaient l’architecture et le génie (15 %) et les mathématiques, l’informatique et les sciences de l’information (21 %). Les femmes représentaient une proportion plus faible des diplômés dans ces domaines d’études au niveau du doctorat qu’au niveau de la maîtrise ou du baccalauréat.

Les immigrants représentaient une forte proportion des titulaires d’un grade universitaire (33 %), particulièrement au niveau du doctorat. Les immigrants représentaient la moitié (50 %) de l’ensemble des titulaires de doctoratNote 51, mais cette proportion était légèrement plus faible chez les femmes ayant un doctorat (45 %) que chez les hommes titulaires d’un doctorat (54%).

Les femmes titulaires de doctorat étaient légèrement moins susceptibles d’avoir un emploi en 2011 que les hommes titulaires de doctorat (83 % contre 87 %), mais l’écart était plus étroit que pour les détenteurs d’une maîtrise (79 % contre 85 %) ou d’un baccalauréat (80 % contre 86 %). Les taux d’emploi au niveau du doctorat étaient élevés chez les femmes qui avaient obtenu leur diplôme en psychologie (89 %), en sciences sociales (85 %) et en sciences biologiques et biomédicales (84 %).

Dans le cadre de l’Enquête nationale auprès des diplômés de 2013, on demandait aux diplômés des programmes de maîtrise en 2009-2010 les raisons pour lesquelles ils désiraient obtenir un doctorat acquis. Dans une proportion d’un peu moins de la moitié (49 %), les femmes étaient moins susceptibles de déclarer qu’elles désiraient obtenir un doctorat pour devenir professeures d’université, comparativement à 55 % de leurs homologues masculins. Environ trois femmes sur 10 (29 %) et trois hommes sur 10 (27 %) ont indiqué qu’ils souhaitaient faire carrière à l’extérieur du milieu universitaire.

Plus du quart des femmes titulaires d’un doctorat travaillent comme professeures d’université

L’examen des emplois des femmes titulaires d’un doctorat peut contribuer à déterminer la façon dont les femmes utilisent leur scolarité et leurs compétences sur le marché du travail ainsi que l’importance des « fuites » dans le pipeline, des études universitaires à la carrière. Parmi les femmes titulaires d’un doctorat âgées de 25 à 64 ans, plus du quart (28 %) travaillaient comme professeures d’université en 2011. Les proportions de femmes et d’hommes ayant un doctorat qui travaillaient comme professeurs étaient très semblables (27,8 % et 27,9 % respectivement). Cependant, cette proportion était plus faible chez les jeunes femmes que les femmes plus âgées. Parmi les femmes titulaires de doctorat de 25 à 44 ans, 26 % travaillaient comme professeures, comparativement à 31 % de leurs homologues plus âgés de 45 à 64 ans. À titre de comparaison, une proportion légèrement plus forte de jeunes hommes titulaires d’un doctorat (30 %) travaillaient comme professeurs d’université, comparativement à leurs homologues plus âgés (27 %). De nombreuses raisons peuvent expliquer pourquoi les femmes obtiennent plus tôt ou plus tard un poste menant à la permanence, y compris le moment de la fondation d’une famille.

Bien que les femmes constituent la majeure partie des inscriptions aux universités, elles sont moins susceptibles de recevoir un enseignement donné par des femmes. D’après le Système d’information sur le personnel d’enseignement dans les universités et les collèges (UCASS) de 2010-2011, dans l’ensemble des professeurs, 37 % étaient des femmes, tandis que seulement 23 % des postes de professeur à temps plein étaient occupés par des femmes. Les femmes représentaient une plus forte proportion de professeurs adjoints, soit près de la moitié (46 %), tandis que plus de la moitié (54 %) des personnes travaillant comme enseignants non titularisés (niveau inférieur à celui des professeurs adjoints) étaient des femmes.

L’âge médian des femmes professeures était plus jeune que celui des professeurs de sexe masculin. Cette différence pourrait expliquer la proportion de femmes professeures, qui pourraient être en début de carrière et ne pas avoir encore obtenu leur permanence. Par exemple, en 2010-2011, l’âge médian de l’ensemble des femmes professeures était de trois ans inférieur à celui de leurs homologues masculins. Cependant, chez les professeurs titulaires, l’âge médian des hommes n’était qu’un an de plus (57 ans) que celui des femmes (56 ans). L’âge médian des professeures adjointes était de 40 ans, comparativement à 39 ans chez les hommes professeurs adjoints, et l’âge médian des femmes et des hommes enseignants non titularisés était de 49 ans.

Fin de l'encadré 4

Les femmes et les hommes décrochent leurs titres dans différents domaines d’études au niveau des écoles de métiers, des collèges et des universités

Selon les résultats de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, les femmes étaient minoritaires parmi les titulaires d’un certificat d’apprenti comme plus haut certificat, diplôme ou grade (deux titulaires de certificat d’apprenti sur 10 étaient des femmes).

En 2011, les trois domaines d’études les plus courants chez les femmes titulaires dont le certificat d’apprenti constituait le plus haut certificat, diplôme ou grade étaient fort différents de ceux de leurs homologues masculins (tableau 14). Les trois domaines d’études les plus courants chez les femmes de 25 à 64 ans en 2011 titulaires d’un certificat d’apprenti étaient les services personnels et culinaires (38 %), les professions et programmes dans le domaine de la santé (23 %) et le commerce, la gestion, le marketing et les services de soutien connexes (19 %). À titre d’exemples de métiers particuliers dans ces domaines, mentionnons la coiffure, l’aide en santé et les techniques de comptabilité. Il est important de noter ces domaines, parce que leurs résultats ne sont généralement pas aussi bons que ceux des domaines les plus populaires chez les hommes titulaires d’un certificat d’apprenti.

Les trois domaines d’études les plus courants pour les femmes regroupaient la majorité (80 %) de toutes les femmes titulaires d’un certificat d’apprenti, tandis que ces trois domaines (services personnels et culinaires, professions de la santé et commerce, gestion, marketing et services de soutien connexes) représentaient seulement 7 % des domaines de métiers où travaillaient les hommes. En revanche, la majorité (79 %) de tous les hommes titulaires d’un certificat d’apprenti travaillaient dans les métiers de la construction (34 %), comme mécaniciens et techniciens en réparations (29 %) et en production de précision (16 %). À titre d’exemples de métiers particuliers dans ces domaines, mentionnons la charpenterie, la mécanique automobile et le soudage. Moins de 6 % des femmes diplômées d’un programme d’apprenti détenaient un certificat dans ces domaines.

Chez les femmes titulaires d’un diplôme d’études collégiales, le domaine d’études le plus courant était le commerce, la gestion, le marketing et les services de soutien connexes

En 2011, le tiers (34 %) des femmes de 25 à 64 ans détenant un diplôme d’études collégiales comme plus haut niveau de scolarité avaient obtenu leur diplôme en commerce, en gestion, en marketing ou en services de soutien connexes. Cette catégorie regroupait près du cinquième (18 %) des hommes ayant un diplôme d’études collégiales (tableau 15). Dans ce domaine, les femmes étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir obtenu leur diplôme en assistance administrative et technique de secrétariat, tandis que les hommes étaient plus susceptibles d’avoir étudié en administration et gestion des affaires/commerce.

Hormis le commerce, les femmes et les hommes ayant un diplôme d’études collégiales avaient des choix de domaines d’études plutôt divergents. Le deuxième groupe de domaines d’études le plus courant chez les femmes ayant un diplôme d’études collégiales était les professions et programmes dans le domaine de la santé (27 %). Une proportion bien plus petite (4 %) d’hommes avaient obtenu un diplôme dans un domaine de ce groupe. À titre d’exemples de domaines particuliers privilégiés par les femmes ayant un diplôme d’études collégiales en santé ou dans des programmes connexes, mentionnons les métiers d’infirmières autorisée, d’infirmière auxiliaire autorisée et d’aide en santé.

Le troisième groupe le plus populaire chez les femmes titulaires d’un diplôme d’études collégiales était les sciences familiales et consommatiques (7 %). La plupart des femmes qui ont obtenu leur diplôme d’études collégiales dans le domaine des sciences familiales et consommatiques ou sciences humaines ont étudié dans le sous-groupe des services de garde d’enfants. Presque tous les titulaires de diplôme d’études collégiales dans ce sous-groupe étaient des femmes (94 %) (données non indiquées dans le graphique).

Les domaines d’études les plus souvent observés chez chez les femmes détenant un diplôme collégial comme plus haut niveau de scolarité font l’objet de hauts niveaux de ségrégation entre les sexes. Par exemple, parmi les personnes ayant obtenu un diplôme collégial en sciences infirmières, 94 % étaient des femmes. De même, parmi les personnes ayant obtenu leur diplôme dans l’un des sous‑groupes commerciaux les plus courants, les techniques de comptabilité, 74 % étaient des femmes. Les programmes collégiaux sont souvent axés sur le marché du travail et reflètent donc la ségrégation professionnelle selon le sexe.

Par ailleurs, les femmes étaient moins susceptibles d’étudier en techniques du génie que les hommes. Les techniques du génie et les domaines connexes du génie se classaient en tête de liste chez les hommes (19 %), mais au dixième rang chez les femmes (2 %). De même, une plus faible proportion de femmes ont obtenu leur diplôme d’études collégiales en informatique, sciences de l’information et services de soutien (3 %), ce domaine se classant au septième rang, comparativement à une proportion de 8 % chez les hommes (quatrième rang).

Le domaine d’études le plus courant chez les femmes titulaires d’un grade universitaire était l’éducation

Chez les titulaires d’un grade universitaire de 25 à 64 ans, le domaine du commerce, de la gestion, du marketing et des services de soutien connexes est important tant pour les femmes (2e rang) que pour les hommes (1er rang). Pour les femmes titulaires d’un grade universitaire, le domaine d’études le plus courant était l’éducation (19 %), tandis que les professions et programmes dans le domaine de la santé était le troisième domaine d’études le plus courant. Ces trois domaines représentaient près de la moitié (47 %) des femmes titulaires d’un grade universitaire, comparativement à environ un tiers des hommes (35 %) (tableau 16). À titre d’exemples particuliers de domaines dans ces groupes, mentionnons l’administration des affaires, l’enseignement au primaire et le métier d’infirmière autorisée.

Certains des domaines d’études les plus souvent sélectionnés par les hommes titulaires d’un grade universitaire étaient moins populaires chez les femmes du même groupe. Par exemple, les femmes détenant un grade en génie constituaient le 7e groupe en importance, alors que ce domaine occupait le 2e rang chez les hommes titulaires de grade. Le nombre d’hommes détenant un grade en informatique et sciences de l’information correspondait au 6e rang, comparativement au 15e rang chez les femmes détenant un grade. De même, les sciences physiques occupaient le 8e rang chez les hommes détenant un grade, comparativement au 17e rang chez les femmes titulaires de grade.

Les femmes représentent la majorité des titulaires de grade universitaire dans la plupart des domaines d’études, mais elles demeurent minoritaires parmi les détenteurs de grade en STGM

Comme mentionné par le Conseil des académies canadiennes dans son rapport de 2015 sur les compétences en STGM au Canada, les compétences en STGM (sciences, technologies, génie et mathématiques et informatiques) améliorent la qualité de vie et sont essentielles à l’innovation et à la croissance de la productivitéNote 52. Il est important d’encourager la participation aux STGM chez les groupes sous-représentés, comme les femmes et les Autochtones, afin de diversifier et d’agrandir le bassin de personnes instruites dans ce domaine au CanadaNote 53.

Sur le plan individuel, les résultats de rapports précédents suggèrent qu’un diplôme en STGM mènerait à de meilleures conditions sur le marché du travail et à un revenu plus élevé qu’un diplôme dans les autres domaines, surtout pour les personnes qui ont fait des études en génie et en informatiqueNote 54Note 55.

En 2011, les femmes représentaient la majorité des titulaires d’un grade universitaire et des titulaires d’un grade universitaire dans un domaine hors STGM (comme l’éducation ou la santé), mais elles étaient sous-représentées parmi les titulaires de grade universitaire en STGM. Parmi les adultes de 25 à 64 ans ayant un grade universitaire hors STGM, six sur 10 (61 %) étaient des femmes, tandis que parmi les titulaires de grade en STGM, trois sur 10 (33 %) étaient des femmesNote 56.

Les femmes représentent une plus forte proportion des titulaires de grade universitaire parmi les jeunes diplômés des programmes de STGM que parmi les diplômés plus âgés

En comparant la proportion de femmes parmi les diplômés plus âgés en STGM à celle observée chez les diplômés plus jeunes, on constate qu’une plus forte proportion de jeunes diplômés en STGM sont des femmes comparativement aux générations plus âgées (graphique 6). Les femmes représentaient 39 % des titulaires d’un grade universitaire en STGM de 25 à 34 ans, comparativement à seulement 23 % des diplômés en STGM de 55 à 64 ans. Dans les domaines hors STGM, les femmes représentaient 66 % des jeunes diplômés universitaires, comparativement à 54 % des diplômés plus âgés.

La proportion de femmes parmi les jeunes diplômés en STGM était particulièrement importante en science et technologie. En effet, les femmes représentaient 59 % des jeunes diplômés en science et technologie, comparativement à 35 % de leurs homologues plus âgés. La proportion de femmes parmi les jeunes diplômés en génieNote 57 de 25 à 34 ans (23 %) était près du triple de celle des diplômés en génie de 55 à 64 ans (8 %). Pour les diplômés en mathématiques et informatique, les proportions de femmes de 25 à 34 ans (30 %) et de 55 à 64 ans (29 %) étaient semblables.

Les femmes représentent une proportion deux fois plus importante de la population des jeunes titulaires d’un grade en sciences physiques que de la population des titulaires d’un grade en sciences physiques plus âgés

La catégorie « science et technologie » des STGM peut être répartie en deux sous-groupes : les sciences biologiques et biomédicales et les sciences physiques. Les femmes représentaient une plus grande proportion des personnes ayant obtenu un grade universitaire en sciences biologiques et biomédicales (56 %) qu’en sciences physiques (33 %).

Parmi les jeunes titulaires de grade en sciences biologiques et biomédicales de 25 à 34 ans, les jeunes femmes représentaient la majorité (64 %) d’entre eux. À titre de comparaison, les femmes représentaient 40 % des diplômés en sciences biologiques et biomédicales de 55 à 64 ans. La proportion de femmes parmi les diplômés en sciences physiques de 25 à 34 ans était presque le double (41 %) que celle enregistrée parmi les diplômés de 55 à 64 ans (22 %).

En 2011, la proportion de femmes parmi les diplômés en STGM de 25 à 64 ans variait peu entre les régions du Canada, le chiffre obtenu pour la plupart des provinces affichant se situant dans un intervalle de quatre points de pourcentage. Dans toutes les provinces, la proportion de femmes parmi les jeunes diplômés en STGM était au moins 13 points de pourcentage au-dessus de leur proportion parmi les diplômés en STGM plus âgés.

Les femmes autochtones représentent plus du tiers des diplômés universitaires autochtones en STGM

L’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 a démontré qu’à l’instar de leurs homologues non autochtones, les femmes autochtonesNote 58 représentaient la majorité des Autochtones ayant un grade universitaire. Près des deux tiers (65 %) des Autochtones titulaires d’un grade universitaire de 25 à 64 ans étaient des femmes, comparativement à un peu plus de la moitié (54 %) des diplômés non autochtones du même âge.

Plus du tiers (37 %) des Autochtones diplômés en STGM de 25 à 64 ans étaient des femmes autochtones, comparativement à 33 % des diplômés en STGM non autochtones (graphique 7). Parmi les diplômés en STGM des Premières Nations de 25 à 64 ans, quatre personnes sur 10 (40 %) étaient des femmes des Premières Nations. Les femmes métisses représentaient un peu plus du tiers (35 %) de l’ensemble des diplômés métis en STGMNote 59.

À l’instar des femmes non autochtones, les jeunes femmes autochtones représentaient une plus forte proportion des jeunes diplômés universitaires autochtones (68 %) que parmi les diplômés autochtones plus âgées (60 %). Les femmes représentaient 59 % des diplômés universitaires non autochtones de 25 à 34 ans, et 47 % des diplômés non autochtones plus âgés.

La majorité des femmes autochtones titulaires d’un grade universitaire dans un domaine de STGM avaient étudié en science et technologie (76 %) (graphique 8). Le génie était le deuxième domaine de STGM le plus courant pour les femmes autochtones, représentant 13 % de toutes les femmes autochtones diplômées en STGM, tandis que la proportion restante de 11 % ont obtenu leur grade en mathématiques et informatique. De même, le domaine de STGM le plus souvent observé pour les femmes non autochtones était la science et la technologie (57 %), suivi du génie (24 %) et des mathématiques et informatique (19 %).

Les jeunes femmes immigrantes représentent quatre femmes sur 10 titulaires d’un grade universitaire en STGM

Les jeunes immigrantes de 25 à 34 ans constituaient une plus forte proportion de jeunes femmes de 25 à 34 ans titulaires d’un grade universitaireNote 60 (27 %) que la population de jeunes femmes en 2011 (22 %). En particulier, 41 % des jeunes femmes titulaires d’un grade en STGM, étaient des femmes immigrantes. Les jeunes femmes immigrantes représentaient une forte proportion des jeunes femmes titulaires d’un grade en mathématiques et sciences informatiques (65 %) ou d’un grade en génie (54 %). Par ailleurs, les jeunes immigrantes représentaient une plus faible proportion des jeunes femmes titulaires d’un grade en science et technologie (30 %).

Les provinces qui présentaient la plus forte proportion d’immigrantes chez les femmes titulaires d’un diplôme en STGM étaient l’Ontario (48 %) et la Colombie-Britannique (46 %), alors que le Nouveau-Brunswick (6 %) et l’Île‑du‑Prince-Édouard (8 %) présentaient les proportions les plus faibles. Ce classement correspond grosso modo à celui lié à la prévalence de la population d’immigrants dans les provincesNote 61.

Les jeunes femmes nées au Canada et les immigrantes titulaires d’un grade en STGM ont des taux de chômage semblables à ceux de leurs homologues respectifs ayant un grade hors STGM

Le taux de chômage des jeunes femmes de 25 à 34 ans nées au Canada titulaires d’un grade en STGM (4,7 %) était que légèrement plus élevé que celui des femmes du même âge nées au Canada ayant un grade hors STGM (4,3 %) (tableau 17). Les taux de chômage des jeunes immigrantes étaient plus élevés que ceux de leurs homologues nées au pays, mais la tendance entre les disciplines des STGM et hors STGM était semblable. Les jeunes immigrantes titulaires d’un grade en STGM avaient un taux de chômage légèrement plus élevé (10,7 %) que celui des jeunes immigrantes titulaires d’un grade hors STGM (10,2 %)Note 62.

Les taux de chômage plus élevés parmi l’ensemble des jeunes femmes titulaires d’un grade en STGM pourrait être attribuable, du moins en partie, au fait que les jeunes immigrantes représentaient une plus forte proportion de jeunes titulaires d’un grade en STGM et que leurs taux de chômage étaient supérieurs à ceux des titulaires d’un grade en STGM nées au pays (tableau 17). Les immigrantes représentaient une plus forte proportion (41 %) de jeunes femmes titulaires de grade en STGM que des jeunes femmes titulaires d’un grade hors STGM (25 %).

Parmi les domaines de STGM, le taux de chômage des jeunes femmes nées au Canada titulaires d’un grade en génie était plus faible (3,8 %) que celui des titulaires d’un grade en mathématiques et informatique (4,8 %) ou en science et technologie (4,9 %). En comparaison, parmi les jeunes immigrantes, les taux de chômage variaient peu entre les sous-domaines de STGM. La forte proportion de femmes nées au Canada qui ont obtenu leur diplôme en STGM en science et technologie et le fait que le taux de chômage des diplômés dans ce domaine est supérieur à celui des diplômés des autres domaines peut expliquer en partie les taux de chômage plus élevés dans les domaines des STGM chez les femmes nées au Canada.

Les jeunes femmes nées au Canada ayant obtenu leur grade dans l’un des domaines hors STGM les plus populaires avaient de faibles taux de chômage. Par exemple, le taux de chômage des jeunes femmes nées au Canada était de 3,1 % pour les titulaires d’un grade en santé et dans les programmes connexes, de 3,4 % pour les titulaires d’un grade en éducation et de 3,6 % pour le commerce, la gestion, le marketing et les services de soutien connexes. Parmi les jeunes immigrantes titulaires d’un grade universitaire dans un domaine hors STGM, le taux de chômage des diplômées en éducation se situait à 7,9 %, à 9,0 % pour la santé et les programmes connexes et à 10,2 % pour le commerce, la gestion, le marketing et les services de soutien connexes. Près de la moitié des jeunes femmes nées au Canada et des immigrantes ont obtenu leur grade universitaire dans ces trois domaines d’études (données non présentées dans le graphique).

Moins du cinquième de l’ensemble des jeunes femmes titulaires d’un grade universitaire sont surqualifiées, mais ce taux s’élève au tiers chez leurs homologues immigrantes

En plus de l’importance de trouver un emploi, l’obtention d’un poste nécessitant un niveau de compétence correspondant au niveau d’études est également très important. Dans une étude de 2014, on a étudié la surqualification chez les jeunes femmes et les jeunes hommes de 25 à 34 ans titulaires d’un grade universitaire. Un titulaire de grade universitaire était réputé surqualifié lorsqu’il occupait un poste nécessitant normalement un diplôme d’études secondaires ou un niveau de scolarité inférieurNote 63Note 64.

Dans l’ensemble, des proportions semblables de femmes et d’hommes étaient considérés comme surqualifiés d’après la définition susmentionnée (18,3 % comparativement à 17,7 %). Cependant, les immigrantes avaient des taux de surqualification plus élevés que les femmes nées au Canada et les hommes immigrants. Près de trois immigrantes sur 10 (29 %) titulaires d’un grade universitaire étaient considérées comme surqualifiées pour leur poste, comparativement à moins du quart des hommes immigrants (23 %) et à 15 % des femmes nées au Canada.

Les jeunes femmes appartenant à une minorité visible qui sont des immigrantes sont plus susceptibles d’être surqualifiées que les femmes appartenant à une minorité visible nées au Canada

En 2011, la majorité (73 %) des immigrantes de 25 à 34 ans titulaires d’un grade universitaire appartenaient à une minorité visible, comparativement à 11 % des femmes du même groupe d’âge nées au Canada titulaires d’un grade.

Les jeunes femmes appartenant à une minorité visible étaient plus susceptibles d’être surqualifiées que les femmes n’appartenant pas à une minorité visible, mais la différence était plus prononcée chez les immigrantes que chez les femmes nées au Canada (tableau 18). Les jeunes femmes appartenant à une minorité visible qui étaient des immigrantes étaient plus susceptibles (31 %) d’être surqualifiées pour leur poste que les immigrantes n’appartenant pas à une minorité visible (21 %). Par ailleurs, le taux de surqualification des femmes nées au Canada et appartenant à une minorité visible n’était que légèrement plus élevé (17 %) que celui des femmes nées au Canada n’appartenant par à une minorité visible (14 %).

À l’instar des femmes, les hommes appartenant à une minorité visible qui étaient des immigrants étaient plus susceptibles (26 %) d’être surqualifiés que les hommes immigrants n’appartenant pas à une minorité visible (19 %). Au sein de la population née au Canada, le taux de surqualification des hommes appartenant à une minorité visible n’était que légèrement plus élevé (17 %) que celui des hommes qui n’appartenaient pas à une minorité visible (16 %).

Chez les immigrants, les jeunes femmes des Philippines avaient les plus hauts taux de surqualification (50 %), tandis que les Chinoises avaient les plus faibles taux (22 %). Un cinquième (20 %) des immigrantes qui étaient surqualifiées pour leur poste en 2011 étaient des femmes philippines, alors qu’elles ne représentaient que 12 % de la population de femmes appartenant à une minorité visible. Parmi les femmes d’origine philippine, 44 % avaient un grade universitaire, mais un grand nombre d’entre elles avaient immigré au Canada comme aides familialesNote 65.

Le taux de surqualification est supérieur chez les femmes immigrantes qui ont obtenu leur grade à l’extérieur du Canada ou des États-Unis

Une corrélation positive a été démontrée entre la surqualification et l’obtention d’un grade universitaire à l’extérieur du Canada ou des États-UnisNote 66. Le taux de surqualification pour les immigrantes qui ont obtenu leur grade au Canada ou aux États-Unis était plus faible (20 %) que chez les immigrantes qui ont obtenu leur grade à l’extérieur du Canada ou des États-Unis (43 %). Toutefois, le taux de surqualification des immigrantes qui ont obtenu leur diplôme au Canada ou aux États-Unis (20 %) était considérablement plus élevé que chez les femmes nées au Canada (15 %), tandis que les différences entre les groupes correspondants chez les hommes étaient négligeables (16 % contre 15 %). À l’instar des femmes immigrantes, les hommes immigrants qui ont obtenu leur grade à l’extérieur du Canada et des États-Unis avaient aussi des taux de surqualification largement supérieurs (35 %) à ceux des hommes immigrants dont le grade avait été obtenu au Canada ou aux États-Unis (16 %).

Les femmes diplômées en santé, en architecture et en génie et en éducation présentent les plus faibles taux de surqualification

Le taux de surqualification des diplômés de 25 à 34 ans variait également en fonction du domaine d’études. Parmi les femmes diplômées nées au Canada, les trois plus faibles taux de surqualification ont été observés en santé et domaines connexes (5 %), en architecture, génie et technologies connexes (7 %) et en éducation (7 %). Parmi les jeunes hommes diplômés nés au Canada, les taux de surqualification les plus faibles se trouvaient chez les diplômés en architecture, génie et technologies connexes (5 %), en mathématiques, de l’informatique et des sciences de l’information (6 %) et en éducation (8 %). Le taux de surqualification chez les hommes nés au Canada ayant obtenu leur diplôme en santé, soit 9,1 %, était considérablement plus élevé que celui de leurs homologues de sexe féminin.

Les plus hauts taux de surqualification chez les jeunes diplômées nées au Canada ont été enregistrés dans les domaines hors STGM, comme les sciences humaines (29 %), les arts visuels et les arts de la scèneNote 67 (28 %) et les sciences sociales et du comportement et le droit (22 %). Ces trois domaines représentaient plus de cinq jeunes diplômées surqualifiées nées au Canada sur 10 (54 %). Parmi les jeunes hommes diplômés nés au Canada, les taux de surqualification les plus élevés se trouvaient chez les diplômés en sciences humaines (30,5 %), en sciences sociales et du comportement et en droit (22,9 %) et en arts visuels et arts de la scène (22,6 %). Ces trois domaines représentaient presque la moitié (48 %) des jeunes hommes nés au Canada surqualifiés (données non présentées dans le graphique).

Les taux de surqualification étaient beaucoup plus élevés chez les immigrantes que chez les femmes nées au Canada, mais les domaines d’études qui présentaient les taux de surqualification les plus bas étaient les mêmes. Chez les jeunes diplômées immigrantes, les domaines d’études affichant les plus bas taux de surqualification étaient l’architecture, le génie et les technologies connexes (18,1 %), la santé (22,4 %) et l’éducation (22,8 %), soit les mêmes que chez les jeunes diplômées nées au Canada. Les deux plus faibles taux de surqualification chez les jeunes immigrants ont été observés dans les domaines des mathématiques, de l’informatique et des sciences de l’information (12,7 %) et dans les domaines de l’architecture, du génie et des technologies connexes (15,7 %), soit les mêmes que chez les jeunes diplômés nés au Canada.

Le groupe professionnel le plus courant parmi les jeunes diplômées en STGM est celui des sciences naturelles et appliquées et des domaines apparentés

Alors que les sections précédentes examinaient la répartition par domaine d’études chez les diplômés en STGM pour étudier le bassin de diplômés en STGM, la section qui suit examine le profil professionnel de ces nouveaux diplômés. Cette analyse permet d’évaluer les fuites dans le pipeline en vue de déterminer les groupes professionnels dans lesquels travaillent les jeunes femmes ayant fait des études en STGM.

En 2011, le grand groupe professionnel le plus courant employant des jeunes femmes de 25 à 34 ans ayant un grade universitaire en STGM était celui des sciences naturelles et appliquées (graphique 9)Note 68Note 69. Près de trois jeunes femmes sur 10 (29 %) ayant un grade universitaire en STGM travaillaient en sciences naturelles et appliquées. En comparaison, plus de la moitié (52 %) des jeunes hommes titulaires d’un grade en STGM travaillaient en sciences naturelles et appliquées.

Hormis les professions liées aux sciences naturelles et appliquées, les deux groupes professionnels représentant la plus grande proportion de jeunes diplômées en STGM étaient les professions en éducation, droit, services sociaux et services gouvernementaux (22 %) et en affaires, finances et administration (14 %).

Près de la moitié des jeunes diplômées en génie travaillent dans le domaine des sciences naturelles et appliquées

Parmi les jeunes diplômées en STGM, celles qui avaient étudié en génieNote 70 étaient les plus susceptibles d’occuper un emploi en sciences naturelles et appliquées. Un peu plus de la moitié (53 %) des jeunes diplômées en génie travaillaient en sciences naturelles et appliquées, tandis que cette proportion était supérieure chez leurs homologues masculins, atteignant près des deux tiers (62 %). Plus du tiers (36 %) des jeunes diplômées en mathématiques et informatique occupaient un emploi en sciences naturelles et appliquées, comparativement à 61 % des jeunes hommes titulaires d’un grade en mathématiques et informatique.

Enfin, près du cinquième (19 %) des femmes titulaires d’un grade en science et technologie occupaient un poste en sciences naturelles et appliquées, comparativement à un peu plus du quart (26 %) de leurs homologues masculins. Bien que cette proportion soit plus faible que pour les autres sous-domaines des STGM, les groupes professionnels les plus courants chez les diplômées en science et technologie (hormis les sciences naturelles et appliquées) étaient les postes en éducation, droit et services gouvernementaux (27 %), suivis des professions dans le domaine de la santé (17 %).

Les professions du groupe des ventes et services exigent essentiellement un faible niveau de compétenceNote 71 et comprennent les professions liées à la vente, aux services personnels, aux services de sécurité et à l’industrie du tourisme. La proportion de femmes occupant un poste dans le domaine de la vente et des services était presque identique chez les diplômées en STGM (11,4 %) et chez l’ensemble des diplômées (11,5 %). Par ailleurs, chez les hommes diplômés en STGM, un plus petit nombre (7,4 %) occupaient un poste dans le domaine de la vente et des services comparativement à l’ensemble des hommes diplômés (10,9 %).

La profession la plus courante occupée par les jeunes femmes titulaires d’un grade universitaire est celle d’enseignante au primaire ou à la maternelle

Il est possible d’évaluer l’importance des « fuites » dans le pipeline représentant le parcours des études à la carrière en comparant les professions les plus courantes chez les femmes et en examinant celles qui font maintenant plus ou moins l’objet d’une discrimination selon le sexe.

Une étude récenteNote 72 examinait si la croissance significative de la proportion de jeunes femmes occupées titulaires d’un grade universitaire s’était traduite par une évolution correspondante du profil professionnel des femmes depuis 1991. S’il est vrai que la proportion de jeunes occupées de 25 à 34 ans ayant un grade universitaire a doublé entre 1991 (19 %) et 2011 (40 %), les trois principales professions chez les jeunes femmes titulaires d’un grade universitaire sont demeurées inchangées. En 2011, les trois professions les plus courantes pour les jeunes travailleuses titulaires d’un grade universitaire étaient celles d’enseignante au primaire ou à la maternelle, d’infirmière autorisée et d’enseignante au secondaire (tableau 19).

Ces trois principales professions regroupent une forte proportion des femmes occupées au fil du temps : au moins un cinquième des femmes occupées en 1991 et en 2011. Le pourcentage d’enseignantes au primaire et à la maternelle s’est légèrement replié, passant de 12 % en 1991 à 10 % en 2011, tandis que le pourcentage d’infirmières autorisées s’est quelque peu accru, passant de 4 % à 6 %.

En 2011, les trois professions les plus courantes pour les jeunes hommes titulaires d’un grade universitaire qui occupaient un emploi étaient celles de programmeurs et développeurs en médias interactifs, vérificateurs et comptables et enseignants au secondaire. La situation était semblable à celle observée en 1991 pour les trois professions les plus courantes chez les jeunes hommes occupés titulaires d’un grade universitaire. Cependant, au-delà des cinq professions les plus courantes, le profil professionnel des jeunes hommes diplômés traduit l’expansion du secteur de la technologie de l’information de 1991 à 2011. En 1991, il n’y avait que deux catégories liées à la technologie de l’information dans la Classification nationale des professions (CNP). Ensemble, elles représentaient 6 % des jeunes hommes occupés titulaires d’un grade universitaire (données non indiquées dans le graphique). Dans la CNP 2011, il y avait cinq catégories liées à la technologie de l’information. Les cinq catégories combinées représentaient 9 % des jeunes hommes occupés titulaires d’un grade universitaire.

La proportion de femmes est en hausse dans les professions exercées par des diplômés universitaires

Compte tenu de l’augmentation rapide de 1991 à 2011 en ce qui concerne la proportion de jeunes femmes occupées titulaires d’un grade universitaire (de 19 % à 40 %), comparativement à celle des jeunes hommes occupés (de 17 % à 27 %), il faut naturellement s’attendre à une hausse de la proportion de femmes occupant des professions exercées par des diplômés universitaires. La présente section examine l’évolution de la répartition des sexes entre 1991 et 2011 en regroupant les professions occupées par les jeunes travailleurs de 25 à 34 ans dans trois catégories : les 25 professions les plus courantes tant pour les femmes que les hommes, les 25 professions les plus courantes chez les femmes seulement et les 25 professions les plus courantes chez les hommes seulement.

Parmi les professions occupées à la fois par les hommes et les femmes diplômés (c’est-à-dire les 25 professions les plus courantes chez les jeunes femmes et les jeunes hommes de 25 à 34 ans titulaires d’un grade universitaire en 2011), la proportion de femmes diplômées travaillant comme directrices des ventes, du marketing ou de la publicité a augmenté de 17 points de pourcentage de 1991 à 2011 (passant de 35 % à 52 %). De même, les femmes représentaient 58 % des avocats en 2011 (ce qui représente une hausse de 16 points de pourcentage).

Les deux tiers des omnipraticiens et des médecins de famille sont des femmes

Les femmes ont affiché des gains encore plus importants dans le deuxième groupe (professions apparaissant seulement dans les 25 professions les plus courantes pour les femmes diplômées en 2011). Par exemple, les femmes ont accru leur proportion d’experts-conseils en politiques de la santé de 29 points de pourcentage pour atteindre 76 % et sont devenues majoritaires (62 %) chez les omnipraticiens et médecins de famille en 2011, leur proportion étant à la hausse par rapport à 43 % en 1991.

Les femmes titulaires d’un grade représentaient également une plus forte proportion des diplômés dans plusieurs des professions du troisième groupe (professions figurant parmi les 25 professions en importance chez les jeunes hommes diplômés en 2011). Par exemple, la proportion de femmes chez les ingénieurs civils s’est accrue de 15 points de pourcentage pour atteindre 26 % et celle chez les policiers a augmenté de 14 points de pourcentage pour se situer à 34 %. Bien que la proportion de femmes ingénieures en mécanique (12 %) soit demeurée relativement faible en 2011, elle a doublé par rapport à 6 % en 1991.

L’étude examinait également la concentration de femmes et d’hommes dans les professions les plus courantes chez les personnes sans grade universitaire. Certaines des professions occupées par des personnes sans grade universitaire et qui affichaient une forte proportion de femmes demeuraient très concentrées. Par exemple, la grande majorité (86 %) des aides-infirmières étaient des femmes en 2011, en hausse de huit points de pourcentage depuis 1991. Parmi les autres professions qui ont continué d’être principalement occupées par des femmes, mentionnons les postes d’assistantes de la petite enfance et de secrétaires (les deux à 97 %).

Certaines professions occupées par des personnes sans grade universitaire et qui affichaient précédemment de fortes proportions de femmes regroupent un peu moins de femmes. Par exemple, la proportion de femmes s’est repliée de 15 points de pourcentage chez les représentants du service à la clientèle dans les services financiers (de 95 % à 79 %), et de 13 points de pourcentage chez les serveurs au comptoir et les aides de cuisine (de 79 % à 65 %). Par ailleurs, en 2011, les femmes représentaient moins de 5 % des jeunes occupés sans grade universitaire occupant des professions qui avaient déjà une forte proportion d’hommes, comme les conducteurs d’équipement lourd, les camionneurs, les plombiers et les charpentiers.

Les revenus d’emploi des femmes correspondent davantage à ceux des hommes au niveau universitaire qu’aux autres niveaux

Au fil du temps, les femmes sont de plus en plus nombreuses à atteindre de hauts niveaux de scolarité. Parmi les travailleurs rémunérés de 25 à 64 ans travaillant à temps plein et toute l’annéeNote 73Note 74, il y avait de façon générale une corrélation positive entre le ratio d’uniformité salariale entre les femmes et les hommes et le niveau de scolarité (tableau 20).

Bien que la proportion de femmes sans titre scolaire officiel soit en baisse, cette population pourrait être considérée comme vulnérable, puisque bon nombre de professions nécessitent maintenant un haut niveau de compétence. Les femmes n’ayant ni diplôme d’études secondaires, ni titre postsecondaire gagnaient 70 cents pour chaque dollar gagné par leurs homologues masculins.

Le ratio d’uniformité salariale entre les femmes et les hommes s’est accru pour la plupart des niveaux de scolarité, pour atteindre 0,87 chez les titulaires d’un doctorat acquis. En général, les ratios d’uniformité salariale étaient à 0,80 ou plus au niveau universitaire, et au-dessous de 0,80 aux autres niveaux de scolarité.

Les revenus d’emploi des diplômés des domaines d’études à forte concentration de femmes sont généralement plus faibles que dans les domaines d’études à forte concentration d’hommes

Le ratio d’uniformité salariale entre les femmes et les hommes (0,57) chez les titulaires d’un certificat d’apprenti était le plus faible de tous les niveaux de scolarité. On a relevé un important avantage salarial (26 %) pour les hommes titulaires d’un certificat d’apprenti (61 034 $) que pour ceux n’ayant qu’un diplôme d’études secondaires (48 510 $), et un léger avantage (3 %) par rapport aux titulaires d’un diplôme d’études collégiales (59 304 $). En comparaison, les femmes titulaires d’un diplôme d’études collégiales avaient des revenus d’emploi 24 % plus élevés (43 415 $) que les femmes ayant un certificat d’apprenti (34 959 $) et des revenus 15 % plus élevés que celles détenant seulement un diplôme d’études secondaires (37 859 $).

Le plus faible ratio d’uniformité salariale entre les femmes et les hommes titulaires d’un certificat d’apprenti comme plus haut niveau de scolarité peut s’expliquer en partie par les différences sur le plan des domaines d’études. Par exemple, le domaine d’études le plus courant pour les femmes titulaires d’un certificat d’apprenti qui travaillaient à temps plein toute l’année était celui des services personnels et culinaires (35 %), pour lequel le revenu médian d’emploi annuel se chiffrait à 30 898 $ (tableau 21). La majorité des femmes dans ce domaine ont étudié la coiffure. En comparaison, les revenus moyens étaient de 61 526 $ pour le domaine d’apprentissage le plus courant chez les hommes, c’est-à-dire celui des technologues et techniciens, mécanique et réparation. Ce domaine représentait un peu plus du tiers (34 %) des hommes titulaires d’un certificat d’apprenti qui travaillaient à temps plein et toute l’annéeNote 75.

Bien que l’écart total entre le revenu d’emploi des femmes et des hommes titulaires d’un certificat d’apprenti puisse s’expliquer en partie par le fait que les femmes effectuent leur apprentissage dans des domaines à faible rémunération, même à l’intérieur d’un même groupe d’études, les femmes gagnent souvent moins cher. Par exemple, si on étudie les domaines les plus populaires auprès des détenteurs de certificat d’apprenti de sexe masculin, les femmes qui détiennent un certificat d’apprenti en mécanique et en technologies de réparation gagnaient 43 605 $. De même, le revenu d’emploi des femmes détenant un certificat d’apprenti dans un métier de la construction qui avaient travaillé à temps plein pour une année entière était de 44 002 $ tandis que celui des femmes ayant obtenu un certificat en production de précision était de 34 962 $.

Les femmes titulaires d’un diplôme d’études collégiales gagnaient 73 cents pour chaque dollar touché par les hommes. Encore une fois, les préférences à l’égard du domaine d’études jouaient un rôle (tableau 22). Le domaine d’études le plus courant chez les hommes titulaires d’un diplôme d’études collégiales était les techniques du génie, un domaine associé à des revenus d’emploi élevés chez les hommes (66 962 $), tandis que le domaine d’études le plus courant chez les femmes était celui du commerce, de la gestion, du marketing et des services de soutien connexes, associé à un revenu d’emploi médian de 43 645 $. Même parmi les diplômés du même groupe de domaines d’études, les femmes gagnaient moins; les hommes diplômés des collèges en commerce, gestion, marketing et services de soutien connexes gagnaient 56 816 $. Cette situation pourrait être en partie attribuable aux différences de sous-domaines d’études des femmes et des hommes. Le sous-domaine le plus courant chez les femmes diplômées en commerce au niveau collégial était celui d’adjoint administratif et secrétariat. Chez les hommes diplômés en commerce au niveau collégial, le domaine d’études le plus courant était celui de l’administration et de la gestion commerciale.

Le quart des femmes titulaires d’un diplôme d’études collégiales avaient étudié en santé et dans les domaines connexes et gagnaient plus que l’ensemble des revenus d’emploi médians pour les titulaires d’un diplôme d’études collégiales (46 047 $ comparativement à 43 415 $). Après le commerce et la santé, les femmes titulaires d’un diplôme d’études collégiales étaient réparties en petit nombre dans plusieurs domaines d’études. Le troisième domaine d’études en importance à ce niveau était Sciences familiales et consommatiques, où les titulaires de diplôme d’études collégiales gagnaient des revenus médians d’emploi de 36 266 $. Les femmes qui avaient étudié dans ce domaine l’ont fait principalement pour devenir gardiennes d’enfants/assistantes.

Comme mentionné précédemment, le ratio d’uniformité salariale entre les femmes et les hommes chez les titulaires d’un grade universitaire était plus élevé que chez les personnes titulaires d’un diplôme d’une école de métiers ou d’un collège. Les femmes titulaires d’un baccalauréat ou un certificat d’un niveau supérieur à celui du baccalauréat gagnaient 83 cents pour chaque dollar touché par leurs homologues masculins. Ce ratio passait à 0,87 chez les titulaires d’un doctorat acquis (tableau 16).

Le ratio d’uniformité salariale entre les femmes et les hommes pour les diplômés en médecine, en art dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie était considérablement plus faible (0,75) que chez les titulaires d’une maîtrise (0,85) ou d’un doctorat (0,87). Ces ratios sont calculés en fonction des revenus d’emploi d’employés rémunérés et excluent les travailleurs autonomes. Une plus forte proportion de personnes de 25 à 64 ans parmi les diplômés en médecine, en art dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie étaient des travailleurs autonomes ayant un cabinet privé (41 %), comparativement à l’ensemble de la population de 25 à 64 ans (10 %). Les femmes diplômées en médecine, en art dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie étaient moins susceptibles (33 %) de travailler à leur compte que leurs homologues masculins (47 %). Le ratio d’uniformité salariale entre les femmes et les hommes travailleurs autonomes titulaires d’un diplôme en médecine, en art dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie était bien plus élevé (0,94) que parmi les employés rémunérés (0,75). Les travailleurs autonomes des deux sexes titulaires d’un diplôme en médecine, en art dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie avaient des revenus annuels médians d’emploi beaucoup plus élevés (117 988 $ et 126 023 $ respectivement) que leurs homologues salariés.

Les diplômés en santé et dans les domaines connexes sont ceux qui gagnent le plus parmi les femmes titulaires d’un grade universitaire

Le ratio d’uniformité salariale entre les femmes et les hommes de 25 à 64 ans qui avaient un grade universitaire au niveau du baccalauréat ou à un niveau supérieur variait en fonction du domaine d’études (tableau 23). Les femmes titulaires d’un grade en santé et dans les domaines connexes (travaillaient à temps plein durant toute l’année) gagnaient 91 cents pour chaque dollar touché par leurs homologues masculins en 2010 et gagnaient 70 288 $. La moitié des femmes ayant un diplôme en santé et dans les domaines connexes (sauf les diplômées en médecine), avaient obtenu leur grade dans le sous-domaine des sciences infirmières. Les diplômées en sciences infirmières travaillant à temps plein et toute l’année avaient des revenus d’emploi plus élevés (73 399 $) que la médiane pour l’ensemble des femmes titulaires d’un grade qui travaillaient à temps plein et toute l’année (62 508 $).

Les femmes titulaires d’un grade en éducation qui travaillaient à temps plein et toute l’année avaient des revenus d’emploi plus élevés que la médiane pour l’ensemble des femmes titulaires d’un grade qui travaillaient à temps plein et toute l’année (66 335 $ comparativement à 62 508 $) et qui gagnaient 90 cents pour chaque dollar touché par leurs homologues masculins.

Le plus faible ratio d’uniformité salariale entre les hommes et les femmes a été observé parmi les titulaires d’un grade en commerce, gestion et administration publique, en architecture, génie et technologies connexes et en sciences physiques et de la vie et technologies (tous les domaines à 0,78). En 2010, le revenu d’emploi des diplômées universitaires nées au Canada était souvent plus élevé que celui des immigrantes titulaires d’un grade (65 366 $ comparativement à 54 165 $). Le revenu d’emploi médian chez les femmes diplômées des programmes d’architecture et de génie nées au Canada était de 73 791 $ (au premier rang).

Le revenu d’emploi déclaré dans cette section désigne celui des employés rémunérés travaillant à temps plein et toute l’année, mais les chiffres sont par ailleurs « non rajustés » pour tenir compte d’autres facteurs déterminants. Les chercheurs ont analysé plusieurs autres facteurs qui jouent un rôle dans la détermination de l’écart entre le revenu d’emploi des femmes et des hommes, comme la profession, l’expérience de travail et les interruptions de carrière, la syndicalisation, l’écart familial et les préférences d’emploi. L’incidence de ces facteurs sur l’écart entre le revenu d’emploi des femmes et des hommes dépasse la portée de ce chapitreNote 76Note 77.

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