Graphique 5 Revenu médian des familles économiques agricoles et de toutes les familles économiques en 2010
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Le titre du graphique est « Graphique 5 Revenu médian des familles économiques agricoles et de toutes les familles économiques en 2010 ».
Ceci est un histogramme à barres groupées.
Ceci est un graphique à barres horizontales, donc les catégories sont sur l'axe vertical et les valeurs sont sur l'axe horizontal.
Il y a au total 8 catégories sur l'axe vertical. L'axe horizontal débute à 0 et se termine à 110 000 avec des mesures à tous les 10 000 points.
Il y a 2 séries dans ce graphique.
L'axe horizontal s'intitule « Revenu médian en dollars de 2010 ».
L'axe vertical s'intitule « Canada ou province ».
Le titre de la série 1 est « Toutes les familles économiques ».
La valeur minimale est 66 502 et ceci correspond à « Provinces de l'Atlantique ».
La valeur maximale est 93 393 et ceci correspond à « Alberta ».
Le titre de la série 2 est « Familles économiques agricoles ».
La valeur minimale est 62 641 et ceci correspond à « Québec ».
La valeur maximale est 80 928 et ceci correspond à « Alberta ».
Graphique 5 Revenu médian des familles économiques agricoles et de toutes les familles économiques en 2010 , Revenu médian en dollars de 2010
Toutes les familles économiques
Familles économiques agricoles
Colombie-Britannique
75 797
77 767
Alberta
93 393
80 928
Saskatchewan
77 448
75 687
Manitoba
72 404
70 616
Ontario
80 987
80 240
Québec
68 344
62 641
Provinces de l'Atlantique
66 502
66 625
Canada
76 458
74 604
Source(s) :
Statistique Canada, base de données du couplage REAG-ENM, 2011, et Enquête nationale auprès des ménages de 2011.
Graphique 4 Taille des ménages de la population agricole rurale et de la population rurale totale au Canada, 2011
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Ceci est un graphique à colonnes groupées.
Il y a au total 6 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 50 avec des mesures à tous les 5 points.
Il y a 2 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage ».
L'axe horizontal s'intitule « Taille des ménages ».
Le titre de la série 1 est « Population agricole rurale ».
La valeur minimale est 5,8 et ceci correspond à « Ménages de six personnes ou plus ».
La valeur maximale est 43,5 et ceci correspond à « Ménages de deux personnes ».
Le titre de la série 2 est « Population rurale totale ».
La valeur minimale est 3,2 et ceci correspond à « Ménages de six personnes ou plus ».
La valeur maximale est 40,2 et ceci correspond à « Ménages de deux personnes ».
Graphique 4 Taille des ménages de la population agricole rurale et de la population rurale totale au Canada, 2011
Population agricole rurale
Population rurale totale
Ménages d'une personne
11,1
21,2
Ménages de deux personnes
43,5
40,2
Ménages de trois personnes
14,7
15,2
Ménages de quatre personnes
15,7
14,4
Ménages de cinq personnes
9,2
5,8
Ménages de six personnes ou plus
5,8
3,2
Source(s) :
Statistique Canada, base de données du couplage AG-ENM de 2011, ENM de 2011 et Recensement de la population de 2011.
Graphique 3 Proportion de la population agricole constituée d'exploitants ou d'autres membres du ménage, selon le groupe d'âge, Canada, 2011
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Le titre du graphique est « Graphique 3 Proportion de la population agricole constituée d'exploitants ou d'autres membres du ménage, selon le groupe d'âge, Canada, 2011 ».
Ceci est un graphique à colonnes empilées.
Il y a au total 3 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 100 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 2 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage ».
L'axe horizontal s'intitule « Age ».
Le titre de la série 1 est « Exploitants agricoles ».
La valeur minimale est 9,6 et ceci correspond à « Moins de 35 ans ».
La valeur maximale est 68,7 et ceci correspond à « 55 ans et plus ».
Le titre de la série 2 est « Autres membres du ménage ».
La valeur minimale est 31,3 et ceci correspond à « 55 ans et plus ».
La valeur maximale est 90,4 et ceci correspond à « Moins de 35 ans ».
Graphique 3 Proportion de la population agricole constituée d'exploitants ou d'autres membres du ménage, selon le groupe d'âge, Canada, 2011
Exploitants agricoles
Autres membres du ménage
Moins de 35 ans
9,6
90,4
35 à 54 ans
65,5
34,5
55 ans et plus
68,7
31,3
Source(s) :
Statistique Canada, base de données du couplage REAG-ENM, 2011.
Graphique 2 Répartition selon l'âge des exploitants agricoles, des travailleurs autonomes de la population active, de la population agricole et de la population totale au Canada, 2011
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Ceci est un graphique à colonnes empilées.
Il y a au total 4 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 100 avec des mesures à tous les 10 points.
Il y a 3 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage ».
L'axe horizontal s'intitule « Activité dans la population active ».
Le titre de la série 1 est « Moins de 35 ans ».
La valeur minimale est 8,2 et ceci correspond à « Exploitants agricoles ».
La valeur maximale est 43,2 et ceci correspond à « Population totale ».
Le titre de la série 2 est « 35 à 54 ans ».
La valeur minimale est 29,7 et ceci correspond à « Population totale ».
La valeur maximale est 51,2 et ceci correspond à « Travailleurs autonomes ».
Le titre de la série 3 est « 55 ans et plus ».
La valeur minimale est 27,1 et ceci correspond à « Population totale ».
La valeur maximale est 48,2 et ceci correspond à « Exploitants agricoles ».
Graphique 2 Répartition selon l'âge des exploitants agricoles, des travailleurs autonomes de la population active, de la population agricole et de la population totale au Canada, 2011
Moins de 35 ans
35 à 54 ans
55 ans et plus
Exploitants agricoles
8,2
43,5
48,2
Travailleurs autonomes
15,6
51,2
33,2
Population agricole
38,5
29,9
31,6
Population totale
43,2
29,7
27,1
Source(s) :
Statistique Canada, base de données du couplage AG-ENM de 2011.
Graphique 1 Répartition de la population agricole comme proportion de toutes les fermes au Canada, 2011
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Il y a au total 7 catégories sur l'axe horizontal. L'axe vertical débute à 0 et se termine à 30 avec des mesures à tous les 5 points.
Il y a 1 séries dans ce graphique.
L'axe vertical s'intitule « pourcentage de la population agricole au Canada ».
L'axe horizontal s'intitule « Province ».
Le titre de la série 1 est « Population agricole ».
La valeur minimale est 4 et ceci correspond à « Provinces de l'Atlantique ».
La valeur maximale est 26,9 et ceci correspond à « Ontario ».
Graphique 1 Répartition de la population agricole comme proportion de toutes les fermes au Canada, 2011
pourcentage de la population agricole au Canada
Provinces de l'Atlantique
4,0
Québec
15,6
Ontario
26,9
Manitoba
7,6
Saskatchewan
16,0
Alberta
20,0
Colombie-Britannique
9,9
Source(s) :
Statistique Canada, base de données du couplage REAG-ENM, 2011.
Message du Conseil consultatif canadien de la statistique
C'est dans une période de turbulence, marquée par de profonds changements économiques et technologiques et des bouleversements géopolitiques, que nous présentons le rapport de cette année. La désinformation et la mésinformation sont également très répandues, entraînant des défis croissants en ce qui a trait à l'autorité des organismes nationaux de statistique.
Malgré ces tendances, Statistique Canada demeure un organisme fiable et respecté, ainsi qu'un fournisseur clé de renseignements pour les Canadiennes et les Canadiens d'un océan à l'autre. Des données et des statistiques exactes et crédibles sont fondamentales au soutien de la souveraineté du Canada, ainsi qu'à la prospérité et au bien-être du pays. De mauvaises données mènent à de mauvaises décisions, lesquelles ont des conséquences coûteuses, et alimentent la méfiance et la désunion.
Le rapport de cette année met l'accent sur la consolidation du cadre statistique national, afin de mieux coordonner les renseignements parmi les instances de gouvernance, et de tirer parti des occasions que présentent les nouvelles technologies. Il faut aussi disposer de points de référence officiels pour lutter contre la désinformation et la mésinformation. C'est à cette fin que le Conseil a évalué les mesures prises par d'autres pays et a étudié les pratiques exemplaires en matière d'assurance de la qualité des données au Canada, comme à l'échelle internationale.
Nous avons constaté qu'aucune définition légale des statistiques officielles n'existe dans le système canadien, et qu'il n'y a pas d'autorité claire et définie chargée de les produire et d'en surveiller la qualité et les normes. Le Conseil estime qu'un cadre statistique national robuste permettrait de renforcer les partenariats en matière de collecte, de production, d'évaluation, de coordination et de partage des statistiques officielles et d'accès à celles-ci. Pour garantir la qualité constante des statistiques dans tous les secteurs de la société canadienne, et en particulier pour traverser les périodes de turbulences sociales et économiques, il est essentiel de consolider l'autorité et la confiance à l'égard du système statistique national.
Un leadership solide est tout aussi indispensable, et le Conseil tient à remercier André Loranger, statisticien en chef du Canada et membre d'office du Conseil. Nous sommes également reconnaissants envers son équipe remarquable, qui a répondu à nos demandes de renseignements au moyen de présentations écrites et orales. Nous remercions tout particulièrement Étienne Saint-Pierre et Daniel Fahey, du Secrétariat du Conseil consultatif canadien de la statistique, pour leurs conseils et leur aide. Nous tenons également à remercier Gaëlle Miollan pour son soutien au fil des ans, ainsi que les membres sortants du Conseil, David Chaundy, Annette Hester et Jan Kestle, qui ont offert un éclairage précieux au Conseil pendant de nombreuses années. Le départ de ces membres entraîne la perte de la représentation de secteurs essentiels du système statistique au sein du Conseil. La santé et la force du Conseil, lui permettant de fournir des conseils impartiaux au ministre et au statisticien en chef, reposent sur la désignation en temps opportun de membres issus d'un large éventail de domaines et de perspectives. Si des postes ne sont pas pourvus, la capacité du Conseil à accomplir son travail sera réduite.
Signé :
Le Conseil consultatif canadien de la statistique
Howard Ramos, Ph. D., président
Anke Kessler, Ph. D.
Benoit Dostie, Ph. D.
Catherine Beaudry, Ph. D.
Stephen Tapp, Ph. D.
Vinamra Mathur
Recommandation : Élaborer un cadre pour définir les statistiques officielles et les accréditer
Dans le contexte actuel de mésinformation et de désinformation, il est essentiel de disposer de statistiques officielles pour aider la population canadienne à évaluer la qualité de l'information qu'elle utilise pour prendre des décisions.
Toutefois, au Canada, il n'existe aucune définition juridique des statistiques officielles et leur production n'est pas régie par un cadre national. Cette absence d'orientation officielle a une incidence sur la capacité des partenaires du système statistique national à mieux soutenir leurs collectivités et les priorités des administrations publiques à l'échelle du Canada.
La Loi sur la statistique du Canada ne contient aucune référence aux statistiques officielles, et bien que le terme figure dans le site Web de Statistique Canada, il n'est jamais défini. La situation est tout autre dans la plupart des pays qui collaborent étroitement avec le Canada, lesquels définissent les statistiques officielles dans leurs lois.
L'accréditation des statistiques officielles exige la désignation d'une compétence législative claire et nécessite de solides partenariats pour leur collecte, leur production, leur évaluation, leur coordination, leur diffusion et leur accès. Il est essentiel de consolider l'autorité du système statistique national et de renforcer la confiance à l'égard de celui-ci pour assurer la cohérence et la qualité des statistiques produites pour toutes les sphères de la société canadienne.
Les ambiguïtés actuelles relatives aux pouvoirs mènent à des inégalités dans les normes et les méthodes entre les ministères et organismes fédéraux, les autres instances de gouvernance et les organisations non gouvernementales. Pour ces raisons, le Conseil recommande ce qui suit :
Il est recommandé que la ministre de l'Industrie :
donne mandat à Statistique Canada d'élaborer un cadre pour les statistiques officielles;
sensibilise la population canadienne à l'importance des statistiques officielles pour la souveraineté, la prospérité et le bien-être du pays dans une société démocratique;
favorise une compréhension commune des pouvoirs et des responsabilités de Statistique Canada en matière de production de statistiques en vertu de la Loi sur la statistique; il ne devrait y avoir aucune ambiguïté dans l'interprétation de ses responsabilités et de ses pouvoirs législatifs.
Lors de l'élaboration d'un cadre fédéral pour les statistiques officielles, il est recommandé que le statisticien en chef soit le chef de file pour :
définir le terme « statistiques officielles » à l'intention des producteurs de données fédérales et des utilisatrices et utilisateurs de statistiques fédérales en fonction des principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies;
élaborer des dispositions permettant de cerner clairement les ministères et organismes gouvernementaux qui produisent des statistiques officielles fédérales accréditées, ainsi que les processus d'accréditation;
élaborer des processus pour créer, publier et tenir à jour un dépôt fédéral de statistiques officielles et une liste des organismes gouvernementaux qui les produisent; cela comprend une appellation contrôlée et un étiquetage clair permettant aux utilisatrices et utilisateurs ainsi qu'aux partenaires du système statistique national de repérer facilement les statistiques officielles;
examiner régulièrement le cadre et l'adapter en collaboration avec les ministères et organismes gouvernementaux pour assurer l'efficacité des concepts et de la circulation de données statistiques;
collaborer avec d'autres instances de gouvernance, dont les provinces, les territoires et les organisations autochtones, pour cerner et promouvoir les possibilités d'élargir le cadre fédéral des statistiques officielles à d'autres instances de gouvernance au sein du système statistique national.
1. Le Canada a besoin d'un cadre pour définir les statistiques officielles et les accréditer
Des renseignements statistiques de grande qualité figurent parmi les ressources canadiennes les plus précieuses et constituent le fondement d'une économie numérique moderne et diversifiée. Les enjeux liés aux changements climatiques, à l'intelligence artificielle, au commerce international et aux mouvements interprovinciaux de biens et de services ont accentué le besoin en données nationales et régionales comparables et de qualité. Ces données nécessitent des méthodes statistiques et des méthodes de circulation plus sophistiquées qui permettent de produire des statistiques fiables pour la population canadienne.
Un cadre nationalFootnote 1 de statistiques officielles assorti de mesures normalisées et de pouvoirs clairs peut servir de point d'ancrage pour la production de ces statistiques. La pierre angulaire d'un tel cadre est une définition claire et précise des statistiques officielles. Bien que le système statistique national du Canada fournisse déjà des données essentielles à la compréhension de grands enjeux économiques, sociaux et environnementaux, il n'existe aucune définition juridique des statistiques officielles et aucun cadre national ne régit leur production. Cette absence d'orientation officielle a une incidence sur la capacité des partenaires ainsi que des utilisatrices et utilisateurs du système statistique national à tirer pleinement parti de la richesse des données qui existent au Canada pour appuyer les collectivités et les administrations publiques à l'échelle du pays.
Même si des renseignements crédibles et coordonnés sur la population et les actifs de la nation sont le fondement de la Loi sur la statistique du Canada et sont définis dans la Constitution canadienne, l'infrastructure de gouvernance nécessaire pour appuyer ce mandat et répondre aux besoins d'une société numérique est insuffisante. Cet état de fait se traduit par un système statistique national multi-instances, dans lequel des statistiques sont produites par Statistique Canada, les ministères et organismes fédéraux, la banque centrale et les organismes provinciaux et territoriaux de statistique. D'autres acteurs, comme les organisations autochtones, le milieu universitaire, le secteur privé et les organisations non gouvernementales, contribuent également à la production de statistiques.
Le système statistique national joue un rôle essentiel à l'appui de la prospérité et du bien-être du pays. Il dépend grandement de la collaboration au sein des instances de gouvernance et entre celles-ci pour produire des données comparables et de qualité à l'échelle nationale et régionale.
L'écosystème statistique actuel devient de plus en plus complexe, ce qui rend la collaboration plus difficile. Au cours des 40 dernières années, Statistique Canada a effectué le couplage de données provenant d'enquêtes, de recensements et de dossiers administratifs pour tirer parti de la puissance des données du Canada. La complexité de cet écosystème et les difficultés qu'elle pose sont amplifiées par l'abondance de renseignements que peuvent fournir les différentes instances de gouvernance et les différents secteurs.
Le Canada doit se doter d'un cadre formel pour l'élaboration et l'accréditation de statistiques officielles, afin de tirer pleinement parti de la richesse des données du pays. Un tel cadre viendrait appuyer la Stratégie relative aux données de 2023-2026 pour la fonction publique fédérale, laquelle traite de disparités et lacunes particulièresFootnote 2 nécessitant de nouveaux environnements de données et de nouvelles collaborations.Footnote 3 Malgré les nombreuses données sources, le problème vient souvent des définitions contradictoires, des centres de données incompatibles, et du dédoublage des données. Tout cela augmente le coût de la production de statistiques de qualité.
Un cadre national reconnu pour les statistiques officielles faciliterait la collaboration entre les producteurs de données issus de différentes instances de gouvernance et secteurs, en vue d'harmoniser les concepts et les méthodes statistiques. Il faudra notamment trouver un équilibre entre la nécessité de surmonter les obstacles techniques et législatifs à la diffusion des données et le respect de l'autonomie des instances de gouvernance. Un manque de coordination des données par des normes et des méthodes statistiques communes nuit à notre capacité de régler efficacement les problèmes les plus urgents du Canada. Les renseignements contradictoires et la confusion alimentent la mésinformation et la désinformation, et entraînent le gaspillage des ressources financières.
2. Définir les statistiques officielles
Le gouvernement doit examiner les options qui s'offrent à lui pour définir les statistiques officielles dans la législation et la gouvernance fédérale. Étonnamment, la Loi sur la statistique du Canada ne contient aucune référence aux statistiques officielles. Par ailleurs, bien que le terme soit utilisé à quelques reprises dans le site Web de Statistique Canada, il n'est jamais défini.
Alors que Statistique Canada est une importante source de ce qui devrait être considéré comme des statistiques officielles, d'autres instances de gouvernance ainsi que des organisations non gouvernementales produisent également des renseignements de qualité qui contribuent à la compréhension des tendances nationales et régionales, et qui pourraient aussi être considérés comme des statistiques officielles.
Au fil des ans, Statistique Canada a joué un rôle de premier plan à l'élaboration de définitions et de concepts statistiques normalisés en travaillant avec des organisations internationales comme les Nations Unies, l'Organisation de coopération et de développement économiques et le Fonds monétaire international. Or, le Canada demeure l'un des rares pays à ne pas définir les statistiques officielles dans ses lois parmi ses homologues pour ce qui est de la méthodologie statistique et du développement technologique.Footnote 4
Exemples de pays qui définissent les statistiques officielles dans leurs lois et qui tiennent un dépôt ou registre de statistiques officielles : Australie, France, Irlande, Nouvelle-Zélande, Suède et Royaume-Uni. Le Canada n'a pas de telle définition officielle ou de dépôt.
Statistique Canada appuie et respecte les principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies, qui comprennent la pertinence, l'impartialité, les standards professionnels, la transparence et la confidentialité. Ces principes doivent servir de référence à l'élaboration de statistiques officielles dans l'ensemble du système statistique national. Il pourrait s'agir d'encourager les acteurs non gouvernementaux, comme les organisations autochtones, le milieu universitaire, le secteur privé et les organisations non gouvernementales, à adopter ces principes. Il est nécessaire d'établir un dialogue public sur l'interprétation des principes dans le contexte canadien pour assurer leur communication claire et leur compréhension commune.
3. Les pouvoirs relatifs à la production de statistiques officielles doivent être clairs
Le système statistique national nécessite des pouvoirs législatifs et de gouvernance claire et exige des partenariats pour la collecte, la production, l'évaluation et la diffusion des statistiques officielles ainsi que pour l'accès à celles-ci. Les lacunes actuelles se traduisent par des disparités dans les normes et les méthodes entre les ministères et organismes fédéraux, les autres instances de gouvernance et les organisations non gouvernementales. Ces principes doivent être consolidés pour assurer la qualité et la cohérence des statistiques dans toutes les sphères de la société canadienne.
La Constitution canadienne, la Loi sur la statistique ainsi que les lois relatives à la protection des données et des renseignements personnels établissent toutes qui a autorité sur les statistiques. Toutefois, leurs interprétations font trop souvent l'objet d'une orientation restreinte et il y a un manque de clarté pour ce qui est des rôles des différents partenaires du système statistique national, ce qui entrave la circulation des données entre les instances de gouvernance.
La Constitution canadienneest l'autorité principale en matière de statistique au Canada. Elle confère au Parlement le pouvoir d'effectuer les recensements et de produire les statistiques. Plus précisément, la Constitution traite de questions relatives à la représentation, aux transferts de péréquation, aux droits à l'égalité, aux droits linguistiques des minorités et aux droits des Autochtones qui nécessitent l'administration du recensement et des statistiques.
La Loi sur la statistique est plus explicite dans la désignation de l'autorité de Statistique Canada. Elle traite des trois domaines généraux de compétence de l'organisme. Premièrement, Statistique Canada doit produire, analyser et diffuser des renseignements statistiques relatifs à la société canadienne. La Loi mentionne spécifiquement le Recensement de la population, le Recensement de l'agriculture et une liste de statistiques relatives aux domaines social, économique, énergétique et financier. Deuxièmement, dans le cadre de la production de ces statistiques, Statistique Canada doit éviter le dédoublement et collaborer avec les ministères et organismes fédéraux pour utiliser leurs données. Troisièmement, l'organisme doit aussi collaborer avec les provincesFootnote 5 pour planifier l'élaboration de statistiques sociales et économiques intégrées pour l'ensemble du Canada et pour chaque province.
Les lois et les politiques relatives à la protection des données et des renseignements personnels ne doivent pas faire obstacle au système statistique national. Elles doivent reconnaître l'autorité de Statistique Canada en ce qui concerne la collecte de données et la coordination de leur circulation, et permettre l'adoption de pratiques émergentes en matière de données.
Les pouvoirs et responsabilités actuels manquent de clarté
Le cadre recommandé ne doit comporter aucune ambiguïté quant à l'interprétation des pouvoirs et des responsabilités de Statistique Canada en vertu de la loi ni de ceux des autres producteurs de statistiques officielles.
À l'heure actuelle, la Loi sur la statistique n'indique pas comment l'organisme doit travailler avec les partenaires fédéraux, provinciaux et autres à la diffusion et à l'intégration des statistiques. Elle ne précise pas de protocoles pour l'accès aux données et l'utilisation de renseignements coordonnés entre les instances de gouvernance. La Loi ne précise pas non plus les processus d'accréditation des statistiques officielles. Le Canada est essentiellement une fédération coopérative qui compte sur la bonne volonté et la confiance de l'ensemble de ses partenaires.
Un cadre clair pour les statistiques officielles faciliterait la collaboration et la coordination entre les ministères et organismes, les instances de gouvernance, les organisations autochtones et les autres secteurs qui élaborent également leurs propres stratégies en matière de données. L'harmonisation des stratégies en matière de données entre les instances de gouvernance ouvre de nouvelles possibilités de créer de riches bases de données nationales. Ces données feraient partie du système statistique national basées sur des définitions et des normes statistiques communes. L'une des responsabilités de Statistique Canada, en vertu de la Loi sur la statistique, est de faire la promotion de cette harmonisation.
Statistique Canada collabore depuis longtemps avec les ministères et organismes fédéraux et d'autres ordres de gouvernement dans des domaines liés, notamment, aux statistiques sur la santé, l'éducation et l'environnement.
Certains exemples de la façon dont Statistique Canada travaille avec l'ensemble des instances de gouvernance et des organisations sont présentés dans la Stratégie pancanadienne de données sur la santé et la Régie de l'énergie du Canada, qui modélise l'utilisation de l'énergie dans l'avenir. D'autres travaux de collaboration orientent le dialogue actuel sur les minéraux critiques en s'appuyant sur les statistiques de Statistique Canada concernant la production et la valeur des minéraux et des métaux, ainsi que les données et l'analyse de Ressources naturelles Canada sur les investissements dans l'exploration et le développement dans ce domaine.
Trop souvent, il y a un manque de coordination et de débats concernant les pouvoirs des instances de gouvernance. Ces lacunes ont été au cœur d'une grande partie des rapports précédents du Conseil. L'interprétation des pouvoirs de Statistique Canada en vertu de la Loi sur la statistique devrait être claire et ne devrait pas être minée par l'adoption de nouvelles lois.
Le DPD doit assurer une meilleure utilisation des données gouvernementales au sein de la fonction publique. Le mandat du DPD comprend la création et le maintien de politiques et de procédures pour la gestion des données du secteur public et pour en assurer la qualité, l'exactitude et la sécurité. Bien que le DPD ne fournisse pas d'expertise statistique ou méthodologique, il semble y avoir un chevauchement avec le travail de Statistique Canada. Il y a également un manque de clarté dans l'interprétation de la portée de l'autorité du DPD et de son rôle en ce qui concerne les statistiques officielles.
Le rôle de Statistique Canada ne devrait pas être ambigu. Grâce à son expertise reconnue à l'échelle internationale en méthodes statistiques et en normes de données, l'organisme a joué un rôle de chef de file dans l'élaboration et la mise en œuvre de la stratégie fédérale en matière de données, y compris l'infrastructure de données technique requise. Statistique Canada a une connaissance approfondie des enjeux sociaux, économiques et environnementaux et donne des conseils sur l'élaboration de données pour appuyer les décisions communautaires et stratégiques. Il a également une solide réputation dans la création d'environnements de couplageFootnote 6 où diverses sources de données peuvent être recueillies et intégrées efficacement et en toute sécurité aux fins d'analyse statistique au moyen de méthodes et de technologies statistiques modernes.
Comme le bureau du DPD travaille en étroite collaboration avec Statistique Canada sur les initiatives de gestion des données fédérales, il sera important d'établir et de communiquer plus clairement le rôle et l'autorité du DPD relativement à ceux du statisticien en chef.
4. Les statistiques officielles doivent être accréditées
L'accréditation est un moyen essentiel pour s'assurer que les données dans les dépôts de statistiques, comme le portail canadien de données ouvertes, répondent à des normes statistiques professionnelles. Une appellation contrôlée et un étiquetage clair des statistiques officielles aideraient la population canadienne à discerner la crédibilité des données qu'elle consulte au moyen de sources de plus en plus complexes et variées provenant des secteurs public et privé, y compris en ligne et dans les médias sociaux.
Le gouvernement fédéral doit mandater Statistique Canada pour élaborer un processus d'accréditation des statistiques officielles au sein du gouvernement fédéral. Les pays qui tiennent un dépôt ou registre de statistiques officielles, comme l'Australie, la France, l'Irlande, la Nouvelle-Zélande, la Suède et le Royaume-Uni, publient également le code de pratique qu'ils utilisent pour accréditer les statistiques officielles. Ces codes sont fondés sur des valeurs de confiance et de qualité ainsi que sur des méthodes professionnelles et la facilité d'accès.
Le Cadre d'assurance de la qualité de Statistique Canada, sur lequel l'organisme fonde son processus statistique, pourrait être utilisé plus largement comme outil d'accréditation normalisé des statistiques officielles. Conformément aux principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies, ce cadre multidimensionnel permet de déterminer la qualité des données d'une façon holistique en examinant les renseignements statistiques ou l'adéquation à leur utilisationFootnote 7 en fonction de six dimensions : la pertinence, l'exactitude, l'actualité, l'accessibilité, l'intelligibilité et la cohérence.
Le gouvernement fédéral doit également désigner les autorités chargées d'accréditer les statistiques officielles. Il s'agit d'un travail très technique qui exige une expertise approfondie en statistique et en méthodologie, plutôt que des compétences stratégiques ou administratives. Statistique Canada a l'expertise et la capacité statistiques nécessaires pour effectuer ce travail. Un organisme indépendant d'experts en statistique serait une autre option possible. Le Royaume-Uni utilise ce modèle.Footnote 8 L'expertise et la capacité statistiques requises pour effectuer ce travail de façon exhaustive et continue sont toutefois assez limitées à l'extérieur des organismes statistiques nationaux. Il faudrait tenir compte des chevauchements avec le programme d'assurance de la qualité de Statistique Canada au chapitre des coûts et de la capacité, ainsi que de l'incidence sur l'indépendance législative de l'organisme.
5. Un dépôt de statistiques officielles doit répondre aux besoins de l'ensemble de la population canadienne
Comme bon nombre de ses homologues sur la scène internationale,Footnote 9 le Canada doit se doter d'un dépôt de statistiques officielles.
Pour collaborer et diffuser les données de manière efficace, il est nécessaire de disposer de repères clairs permettant de reconnaître en quoi consistent des données fiables et de qualité. Au sein du système statistique national, la source officielle des statistiques nationales ou régionales n'est pas toujours évidente. Bien que Statistique Canada soit reconnu comme la principale source de statistiques sur la population et l'économie du Canada, plusieurs ministères, organismes et instances de gouvernance produisent des renseignements statistiques sur des sujets similaires.
Deux organisations produisent des renseignements sur les émissions de gaz à effet de serre (GES). Alors que Statistique Canada compile le Compte des flux physiques des GES dans la perspective du Système de comptabilité économique et environnementale, Environnement et Changement climatique Canada dresse l'inventaire national des GES dans la perspective de la production de rapports sur les changements climatiques. Les deux organisations ont créé une page Web pour expliquer les différences entre ces fonds de données, ce qui aide les utilisatrices et utilisateurs à choisir les données qui répondent à leurs besoins. Au fur et à mesure que ces fonds de données évoluent pour inclure davantage de données transversales sur les GES, la communication de leurs différences devra être plus claire et plus transparente.
Bien qu'une grande partie des données fédérales soient accessibles à partir du portail de données ouvertes du Canada, celui-ci ne fait pas de distinction entre ce qui pourrait être considéré comme des statistiques officielles et les autres données, et n'inclut pas non plus les renseignements émanant d'autres instances de gouvernance. Trop souvent, les métadonnées sont manquantes ou vagues, de sorte qu'il est difficile pour les utilisatrices et utilisateurs de savoir comment les données ont été produites et si elles conviennent à la prise de décisions.
Une fois qu'un cadre fédéral pour les statistiques officielles aura été établi, le gouvernement fédéral pourrait s'appuyer sur le portail de données ouvertes pour faciliter l'accès aux statistiques et aux fonds de données officiels, en utilisant des étiquettes pour identifier leur source, y compris Statistique Canada et d'autres organismes gouvernementaux. Le gouvernement pourrait également envisager de créer un dépôt indépendant qui contiendrait uniquement des statistiques officielles.
Statistique Canada doit collaborer avec d'autres instances de gouvernance, dont les provinces, les territoires et les organisations autochtones, pour cerner et promouvoir les possibilités d'élargir le cadre à d'autres instances de gouvernance au sein du système statistique national. Bien que l'accréditation officielle de ces données puisse constituer un objectif à plus long terme, l'application plus large de ce cadre permettrait de produire des fonds de données beaucoup plus riches et éclairés pour comprendre et agir sur les enjeux prioritaires aux niveaux national et régional.
Dans l'ensemble du système statistique national, on retrouve de bonnes pratiques visant à faciliter l'accès aux données dont la population canadienne a besoin.
6. Promouvoir la confiance à l'égard du système statistique national
Le gouvernement fédéral doit sensibiliser la population canadienne à la nécessité de reconnaître la valeur des statistiques officielles et promouvoir l'importance de la confiance à leur égard. D'abord et avant tout, les statistiques officielles sont essentielles pour définir, mesurer et présenter le Canada en tant que nation souveraine; elles doivent incarner les principes éthiques et moraux propres à une société démocratique. Elles permettent de fournir aux Canadiennes et Canadiens une lecture impartiale et un cadre factuel communs de la situation économique, sociale et environnementale de la population diversifiée du pays et de ses régions. Elles contribuent aussi grandement à la compréhension de questions ayant une incidence sur le quotidien et la qualité de vie de la population, y compris dans les domaines de la productivité, du commerce, des changements climatiques, des soins de santé, de l'éducation, du transport, de l'emploi et du coût de la vie.
Le cadre proposé pour les statistiques officielles permettra à Statistique Canada et au système statistique national de gagner en efficacité; il faudra toutefois continuer de renforcer la confiance et le soutien de la population canadienne, du milieu des affaires et du secteur public à leur égard. Statistique Canada et les autres producteurs de statistiques officielles doivent être reconnus comme les sources statistiques pouvant répondre aux besoins de la population en matière de qualité des données. Pour ce faire, les Canadiennes et Canadiens doivent se reconnaître dans ces données et s'y identifier. L'accès facile à des statistiques officielles accréditées qui sont étiquetées comme telles et définies clairement rehausserait cette confiance.
La production de statistiques repose également sur une relation de réciprocité. Les statistiques nationales et régionales s'appuient sur les données recueillies auprès de la population. Les Canadiennes et Canadiens doivent être disposés à transmettre leurs renseignements à des fins statistiques et pour le bien commun,Footnote 10 ce qui constitue le fondement des démocraties et des sociétés fortes.
Le partage des données sur la santé entre les instances de gouvernance s'est avéré un défi particulier que le Conseil a souligné dans ses rapports précédents. Les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux de la Santé ont récemment convenu de continuer à moderniser la circulation des données sur la santé publique entre leurs administrations.Footnote 11 Une mise à jour de l'Entente multilatérale sur l'échange de renseignements de 2014 est attendue d'ici la fin de 2025. L'actualisation des ententes bilatérales et multilatérales pour améliorer la façon dont les données sur la santé sont recueillies, diffusées, utilisées et déclarées présentera un intérêt particulier, ainsi que les mesures comme l'intendance et la confidentialité des données pour accroître la confiance et la transparence.
La mésinformation et la désinformation minent la confiance à l'égard des renseignements statistiques provenant de sources plus officielles. Les renseignements officiels fiables sont de plus en plus en concurrence avec l'information non fondée ou dont les assises scientifiques sont insuffisantes, surtout lorsque ces renseignements sont présentés comme des « faits alternatifs ». Selon de récentes études de Statistique Canada, 43 % des Canadiennes et Canadiens estimaient qu'il était de plus en plus difficile de discerner le vrai du faux dans les nouvelles ou les renseignements, et 73 % ont déclaré avoir vu du contenu en ligne qu'ils soupçonnaient être faux ou inexact.
La remise en question des statistiques de Statistique Canada sur le prix des biens de consommationFootnote 12 et le nombre de migrants temporaires au Canada est un exemple de mésinformation.Footnote 13 Dans les deux cas, les débats qui ont suivi ont révélé des lacunes méthodologiques dans la remise en question des méthodes et des statistiques de l'organisme.Footnote 14,Footnote 15
De plus, des États étrangers utilisent la désinformation pour nuire à la démocratie et au bien-être économique du Canada. Le président Trump a utilisé la désinformation comme moyen de pression pour présenter de manière inexacte les conditions des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis.Footnote 16 La Russie et la Chine utilisent l'intelligence artificielle et d'autres outils de désinformation pour nuire aux élections démocratiques nationales partout dans le monde, y compris au Canada.Footnote 17
La désinformation, lorsqu'elle est utilisée de façon malicieuse, inspire la méfiance à l'égard des institutions publiques, y compris celles du système judiciaire, du gouvernement et du secteur financier. Cette méfiance compromet l'utilisation de données impartiales et de qualité pour la prise de décisions éclairées fondées sur des données probantes, et nuit également à la souveraineté du pays.
L'intelligence artificielle fait elle aussi partie du problème. Dans son rapport annuel de 2024, le Conseil consultatif canadien de la statistique a traité des avantages et des défis relatifs à l'intelligence artificielle en statistique. Les technologies ne sont pas toutes adaptées à la production de statistiques, et la technologie ne devrait jamais avoir préséance sur la méthodologie. Une utilisation inadéquate de l'intelligence artificielle lors de la collecte ou de l'analyse de données peut miner la confiance de la population et décourager sa participation.
Pour contrer la mésinformation et la désinformation, le gouvernement fédéral et Statistique Canada doivent mieux communiquer les avantages réels et positifs des politiques éclairées fondées sur les renseignements que la population canadienne et les collectivités leur fournissent ainsi qu'à d'autres organismes gouvernementaux. Le langage décrivant le processus rigoureux de Statistique CanadaFootnote 18 pour recueillir et utiliser de façon responsable les renseignements statistiques doit être simple, et le message doit inclure des exemples dans lesquels la population canadienne peut se reconnaître. Le gouvernement doit également tenir compte de l'évolution des normes et des perceptions sociales entourant la collecte et l'utilisation des renseignements personnels.
Message du Conseil consultatif canadien de la statistique
Le monde a été témoin de changements économiques, sociaux et technologiques profonds au cours de la dernière décennie, et le Canada ne fait pas exception. Dans un environnement aussi dynamique, il est primordial que le gouvernement du Canada et Statistique Canada suivent le rythme des changements.
Des données et des statistiques fiables sont essentielles au soutien de la croissance économique ainsi qu'à la prospérité et au bien-être du Canada. De mauvaises données conduisent à de mauvaises décisions ayant des conséquences coûteuses.
Pour s'assurer que le Canada dispose de données fiables et de statistiques de grande qualité, il est important que Statistique Canada poursuive ses efforts de modernisation afin de suivre le rythme des changements technologiques et méthodologiques. Ses données et statistiques doivent être en phase avec une économie qui évolue rapidement et une société en transformation. Pour ce faire, il faut une science des données moderne qui adopte de façon responsable les technologies de pointe, des compétences analytiques qui s'appuient sur de multiples secteurs et des données coordonnées et intersectionnelles. Les programmes doivent être financés de façon à suivre le rythme des changements sociaux et technologiques. À long terme, des décisions informées par des données et des statistiques fiables et actuelles sont plus éclairées, plus efficaces et permettent de réduire les coûts.
Les statistiques officielles produites par Statistique Canada et d'autres producteurs de données du système statistique national sont de plus en plus remises en question par la mésinformation et la désinformation, ce qui met en péril leur autorité, leur légitimité et leur rôle essentiel dans la société. Les dirigeants et les spécialistes des secteurs public, privé, universitaire et des médias ont tous un rôle à jouer pour assurer la santé du système statistique national, notamment en dénonçant la mésinformation et la désinformation qu'entraînent les statistiques incorrectes ou trompeuses.
Une orientation claire et la stabilité sont les fondements d'un système statistique robuste. Le Conseil souhaite remercier André Loranger, le statisticien en chef du Canada par intérim (qui est un membre d'office du Conseil), et son excellente équipe d'avoir répondu à nos demandes d'information au moyen de présentations écrites et orales. Une nomination permanente rapide est essentielle pour assurer un leadership et une stabilité à long terme alors que Statistique Canada répond aux besoins changeants de la société. Nous remercions particulièrement Étienne Saint-Pierre, Gaëlle Miollan et Sam Ndayishimye, du Secrétariat du Conseil consultatif canadien de la statistique, pour leurs conseils et leur aide. Nous sommes également reconnaissants envers l'ancien statisticien en chef, Anil Arora, qui a offert au Conseil des renseignements et un soutien inestimables.
Signé :
Le Conseil consultatif canadien de la statistique
Howard Ramos, Ph. D., président
Anke Kessler, Ph. D.
Annette Hester
Benoit Dostie, Ph. D.
Catherine Beaudry, Ph. D.
David Chaundy
Jan Kestle
Stephen Tapp, Ph. D.
Vinamra Mathur
Recommandation 1 : Favoriser la confiance et la littératie des données
Il est essentiel de disposer de données et de statistiques de qualité pour soutenir la croissance économique et assurer le bien-être et la prospérité du Canada. Les données de mauvaise qualité peuvent conduire à de mauvaises décisions aux conséquences coûteuses. Cela vaut pour tout le monde, qu'il s'agisse des Canadiens et Canadiennes, des entreprises ou du secteur public.
Les statistiques officielles produites par Statistique Canada et d'autres producteurs de données du système statistique national sont de plus en plus remises en question par la mésinformation et la désinformation, ce qui met en péril leur autorité, leur légitimité et leur rôle essentiel dans la société.
Les leaders et les spécialistes des secteurs public, privé, universitaire et médiatique ont tous un rôle à jouer dans la dénonciation de la mésinformation et de la désinformation accompagnées de statistiques et de graphiques incorrects ou trompeurs, ou encore d'analyses qui en fournissent une interprétation erronée.
Il est recommandé que le statisticien en chef du Canada :
favorise un dialogue public éclairé sur l'importance de disposer de données de qualité fondées sur des méthodes statistiques rigoureuses pour une prise de décisions efficace;
renforce, dans les médias traditionnels et les médias sociaux, la sensibilisation du public aux principes liés aux statistiques officielles, notamment leur pertinence, l'impartialité, les standards professionnels et la transparence;
appuie et améliore le programme complet de littératie des données de Statistique Canada afin de permettre aux Canadiens et Canadiennes et aux décisionnaires d'évaluer et d'utiliser plus efficacement les données statistiques.
Il est recommandé que le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie :
insiste sur l'importance des statistiques officielles produites dans le cadre du système statistique national, y compris celles produites par Statistique Canada, pour soutenir la croissance économique et assurer la prospérité et le bien-être du Canada.
Recommandation 2 : Mener des stratégies nationales efficaces en matière de données
Pour que les stratégies nationales en matière de données soient efficaces, il faut d'abord que la population canadienne et les administrations publiques s'entendent sur les questions prioritaires et sur les données nécessaires pour éclairer ces priorités. Les évaluations des besoins en données et leurs coûts doivent être réalisées à chaque étape des projets ou programmes proposés, depuis la planification et la mise en œuvre jusqu'à l'évaluation des résultats et la mise en lumière des leçons tirées et des pratiques exemplaires. Lorsque les juridictions partagent leurs données, la capacité de planifier et d'évaluer les avantages des programmes augmente considérablement.
Il est recommandé que le statisticien en chef du Canada continue à :
jouer un rôle de premier plan dans la recherche des lacunes en matière de données et des possibilités de partage de données entre les juridictions;
établir et diriger des partenariats pour créer et coordonner des flux de données statistiques à l'échelle fédérale;
mettre en place des normes en matière de données et de méthodes statistiques à l'échelle nationale.
Il est recommandé que le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie :
Recommandation 3 : Investir dans les compétences technologiques et en matière de données
Il est primordial que Statistique Canada poursuive ses efforts de modernisation afin de suivre le rythme des changements technologiques et méthodologiques. Ses données et statistiques doivent refléter l'évolution rapide de l'économie et de la société. Pour y arriver, des compétences actuelles en science des données et en analyse sont nécessaires, notamment pour la coordination des données, l'interprétation des données, la visualisation des données, l'analyse géospatiale et la modélisation informatique. Les investissements dans ces domaines permettent non seulement de suivre le rythme des changements, mais aussi de réaliser des économies à long terme et d'accroître l'efficacité, et ainsi de mieux répondre aux besoins du Canada en matière de données.
Il est recommandé que le statisticien en chef du Canada continue à :
investir dans la formation du personnel de Statistique Canada et dans des stages pour l'acquisition et le développement de compétence en science des données, de sorte à élaborer et à utiliser de nouvelles méthodes et sources de données.
Il est recommandé que le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie :
appuie la Stratégie relative aux données de 2023-2026 pour la fonction publique fédérale du gouvernement fédéral au moyen d'une approche pangouvernementale à l'égard de la technologie, y compris l'infonuagique, les méthodes modernes de traitement des données et l'utilisation responsable de l'intelligence artificielle;
soutienne les investissements continus dans la plateforme d'infrastructure infonuagique de Statistique Canada afin de s'assurer que ses programmes statistiques répondent efficacement aux besoins et aux attentes des Canadiens et Canadiennes;
favorise une approche pangouvernementale pour l'embauche et le maintien en poste de personnes possédant des compétences spécialisées en matière de données. Cette approche demande notamment de recruter du personnel dans les nombreuses universités et les nombreux collèges canadiens qui proposent désormais des programmes spécialisés dans les domaines de la science des données, des mégadonnées, de l'intelligence artificielle et de l'apprentissage automatique.
Le gouvernement fédéral investit des milliards de dollars pour tirer parti de l'intelligence artificielle afin de soutenir et d'accroître la productivité du Canada grâce à l'amélioration de ses capacités de traitement et de l'infrastructure technologique. Pour Statistique Canada, l'intelligence artificielle n'est pas une nouveauté. L'organisme utilise des grands modèles de langage (LLM) depuis le début des années 1990 pour appuyer les activités de codage.
La décision d'utiliser l'apprentissage automatique et d'autres formes d'intelligence artificielle à des fins statistiques doit tenir compte des avantages et des risques en matière de sécurité, de qualité des données et de gains d'efficacité. Les technologies ne sont pas toutes adaptées à la production de statistiques, et elles ne doivent jamais supplanter la méthodologie.
Il est recommandé que le statisticien en chef du Canada :
continue à explorer de nouvelles technologies en matière d'intelligence artificielle pour améliorer la production de données de qualité dans des domaines comme l'imagerie de données, la visualisation de données et l'analyse de base;;
explique aux Canadiens et Canadiennes le rôle de l'intelligence artificielle dans les organismes statistiques ainsi que les mesures de sécurité qui ont été et qui doivent être mises en place.
Il est recommandé que le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie :
reconnaisse et appuie le rôle de Statistique Canada en tant que leader statistique dans l'assistance apportée au gouvernement du Canada pour développer sa stratégie en matière d'intelligence artificielle.
1. Des données de grande qualité sont essentielles à la réussite économique et au bien-être du Canada
Alors que le monde évolue rapidement et que les problèmes sociétaux se compliquent, les administrations publiques et les entreprises ont besoin de renseignements transversaux qui intègrent mieux les perspectives économiques, sociales, culturelles et environnementales et qui s'adressent aux diverses communautés du Canada. Comprendre les interrelations entre les enjeux sociétaux permet de trouver des solutions plus efficaces qui assurent le dynamisme de l'économie et la santé de la population.
Les données et les analyses de grande qualité jouent un rôle important dans le débat public en aidant les décisionnaires politiques à s'occuper de problèmes urgents comme la croissance économique, le coût élevé de la vie, l'accès à un logement abordable et l'inclusion sociale. La croissance économique du Canada a ralenti au cours des dernières années, notamment de manière importante pendant la pandémie. Plus déconcertante encore est la baisse du produit intérieur brut (PIB) par habitant depuis la pandémie, qui marque une rupture avec la tendance à long terme de la croissance par habitant. Un grand débat public s'est également engagé sur les relations entre les niveaux élevés de migration temporaire, le logement et l'économie. Les Canadiens et Canadiennes ainsi que les décisionnaires politiques doivent aussi être mieux outillés pour anticiper les effets des changements climatiques et des événements environnementaux dévastateurs, comme les incendies de forêt et les inondations, et y répondre.
Les faibles résultats du Canada en matière de croissance de la productivité ont suscité beaucoup d'inquiétude, car, depuis longtemps, une grande partie de la croissance à long terme du PIB par habitant repose sur des améliorations soutenues de la productivité du travail. Des études récentesNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 4 soulignent les conséquences négatives d'un PIB par habitant plus faible sur le niveau de vie et la croissance des salaires.
Les préoccupations économiques, sociodémographiques et environnementales ne sont pas nouvelles, mais elles sont devenues plus complexes dans une société mondiale en évolution rapide sur le plan technologique. Les analystes ont besoin de données locales granulaires et en temps réel pour mieux comprendre les facteurs qui ont une incidence sur ces questions et déterminer quelles sont les personnes les plus touchées.
Des données de grande qualité sont essentielles pour élaborer et mettre en œuvre des politiques efficaces qui soutiennent les entreprises et l'innovation, moteurs de la croissance économique. Les politiques des secteurs public et privé doivent être fondées sur un système statistique national solide auquel les Canadiens et Canadiennes peuvent faire confiance. Un tel système ne peut être maintenu que si Statistique Canada et le gouvernement fédéral s'adaptent aux nouvelles technologies et aux nouvelles méthodes. Ils doivent aller de l'avant, montrer la voie à suivre et ne pas être laissés pour compte.
1.1 La mésinformation et la désinformation sapent la confiance à l'égard des données de qualité
Les renseignements statistiques de qualité constituent l'une des ressources les plus précieuses du Canada. Cependant, cette ressource ne peut pas être tenue pour acquise. Il est essentiel de disposer de données et de statistiques de qualité dans des domaines comme la productivité, l'inflation, le logement et l'environnement pour soutenir la croissance économique et assurer la prospérité et le bien-être du Canada. Les données de mauvaise qualité peuvent conduire à de mauvaises décisions aux conséquences coûteuses. Cela vaut pour les Canadiens et Canadiennes, les entreprises et le secteur public.
Les statistiques officielles produites par Statistique Canada sont de plus en plus contestées en raison de la mésinformation, sans que les principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies, qui comprennent la pertinence, l'impartialité, les standards professionnels et la transparence, soient vraiment pris en compte. Les critiques formulées à l'égard de l'organisme et de ses données dans les médias sociaux et les nouvelles s'appuient de plus en plus sur des sources non fondées et des méthodes mal conçues.
Plus déconcertantes encore sont les déclarations inexactes diffusées dans les médias au sujet de Statistique Canada et de ses données, qui, si elles ne sont pas démenties, conduiront à une érosion de la confiance à l'égard de l'organisme et de ses cadres. Parmi les exemples récents, on peut citer les critiques par rapport aux méthodes utilisées par Statistique Canada pour déterminer le prix des biens de consommationNote de bas de page 5 et les estimations du nombre de migrants temporaires au CanadaNote de bas de page 6. Dans les deux cas, les débats qui ont suivi ont suggéré des failles méthodologiques dans ces critiques formulées à l'égard des méthodes et des statistiques de l'organisme.Note de bas de page 7Note de bas de page 8
Dans certains cas, les critiques sont fondées sur de la mésinformation, lorsque les données et les méthodes statistiques de l'organisation sont remises en question de bonne foi. L'organisme doit alors répondre à ces critiques au moyen de stratégies proactives et rectifier le tir.
Les cas de désinformation, qui sont des tentatives délibérées de tromperie, sont plus inquiétants. La désinformation organisée, lorsqu'elle vise des statistiques officielles, peut saper la confiance dans la prise de décisions fondée sur des données probantes et constitue, au fil du temps, une véritable menace pour la démocratie canadienne.
Favoriser la confiance et lutter contre la mésinformation et la désinformation
La meilleure façon de lutter contre la mésinformation et la désinformation est de maintenir un dialogue public qui fait la distinction entre les données de qualité et les données médiocres ou trompeuses, et qui met l'accent sur la façon dont les données de qualité contribuent au bien-être de la communauté. Ce message ne peut provenir uniquement de Statistique Canada.
Les spécialistes en statistique et les leaders d'opinion dans les secteurs public, privé et universitaire, ainsi que les médias, ont un rôle à jouer pour dénoncer la mésinformation et la désinformation. Ils peuvent accroître la sensibilisation du public au rôle essentiel des statistiques officielles dans une démocratie et confirmer que ces statistiques sont fondées sur des normes élevées en matière d'impartialité, de qualité des données, de rigueur dans les méthodes scientifiques et de transparence.
Statistique Canada a un rôle central à jouer pour aider les Canadiens et Canadiennes à s'y retrouver dans l'abondance de statistiques concurrentes et contradictoires provenant des réseaux sociaux et des médias traditionnels. L'organisme doit adapter sa façon de publier les indicateurs sociaux et économiques de sorte que des publics nouveaux et plus jeunes puissent s'y référer et s'y fier. L'organisme doit veiller à ce que des renseignements statistiques de qualité sur les sujets d'actualité soient facilement accessibles afin d'éviter que la mésinformation se répande. Il doit également être proactif, transparent et clair avec les Canadiens et Canadiennes en ce qui a trait aux changements apportés aux programmes et méthodes statistiques et indiquer comment ils sont soumis à un examen méthodologique externe. Au sein de la fonction publique, le gouvernement fédéral a publié le guide intitulé « Lutter contre la désinformation : guide à l'intention des fonctionnaires » dans son portail sur les institutions démocratiques. Le guide propose une voie à suivre pour relever ces défis.
Les spécialistes de l'organisme doivent également continuer à être proactifs dans la lutte contre la mésinformation, en communiquant avec les éditeurs et les médias qui publient des statistiques et des graphiques erronés ou trompeurs, ou encore des analyses qui les interprètent de manière erronée. La collaboration avec ces éditeurs et médias qui ont commis des erreurs de bonne foi garantit à long terme une diffusion plus efficace et plus crédible de renseignements exacts et de statistiques officielles.
Les motifs qui sous-tendent la désinformation sont sournois et plus difficiles à contrer. Ces actions visent souvent à saper la confiance à l'égard des institutions démocratiques. Il ne suffit pas de répondre en présentant des statistiques officielles factuelles, car celles-ci sont facilement réfutées par les promoteurs de la désinformation. Les renseignements statistiques qui ne respectent pas les standards statistiques professionnels doivent être rejetés publiquement.
Encourager la littératie des données
La littératie des données est essentielle pour reconnaître et valoriser les données impartiales et de grande qualité. L'organisme doit mieux faire connaître son programme Formation sur la littératie des données. Ce programme complet est adapté aux différents niveaux d'expertise au sein des ministères ainsi que du grand public. Dans le cadre de ce programme, des renseignements sont transmis sur l'importance de la pertinence des données, de l'impartialité, des standards professionnels, de la confidentialité et de la transparence.
Statistique Canada est déjà très actif auprès des écoles, en fournissant au personnel enseignant des ressources éducatives qui montrent comment utiliser les outils d'analyse et de visualisation de données pour explorer des sujets comme la population, le logement, l'alimentation et le transport. Ces outils permettent aux jeunes d'acquérir des compétences professionnelles essentielles et de reconnaître la valeur des données au fur et à mesure qu'ils avancent dans la vie.
Dans les universités et les collèges, des ensembles de données de plus en plus détaillés et complexes sont mis à la disposition de la population étudiante, grâce à des fichiers de microdonnées à grande diffusion et aux centres de données de recherche. Lorsque le personnel enseignant utilise ces données, les étudiants et étudiantes peuvent apprendre à discerner la qualité des données et des analyses à l'aide de méthodes statistiques plus avancées. Bien que le personnel enseignant et la population étudiante aient également accès au programme de formation sur la littératie des données de Statistique Canada, disponible sur le site Web de l'organisme, il est sous-utilisé par le milieu universitaire. Il devrait y avoir plus de partenariats entre Statistique Canada et les universités pour élaborer conjointement un programme d'études qui suit l'évolution de la science des données et des compétences analytiques nécessaires au sein de l'organisme et du gouvernement. Statistique Canada travaille actuellement avec le Réseau canadien des centres de données de recherche pour déterminer comment les formations sur les données peuvent être utiles dans des domaines comme l'analyse de données désagrégées.
Dans son rapport annuel de 2023, le Conseil consultatif canadien de la statistique jugeait que compte tenu du rôle important des données dans les programmes fédéraux, la formation sur les données et l'analyse offerte aux analystes et aux gestionnaires de programmes fédéraux devrait être obligatoire. Le programme de formation sur la littératie des données devrait également être mis à la disposition des influenceurs et influenceuses, des journalistes, des éditeurs et des propriétaires de médias sociaux et de médias traditionnels.
1.2 Le leadership est essentiel à l'élaboration de données dans l'ensemble du gouvernement
Statistique Canada joue un rôle de premier plan dans la création d'environnements dans lesquels diverses sources de données peuvent être recueillies et intégrées de manière efficace et sûre à des fins d'analyse statistique. L'organisme est bien placé pour établir des normes nationales en matière de concepts, de définitions et de classifications statistiques, étant donné son expertise reconnue à l'échelle internationale en ce qui a trait aux méthodes statistiques et aux normes relatives aux données.
La Stratégie relative aux données de 2023-2026 pour la fonction publique fédérale du gouvernement fédéral aborde de nombreux défis que le Conseil a mis en évidence au cours des dernières années. Ces défis incluent la nécessité de mettre en place une approche pangouvernementale pour la conception de programmes et l'intendance des données à des fins de gestion des données statistiques et des normes relatives aux données; d'intégrer les besoins en données dès le début et tout au long des phases d'élaboration, de prestation, de suivi et d'évaluation, et d'affecter les ressources appropriées en réponse à ces besoins; et d'améliorer la littératie des données et les compétences numériques dans l'ensemble du gouvernement.
Ces initiatives fédérales sont ambitieuses, et leur mise en œuvre prendra du temps. Elles nécessiteront également des ressources adéquates et de nouveaux modèles de financement. Il sera important que Statistique Canada joue un rôle de premier plan, compte tenu de son expertise en matière de méthodes statistiques et en gestion des transformations à grande échelle. Ce travail est soutenu par le Plan d'action sur les données désagrégées, créé pour appuyer les efforts de Statistique Canada en vue de cerner et de combler de façon continue les lacunes de données et de connaissances dans l'ensemble des programmes.
Des approches intersectionnelles sont nécessaires
Trop souvent, la recherche canadienne sur les inégalités sociales et économiques est menée de manière cloisonnée, sans tenir compte des questions transversales, ou de l'intersectionnalitéNote de bas de section A, qui sont nécessaires pour s'attaquer véritablement aux problèmes les plus urgents du paysNote de bas de page 9Note de bas de page 10.
Dans l'étude des préoccupations environnementales, par exemple, il est difficile d'obtenir les renseignements nécessaires pour comprendre quelles terres, populations et entreprises sont les plus vulnérables. Lorsque des catastrophes surviennent, il est nécessaire de disposer de données en temps opportun pour soutenir les secours immédiats et le rétablissement à plus long terme des communautés. L'évaluation précise des incendies de forêt nécessite non seulement des données satellitaires pour déterminer où ils se produisent, mais aussi des renseignements sur les communautés rurales et éloignées touchées, y compris les réserves des Premières Nations. Il peut notamment s'agir de profils sociaux et économiques, ainsi que de données sur les entreprises et les biens, afin que les ressources appropriées puissent être mobilisées pour atténuer les dommages. Ces données ne peuvent pas être examinées isolément, et la capacité de les examiner conjointement nécessite des infrastructures de données modernisées, la visualisation des données et des techniques analytiques créatives.
L'abordabilité des logements et les prévisions relatives au parc de logements sont d'autres domaines pour lesquels il existe une demande de renseignements intersectionnels. Ces renseignements sont importants pour mieux comprendre la combinaison des facteurs qui font que certaines personnes risquent de ne pas pouvoir obtenir ou se payer un logement adéquat. Les décisions des décisionnaires politiques qui s'appuient sur des statistiques et des analyses fiables sont beaucoup plus susceptibles de soutenir efficacement les Canadiens et Canadiennes qui en ont le plus besoin. Pour y arriver, les différentes juridictions doivent collaborer avec la Société canadienne d'hypothèques et de logement et Statistique Canada afin d'élargir la base de données nationale sur le logement, en couplant de manière sûre des enregistrements individuels provenant de diverses sources de données et de différentes juridictions. Les entreprises du secteur privé, comme celles des secteurs de l'immobilier et de la construction, possèdent également des ensembles de données de grande valeur.
Il y a quelques années, Statistique Canada a trouvé des façons d'utiliser les données existantes de manière novatrice grâce à des environnements de couplage de données. L'Environnement de couplage de données sociales permet d'intégrer les fichiers de données administratives, de recensement et d'enquête existants, dans des domaines comme la démographie, la santé, la justice, l'éducation et le revenu. L'Environnement de fichiers coupables ― Entreprises permet d'effectuer des analyses, par exemple sur les facteurs déterminants de la productivité des entreprises, en couplant les microdonnées des entreprises provenant de sources administratives et d'enquêtes. L'organisme a également créé la Plateforme longitudinale entre l'éducation et le marché du travail (PLEMT) en collaboration avec des partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux et autres. La PLEMT permet l'intégration longitudinale de données administratives relatives à l'éducation, ce qui permet de mieux comprendre les parcours de la population étudiante et des personnes en apprentissage, leurs transitions vers le marché du travail et leurs résultats au fil du temps. Ces environnements de couplage sont des outils puissants pour appuyer les possibilités accrues en matière d'analyse de données transversales et longitudinales.
Promouvoir la qualité des données et les normes relatives aux données statistiques
Statistique Canada doit promouvoir l'importance de la qualité des données et des normes relatives aux données auprès des fournisseurs et des utilisateurs et utilisatrices de données lorsqu'il établit des normes statistiques nationales. Son Cadre d'assurance de la qualité est à la fine pointe et constitue la base des cadres élaborés par des organisations internationales comme les Nations Unies et l'Organisation de coopération et de développement économiques.
Dans son cadre d'assurance de la qualité, Statistique Canada définit la qualité des renseignements statistiques ou l'adaptation des données à leur utilisation en fonction de six dimensions, à savoir la pertinence, l'exactitude, l'actualité, l'accessibilité, l'intelligibilité et la cohérence. Certaines personnes qui utilisent les données aimeraient peut-être avoir une cote de qualité unique. Toutefois, cela n'est pas pratique étant donné qu'une évaluation de la qualité dépend de la raison pour laquelle les personnes ont besoin des données, et que ces personnes peuvent accorder la priorité à l'une des six dimensions plutôt qu'à une autre. Par exemple, les transferts fédéraux versés annuellement aux provinces et aux territoires, qui s'élèvent à des milliards de dollars, nécessitent des indicateurs économiques et sociaux de la plus haute exactitude. Or, pendant la pandémie, Statistique Canada a publié plus rapidement des indicateurs sur l'économie et l'emploi qui n'étaient pas aussi exacts que ses estimations mensuelles habituelles.
Notes de bas de section 1.2
Note de bas de section A
L'intersectionnalité correspond à la combinaison de facteurs qui déterminent la manière dont les groupes et les personnes vivent la discrimination et leurs privilèges. Ces facteurs comprennent l'âge, l'identité de genre, l'orientation sexuelle, la race, l'origine ethnique, la religion et l'incapacité.
2. Les enjeux sociétaux du Canada exigent une plus grande collaboration et un meilleur partage des données
Un système statistique national efficace repose sur des relations mutuelles et sur la mise en commun de renseignements et d'expertises. Statistique Canada ne peut pas et ne doit pas mettre en place ce système seul. Une collaboration est nécessaire entre les secteurs public et privé pour partager des données dans l'intérêt du public. Cette collaboration peut inclure des partenariats entre les provinces, les territoires, les municipalités, les secteurs des entreprises, les secteurs sans but lucratif, les universités, ainsi que les organisations et les communautés autochtones.
Pour les Canadiens et Canadiennes, le coût éventuel de programmes fondés sur des données médiocres ou incomplètes est énorme. Même en période de difficultés budgétaires, il demeure rentable de moderniser les infrastructures statistiques et techniques et de faire la promotion des flux de données, qui constituent le fondement de la compréhension et de la résolution des problèmes importants. Dans un contexte de restrictions, un financement adaptable et créatif est possible, en particulier lorsqu'il repose sur l'approche pangouvernementale préconisée dans le budget fédéral de 2024.
Lorsque les juridictions partagent leurs données entre elles, la capacité de planifier et d'évaluer les coûts et bénéfices des programmes augmente considérablement. Il faut pour cela une gouvernance robuste et des modèles d'intendance des données auxquels les Canadiens et Canadiennes font confiance, qui assurent la sécurité de leurs données personnelles et qui permettent de produire efficacement les données détaillées et de qualité requises.
Pour être efficaces, les stratégies nationales en matière de données doivent être fondées sur des objectifs statistiques et méthodologiques communs. Il faut d'abord établir un dialogue entre les secteurs et les juridictions, mené par Statistique Canada et d'autres leaders gouvernementaux, afin de parvenir à une compréhension commune des questions sociétales urgentes et des données nécessaires pour y répondre. Les évaluations des besoins en données, des possibilités de partage de données et des coûts doivent être réalisées à chaque étape des projets ou programmes proposés, depuis la planification et la mise en œuvre jusqu'à l'évaluation des résultats et les analyses rétrospectives. Les concepts, les définitions et la représentativité des données doivent être examinés pour assurer leur cohérence avec les normes nationales. Les modifications apportées à la méthodologie permettent de veiller à ce que les données soient comparables d'une juridiction à l'autre.
Quelques initiatives de collaboration méritent d'être signalées :
Données multijuridictionnelles sur les drogues et la toxicomanie
La Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances est un bon exemple de collaboration entre de multiples juridictions pour lutter contre la consommation de substances et la crise des surdoses au Canada. Des organisations fédérales, provinciales, territoriales, communautaires et autochtones collaborent avec des organismes professionnels et de réglementation, et des prestataires de soins de santé. Statistique Canada s'associe à Santé Canada et à l'Agence de la santé publique du Canada pour élaborer un environnement analytique virtuel sécurisé contenant des données sur la santé et des données socioéconomiques intégrées provenant de toutes les juridictions et de divers fournisseurs de données. Cette initiative vise à combler les lacunes importantes de renseignements sur les facteurs de risque et de protection, ainsi que sur les populations les plus exposées aux méfaits de la consommation de substances et de la crise des surdoses.
Données provinciales et territoriales sur la santé
L'intégration des données aux échelles provinciale et territoriale est d'autant plus complexe lorsque les juridictions sont cloisonnées et que la législation et les politiques créent des obstacles au partage de données. Le manque criant de données nationales intégrées sur la santé et la nécessité d'une Stratégie pancanadienne de données sur la santé ont été mis en évidence par un Comité consultatif d'experts relevant de l'Agence de la santé publique du Canada.
Le Conseil a été encouragé par les accords de transfert sur la santé du Canada de 2023, qui prévoient un soutien à l'amélioration des flux de données et à l'élaboration d'indicateurs nationaux sur les soins de santé et les travailleurs et travailleuses de la santé. Statistique Canada contribue aux priorités fédérales-provinciales-territoriales partagées en santé en élaborant de nouvelles données qui permettront aux provinces et aux territoires de rédiger des rapports annuels sur les principaux indicateurs de la santé chez les enfants et les adultes. Ces indicateurs de la santé seront désagrégés, dans la mesure du possible, selon l'âge, le genre, le milieu de résidence (rural ou urbain) et le revenu.
Le potentiel de ces données est démontré par des initiatives de carrefours de données créées par des organismes de recherche en santé travaillant avec Statistique Canada et les autorités sanitaires provinciales et territoriales. Le couplage de données sur la santé, de données socioéconomiques et de données environnementales provenant des différentes juridictions à l'aide de définitions et de catégories de données normalisées à l'échelle nationale aide le milieu de la recherche à comprendre les interactions complexes entre les influences sur la santé, le bien-être et le développement des êtres humains. Le guichet de soutien à l'accès aux données du Réseau de recherche sur les données de santé et la Stratégie de recherche axée sur le patient des Instituts de recherche en santé du Canada sont des exemples à répliquer.
Carrefour de données sur les municipalités
Le Centre de données municipales et locales a été cité dans les rapports précédents comme un modèle de collaboration réussie avec Statistique Canada. Il est le fruit d'un partenariat permanent avec la Fédération canadienne des municipalités. Un financement supplémentaire a été annoncé dans le budget de 2024 pour maintenir et étendre le carrefour de données. On cherche notamment à combler d'importantes lacunes de données, comme les coûts d'entretien et de réparation des infrastructures municipales, en particulier à la lumière d'événements environnementaux dévastateurs, comme des incendies de forêt et des inondations.
Le Laboratoire de données sur les entreprises a été cité dans les rapports précédents comme un modèle de collaboration réussie avec Statistique Canada. Depuis 2022, la Chambre de commerce du Canada collabore avec Statistique Canada pour produire des renseignements en temps réel sur la situation des entreprises et des perspectives analytiques sur divers sujets liés à l'économie, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Dans le budget de 2024, la Chambre de commerce du Canada a reçu des fonds pour poursuivre et développer le laboratoire de données. Statistique Canada continuera à fournir l'infrastructure nécessaire pour soutenir le travail de la Chambre et à collaborer avec cette dernière sur des initiatives communes.
Il est important que Statistique Canada continue à explorer les possibilités de partenariat avec le secteur privé. En raison de facteurs administratifs, juridiques et fiscaux qui ne devraient pas s'améliorer dans un avenir prévisible, il est difficile d'établir des partenariats avec de grandes organisations du secteur privé pour que celles-ci offrent un accès à leurs mégadonnées.
Toutefois, ces données sont susceptibles d'apporter des éclaircissements importants sur certaines questions pratiques exemplaires. Voici quelques exemples : le secteur de l'immobilier détient des données en temps réel sur le logement qui peuvent fournir des renseignements granulaires permettant de combler des lacunes autrement laissées de côté; les données satellitaires détenues par des entreprises du secteur privé peuvent contribuer à fournir de nouveaux renseignements sur les communautés rurales; les partenariats entre le secteur des télécommunications et Statistique Canada qui permettent l'intégration de données sur les téléphones mobiles aux renseignements sur les secteurs de recensement peuvent aider à mieux comprendre les habitudes de navettage et les pratiques de travail à distance.
Mobilisation du secteur sans but lucratif
Statistique Canada a ajouté un module pour les organisations non gouvernementales (ONG) dans son Enquête canadienne sur la situation des entreprises. L'organisme a tiré parti des conseils de la communauté, des entreprises et des ONG. Du financement a également été offert dans le cadre du Plan d'action sur les données désagrégées de l'organisme. Les résultats mettent en évidence la profonde incidence des ONG sur la vie des Canadiens et Canadiennes ainsi que l'importance continue de ces organismes en tant qu'acteurs essentiels d'une société diversifiée et d'une économie vigoureuse.
Récemment, Statistique Canada a collaboré avec le Centre de Maple Leaf pour la sécurité alimentaire, une ONG, pour analyser le lien entre la pauvreté et l'insécurité alimentaire. Donner aux ONG les moyens d'effectuer ce type de travail est un résultat important de la promotion des données intersectionnelles. L'article qui en résulte, intitulé « L'insécurité alimentaire chez les familles canadiennes », augmente l'ensemble des connaissances actuelles sur la sécurité alimentaire, en indiquant que le revenu ne peut pas expliquer à lui seul l'insécurité alimentaire. L'étude, fondée sur diverses sources de données de Statistique Canada, montre que l'insécurité alimentaire résulte de l'interaction de divers facteurs, notamment la stabilité du revenu, des actifs et des dettes, l'accès à un soutien familial et social, ainsi que le coût de la vie.
Recherche sur l'Indice des prix pour les Premières Nations
Statistique Canada fournit des conseils et une expertise à la Commission de la fiscalité des Premières Nations (CFPN), en collaboration avec la Banque du Canada et Services aux Autochtones Canada. L'organisme offre un soutien au renforcement des capacités de la CFPN dans son étude de la mesure de l'inflation des prix dans les communautés autochtones diverses et souvent éloignées. Cette recherche intègre des renseignements provenant de diverses sources de données et de différentes communautés afin d'obtenir une vue d'ensemble et des estimations préliminaires des pressions inflationnistes. Cette initiative, qui s'inscrit dans le cadre de la Stratégie de gouvernance des données des Premières Nations, comble une lacune importante en matière de données, puisque les réserves ne sont pas incluses dans l'Indice des prix à la consommation national.
Les stratégies de données dirigées par les Autochtones font partie intégrante d'un système de données national. Dans ses rapports précédentsNote de bas de page 11, le Conseil a expliqué comment les communautés et les organisations des Premières Nations, des Inuit et des Métis ont développé des capacités, mis en place des infrastructures et élaboré des cadres stratégiques pour soutenir la gouvernance des données et les processus de collecte de données aux échelles nationale et régionale. Le Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations (CGIPN) et ses partenaires régionaux jouent un rôle de premier plan dans l'élaboration et la mise en œuvre de la Stratégie de gouvernance des données des Premières Nations. Cette stratégie reflète les priorités liées à l'établissement d'un réseau de centres de données et de services statistiques interconnectés et pleinement opérationnels ou de centres régionaux de gouvernance de l'information dirigés par les Premières Nations. Les enquêtes menées par le CGIPN, en collaboration avec les partenaires régionauxNote de bas de page 12, abordent des sujets comme la santé, l'éducation préscolaire, l'emploi et les communautés. Statistique Canada apporte son soutien au renforcement des capacités en matière de données pour un grand nombre de ces initiatives et contribue à améliorer la visibilité des peuples autochtones dans les statistiques nationales du Canada.
3. Tirer parti des technologies et des compétences pour aller de l'avant et montrer la voie à suivre, sans être laissé pour compte
Il est primordial que Statistique Canada poursuive ses efforts de modernisation afin de suivre l'évolution rapide des changements technologiques et méthodologiques. Grâce aux nouvelles technologies, il est possible d'accéder à des sources de données inexploitées et de les diffuser, et ainsi d'évaluer les problèmes touchant la population canadienne sous des angles différents.
Or, on ne peut y arriver sans s'engager sérieusement à financer une telle infrastructure et à promouvoir une approche pangouvernementale à l'égard de la technologie, y compris l'infonuagique, les méthodes modernes de traitement des données et l'utilisation de l'intelligence artificielle.
3.1 Rendement et sécurité de la technologie infonuagique
Hébergée dans un centre de données infonuagique public et sécurisé, la plateforme infonuagique de l'organisme permet de stocker les renseignements statistiques et les applications nécessaires à leur traitement, ainsi que les données officielles de Statistique Canada. Elle est essentielle à la création d'ensembles de données transversales et longitudinales permettant d'éclairer et de traiter les problèmes du pays. En s'appuyant sur une infrastructure infonuagique, Statistique Canada a également créé une plateforme de collaboration qui permet de coordonner les renseignements entre les ministères et organismes fédéraux et de faciliter la collaboration avec les provinces et les territoires, les municipalités, les secteurs privé et universitaire, ainsi que les gouvernements et les organisations autochtones.
L'utilisation de l'infonuagique offre un potentiel énorme pour l'élaboration de nouvelles méthodologies et la gestion de données de plus en plus complexes. L'infrastructure infonuagique remplace une infrastructure de système désuète axée sur des centres de données physiques. Un certain nombre d'anciennes applications statistiques doivent être modernisées pour tirer pleinement parti de l'infrastructure infonuagique moderne et soutenir une nouvelle ère de mégadonnées et d'analyses de données puissantes.
Alors que l'infonuagique joue un rôle de plus en plus important et central dans le travail mené par Statistique Canada, la protection des renseignements personnels demeure une priorité absolue. Statistique Canada utilise une approche progressive pour autoriser l'accès à ses ensembles de microdonnées en fonction de leur sensibilité. L'organisme respecte également les mesures de sécurité obligatoires publiées par le Centre canadien pour la cybersécurité, le Secrétariat du Conseil du Trésor ainsi que par Services partagés CanadaNote de bas de page 13.
La plateforme d'infrastructure infonuagique nécessite des investissements continus pour qu'elle puisse répondre de façon efficace et durable aux besoins et aux attentes des Canadiens et Canadiennes. L'élaboration et l'utilisation de données statistiques engendrent des coûts importants. Il faut non seulement mettre à jour en continu et optimiser la plateforme infonuagique, mais aussi effectuer des investissements pour optimiser les systèmes, les applications et l'infrastructure de gestion des données de Statistique Canada. Les ensembles de microdonnées de Statistique Canada deviennent de plus en plus complexes à analyser, ce qui nécessite également de nouveaux niveaux de puissance de traitement. Tous ces coûts doivent être planifiés et financés dans le cadre de nouveaux modèles d'approvisionnement.
Accès aux microdonnées à distance
L'infonuagique offre l'énorme potentiel de permettre à la communauté de recherche autorisée d'accéder à distance aux ensembles de microdonnées de Statistique Canada à partir d'espaces de travail approuvés au bureau ou à la maison. Un plus grand réseau de recherche crée des possibilités de collaboration et d'intégration des données, ce qui permet d'obtenir des résultats statistiques plus élaborés. Il élargit également la communauté de spécialistes capables de lutter contre la mésinformation et la désinformation dont il a été question précédemment. En élargissant cet accès, l'organisme devrait garantir des synergies stratégiques entre les différents modes d'accès aux microdonnées, comme il en fait mention dans son Continuum d'accès aux données.
L'organisme a récemment été en mesure de fournir un accès virtuel aux chercheuses et chercheurs gouvernementaux, et les universitaires qui collaborent avec eux, au sein de l'infrastructure infonuagique du gouvernement fédéral. Une gouvernance et des mesures de sécurité appropriées assurent la protection de la confidentialité des microdonnées dans un environnement virtuel.
L'offre de ce service à l'ensemble des chercheuses et chercheurs universitaires s'est révélée plus complexe. La mise en place d'un réseau non gouvernemental durable et sécurisé nécessite de nouveaux partenariats, de nouveaux financements et de nouvelles approches en matière d'infonuagique. Le Réseau canadien des centres de données de recherche et Statistique Canada collaborent avec leurs partenaires universitaires pour créer un centre de données de recherche virtuel.
Les chercheuses et chercheurs du secteur privé et les groupes de réflexion à but non lucratif demandent également un accès aux ensembles de microdonnées de l'organisme à des fins de recherche statistique. Leurs recherches sont importantes pour soutenir l'innovation et la productivité des entreprises au Canada, ainsi que la recherche intersectionnelle sur des enjeux comme le logement, l'immigration et la pauvreté. Étant donné que Statistique Canada étend l'accès à distance à un plus grand nombre d'utilisateurs et d'utilisatrices, des structures supplémentaires de gouvernance et de responsabilité sont nécessaires pour assurer la protection des renseignements personnels.
Améliorer la portée des données du recensement
Le Recensement de la population et le Recensement de l'agriculture constituent les principales sources de données nationales sur les régions locales qui peuvent être comparées à l'échelle du pays. Pour répondre à la demande croissante de données plus granulaires et plus intégrées, Statistique Canada remplace, dans le Recensement de la population, les questions du recensement par des données administratives sur le revenu et l'immigration. Dans le cadre du Recensement de l'agriculture, on a également utilisé des données administratives pour remplacer les questions sur le revenu, les dépenses et les formes juridiques. En 2021, les données du recensement sur les exploitations de cannabis ont été entièrement produites à partir de données administratives. Les modèles statistiques assurent la cohérence et la qualité des données du recensement.
Statistique Canada étudie actuellement la possibilité d'utiliser davantage de données administratives pour le Recensement de la population. Les données administratives déjà fournies à d'autres ministères et organismes peuvent, sous certaines conditions, être utilisées pour le dénombrement de la population, dans le cadre de ce qu'on appelle un recensement combiné. Parallèlement, en ce qui a trait au Recensement de l'agriculture, on explore d'autres sources de données pour remplacer les questions sur les entailles d'érables, la main-d'œuvre, les caractéristiques des exploitants et les serres.
L'utilisation de techniques de modélisation novatrices et de méthodes rigoureuses de couplage de données administratives permettrait d'alléger le fardeau de participation pour les Canadiens et Canadiennes et contribuerait à l'efficacité et à la viabilité à long terme des recensements. Elle permettrait également de mettre en place des stratégies de rechange en cas de problèmes de collecte, par exemple lors de catastrophes naturelles.
Remédier à la baisse des taux de réponse
Les enquêtes de Statistique Canada permettent de recueillir d'importantes données sur les caractéristiques démographiques et socioéconomiques ainsi que sur les expériences vécues qui ne peuvent être tirées d'autres sources, y compris du recensement. Si le taux de réponse au recensement demeure très élevé (98 %), le recul à long terme des taux de réponse aux enquêtes sociales a été exacerbé par la pandémie.
Les faibles taux de réponse aux enquêtes à participation volontaire sont particulièrement déconcertants; les taux de réponse à l'Enquête sociale canadienne, à l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes et à l'Enquête nationale sur les voyages étant tous inférieurs à 50 %. Il est devenu beaucoup plus difficile de communiquer avec les Canadiens et Canadiennes. Une certaine fatigue se fait également sentir en raison du flux continu d'enquêtes provenant à la fois des secteurs privé et public. Les organismes statistiques du monde entier ainsi que les entreprises privées de recherche et d'analyse font face à ce problème.
Comme on ne s'attend pas à ce que la baisse des taux de réponse aux enquêtes s'atténue, Statistique Canada doit trouver des moyens d'en tenir compte dans la conception de ses enquêtes et de préserver les renseignements précieux que ces enquêtes sont les seules à fournir.
Pour l'Enquête sur la population active à participation obligatoire, l'organisme tire parti de technologies et de plateformes modernes qui peuvent être utilisées pour mieux joindre les Canadiens et Canadiennes et leur offrir la possibilité de répondre en ligne.
Pour ses enquêtes à participation volontaire, Statistique Canada élabore des méthodes de pointe qui intègrent les données du recensement, les données administratives et les données statistiques en ligne de l'organisme aux données d'enquête. Les avantages sont nombreux. Les résultats des enquêtes sur les communautés et les populations vulnérables sont de plus en plus détaillés et actuels, et le fardeau de réponse est réduit.
Dans cette vague de modernisation qui arrive à point nommé, il est important de s'assurer que la technologie est là pour soutenir et non pour orienter la conception méthodologique des statistiques.
3.2 Rôle de l'intelligence artificielle dans les statistiques
Le Canada est considéré comme un leader mondialNote de bas de page 14 en ce qui concerne l'essor et l'utilisation de l'intelligence artificielleNote de bas de section BNote de bas de page 15Note de bas de page 16, une technologie qui suscite beaucoup d'intérêt dans le monde entier. Selon le Fonds monétaire international (FMI)Note de bas de page 17, l'intelligence artificielle peut accroître la productivité, stimuler la croissance économique et augmenter les revenus. Cependant, elle peut aussi éliminer des emplois et creuser les inégalités. Le Canada occupe un rang élevé selon l'indicateur de préparation du FMI, qui évalue les pays en fonction de leur infrastructure numérique, de leur capital humain, de leurs politiques de travail, de l'innovation, de l'intégration et de la réglementation.
Toutefois, sans un investissement soutenu dans cette technologie, le Canada risque de prendre rapidement du retardNote de bas de page 18. Dans le budget de 2024, le gouvernement fédéral a annoncé des investissements s'élevant à 2,4 milliards de dollars pour renforcer les capacités de traitement et l'infrastructure technologique pour la communauté de recherche canadienne reconnue mondialement dans le domaine de l'intelligence artificielle, ainsi que pour aider les entreprises à accroître leur productivité en tirant parti de solutions fondées sur l'intelligence artificielle. Le gouvernement mène des consultations publiquesNote de bas de page 19 cette année afin de solliciter des avis sur des initiatives proposées liées à l'intelligence artificielle.
La décision d'utiliser l'apprentissage automatique et d'autres formes d'intelligence artificielle à des fins statistiques doit toujours tenir compte des avantages et des risques en matière de sécurité, de qualité des données et de gains d'efficacité. Les données statistiques produites à l'aide de l'intelligence artificielle auront une valeur proportionnelle à celle des renseignements sur lesquels s'appuie celle-ci. Les technologies ne sont pas toutes adaptées à la production de statistiques, et elles ne doivent jamais l'emporter sur la méthodologie.
Une mauvaise utilisation de l'intelligence artificielle lors de la collecte de données peut miner la confiance de la population et causer son désengagement. Comme cet enjeu touche au cœur des valeurs fondamentales de Statistique Canada, à savoir la confiance et la confidentialité des renseignements, l'organisme a prôné très activement une utilisation appropriée de l'intelligence artificielle par le gouvernement pour le traitement des données.
Statistique Canada examine l'intelligence artificielle sous deux angles. Le premier consiste à s'assurer que ses données, analyses et indices économiques, sociaux et environnementaux tiennent compte de l'incidence de l'intelligence artificielle. L'organisme a lancé un certain nombre d'initiatives, y compris la mesure de la valeur des données dans le Système de comptabilité nationale.
Le second angle consiste à tirer parti de la technologie dans la production de statistiques officielles. Pour Statistique Canada et d'autres organismes nationaux de statistique, la modélisation et l'intelligence artificielle ne sont pas une nouveauté. L'organisme utilise des modèles de langage depuis le début des années 1990 pour appuyer les activités de codage, les algorithmes informatiques et les modèles statistiques effectuant des tâches de codage automatique et interactif. Ces modèles ont permis un traitement plus efficace des données et une amélioration de leur qualité.
Depuis quelque temps, Statistique Canada tire parti des nouvelles technologies et des plateformes infonuagiques pour utiliser l'apprentissage automatique et les grands modèles de langage à divers stades de la visualisation et de la production des données. Ils sont utilisés pour prédire le rendement des cultures agricoles, effectuer des analyses tabulaires de base et communiquer avec les Canadiens et Canadiennes par l'intermédiaire de robots conversationnels. L'organisme n'utilise pas l'intelligence artificielle pour effectuer des estimations statistiques, car il n'a pas été prouvé que cette technologie produit des statistiques de qualité.
Une initiative notable est la Base canadienne de données des coroners et des médecins légistes. L'apprentissage automatique est utilisé pour harmoniser les données recueillies auprès des provinces et des territoires en ensembles de données cohérents, car chaque juridiction a sa propre méthode de classification des données. Cette harmonisation a permis d'améliorer les données nationales mises à la disposition des analystes afin de mieux dégager les tendances de la mortalité au fil du temps et de permettre aux médecins légistes et aux coroners de comprendre les risques croissants.
Statistique Canada doit continuer d'aider le gouvernement du Canada à élaborer sa stratégie en matière d'intelligence artificielle. L'organisme joue un rôle clé dans le Collectif canadien de normalisation en matière d'IA et de gouvernance des données, une initiative menée par le Conseil canadien des normes qui réunit l'industrie, les administrations publiques, les organisations autochtones, la société civile, les universités et le milieu de la recherche, les organisations pancanadiennes et les organismes d'élaboration de normes. À l'échelle internationale, l'organisme dirige des groupes de spécialistes en mégadonnées et en science des données qui cernent et traitent les problèmes communs rencontrés au moment d'intégrer l'apprentissage automatique aux processus de production des organismes.
L'organisme doit offrir son expertise aux Canadiens et Canadiennes sur le rôle de l'intelligence artificielle dans les organismes statistiques et les mesures de sécurité qui ont été et qui doivent être mises en place. Un dialogue avec la population canadienne permettrait de renforcer sa confiance à l'égard de l'organisme et d'éclairer l'utilisation future de la technologie de l'intelligence artificielle.
Notes de bas de section 3.2
Note de bas de section B
L'intelligence artificielle est une technologie qui permet aux ordinateurs de simuler l'intelligence humaine et ses capacités de résolution de problèmes. L'Organisation de coopération et de développement économiques définit un système d'intelligence artificielle comme « un système automatisé qui [...] déduit, à partir d'entrées reçues, comment générer des résultats en sortie tels que des prévisions, des contenus, des recommandations ou des décisions qui peuvent influer sur des environnements physiques ou virtuels ».
3.3 Attirer et maintenir en poste des personnes possédant des compétences actuelles en science des données et en analyse
Pour suivre le rythme de l'évolution des technologies et des méthodes statistiques, des compétences de pointe en science des données et en analyse sont nécessaires, notamment en ce qui concerne la coordination des données, l'interprétation des données, la visualisation des données, l'analyse géospatiale et la modélisation informatique.
Statistique Canada a besoin de scientifiques des données, de méthodologistes, d'économistes, de sociologues et d'environnementalistes possédant ces compétences pour recueillir et analyser de grandes quantités de données, ainsi que pour produire des rapports sur ces données. L'application de la visualisation des données dès les premières étapes de la conception et de l'élaboration de l'enquête permet l'ajout de nouveaux concepts et de nouvelles dimensions aux résultats statistiques. Comme l'organisme utilise de plus en plus de formes de données non structurées, il doit élaborer des méthodes statistiques et des algorithmes informatiques qui transforment les données non traitées en renseignements statistiques de qualité. Les experts en sujet-matière doivent avoir une forte formation multidisciplinaire qui intègre les mathématiques, les concepts statistiques, l'informatique et la visualisation des données afin de leur permettre de développer les mesures statistiques à point pour mieux éclairer les enjeux de la société. En outre, l'apprentissage automatique nécessite des connaissances plus poussées en matière de statistiques et de méthodologies, de théorie des probabilités, d'algorithmes informatiques et de réseaux neuronaux.
Ces compétences étant très recherchées, l'embauche et le maintien en poste de personnes possédant ces compétences représentent un défi pour Statistique Canada, qui doit rivaliser avec les autres ministères et organismes et avec le secteur privé. Dans le cadre de la Stratégie relative aux données de 2023-2026 pour la fonction publique fédérale, une approche pangouvernementale devrait être mise en œuvre pour l'embauche et le maintien en poste de talents possédant des compétences spécialisées en matière de données. Cette approche demande notamment de recruter du personnel dans les nombreuses universités et les nombreux collèges canadiens qui proposent désormais des programmes spécialisés dans les domaines de la science des données, des mégadonnées, de l'intelligence artificielle et de l'apprentissage automatique. Cela signifie également qu'il faut établir des partenariats avec les universités pour s'assurer que leurs programmes répondent aux besoins particuliers de l'organisme. Pour que l'approche soit efficace, des mesures incitatives visant à attirer de nouveaux spécialistes et des spécialistes expérimentés pourraient également être envisagées par Statistique Canada et la fonction publique.
Il existe peu de partenariats et de stages organisés par Statistique Canada et le secteur privé. D'autres mesures pourraient être envisagées, mais elles nécessiteraient un financement supplémentaire. Les écarts de rémunération entre le secteur public et le secteur privé peuvent également poser des problèmes.
Les outils de pointe efficaces du domaine de la science des données utilisés dans le secteur fédéral sont axés sur les utilisateurs et utilisatrices et sont accessibles sur différents appareils et systèmes d'exploitation. Le portail Web de Ressources naturelles Canada sur les statistiques canadiennes sur les minéraux et les métaux est un exemple de la puissance de la visualisation des données pour présenter un sujet et en faciliter la compréhension. Le portail est conforme aux normes d'accessibilité du gouvernement et fonctionne sur toutes les plateformes d'utilisateurs et d'utilisatrices. Statistique Canada a créé des tableaux de bord interactifs et des carrefours de données comme le Tableau de bord interactif mensuel sur le commerce international et le Carrefour des statistiques sur le genre, la diversité et l'inclusion, qui ont amélioré l'accès à des données détaillées et de sources multiples. L'organisme doit investir davantage dans cette direction afin d'améliorer la conception, la convivialité, l'interactivité et le rendement des produits de données sur toutes les plateformes d'utilisateurs et d'utilisatrices, en tirant parti de la puissance des outils de visualisation. Les contraintes budgétaires et les plafonds d'embauche du gouvernement du Canada constituent un défi qui entrave la réalisation de ces objectifs.
4. Maintenir l'élan
Au cours des dernières années, l'organisme a réalisé d'importants investissements dans les technologies infonuagiques, l'analyse des données et l'accès à ses ensembles de données à distance. Ses méthodologistes et analystes élargissent leur expertise pour travailler avec de nouveaux types de données, comme l'imagerie satellitaire, des données sur le Web, des échantillons biologiques et des données sur les eaux usées.
L'importance des données est soulignée dans le budget fédéral de 2024, où les données de Statistique Canada sont mentionnées dans l'analyse des problèmes auxquels font face les Canadiens et Canadiennes, notamment en ce qui a trait au logement, à la santé, à l'alimentation et à la criminalité. Le budget propose de nouveaux fonds pour poursuivre le travail de Statistique Canada en partenariat avec la Société canadienne d'hypothèques et de logement et la Chambre de commerce du Canada pour créer les carrefours de données, présentés comme des pratiques exemplaires dans le rapport annuel de 2023 du Conseil. Des fonds sont également prévus pour appuyer la production de statistiques désagrégées afin de mettre en évidence les diverses expériences vécues par différents groupes, notamment les femmes, les Autochtones et les groupes racisés.
Le nouveau statisticien en chef aura la tâche importante de diriger Statistique Canada et de maintenir l'élan de l'organisme dans sa poursuite de la modernisation, de partenariats et d'un leadership statistique fiable.