La saison des feux de forêt sous l’angle des données

29 juillet 2026, 11 h 05 (HAE)

Nous sommes au milieu de l’été au Canada, ce qui signifie que depuis plusieurs semaines déjà, le pays est entré dans la saison des feux de forêt.

Récemment, deux spécialistes ont été invités au balado Hé-coutez bien! pour porter un regard scientifique sur ces feux et discuter de leurs répercussions économiques. Statistique Canada a également publié cette semaine une analyse au sujet des effets des feux de forêt sur les communautés autochtones.

Examinons quelques-uns des principaux constats, ainsi que certaines données sur les conséquences qu’ont les urgences météorologiques sur les ménages.

Foudre, changements climatiques et activité humaine à l’origine des feux de forêt

Mike Flannigan, docteur en sciences végétales, est titulaire de la Chaire de recherche en innovation de la Colombie-Britannique sur les services de prévision, la gestion des urgences et la science des incendies à l’Université Thompson Rivers. Il a également joué des rôles de premier plan à l’échelle internationale au sein d’organismes de recherche sur les feux de forêt.

« Un feu qui fait rage à un millier de kilomètres peut perturber notre quotidien pendant des semaines » a expliqué M. Flannigan au sujet de la dispersion de la fumée des feux de forêt. « À mesure que la Terre continue de se réchauffer, nous devons nous attendre à ce qu’il y ait de plus en plus de feux au Canada et ailleurs dans le monde. Et avec ces feux vient la fumée, malheureusement. »

M. Flanigan a également abordé les causes des feux de forêt : « Au Canada, un peu plus de la moitié des feux sont allumés par la foudre, mais cette dernière est à l’origine de plus de 90 % de la superficie brûlée ».

Il a précisé que les incendies d’été sont principalement causés par la foudre, contrairement aux incendies de printemps, qui sont majoritairement d’origine humaine, et accidentelle, ajoutant que même la chaleur dégagée par le silencieux d’une voiture peut suffire à enflammer de l’herbe sèche.

« Au Canada, la superficie brûlée a presque quadruplé depuis les années 1970 et mes collègues et moi estimons que les changements climatiques causés par l’activité humaine en sont largement responsables, sans toutefois en être l’unique cause », a-t-il ajouté.

Répercussions économiques

Mark Brown, chercheur principal à Statistique Canada, a évalué l’ampleur des répercussions potentielles des feux de forêt sur l’économie. Il s’agit d’un exercice plus complexe qu’il n’y paraît, mais les investissements dans l’élaboration de mesures économiques locales contribuent à renforcer cette capacité.

« Ce qui m’a un peu surpris dans les chiffres, c’est que lorsque nous avons examiné la situation à l’échelle nationale, nous avons constaté que l’incidence représentait moins de 1 % du PIB » a indiqué M. Brown, se rapportant à une étude qu’il a corédigée et qui visait à estimer la part du produit intérieur brut (PIB) susceptible d’avoir été touchée par les feux de forêt en 2023 et en 2024.

« Je ne sais pas s’il s’agit nécessairement d’une idée fausse, mais selon moi, cela met en évidence à quel point les répercussions peuvent être localisées », a-t-il ajouté. À l’échelle régionale, une proportion beaucoup plus importante de l’activité économique peut être touchée par les feux de forêt que ne le révèlent les analyses nationales et provinciales.

M. Brown a ajouté que ses collègues chercheurs et lui ont comme objectif d’aider les décideurs à prendre des décisions plus éclairées en élaborant un ensemble cohérent de mesures locales intégrant le PIB à des indicateurs liés à la démographie, à la santé et à l’environnement.

Incidence des feux de forêt sur les peuples autochtones

Une analyse de Statistique Canada publiée cette semaine indique qu’en 2024, 13 % des membres des Premières Nations, 10 % des Métis et 8 % des Inuit ont déclaré que de leur vivant, les feux de forêt étaient le phénomène météorologique extrême ou la catastrophe naturelle qui avait le plus perturbé leurs activités quotidiennes.

Dans le cadre de l’analyse, les superficies brûlées par les feux de forêt en 2023 ont été cartographiées et mises en correspondance avec les données du Recensement de 2021 sur l’identité et les populations autochtones par subdivision de recensement (SDR). Elle a permis de montrer, par exemple, que 83 % de la superficie totale de la réserve Fox Lake 162, en Alberta, a été brûlée par des feux de forêt. Sa population étant composée de 2 245 membres des Premières Nations et de 15 Métis, cette SDR comptait la plus importante population autochtone parmi les 15 SDR ayant enregistré les plus fortes proportions de superficie brûlée en 2023.

Par ailleurs, les membres des Premières Nations qui vivaient dans la réserve Hay Lake 209, en Alberta, et les Métis qui vivaient à Rainbow Lake, dans le nord de l’Alberta, ont été exposés en 2023 à 137 jours au cours desquels la qualité de l’air posait un risque élevé ou très élevé pour la santé. Cette année-là, ces deux SDR ont enregistré le plus grand nombre de jours où la qualité de l’air était mauvaise.

Qualité de l’air et feux : incidence sur les ménages

Les données les plus récentes de l’Enquête sur les ménages et l’environnement datent de 2023, une année record pour les feux de forêt. Cette année-là, près de 1 ménage sur 4 (23 %) a déclaré avoir été touché par un phénomène météorologique extrême ou une catastrophe naturelle au cours des 12  mois précédents

Lorsqu’on leur a demandé la nature de cet événement, près de 3 ménages sur 5 (58 %) ont répondu qu’il s’agissait de fumée ou de brouillard et 14 % ont indiqué qu’il s’agissait d’un incendie de forêt. Par ailleurs, certains ménages ont déclaré avoir été exposés aux deux.

Les réponses variaient selon la région. Par exemple, parmi les ménages qui ont déclaré avoir été touchés par un phénomène météorologique extrême ou une catastrophe naturelle, les ménages de l’Alberta (85 %) étaient les plus susceptibles de déclarer avoir été exposés à une mauvaise qualité de l’air, suivis de ceux de la Saskatchewan (76 %), de la Colombie-Britannique (70 %), du Manitoba (57 %), de l’Ontario (56 %), du Québec (45 %) et de la Nouvelle-Écosse (16 %).

Les ménages de la Colombie-Britannique (31 %) et de l’Alberta (26 %) étaient les plus susceptibles d’indiquer que la nature de l’événement était un incendie de forêt.

À la question sur la manière dont ils avaient été touchés par l’événement, près de 3 ménages touchés sur 5 (58 %) ont indiqué avoir été exposés à une mauvaise qualité de l’air, qui était la réponse la plus courante à l’échelle nationale.

Pour en savoir plus

Vous pouvez visiter la page de FireSmoke Canada pour obtenir des renseignements sur les conditions actuelles et les prévisions relatives aux feux de forêt.

Consultez la page Cote air santé locale sur le site Web d’Environnement et Changement climatique Canada pour en savoir plus sur la qualité de l’air dans votre région.

Coordonnées des personnes-ressources

Pour obtenir plus de renseignements, communiquez avec le Service de renseignements statistiques au 514-283-8300 ou composez sans frais le 1-800-263-1136 (infostats@statcan.gc.ca), ou communiquez avec les Relations avec les médias (statcan.mediahotline-ligneinfomedias.statcan@statcan.gc.ca).