Pour un avenir énergétique vert qui carbure aux données avec Andrew J. Leach, de l’Université de l’Alberta

27 novembre 2017

Économiste de l’environnement, passionné d’énergie et ardent défenseur des bonnes politiques environnementales, Andrew J. Leach joue de nombreux rôles, pour ne nommer que ceux-là. En plus de ses fonctions à titre de professeur agrégé de l’Alberta School of Business de l’Université de l’Alberta, il est également l’auteur d’un blogue populaire sur l’énergie, le climat et les sables bitumineux, et il compte quelque 16 000 abonnés sur Twitter — une importante et inattendue hausse de l’intérêt pour ce qui ne devait être qu’un moyen facile de communiquer avec les étudiants.

Aujourd’hui, M. Leach est l’un des chefs de file du pays en matière d’économie de l’environnement et de politiques sur les changements climatiques, et ses recherches portant sur des sujets tels que le commerce, le transport et les activités de raffinage s’appuient sur diverses sources de données, dont Statistique Canada. Dans ses travaux, qu’ils soient réalisés dans le cadre de ses fonctions à l’Université de l’Alberta, à Environnement et Changement climatique Canada ou au Comité consultatif de l’Alberta sur les changements climatiques, M. Leach continue de relever les domaines où les politiques environnementales et commerciales doivent s’appuyer sur les données et ceux où de nouvelles méthodes et une collaboration accrue sont nécessaires. C’est la raison pour laquelle il se fait le champion de l’utilisation et de l’intégration des données administratives dans le but de stimuler l’innovation énergétique et la croissance des entreprises et d’informer les gouvernements sur d’importantes questions de politique environnementale.

« J’essaie de présenter des données probantes sur des sujets qui sont souvent débattus dans la sphère publique en prenant un peu de recul afin d’examiner ce que les chiffres nous révèlent. Une partie de mon travail à cet égard consiste à identifier les domaines dans lesquels il existe des lacunes statistiques et à formuler des recommandations quant à la manière de combler ces lacunes. Pour ce faire, je me demande : « Quelles occasions nous échappent? » et « Qu’est-ce que cela signifie pour le Canada? », explique M. Leach.

Adopter les bonnes politiques sur les changements climatiques

M. Leach, dont les domaines d’intérêt en recherche englobent les aspects économiques du climat et de l’énergie, a récemment prononcé le discours principal du troisième et dernier événement de la série de conférences de Statistique Canada, intitulé : La nature changeante de l’environnement et de l’économie du Canada. Tenu le 31 octobre 2017, cet événement spécial de Canada 150, présenté par le statisticien en chef du Canada, Anil Arora, a permis de rassembler près de 100 universitaires, environnementalistes, étudiants, décideurs politiques et représentants d’organismes communautaires pour mener une discussion au sujet de l’environnement. « De nombreux Canadiens reconnaissent l’importance sociale et économique de la durabilité environnementale et aident à préserver et à protéger notre faune et nos écosystèmes. Statistique Canada aide aussi les Canadiens à mieux comprendre l’environnement naturel du pays », affirme M. Arora.

Dans son discours, M. Leach a discuté de son rôle en tant que président du Comité consultatif de l’Alberta sur les changements climatiques et de certains processus du Comité lors de l’initiative panprovinciale de 2015. Recevant les idées d’un grand nombre d’Albertains au sujet d’une nouvelle stratégie concernant les changements climatiques, le Comité a publié en novembre 2015 un rapport sur le leadership en matière de climat à l’intention du ministre (Climate Leadership, Report to the Minister) (en anglais seulement) dans lequel il recommande des améliorations au programme de tarification du carbone de la province ainsi que des politiques supplémentaires visant à réduire les émissions, à promouvoir l’efficacité énergétique et à investir dans l’innovation technologique. Plus de 900 personnes ont participé aux activités d’information et de mobilisation publiques du Comité, qui a notamment mené des consultations auprès des groupes autochtones, des organismes environnementaux, du milieu universitaire et du secteur privé. De plus, le Comité a reçu quelque 500 mémoires d’un ensemble diversifié d’intervenants. Le rapport a suscité des réactions mitigées chez certains leaders de l’industrie et certains groupes environnementaux, les uns exprimant leurs préoccupations au sujet de la compétitivité du Canada, les autres affirmant que les recommandations n’allaient pas assez loin. Le but du processus, écrit le Comité, était de faire d’une grande province productrice d’énergie comme l’Alberta une chef de file en matière d’atténuation des changements climatiques.

Lorsque M. Leach a expliqué en quoi les données de Statistique Canada ont contribué au rapport, il a aussi souligné quelques éléments à considérer à l’intention des analystes de politiques qui assistaient à la conférence, dont plusieurs sont des utilisateurs réguliers des données de l’organisme.  « Les décideurs politiques doivent comprendre le public auquel ils s’adressent et la diversité d’opinions qui le caractérise. Ils doivent aussi élaborer des politiques qui résistent à la critique, reconnaître leurs répercussions possibles et faire ce qu’ils peuvent pour les atténuer. Mais surtout, les décideurs politiques doivent utiliser des données probantes à l’appui de la conception de politiques, et ils doivent avoir les moyens de mesurer et de suivre l’évolution de ces politiques », déclare M. Leach.

Des données écologiques

Récemment, les recherches de M. Leach ont surtout porté sur le lien qui existe entre l’énergie et la main‑d’œuvre — deux domaines dans lesquels les statistiques jouent un rôle de premier plan. Bien qu’il soit important pour les chercheurs de comprendre comment les politiques sur les gaz à effet de serre influent sur le secteur pétrolier et gazier dans son ensemble, il est également essentiel d’avoir accès à des microdonnées à l’échelle des entreprises afin de mieux identifier les secteurs qui pourraient être à risque. Pour atteindre cet objectif, M. Leach attend avec impatience de voir s’accroître la collaboration ministérielle et l’accès à l’information statistique, autant à Statistique Canada que dans d’autres organismes de collecte de données.

« Les membres des collectivités n’envisagent pas nécessairement les répercussions globales d’une politique. Ils se soucient davantage de l’usine locale où ils travaillent avec leurs voisins. Plus nous avons de données à l’échelle des entreprises, meilleures seront les décisions — surtout dans le contexte actuel où nous poursuivons la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. »

Qu’avons-nous à offrir?

Au moment où les changements technologiques et les sources de données continuent de se multiplier, Statistique Canada est prêt à s’adapter et à agir en tant que chef de file. L’organisme a déjà commencé à travailler en ce sens en offrant des services davantage axés sur l’utilisateur, en renforçant ses capacités statistiques ainsi qu’en élaborant et en intégrant des méthodes de pointe pour élargir son utilisation des données administratives. Ces efforts continueront d’accroître la collaboration avec les partenaires publics et privés en vue de mesurer la production et l’utilisation de biens et de services de technologie propre dans l’ensemble du Canada, en plus de faire progresser notre économie et notre société.

M. Leach attend aussi cette approche collaborative avec impatience. Comme bon nombre d’utilisateurs de données, il reconnaît l’importance de la qualité de l’information pour prendre de bonnes décisions fondées sur des données probantes, surtout en matière de conception, de mise en œuvre et de mesure de politiques environnementales. « Les données et les projections sont essentielles à la compréhension des répercussions des changements technologiques et des changements de politiques. C’est la raison pour laquelle, ensemble, nous devons bonifier et, dans la mesure du possible, intégrer les données afin d’offrir aux Canadiens ce qu’ils demandent et méritent », soutient M. Leach.

Pour en savoir davantage sur le programme d’activités de Statistique Canada visant à souligner Canada 150, visitez L’histoire du Canada racontée en chiffres

 

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