Au Canada, 1 ménage sur 8 déclare avoir vécu une forme ou une autre d’itinérance au cours de sa vie

14 octobre 2026, 11 h 00 (HAE)

Trop de Canadiennes et Canadiens sont encore en situation d’itinérance, souvent en raison de plusieurs facteurs. Selon une étude diffusée par Statistique Canada l’année dernière, en 2022, environ 1 ménage sur 8 (12,1 %) a déclaré avoir connu une situation d’itinérance sous une forme ou une autre au cours de sa vie. Le taux était plus de deux fois plus élevé parmi les ménages autochtones (27,4 %). Les formes d’itinérance comprennent l’itinérance cachée (lorsqu’une personne n’a pas d’adresse permanente ou habite temporairement chez quelqu’un), soit la forme la plus fréquente, et l’itinérance visible (lorsqu’une personne vit hors refuge dans des lieux publics qui ne sont pas destinés à l’habitation ou dans un refuge d’urgence).

L’étude, qui s’appuie sur des données de l’Enquête canadienne sur le logement (ECL), a permis d’examiner les facteurs qui contribuent à la récupération et à la conservation d’un logement.

Les facteurs financiers sont les plus souvent mentionnés

L’étude a révélé qu’en 2022, près de la moitié des personnes ont indiqué que plus d’un facteur leur a permis de récupérer et de conserver un logement à la suite de leur plus récent épisode d’itinérance dans un refuge ou hors refuge (p. ex. rues, ruelles, parcs et autres lieux publics). Près du quart ont mentionné trois facteurs ou plus, ce qui rend compte du caractère complexe de l’itinérance.

Ce sont les facteurs financiers qui ont été mentionnés le plus souvent, plus particulièrement le revenu d’emploi. L’accès à des services sociaux, à un logement plus abordable et à un soutien non financier de la part d’amis et de la famille a également aidé certaines personnes à retrouver et à conserver un logement.

La violence peut être un facteur contribuant à l’itinérance

Il existe d’autres facteurs, au-delà de l’abordabilité, qui peuvent mener à différentes formes d’itinérance.

Au cours d’une période de 12 mois s’étendant de 2024 à 2025, environ 61 500 personnes ont résidé dans des maisons d’hébergement pour victimes de violence, ce qui représente une forme d’itinérance dans un refuge. La majorité de ces personnes étaient des femmes (57 %) ou des enfants qui accompagnaient un adulte (42 %).

En outre, près du tiers (32 %) des femmes et près du quart (24 %) des enfants qui accompagnaient un adulte résidant dans un refuge le jour de l’instantané (un jour ouvrable prédéterminé choisi pour représenter une journée type des activités des établissements d’hébergement) avaient des antécédents d’itinérance sous une forme ou une autre, bien qu’on ignore si cette situation d’itinérance était attribuable à la violence ou à d’autres facteurs.

Abordabilité : où en sommes-nous aujourd’hui?

Au printemps 2025, l’Enquête sociale canadienne a révélé que près de 1 personne sur 4 (24,1 %) au Canada a déclaré qu’il était facile ou très facile pour son ménage de répondre financièrement à ses besoins, comparativement à près de 1 personne sur 2 (47,7 %) à l’été 2021.

Selon l’ECL, en 2024, près de 1 ménage canadien sur 4 (23,2 %) vivait dans un logement qui lui était inabordable, en hausse par rapport à 22,0 % en 2022. Les taux étaient plus élevés parmi les locataires (33,7 %) comparativement aux propriétaires (17,4 %). Cet écart est stable depuis le premier cycle de l’enquête, en 2018.

En 2024, 690 500 ménages vivaient dans un logement social et abordable (LSA), ce qui représente 4,2 % de l’ensemble des ménages, par rapport à 621 400 ménages (4,0 %) en 2022. La demande visant à obtenir davantage l’accès au LSA s’est maintenue, puisque 301 000 ménages comptaient au moins un membre inscrit sur une liste d’attente de LSA en 2024, dont plus de la moitié (59,2 %) y étaient inscrits depuis deux ans ou plus.

Besoins en matière de logement et taille convenable

En 2024, les données de l’ECL ont révélé que près de 1 personne sur 10 (9,1 %) avait des besoins impérieux en matière de logement. Les taux étaient plus élevés parmi les Autochtones, certaines populations racisées et les aînés.

Le Canada n’est pas en voie d’atteindre son objectif de réduction de l’itinérance chronique

Plus de 39 000 personnes utilisant des refuges au Canada ont vécu une situation d’itinérance chronique en 2025, en hausse de 45,9 % par rapport à 26 900 en 2016, selon les données de Logement, Infrastructures et Collectivités Canada.

Cela indique une détérioration des progrès et un recul vis-à-vis de l’objectif fixé, qui consiste à réduire de 50 % le nombre de personnes en situation d’itinérance chronique par rapport aux niveaux de 2016. Il s’agit d’une des cibles de l’objectif 11 du Cadre d’indicateurs canadien lié aux objectifs de développement durable des Nations Unies, qui permet de suivre les progrès en vue d’avoir des villes et communautés durables.

En 2024, le taux de pauvreté s’est établi à 11,0 % et 5,7 % de la population vivait en situation de pauvreté économique extrême, souvent associée à l’itinérance chronique. Près du tiers (32,3 %) des usagers de refuges avaient vécu une situation d’itinérance chronique en 2025.

Pour obtenir plus de renseignements

Veuillez consulter le Portail de statistiques sur le logement et le Carrefour de la qualité de vie pour obtenir les plus récentes données et analyses.

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